CHAPITRE IX
DU iMOUVEMENT.
Un péril contre lequel il sied de mettre en garde l'élève est l'abus du détail et des nuances. Chaque morceau a son u mouvement » particulier, son allure si l'on préfère, auquel l'expression de détail est soumise. Toute œuvre dart doit conserver son unité. C'est le mouvement qui sauvegardera l'unité en diction.
Cependant, en dehors du mouvement d'ensemble, il peut se trouver des mouvements de détail prenant fin au cours du morceau. Il importe de les bien dégager.
Le mouvement, qu'il ne faut pas confondre avec la rapidité, peut varier à l'infini suivant que l'intérêt, la conviction ou l'émotion croissent plus ou moins, restent stationnairesou même décroissent (1). Cependant, on prend généralement le mot «mouvement» dans l'acception suivante : «entraînement progressif résultant d'une animation croissante, et dont le maximum d'intensité doit correspondre à sa finale » (2).
La raison du mouvement se trouve dans la nature ellemême de l'auditeur dont l'attention demande à être tenue en haleine. Si elle ne croît pas, elle disparaît. D'après ce principe la détente ne doit pas se faire sentir avant la fin du mouvement. On s'exercera dans ce sens sur les morceaux cités . La vigueur des attaques est très importante au sujet du mouvement.
Dans les strophes suivantes nous faisons précéder d'une astérique (*) les attaques à souligner particulièrement :
(1) Pour ce dernier cas « decrescendo », voir la seconde j.arlie des « Djinns », morceau cité dans la troisième partie de ce livre p. 240.
(2) De même que le mouvem-nt est indépendant de la rapidité, de même il n'a pas de rapiiort avec la sonorité de la voix, ni avec le cri.
1" Exercice.