‹ La didascalie: c'est-a-dire, L'enseignement catholique des douze apotres et des saints disciplesChapitre 20 sur 35 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

Comment les veuves doivent se conduire.

Il faut ( i) que celle qui est; veuve soit douce, tranquille, modérée, sans malice et sans colère, ni bavarde, ui querelleuse, que sa langue ue soit pas longue, qu'elle n'aime pas les disputes. Si elle voit ou apprend une mauvaise action, elle sera comme si elle ue voyait et n'entendait pas ; qu'une veuve ne s'occupe qu'à prier pour les bienfaiteurs et pour , toute l'Eglise. Si elle est interrogée par quelqu'un, elle ne répondra pas aussitôt, si ce n'est surlajusticeetla foi en Dieu. Elle enverra (2) au directeur ceux qui veulent être instruits. Elles donneront une courte réponse à ceux qui les interrogeront. [Une veuve ne doit pas instruire, ni un séculier non plus.} Quant k confondre les idoles, quant à l'unité de Dieu, aux peines et à la béatitude, au royaume du nom du Messie et à sa Providence, il n'est pas permis à la veuve ui au séculier d'en parler, car s'ils en parlent sans la connaissance de la doctrine, ils blasphèment contre Je Verbe. Car notre Seigneur a comparé le Verbe de sa prédication à la moutarde (3); cette moutarde, si elle n'est pas arrangée avec art, est amère et piquante pour ceux qui en usent (4); aussi notre Seigneur, dans l'Evangile, dit aux veuves et aux séculiers : Ne jetez pas vos perles devant les porcs, de crainte qu'ils ne les foulent aux pieds, ne se tournent contre vous et ne vous bousculent {5}. Si donc les païens entendent ceux qui annoncent la parole de Dieu ne pas le faire en règle comme il convient pour fonder la vie éternelle, et surtout si c'est une femme qui leur parle de l'Incarnation de notre Seigneur, de la passion du Messie, ils plaisanteront et se moqueront au lien de louer la parole de la doctrine ; (cette femmes encourra une forte peine pour (ce) pèche. Il n'est donc ni requis ni

{1) C. A. III, chap. v.

(a) Lire Meschadro = imnAtaiwa.

(3) Lire Ehardio.

(4) Mattb., xin, 3i.

(6) Muttli., vu, 6,

désirable que les femmes enseignent, surtout sur le nom du Messie et la rédemption par sa passion, car (i) les femmes n'ont pas été établies [64] pour enseigner, ni surtout les veuves, mais bien pour prier et pour supplier le Seigneur Dieu. Car le Seigneur Dieu, le Messie, notre Maître, nous a envoyés, tous les douze, pour enseigner le peuple et les païens. Il y avait avec nous des disciples femmes : Marie de Magdala, Marie fille de Jacques et une autre Marie (2), et il ne les envoya pas avec nous pour instruire le peuple. Si les femmes devaient, enseigner, notre Maître leur aurait ordonné d'enseigner avec nous. Qu'une veuve sache donc qu'elle est l'autel de Dieu ; qu'elle demeure constamment dans sa maison (3) ; qu'elle n'aille pas errer et circuler dans les maisons des fidèles comme pour recevoir, car l'autel de Dieu n'erre et ne circule jamais dans un lieu, mais demeure à place fixe.

[Des fausses veuves.]

Il ne faut donc pas qu'une veuve erre et circule dans les maisons, car celles qui errent n'ont aucune pudeur et ne demeurent pas dans leurs maisons, parce qu'elles ne sont pas des veuves, mais des aveugles (des mendiantes) qui ne pensent qu'à recevoir. Parce qu'elles sont bavardes, impudentes et médisantes (4), elles excitent des disputes, sont audacieuses, et n'ont pas de pudeur ; celles-là ne sont pas dignes de celui qui les a appelées. Et au commun repos de l'assemblée, le dimanche, celles ou ceux qui sont ainsi, quand ils y viennent, ne sont pas attentifs, mais dorment, ou détournent la conversation sur autre chose, de sorte que d'autres encore sont acquis par leur moyen à l'ennemi Satan ; (celui-ci) ne laisse pas ceux ou celles qui sont ainsi être attentifs vers le Seigneur; ils entrent vides à l'église et en sortent encore plus vides, parce qu'ils n'écoutent pas, pour recevoir ce qu'on dit ou ce qu'on lit dans les oreilles de leur cœur. Ceux qui sont ainsi ressemblent à ceux dont Isaïe disait : Vous entendrez et ne comprendrez pas, vous regarderez et ne verrez pas, car le cœur de ce peuple s'est endurci, ses oreilles entendent difficilement ; ils ont fermé leurs yeux pour ne jamais voir avec leurs yeux, ni entendre avec leurs oreilles (5).

(1) C. A. III, chap. vi.

(3) Le texte des G. A. mentionne d'autres personnages et a donné lieu à de savantes notes sur la parenté de N. S. — Migne, P. G„ I, col. 769-776.

(3) Lire bebaithoh.

(4) D. L. recommence ici, p. 44*

(5) Jsaïe, vi, 9.

De la même manière (i)Ies oreilles du cœur de ces veuves sont fermées, pour qu'elles ne demeurent pas sous le toit de leurs maisons, afin d'y prier et d'y supplier le Seigneur, mais elles se hâtent [65] de courir, comme pour leur avantage (pour faire du gain), et, par leur bavardage, elles accomplissent les désirs de l'Adversaire. Une veuve qui est ainsi ne convient pas à l'autel du Messie. Car il est écrit dans l'Evangile : Si deux sont comme un (s'entendent^, et demandent quoi que ce soit, cela leur sera donné, et s'ils disent à une montagne de se déplacer et de tomber à la mer, il en sera ainsi (2). Nous voyons des veuves pour lesquelles c'est devenu une industrie; elles reçoivent avec avidité, et, au lieu de faire des bonnes œuvres et de donner à J'évêque, pour recevoir les étrangers et pour soulager les indigents, elles prêtent leur argent à forte usure. Elles n'ont souci que de l'argent, celles dont la bourse et le ventre sont leurs dieux ; où est leur trésor là est leur cœur (3) . Celle qui a coutume d'errer et de circuler pour recevoir ne pense pas au bien, mais ne cultiye que l'argent, ne s'occupe que des avantages matériels; elle ne peut pas plaire à Dieu, ni accomplir son service qui est d'être fidèle à prier et à supplier, parce que son esprit est enchaîné dans les soucis de l'avarice, et, quand elle se lève pour prier, elle se demande où elle ira pour recevoir quelque chose, ou bien (elle pense) qu'elle a oublié d'annoncer quelque chose à ses amies. Quand elle se lève, sa pensée ne porte pas sur sa prière, mais sur l'idée qui vient de se former dans son esprit. La prière de celle-là ne sera exaucée en rien, car elle arrête aussitôt sa prière, à cause de l'agitation de son esprit. Ce n'est pas de tout cœur qu'elle offre sa prière à Dieu, mais elle suit la pensée inspirée par l'adversaire et elle parle avec ses amies de choses inutiles ; car elle ne sait pas comment elle croit, ni de quelle place elle a été jugée digne .

[Des veuves pauvres.]

Une veuve qui veut plaire à Dieu demeure dans sa maison, pense jour et nuit au Seigneur et lui offre toujours ses supplications. Elle

(1) G. A. III, chap. vii.

(a) Matth., xvm, 19, et xxi, ai, aa. Les G. A. suppriment ce texte, qui semble en effet inutile. Il se trouve dans D. L. (p. 45) qui ajoute encore : Vide mus ergo aliquantas viduas non convenir e t quia non impétrant, cum pétant Gette phrase semble commenter le texte de S. Mathieu et ne correspond pas à la suite. Elle manque aussi dans G. A.

(3) Cf. Philipp., m, 19, et Matth., vi, ai.

prie avec pureté devant le Seigneur et reçoit tout ce qu'elle demande parce qu'elle y met tout son esprit. Son esprit ne songe pas à recevoir, elle ne désire pas faire beaucoup de dépenses, son oeil n'est pas errant, pour voir quelque chose, la désirer et nuire à son esprit. Elle n'écoute pas les mauvaises paroles pour y consentir, car elle ne sort pas et ne circule pas. Aussi rien ne peut faire obstacle à sa prière, et sa retenue [66], sa tranquillité, sa pureté seront acceptables devant Dieu. Quoi qu'elle demande à Dieu, elle recevra aussitôt, car une telle veuve n'aime pas l'argent, ni les gains profanes, ni l'avarice, ni la gourmandise, mais elle est assidue à prier, humble, paisible, pure, réservée ; elle demeure dans sa maison et travaille la laine pour distribuer des secours aux indigents et donner aux autres plutôt qu'en recevoir quelque chose, car elle se rappelle cette veuve à laquelle notre Seigneur rend témoignage dans l'Evangile, celle qui vint et jeta dans le trésor public deux pièces de monnaie, c'està-dire un dinar (i). Quand notre Seigneur et Maître qui scrute les cœurs la vit, il nous dit : mes disciples , cette pauvre veuve a fait une aumône plus forte que quiconque, car les autres ont donné de leur superflu, tandis que celle-ci a fait un don de tout ce quelle possédait (2).

[Que les veuves ne doivent rien faire sans l'ordre des évêques.]

Il faut donc que les veuves soient pures, qu'elles obéissent aux évêques et aux diacres, qu'elles respectent, vénèrent et craignent les évêques comme Dieu, qu'elles ne se conduisent pas par leur propre volonté (3), qu'elles ne veuillent rien faire en dehors de ce qui leur est commandé; qu'elles ne parlent ou ne répondent à personne, qu'elles n'aillent manger ni boire chez personne, qu'elles ne jeûnent avec personne sans avoir pris conseil. Qu'elles ne reçoivent rien de personne, quelles n'imposent les mains et ne prient sur personne en dehors du commandement de l'évoque ou du diacre. Si elle fait quelque chose qui ne lui a pas été commandé, qu'on la réprimande pour s'être conduite sans discipline. Car d'où sais-tu (4), ô femme, de qui tu as reçu et qui te nourrit, sur qui tu jeûnes et sur qui tu imposes la main ? ne sais-tu pas que tu rendras raison de

(1) OTC£p otti xo£pâvTY)ç. G. A. Quod est quadrantes, D. L.

(2) Marc, xii, 43, et Luc, xxi, 3.

(3) Non habentes potestatem in aliquo. D. L.

(4) G. A. III, chap. vni.

de ces choses au jour du jugement, car tu t'es mêlée à ivres (aux œuvres de celles avec lesquelles tu jeûnais, te.)?

[Reproches auxveuves rebelles.)

ne, veuve qui es sans discipline, tu vois les veuves tes les ou tes frères dans les maladies, mais tu ne te soucies :ûner et de prier sur tes membres, de leur imposer les mains ; guérir, tu prétends être malade et n'avoir pas le temps, [ue près d'autres qui sont [67] dans les péchés ou qui ont ïglise, tu es prête, parce qu'ils donnent beaucoup, à aller e les visiter. Aussi vous devez rougir, vous toutes qui si, vous qui vous estimez plus sages et plus prudentes non nt que les hommes, mais aussi que les vieillards et les évoques. donc, ô sœurs, qu'en tout ce que vous commandent les i et les diacres, quand vous leur obéissez, vous obéissez à 1 en est de même pour celles qui obéissent aux ordres de l'é- [). Soyez donc sans reproche devant Dieu, ainsi que tout culier, en obéissant aux èvêques et en leur étant soumis, car mdent pour tous. Si donc vous n'obéissez pas au conseil des et des diacres, ils seront innocents de vos péchés, et vous raison de tout ce que vous faites par votre libre arbitre.

[Qu'il ne convient pas de prier avec celai gui est séparé (de l'Eglise).]

mque prie et reste en relation avec celui qui a été chassé de lui sera assimilé à bon droit, car cela conduit au relâcheà la perte des âmes. Si quelqu'un en effet prie et reste en avec celui qui est chassé de l'Eglise, et n'écoute pas l'évêque, lire n'écoute pas Dieu, il se souille avec lui et ne le laisse pas .tir ; tandis que si personne n'a de rapports avec celui-là, il it, il pleure, il supplie et implore pour rentrer; il fera pènimr le passé et il vivra .

Qu'il n'est pas permis à une jemme de baptiser.]

(a) ne conseillons ni à une femme de baptiser, ni de se laislîser par une femme, parce que c'est contre l'ordre et c'est

;fi lucane en D. L., p. ig.

dangereux pour celui qui est baptisé et pour celui qui baptise . S'il était permis d'être baptisé par uue femme, notre Seigneur et Maître l'aurait été par Marie, sa mère, tandis qu'il l'a été par Jean, comme beaucoup d'autres du peuple. N'attirez donc pas de dangers sur vous, ô frères et sœurs, en vous conduisant en dehors de la loi de l'Evangile (i).

[Des jalousies des veuves menteuses entre elles.]

Nous (2) vous avons déjà parlé de l'envie, de la jalousie, de la calomnie, de la discorde, des disputes, du (faux) zèle, du bavardage et de la violence qui ne doivent pas se trouver dans un chrétien ; (à plus forte raison) aucun (de ces défauts) ne doit même pas être soupçonné dans les veuves. Mais comme le principe du mal [68J a beaucoup de ruses et d'artifices, il entre dans celles qui ne sont pas (de vraies) veuves, et s'y glorifie. Il y en a qui se disent veuves, et ne font pas les œuvres qui conviendraient à leur nom. Ce n'est pas le nom de veuve qui les rendra dignes d'entrer dans le royaume, mais la foi et les œuvres. Si donc tu fais le bien, tu seras honorée et reçue; si tu fais le mal, et les œuvres du méchant,, tu seras accusée et rejetée du royaume éternel, parce que tu as abondonné ce qui est éternel pour désirer et aimer ce qui est temporel . Nous voyons et entendons dire qu'il y a des veuves qui ont de l'envie Tune contre l'autre si une vieille d'entre elles a reçu de quelqu'un un vêtement ou un don . Tu es coupable, ô veuve, parce que, si tu vois ta sœur secourue et si tu es une véritable veuve de Dieu, tu dois dire : « Béni soit Dieu (3) qui a secouru cette personne âgée, veuve comme moi ». Tu loueras Dieu, puis celui qui l'a secourue, tu diras : « Que son action soit reçue en vérité, et souviens-toi de lui en bien, Seigneur, au jour de ton jugement. (Souviens-toi aussi) de mon évêque, qui gouverne bien devant toi, et dispense l'aumône comme il convient, car cette personne âgée, veuve comme moi, était nue et elle a été secourue ; ajoute-lui (à l'évêque) de la gloire, et donne-lui une couronne de louange, au jour de la révélation de ton arrivée » .

(1) Les Ç. À. ajoutent ici deux chapitres (x et xi) pour défendre aux laïques d'usurper le baptême, le sacrifice, l'imposition des mains et les bénédictions grandes et petites. Elles ne permettent de conférer le baptême qu'aux évêques et aux prêtres avec l'assistance des diacres. Les évêques seuls peuvent aussi ordonner les diacres, les diaconesses, les lecteurs, les ministres, les chantres, les portiers.

(2) G. A. III, chap. xn.

(3) G. A. III, chap. xm.

Et cette veuve qui a reçu l'aumône du Seigneur priera aussi pour : celui qui lui a rendu ce service (i), en cachant son nom, comme une personne sage, pour que son aumône soit faite devant Dieu et non , devant les hommes — comme il est dit dans l'Evangile : Quand ta fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite (a) — de crainte que si tu vulgarise et révèles, en priant, le nom de celai qui a donné, ce nom n'arrive aux oreilles d'un païen, et que ce païen — qui est l'homme de gauche — ne le connaisse; il pourrait arriver aussi que l'un [des fidèles, après l'avoir entendu, ne sorte et ne parle, car il ne faut pas que ce qui se fait ou se dit dans ; l'Eglise en sorte et soit raconté; celui qui parle et raconte (ces nouvelles) trahit l'Eglise. Pour toi, prie pour lui (ton bienfaiteur) en cachant sou nom; ainsi tu accompliras l'Ecriture, toi et les veuves qui te ressemblent, vous (toutes) qui êtes le,saiut autel de Dieu Jésus le Messie.

Nous avons entendu dire que certaines veuves ne se conduisent pas ! comme il est ordonné [69], mais n'ont souci que d'interroger, d'errer et de circuler. Celle qui a reçu l'aumône du Seigneur, si elle est sans intelligence — ce qui est connu de celle qui l'interroge — lui révèle le nom de celui qui a donné. Et celle-ci, dès qu'elle l'a appris, murmure, elle fait des reproches à l'évéque qui distribue, ou au diacre, ou à celui qui a fait un don ; elle dit : « Tu ne savais donc pas que , j'étais plus proche de toi, et que j'étais beaucoup plus dans le besoin | que celle-là >. Elle ne sait pas que ce n'est pas arrivé par la volonté , de l'homme, mais par l'ordre de Dieu. — Si tu témoignes, et dis (au donateur) : « Je suis plus proche de toi et tu savais que j'étais plus dénuée que celle-ci s, il te faut connaître celui qui a ordonné (3); alors tu te tairas, lu ne feras pas de reproches à celui qni sert, mais ta entreras dans ta maison, tu te prosterneras, tu loueras Dieu au sujet de la veuve, ta compagne, tu prieras pour celui qui a donné et pour celui qui a servi, puis tu demanderas au Seigneur d'ouvrir pour toi aussi la porte de la miséricorde, et aussitôt le Seigneur entendra libéralement ta prière, et t'enverra une aumône plus forte que celle de la veuve ta compagne, d'nn endroit d'où tu n'avais jamais espéré recevoir, et l'épreuve de ta patience sera glorifiée. Ne savez-vous pas qu'il est écrit dans l'Evangile : Quand tu Jais l'aumône, tu ne sonneras pas de la corne devant les hommes pour en être va, comme

(i)C.A. in, chap. xiv.

(a)Matt., vi, 3.

(3) "OtpifiUi loùi tm îiBTsSi(i.r«oï.

font les hypocrites, car, en vérité, je vous le dis, ils ont reçu leur récompense (i).

[Réprimande aux veuves maudites.]

Si Dieu ordonne que le service (l'aumône) soit fait en secret et si celui qui l'accomplit l'a fait de cette manière, toi donc qui as reçu en secret, pourquoi le prônes-tu en public, ou encore pourquoi interroges-tu ? Tu ne te bornes pas à faire des reproches et à murmurer, comme une qui ne serait pas veuve, mais tu prononces aussi des malédictions, comme lés païens. N'as-tu pas entendu ce que dit le Livre (saint) : Quiconque bénit sera béni, et quiconque maudit sera maudit (2). Il est dit aussi dans l'Evangile : Bénissez ceux qui vous maudissent ; et encore : Quand vous entrez dans une maison, dites : la paix soit dans cette maison ; si cette maison est digne de la paix, votre paix viendra sur elle, et si elle n'en est pas digne, votre paix retournera sur vous (3).

[70] Si donc (4) la paix retourne à ceux qui Font envoyée, combien plus la malédiction ne retombera-t-elle pas sur ceux qui l'ont lancée à tort, parce que celui auquel on a adressé cette malédiction ne la méritait pas ! Quiconque maudit donc un homme sans motif, se maudit lui-môme, car il est écrit dans les Proverbes : Comme volent les passereaux et l'oiseau, ainsi reviennent les malédictions vaines (5). Il dit encore : Ceux qui prononcent des malédictions manquent d'esprit (6) . Nous sommes comparés à l'abeille, comme l'a dit le Seigneur : Va à l'abeille et apprends comme elle travaille : elle fait son travail avec sagesse, et son travail procure de la nourriture aux riches et aux pauvres. Elle est aimable et louable, bien qu'elle ait peu de forces (7). Gomme donc l'abeille a peu de forces, et, quand elle frappe quelqu'un, laisse son dard, devient stérile et meurt bientôt, de môme nousautres,ô fidèles, nous nous nuisons à nous-mêmes de la même manière, pour tout le mal que nous faisons aux autres. Tout ce que tu' ne veux pas qui f arrive, ne le fais pas aux autres (S) : aussi quiconque bénit sera

(1) Math, vi, 2.

(2) Genèse, xxvii, 39.

(3) Luc, x, 5; Matth., x, i3.

(4) G. A. III, chap. xv.

(5) Prov., xxvi, 2.

(6)Prov., x, 18.

(7) Prov., vi, 8, dans les Septante.

(8) Tob., îv, 16. Ce passage figure en particulier dans le Codex Bezae Act. xv, 20 et 29.

béni. Enseignez et réprimandez donc celles qui sont sans discipline. Priez, fortifiez et faites croître celles qui se conduisent avec justice. Que les veuves s'éloignent donc des malédictions, car elles sont placées pour bénir. — Aussi ni l'évèque, ni le prêtre, ni le diacre, ni la veuve, ne feront sortir la malédiction de leur bouche, de crainte qu'ils n'en retirent la malédiction au lieu de la bénédiction. Aie donc soin, ô -évoque, à ce que la malédiction ne sorte de la bouche d'aucun homme du peuple, car tu dois avoir souci de tout le monde.

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