‹ La didascalie: c'est-a-dire, L'enseignement catholique des douze apotres et des saints disciplesChapitre 21 sur 35 · CHAPITRE SEIZIÈME De V ordination des diacres et des diaconesses · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME De V ordination des diacres et des diaconesses

C'est pourquoi, ô évêque, fais-toi des travailleurs de justice — des aides qui conduisent ton peuple vers la vie. — Tu choisiras et tu établiras diacres ceux qui te plairont de tout le peuple, un homme certes pour faire les nombreuses choses nécessaires, et une femme pour le service des femmes. Car il y a (i) des maisons où. tu ne peux envoyer le diacre près des femmes, à cause des païens ; tu y enverras les diaconesses (2). Dans beaucoup d'autres choses encore, l'emploi d'une femme diaconesse est requis . Et d'abord quand les femmes descendent dans l'eau (pour le baptême), il est requis [71] que celles qui descendent dans l'eau soient ointes de l'huile de l'onction par la diaconesse. Quand il ne se rencontre pas de femme, ni surtout de diaconesse, il est nécessaire que celui qui baptise oingne lui-même celle qui est baptisée (3). Mais, où il y a une femme et surtout une diaconesse, il ne convient pas que les femmes soient vues par les hommes ; à l'imposition des mains, oins la tête seulement, comme on oignait jadis les rois et les prêtres dans Israël (4) ; toi donc, de la même manière, à l'imposition des mains, oins la tête de ceux qui reçoi vent le baptême, des hommes et des femmes ensuite ; que ce soit toi qui baptises, ou bien que tu aies chargé les diacres ou les vieillards de baptiser, une femme diaconesse, comme nous l'avons dit plus haut, oindra les femmes pendant que l'homme rap-

(î) Lire de'ith.

(2) Le grec porte encore le singulier comme ci -dessus.

(3) Cette dernière phrase est supprimée dans les G. A. Si Ton songe, en effet, qu'au v e siècle encore on différait le baptême le plus possible (Cf. Vie de Sévère, patriarche cTAntioche, chez Leroux, éditeur, Paris, 1900, pp. 64-65), on baptisait donc souvent des adultes, et Ton conçoit que l'Église ait exclusivement confié à des ministres astreints au célibat les onctions à faire aux femmes, fût-ce sur la tète. Jean Moscus, dans le Pré spirituel, chap. m, cite le cas d'un . moine prêtre qui « était scandalisé » chaque fois qu'il oignait une femme. (Cité dans Migne, U c., col. 796.)

(4) C. A., III, chap. xvi.

pellera sur elles lesnomsde l'invocation divine dans tes eaux ii^.yuana celle qui est baptisée sort de l'eau, la diaconesse la recevra, l'instruira et la nourrira, afin que le sceau infrangible du baptême soit (imprimé) avec pureté et sainteté (2).

Nous avons dit que le service d'une femme diaconesse est surtout requis et nécessaire, parce que notre Seigneur et Sauveur a été servi par des femmes diaconesses, qui sont : Marie de Magdala (3), et Marie, fille de Jacques, et la mère de Joseph, et la mère des fils de Zébédee, avec d'autres femmes. Le ministère des diaconesses t'est encore nécessaire pour bien des choses. Dans les maisons des païens où habitent des femmes fidèles, il est nécessaire que ce soit la diaconesse qui y aille et y visite les femmes malades, puis leur fournisse ce qui leur est nécessaire et lave les personnes faibles qui sortent de maladie (4).

[Des diacres.]

Les diacres (5), dans leur conduite, prendront modèle sur l'éveque, mais cependant Us travailleront beaucoup plus que lui. Ils n'aimeront pas les gains profanes, mais seront assidus dans leur service. Le nombre des diacres sera proportionné a celui du peuple de l'Eglise afin qu'ils puissent distinguer et secourir chacun. Us rendront à tous les services dont ils ont besoin, aux personnes âgées qui n'ont plus de force, comme aux frères et aux sœurs qui sont malades. La femme (diaconesse) s'occupera activement du service des femmes et l'homme diacre du service des hommes. II sera prêt À accomplir [72] et à exécuter l'ordre de l'éveque. En quelque lien qu'il soit envoyé pour servir ou pour dire quelquecbose à quelqu'un, il travaillera et prendra de la peine. Il faut que chacun connaisse sa charge, et s'applique à la remplir, qu'ils n'aient qu'un dessein, une pensée et une âme qui demeure en deux corps. Sachez quel est votre

(1) Les C. A. expliquent ce passage : t«' aùrùv itni.1 ui titc«i|id:aB.; inUXinan Ua-rpo; khl TloÛ kix ârfim Hv:Ù|j.ito;, ^a.nriai:; aÛTOÙ; tv tu li$<nt.

|a)Une noie de Migne (col. 797) noue apprend que les diacres s'attribuèrent aussi le soin d'oindre la figure et la poitrine des femmes, laissant le reste du corps aux diaconesses : inaMKrn u.dvw ni XKpaXïn xpfit' iSi $tt«'.«o;,ià irrejiii ■ai to ott.8o;, n Si SW.dvias*, 01.1.1 to aûjia,

(3) D. L.recommenee ici.p. 49.

(4) Ce paragraphe manque dans les C. A., qui le remplacent par deux chapitres (chap. xvi! et mu) sur les motifs et les conditions du baptême.

(5) C. A., III, chap. m.

devoir, comme notre Maître et Sauveur Ta dit dans l'Evangile : Celui d'entre vous qui veut être chef sera votre serviteur ; comme le fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et afin de donner sa vie en rédemption pour beaucoup (i). Il vous faut faire de même, ô diacres, même si vous deviez donner votre vie pour vos frères dans le service que vous avez à accomplir. Notre Maître et Sauveur n'hésitait pas à nous servir, comme il est écrit dans Isaïe : pour rendre justice au Juste qui rend de bons services à beaucoup (2). Si donc le Seigneur du ciel et de la terre fait notre propre service, supporte et endure tout pour nous, combien plus ne devons-nous pas en faire autant à nos frères pour lui ressembler, nous qui sommes ses imitateurs (3) et qui tenons la place du Messie.

Vous trouvez encore écrit dans l'Evangile comment notre Seigneur a ceint ses reins d'un linge et a mis de l'eau dans un vase de purification pendant que nous étions couchés (à table), puis il s'approcha, lava les pieds de nous tous, et les essuya avec le linge. Il fit cela afin de nous apprendre l'affection et l'amour pour (nos) frères et pour que nous en fassions autant, entre nous. Si donc notre Seigneur a fait cela, hésiterez-vous, vous autres diacres, à en faire autant aux malades et aux infirmes, vous qui êtes les soldats de la vérité et qui avez l'exemple du Messie ? Servez donc avec charité, sans murmurer ni hésiter. Si vous faites autrement, comme si vous semez pour les hommes et non pour Dieu, vous serez récompensés au jour du jugement selon le service que vous aurez fait. Il vous faut donc, diacres, visiter tous les indigents, et faire connaître à Tévêque ceux qui ont besoin ; vous devez être son âme et sa pensée, vous devez travailler et lui obéir en tout (4).

(1 ) Matth., xx, 28.

(2) Is., un, 11.

(3) Quia discipuli ejus sumus. D. L.

(4) Les C. A. ajoutent ici un chapitre (chap. xx) sur les ordinations et les fono tions de Tévêque, du presbyter et du diacre.

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