‹ La didascalie: c'est-a-dire, L'enseignement catholique des douze apotres et des saints disciplesChapitre 16 sur 35 · AT · texte numérisé non relu

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Les gentils (i) n'auront donc pas connaissance de vos querelles, vous ne recevrez pas leur témoignage contre vous et ne serez pas jugés devant eux, comme il est dit dans l'Evangile : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu (2). Accepte donc de subir un dommage, pour t'occuper surtout de faire la paix, car si tu subis un dommage temporel pour la cause de Ja paix, tu acquerras un avantage près de Dieu, parce que (tu montreras ainsi que) tu le crains et (que) tu te conduis d'après ses commandements.

Si donc il y a des frères qui ont entre eux une dispute, ce qu'à Dieu ne plaise, il vous faut savoir aussitôt, vous les chefs, qu'ils ne font pas, en se conduisantainsi, œuvre de fraternité dansle Seigneur. Si l'un d'eux se trouve être des enfants de Dieu, doux et opprimé, c'est un fils de lumière ; celui qui est dur, arrogant, oppresseur et blasphémateur, est un hypocrite et le démon opère en lui ; réprimandez-le, blâmez-le, méprisez-le et chassez-îe pour l'amender,, puis, plus tard, comme nous l'avons dit plus haut, recevez-le afin qu'il ne périsse pas complètement. Quand les gens de cette sorte seront ainsi instruits et réprimandés, vous n'aurez pas beaucoup de procès.

Si quelques-uns ne connaissent pas la réponse de notre jSeigneur dans l'Evangile ou il est dit : combien de fois pardonner ai-je à mon frère qui pèche contre moi, s'ils sont fâchés l'un contre l'autre et deviennent ennemis, instruisez-les, corrigez-les, et faites la paix entre eux, parce que le Seigneur a dit : Bienheureux les pacifiques. L'évêque saura, ainsi que les vieillards, qu'il lui faut juger avec circonspection, comme Ta répondu notre Seigneur quand on lui demandait : combien de fois par donner ai-je à mon frère qui pèche contre moi, sera-ce sept fois? — Notre Seigneur nous enseigna et nous dit : je ne dis pas seulement sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois et sept fois (3). Notre Seigneur veut ainsi [50] que ceux qui lui appartiennent en vérité n'aient jamais rien contre personne, ne se fâchent avec personne, et n'aient jamais de procès entre eux.

Si cependant il arrive quelque chose par l'opération du démon, ils seront jugés devant vous, puisque vous êtes aussi juges (4). Et d'abord, jugez le second jour de la semaine, de crainte qu'un homme ne résiste à votre sentence ; vous aurez ainsi le temps, jusqu'au

(1) G. A., II, chap. xlvi.

(2) Matth., xxn, ai.

(3) Matth,, xvni, ai.

(4) G. A., II, chap. xlvii.

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\ samedi, de posséder l'affaire et de faire la paix • entre ceux qui sont j aux prises et vous les réconcilierez le dimanche. Diacres et vieillards, soyez assidus pour tout jugement avec les évoques, jugez sans acception de. personne .

Quand les deux parties viendront et se tiendront ensemble en jugement, comme dit le livre, c'est-à-dire s'ils ont querelle ou dispute entre eux, après les avoir écoutés correctement, prononcez le jugement. Tâchez de les maintenir en amitié, avant de prononcer leur jugement, afin que vous ne prononciez pas contre l'un deux qui est un frère la condamnation d'un jugement terrestre ; jugez donc comme vous aussi serez jugés. Car, dans le jugement, vous avez le Messie comme compagnon, assesseur, conseiller, assistant et juge. Si donc certains sont réprimandés par quelqu'un qui les accuse de ne pas se bien conduire dans la voie du Seigneur, après avoir entendu les deux parties, vous chercherez avec diligence comme des hommes qui prononcent un jugement sur la vie éternelle ou sur une mort pénible et cruelle ; si c'est en vérité que quelqu'un est réprimandé, puni et chassé de l'Eglise, il est rejeté de la vie et de la gloire éternelle, il est méprisé chez les hommes et coupable devant Dieu.

Jugez (i) donc selon la gravité du délit, quel qu'il soit. Tâchez plutôt d'adoucir un peu, afin de vivre sans (faire) acception de personnes, plutôt que de vous perdre en condamnant ceux que vous jugez ; car si un homme innocent est condamné au jugement par acception de personnes, le jugement des juges d'iniquité ne lui fera rien perdre devant Dieu, mais lui servira plutôt, parce qu'il a été jugé iniquement pour un peu de temps par les hommes. Plus tard, au jour du jugement, [51] parce qu'il a été jugé iniquement, il en sera de même pour le jugement des juges iniques. Vous êtes les intertermédiaires du jugement inique, aussi vous en porterez la peine devant Dieu, vous serez chassés de l'Eglise catholique de Dieu, et sur vous s'accomplira la parole : vous serez jugés du jugement que vous aurez porté (2).

Aussi (3) quand vous siégerez pour juger, les deux parties — car nous ne les appellerons pas frères avant qu'ils n'aient fait Ja paix entre eux — viendront et siégeront ensemble. Informez- vous avec soin et diligence sur ceux qui ont entre eux procès et discussion. Instruisez-vous d'abord sur l'accusateur, s'il n'y a pas d'accusation

(1) G. A., II, chap. XLvm.

(a) Matth., vii, a.

(3) G. À., II, ch. xlix.

i-mcme, s'il n'en a pas déjà méprisé d'autres, si son accusaient pas d'une ancienne inimitié, ou d'une dispute, ou de [informez-vous) de sa conduite, s'il est humble et doux, s'il calomniateur, s'il aime les veuves, les pauvres et les étran- ' 1 n'aime pas les gains impurs, s'il est paisible, aimant tout : et aimé de tous, s'il est miséricordieux, si sa main est ouïr donner, s'il n'est pas vorace, avide, avare, ivrogne, prou-esseux — parce que le cœur pervers qui pense le mal es villes en tout temps — et s'il n'a pas fait les maux [l'imadultère, etc.] qui sont dans le monde.

;usateur n'est rien de tout cela, son accusation est sincèreel (au contraire) on reconnaît qu'il est pervers, querelleur, et actions ne sont pas bonnes, il est évident qu'il a porté an t menteur sur votre frère. Quand on trouvera et reconnaîtra injuste, réprimandez-le et expulsez-le pour un temps, jusju'il se repente, revienne et pleure, afin qu'il ne calomnie autre frère qui se conduit bien, et de crainte qu'un autre e à lui, faisant partie de votre Église et voyant que celui-là té réprimandé, n'ose en faire autant à l'un des frères et ne evant Dieu. Si (au contraire) on réprimande et châtie celui hé et s'il est expulsé pour un temps, celui qui voulait lui sr et faire comme lui craindra, quand il le verra expulsé, ui en arrive autant, il obéira, vivra devant Dieu [52] et ! isà rougir devant les hommes.

à l'accusé, tenez conseil et réfléchissez aussi entre vous à ! î, vojez ses mœurs et sa conduite dans le monde, si vous is entendu beaucoup de reproches sur son compte, s'il n'a pas , beaucoup de mal (i) ; si l'on trouve qu'il a fait de mauvaises 1 est probable que l'accusation portée contre lui est exacte. 11 i ver encore qu'il ait commis auparavant quelque péché, mais i innocent de l'accusation actuelle. Ainsi recherchez toutcela . ;, afin de porter le décret du jugement avec sécurité et véez avec droiture celui qui sera trouvé coupable et portez ïnco contre lui. Réprimandez celui qui ne s'en rapportera rc jugement ; qu'il sorte de l'Église, jusqu'à ce qu'il se re- : l'il implore l'évéque ou l'Église et qu'il confesse son péché lente. 11 sera ainsi un encouragement pour beaucoup, et •era jamais qu'un autre homme, le voyant s'asseoir dans ;

.., II, chap. l.

l'Église sans être réprimandé ou admonesté, osera faire comme lui, car il pensera que s'il vit devant les hommes, il est mort devant Dieu.

Si vous écoutez (i) seulement une personne (une partie), sans que l'autre paraisse et réponde à l'accusation portée contre elle; si vous portez le jugement avec précipitation, sans réflexion et sans investigation; si vous la condamnez pour les paroles trompeuses que vous avez crues, sans qu'elle puisse paraître et parler pour elle-même, vous êtes complice, pour l'avoir condamnée, de celui qui a porté le faux témoignage et vous serez puni avec lui par Dieu ; car le Seigneur a dit dans les Proverbes : celui qui est l'instigateur du Jugement d autrui est comme celui qui tient la queue du chien (2). Il dit encore dans un autre endroit : jugez un juste jugement (3) ; il dit encore: jugez les orphelins et rendez la justice aux veuves (4); et encore : délivrez les opprimés et coupez tout instrument d'iniquité. Si vous ressemblez à ces vieillards de Babylone, qui portèrent un faux témoignage contre Suzanne et la firent iniquement condamner à mort, vous participerez aussi à leur jugement et à leur punition. Car le Seigneur délivra Suzanne de la main des hommes iniques par le moyen de Daniel, et condamna au feu ces vieillards qui étaient chargés de son sang.

Que ceux du sanctuaire fuient loin [53] des choses du monde (5). Cependant nous vous dirons de remarquer, mes frères, quand on amène des homicides devant l'autorité, comment les juges interrogent avec soin ceux qui les amènent et apprennent d'eux ce qui leur a été fait ; ils demandent ensuite au malfaiteur s'il en est bien ainsi et quand il l'a confessé et a dit oui, ils ne l'envoient pas aussitôt à la mort, mais ils l'interrogent durant de. nombreux jours, ils tirent les voiles (6), réfléchissent et consultent aussi beaucoup, après cela, en dernier lieu, ils portent contre lui un jugement de mort. Ils lèvent les mains vers le ciel (7) et témoignent qu'ils sont innocents du sang des hommes. 11 font cela, bien qu'ils soient païens et ne connaissent pas Dieu, et bien qu'ils ne doivent pas être punis par Dieu à cause de ceux qu'ils jugent et condamnent iniquement.

(1) C. A., II, chap. li.

(a) Prov., xxvi, 17.

(3) Zach., vil, 9.

(4) Is., 1, 17.

(5) G. A., .H, chap. lu.

(6) S. Basile écrivait : tye'XxcvTat Ta rcapowKTaaptaTa. Cité dans Migne (note 99).

(7) Le çrcc porte : « Vers le soleil. »

Mais vous (i) qui savez quel est notre Dieu et quels sont ses jugements, oseriez-vous porter une condamnation contre celui qui est innocent? Nous vous conseillons donc de vous informer soigneusement avec toute diligence, parce que le jugement que vous portez monte aussitôt près de Dieu.

Si vous prononcez avec justice, vous recevrez de Dieu une rétribution de justice, ici et dans la vie futur .; si vous prononcez iniquement, vous en recevrez aussi la rétribution de Dieu. Ayez donc soin, mes frères, de vous rendre dignes de recevoir de la part de Dieu des louanges et non des blâmes, car les louanges de Dieu sont la vie éternelle pour les hommes, et les blâmes de Dieu sont pour eux la mort éternelle.

Ayez donc soin, ô évoques, de ne pas vous presser à vous asseoir aussitôt au tribunal, de crainte d'aller trop vite et de faire tort à quelqu'un ; mais avant d'aller vous asseoir au tribunal, exhortez et amenez à faire la paix ceux qui ont ensemble procès et controverse : apprenez-leur d'abord qu'il ne convient pas de se fâcher, parce que le Seigneur a dit que qui conque se fâche contre son frère est passible du jugement (2). S'il arrive, par l'opération du démon, qu'il y ait une querelle entre deux, il leur est recommandé qu'aussitôt et le même jour ils se réconcilient, s'apaisent et fassent la paix l'un avec l'autre, car il est écrit : le soleil ne se couchera pas sur ta colère contre ton frère (3), et David dit : [54] Fâchez-vous et ne péchez pas (4), c'est-à-dire : réconciliez-vous aussitôt, de crainte que si l'irritation demeure, il n'en suive de la colère et qu'elle n'engendre le péché. Car il est dit dans les Proverbes : Vâme qui recèle la colère mourra (5). Notre Seigneur et Sauveur dit encore : si tu offres ton présent sur V autel et que tu te rappelles là que ton frère a quelque colère contre toi, laisse ton présent devant l'autel, et va d? abord te réconcilier avec ton frère, après cela viens et offre ton présent (6). Le présent de Dieu est notre prière et notre action de grâce (eu^apicrta) ; si donc tu as de la colère contre ton frère, ou s'il en a contre toi, ta prière n'est pas entendue et ton action de

(1) G. A., II, chap. lui

(2) Mat th., v, 22.

(3) Ephés., îv, 26.

(4) Ps.,iv, 5.

(5) Prov., xii> 28 (chez les Septante).

(6) Matth., v, 23.

çrâce (Eucharistie) n'est pas reçue, et tu es privé de la prière f

l'Eucharistie, à cause de la colère que tu as.

Il est recommandé à chacun de prier toujours avec soin, i

' Dieu n'écoute pas ceux qui sont en brouille et en dispute

i leurs frères; si doue lu pries [trois] fois par heure, tu n'avanc

1 en rien, car tu n'es pas écouté à cause de ton inimitié avec

frère. Si donc tn as souci et désir d'être chrétien, suis la paroi : Seigneur qui a dit : Délie tous les liens d'iniquité et coupe ; lient de violence (et) d'oppression (i). Car Dieu t'a donné le

voir de pardonner à ton frère qui a péché contre toi, jusqu'à soix;

dix fois sept fois, c'est-à-dire jusqu'à quatre cent quatre-ving ! fois. Combien de fois as-tu donc pardonné déjà à ton frère qne t i veuilles pardonner de nouveau ? mais tu es rempli de colère ! conserves ton inimitié, et tu veux venir en jugement ; ta p

est donc arrêtée. Quand même tu aurais pardonné quatre

quatre-vingt-dix fois à ton frère, continue encore à cause de toi ' dans ta bonté, pardonne sans colère à ton frère. Si ta ne le fab 1 pour ton frère, réfléchis et fais-le pour toi-même, pardonne à

prochain, pour que tu sois écouté quand tu pries et pour que tu

sentes une offrande acceptable au Seigneur.

Aussi, ô évêques (a), pour que vos offrandes et vos prières s<

reçues, quand vous êtes dans l'église pour prier, que le diacre 1 à voix haute : N'y a-t-il personne qui aie quelque chose contre [ prochain ? Si l'on en trouve quelques-uns qui aient jugement et I traverse entre eux, admoneste-les et fais la paix entre eux. Dat | maison où ils entrent, ils disent : la paix soit dans celte r ' son (3), [55] ils sont ainsi les prédicateurs de la paix. Si don

prêches la paix aux antres, ils te convient surtout d'avoir la ■ avec les frères. Comme un fils de lumière et de paix, sois i

lumière et paix pour tout le monde, n'aie de querelle avec perso:

mais sois en tranquillité et en paix avec tout le monde. Sois 1'

de Dieu, pour augmenter le nombre de ceux qui vivent, car tell<

la volonté du Seigneur Dieu. Ceux qui aiment les inimitiés, les <

relies, les disputes et les procès sont les ennemis de Dieu. Car le Seigneur (i), depuis le commencement, appelle toute gi

ration à la pénitence et à ia vie par le moyen des prophètes et

(i) !«., ivw, a.

(a) G. A., II, chap. lit.

(3) Mntth.,1, I».

(4) C. A., II, chap. lv.

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justes. Et nous, apôtres, qui avons été jugés dignes d'être les témoins de son apparition et les prédicateurs du Verbe divin, nous avons appris de la bouche du [Seigneur Jésus-Christ, nous savons et disons en vérité quelle est sa volonté et la volonté de son père : à savoir que personne ne périsse, mais que tous les hommes croient et vivent (i). C'est ce qu'il nous a appris â dire quand nous prions : que ta volonté soit (faite) sur là terre comme au ciel. De même que les anges du ciel, les Puissances et tous les serviteurs louent Dieu, ainsi sur la terre tous les hommes loueront Dieu . Sa volonté est donc d'amener tout le monde à la vie, et sa satisfaction est que les vivants soient nombreux; or celui qui dispute ou qui est l'adversaire de son prochain diminue le peuple de Dieu. En effet, ou bien il fait chasser de l'Eglise celui qu'il accuse et la diminue d'autant, il prive Dieu de l'âme d'un homme qui était vivante; ou bien, par sa querelle, il se met hors l'Église et pèche encore ainsi contre Dieu; car Dieu notre Sauveur a dit : Quiconque n'est pas avec moi est contre moi et quiconque n'amasse pas avec moi, disperse (2). Ne prétends donc plus être l'aide de Dieu pour réunir le peuple, car tu es un séditieux et un destructeur de bercail, l'adversaire et l'ennemi de Dieu . Ne te plais donc pas à exciter des disputes et des troubles, ou par calomnie ou par inimitié ou en justice, afin de ne faire périr personne de l'Eglise, car nous, par la vertu du Seigneur Dieu, nous rassemblons de tous les peuples et de toutes les langues, et nous (les) amenons à l'Eglise avec beaucoup de travail, de fatigues et des dangers journaliers, pour faire la volonté de Dieu et remplir la salle à manger, c'est-à-dire la sainte Eglise catholique pour qu'ils (les invités) soient joyeux et contents, qu'ils confessent [56] et louent Dieu qui les a appelés à la vie . — Vous donc, ô séculiers, soyez en paix l'un avec l'autre et efforcez-vous, comme des colombes sages, de remplir l'Église ; ramenez, apaisez et faites entrer en dedans ceux qui sont en dehors. C'est là la plus grande récompense promise par Dieu, si vous (les) arrachez au feu, et les amenez à l'Eglise, pleins de décision et de foi .

(1) C. A., II, chap. lvi.

(2) Mat th., xn, 3o.

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