‹ La didascalie: c'est-a-dire, L'enseignement catholique des douze apotres et des saints disciplesChapitre 27 sur 35 · CHAPITRE VINGT ET UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT ET UNIÈME

De la Pâque et de la résurrection du Messie notre Sauveur (i).

Il faut donc (2) que le chrétien se garde des discours vains et des paroles joyeuses ou impures; même au jour du Dimanche, où nous nous réjouissons et nous délectons, il n'est pas permis à quelqu'un de dire une parole joyeuse ou étrangère à la crainte de Dieu, comme notre Seigneur nous l'apprend dans un psaume de David, où il dit : et maintenant, rois, comprenez ; instruisez-vous, juges de la terre, servez le Seigneur avec crainte et réjouissez-vous avec tremblement. Prêtez attention à V enseignement, de crainte que le Seigneur ne se fâche et que vous ne périssiez hors de la voie de la justice, parce que sa colère éclaterait bientôt sur vous. Bienheureux tous ceux qui ont confiance en lui (3). — Il faut donc que nous fassions nos fêtes et nos réjouissances dans la crainte et le

(1) On trouve en note : applique bien ici ton esprit. — Le chapitre précédent est complètement remanié dans les G. A. qui ajoutent deux chapitres (ch. vin et îx) sur l'honneur dû aux martyrs et sur les faux martyrs. — Ce chapitre xxi est peutêtre le plus important de D. Car i° il renferme plusieurs citations que S. Epiphane fait de la S'taTaçi; des Apôtres. Gomme ces citations ne se retrouvent pas dans les G. A., il s'ensuit que, pour S. Epiphane, la $txra;i; des Apôtres n'est pas les G. A. qui ont usurpé ce nom, mais bien la Didascalie qu'il avait entre les mains; 2 S. Epiphane, qui vivait de 3i5 à (\oZ y nous apprend que les Audiens regardaient la Didascalie comme une œuvre apostolique (Migne, P. G., t. xlii, col. 36g). Or, de son temps, les Audiens qui avaient été très puissants et très nombreux en Palestine, en Arabie, etc., s'étaient vu enlever leurs monastères et n'habitaient plus que deux bourgs (col. 378). Nous pouvons donc conclure de là que cette hérésie était antérieure à S. Epiphane puisqu'elle avait déjà eu le temps de se développer beaucoup et de périr. C'est donc une hérésie du m* siècle et il s'ensuit qu'au ///• siècle on regardait déjà la Didascalie comme une œuvre apostolique. Il s'ensuit donc enfin que l'on est autorisé à en placer la composition au commencement du 111 e siècle, ou du moins dans le courant du 111 e siècle, si l'on veut tenir compte de diverses critiques internes et si l'on ne veut pas faire remonter l'hérésie des Audiens plus haut que le quatrième siècle. — On remarquera encore que, d'après S. Epiphane, la Didascalie renferme tout ce qui touche à la discipline canonique, et ne contient rien de contraire à la foi, ni à l'administration, ni aux canons ecclésiastiques {Ibid., col. 356).

(a) G. A., V,chap. x.

(3) Ps., H, 10-13.

tremblement. Un chrétien fidèle ne doit pas dire les chants paieub, ni s'approcher des lois et des enseignements des foules étrangères, car il arriverait que, dans les chants, il ferait aussi mention du nom des idoles, et plût à Dieu que cela n'arrivât pas aux fidèles. Car dans Jérémie (i), le Seigneur réprimande les hommes et dit : ils m 9 ont abandonné et ils ont juré par ceux qui ne sont pas des Dieux (2). Il dit encore : Si Israël se convertit, qu'il se convertisse à moi, dit le Seigneur, et qu'il enlève toute impureté de sa bouche, qu'il craigne devant ma face, et qu'il jure : Vive le Seigneur! (3). Il dit encore : j'enlèverai le nom des idoles de leur bouche (4). Il leur dit aussi par Moyse : ils ont provoqué mon zèle contre ce qui n'est pas Dieu, ils m'ont fâché contre leurs idoles (5). Et dans toutes les écritures [87] il parle à ce sujet.

Ce n'est pas seulement par les idoles (6) qu'il est défendu au chrétien de jurer, mais aussi par le soleil et par la lune. Car le Seigneur dit par Moyse (7) : De crainte que, (8) les voyant, vous ne les adoriez, car ils vous ont été donnés pour vous éclairer sur la terre. Il dit aussi par Jérémie : N'apprenez pas selon les voies des nations, et ne craignez pas les signes du ciel (9). Il dit aussi par Ëzéchiel :il me fit entrer dans l'atrium de la maison du Seigneur entre le vestibule et l'autel, et je vis là des hommes qui avaient le dos tourné vers le temple du Seigneur et le visage vers V orient et ils adoraient le soleil. Le Seigneur me dit : Fils de l'homme (ô homme), est-ce peu de chose, pour la maison de Juda, de faire les abominations qui se commettent ici? ils ont rempli la terre d'iniquité, ils se sont retournés pour m'irriter et ont l f air de se moquer. J'agirai dans ma colère [mon œil n'épargnera pas et n'aura pas pitié] ; ils crieront à mes oreilles et je ne les écouterai pas (10). Vous voyez, mes frères, quel jugement sévère et dur le Seigneur prononcera dans sa colère contre ceux qui adorent le soleil ou jurent par lui.

(1) C. A., V, chap. xi.

{2) Jér., v, 7.

'3) Jér., iv, 1.

4) Zach., xuij 3.

5) Deut.., xxxii, ai.

6) G. A., V, chap. xn.

[7) Deut., iv, 19.

'8) Lire dalmo.

9) Jér,, x, a.

10) Ezéch., vin, 16*18

LA DlDASCALlE — 8

Il n'est donc pas permis au chrétien de jurer, ni par le soleil, ni par un élément ; le nom des idoles et les malédictions ne doivent pas sortir de sa bouche. (Il n'en sortira que) des bénédictions, des psaui mes, et (le contenu des) livres du Seigneur et de la divinité qui sont

la base de la vérité de notre foi.

Surtout aux jours de la Pâque (i), où tous les fidèles du monde entier jeûnent, comme Ta dit notre Seigneur et Maître quand on lui demanda : pourquoi les disciples de 'Jean jeûnent-ils et les tiens ne jeûnent- ils pas? Il répondit et leur dit : les jils de la chambre nuptiale (les invités à une noce) ne peuvent pas jeûner tant que l'époux est avec eux, mais des jours viendront où l'époux leur sera enlevé et alors ils jeûneront en ce* jours (2). Maintenant il est avec nous par ses actes, mais il est loin de nos yeux, car il est monté dans les hauteurs des cieux, et il siège à la droite de son père. Aussi, quand vous jeûnez, priez et implorez pour ceux qui ont péri, comme nous l'avons fait (3) quand notre Sauveur a souffert. Lorsqu'il était encore avec nous avant sa passion, au moment où nous mangions la Pâque avec lui, il nous dit : Aujourd'hui, cette nuit même, l'un de vous me livrera; [88] et chacun de nous lui disait : sera-ce moi, Seigneur? Il répondit et nous dit : C'est celui qui tend sa main avec moi dans le plat. Et Judas Iscariote, qui était l'un de nous, se leva pour le livrer. Alors notre Seigneur nous dit : f En vérité, je vous le dis, encore un peu et vous m'abandonnerez,

£ car il est écrit : je frapperai le pasteur, et les brebis de son

troupeau seront dispersées (4). Judas vint avec les scribes et avec les prêtres du peuple et il livra notre Seigneur Jésus.

Ceci eut lieu le mercredi. Après avoir mangé la Pâque, le mardi soir, nous allâmes à la montagne des Oliviers, et, dans la nuit, ils prirent notre Seigneur Jésus. Le jour suivant, qui est le mercredi, il fut gardé dans la maison du grand-prêtre Caïphe ; ce même jourjes princes du peuple se réunirent et tinrent conseil à son sujet. Le jour suivant, qui est le jeudi, ils le conduisirent au gouverneur Pilate, et il fut gardé chez Pilate la nuit qui suivit le jeudi. Au matin du vendredi, ils l'accusèrent beaucoup devant Pilate, et ne purent rien démontrer de vrai, mais ils produisirent contre lui des faux témoignages, et ils le demandèrent à Pilate pour le mettre à mort. IL le

(1) G. A., V, chap. xin.

(a) Marc, 11, 18-20.

(3) G. A., V, chap. xiv.

(4) Cf. Matth., xxvi, ai-3i*

it< :

crucifièrent ce même vendredi, car il souffrit le vendredi à la sixième heure; ces heures, durant lesquelles notre Seigneur fut crucifié, sont comptées pour un jour ; il y eut ensuite trois heures d'obscurité, (ces heures) sont comptées pour une nuit. Puis de la neuvième heure jusqu'au soir il y eut trois heures de jour (i); vint ensuite la nuit du samedi de la passion. — Car il est écrit dans l'Evangile de Mathieu (2): Le soir du samedi qui commence le Dimanche, Marie de Magdala et une autre Marie vinrent pour voir le sépulcre, et il y eut un grand tremblement, parce que l'ange du Seigneur descendit et roula la pierre. Et encore le jour du samedi, et alors trois heures de nuit après le samedi, durant lesquelles notre Seigneur dormit [et ressuscitai. Ainsi fut accomplie la parole : il faut que le fils de V homme passe trois jours et trois nuits dans le sein de la terre (3), comme c'est écrit dans l'évangile. Il est encore écrit dans David : voilà que tu as disposé les jours avec mesure (4). C'est écrit ainsi, parce que ces jours et ces nuits ont été diminués.

Dans la nuit qui commence le dimanche (5), il apparut à Marie de Magdala, et à Marie [89], fille de Jacques, et, au matin du dimanche, il alla près de Lévi, puis il nous apparut à nous-mêmes (6). Il nous dit en nous instruisant : « Pourquoi jeûnez* vous ces jours-ci à cause de moi (7)? Ai-je besoin que vous vous affligiez? Vous l'avez fait pour vos frères, et vous le ferez ces jours où vous avez jeûné : le mercredi, et le vendredi toujours, comme il est écrit dansZacharie (8)

(î) D. fait ainsi deux jours du vendredi. L'Evangile de Pierre insiste plus que l'Evangile de saint Mathieu sur l'obscurité qui couvrit la terre : *Hv £è tu'njp.Spta,

xai gxq'tg; xaTsa*/e rcaaav tvjv 'IcuSawcv 7î2pir,pxovTo Bk tcoXX&I p-trà Xù/vcov

vcp.££ovTes on vu£ éoTtv . . . to'ts o -fiXic; àvéXau*}'* xa ' 1 eùpsôn àpa iv&m, Ê^ap/.aav iïi o{ •IooSaïoi xal ^«xaii rt» 'IaoY^p to owaa aÙTOu cva ccùtô Ôài^Yi . Bouriant, Mémoi* res publiés par les membres de la mission archéologique française au Caire, t. IX, f. 1.

(a) Math., xxvnr, 1.

(3) Mat th., xii, 4o.

(4) Ps., xxxvin, 6. On trouve ici en marge du manuscrit : Applique ton esprit.

(5) Chez- les Hébreux, la journée commence au soir. Le dimanche commence donc le samedi soir. On le trouvera du reste indiqué plus bas. — L'Evangile de Pierre porte beaucoup plus clairement queMatth., xxvm, 1, le texte de D. :

7 Si vuxtI -J iirscpwaxiv iq x'jpiaxY). . .pLEfaXYj «pwvrj iftorro ev tw GÙpavw... ôpôpcu #s jfcxopiaxifc MaptàjA y Ma^aXw^ : . . Bouriant, loc. cit.

(6) G. A., V, chap. xv.

(7) L'Evangile de Pierre dit que les apôtres jeûnèrent et pleurèrent jusqu'au sa* nedi : irX £è tgûtoiç tw<jiv évYiaTeuo|/.ev xal 6xaÔsÇo(i.sÔ<x iKvôcuvTe; xxl xXaÎGvreç ■jxtôç xal Viuipa; ea>; tcû caGêârou, loc. cit.

(8) Zach., vin, 19.

du quatrième jeûne et du cinquième jeûne, qui est il ne vous est pas permis de jeûner le dimanche, pi résurrection ; aussi le dimanche ne sera pas compté des jours du jeûne de la passion, mais nous compter lundi et il y aura cinq jours (i). Le quatrième jeûi cinquième, le septième et le dixième seront pour les ju nerez doue à partir du lundi (3), six jours complèten nuit qui suit le samedi, et (cela) vous sera compté (p< ne. Le dixième, — parce que le commencement de r Yod (4) — auquel vous commencez les jeûnes, ne coutume du premier peuple (des juifs). Mais d'après tament que je vous donne, vous jeûnerez pour eux (pi mercredi, parce que c'est le mercredi qu'ils commet leurs âmes et qu'ils m'arrêtèrent. — La nuit qui suit tient au mercredi, comme il est écrit : il fat soir et i Jour (5), le soir appartient donc au jour suivant (6). j'ai mangé ma Pâque avec vous, et, durant la nuit, [jeûnez alors] et le vendredi jeûnez pour eux, parce < il m'ont crucifié durant les fêtes de leurs Pâques l'avait prédît : Durant leurs fêtes, ils placèrent lé ils ne le connurent pas. Vous donc, jeûnez fidèlem toujours, surtout vous qui êtes de la ge utilité, parce qi juifs) n'a pas obéi, je les ai délivrés (les gentils) de

(ij Du lundi au vendredi. Le cinquième jour du jeûne est le S. Epiphane (Migne, P. G., t. jclm, cal. 365), On ne peut comt maine que du dizième jour de la luue au quinzième... àXXà (Si«

(a) Cf. Zach., vin, [9. En réalité le texte de Zacharie vise 1 jours du jeune pascal ou de la lune. Les juifs jeûnaient le neuf d jour de la prise de Jérusalem par ies Chaldéeos (Jér., ut, I quième mois, jour de l'incendie du temple et de la ville de Jet un jour du septième mois (selon la tradition, le trois) en comme tre de Godolias {Ibid. su, 1-2), et le dix du dixième mois, ji mencé le siège de Jérusalem (II Rois, xxv, 1). Cf. Mune, Pale l'Univers pittoresque].

(3) Le lundi est le dixième jour de la lune — comme on le ti lorsque le vendredi est le quatorzième.

(4j II s'agit du mot Jésus, qui commence par yod, laquelle I hébreu, en syriaque et en grec (iota). — Celte idée se retrot S. Epiphane {Ibid., col. 365) ; xai IM dut) Sixim; r.^fa; aiXiivi wiMtyt ts5 jEpopâroUj x«î àxfttnipi w3 wjMroc toû 'Itisoû,

(&) Gen., 1, 5.

{6) On troure ici en marge du manuscrit : Vois, applique ton

et du culte des idoles et je les ai reçus, afin que, grâce à votre jeûne et à celui des gentils, grâce à votre service (religieux) en ces jours-là, quand vous priez et suppliez au sujet de l'erreur et de la perdition du peuple (des juifs), votre prière et votre supplication soient reçues devant mon père dans le ciel [90], comme d'une seule branche de tous les chrétiens qui sont sur la terre, et que tout ce qu'ils ont fait contre moi leur soit remis. Aussi, je vous ai demandé, dans l'évangile, de prier pour vos ennemis, bienheureux ceux qui pleurent sur la perte des infidèles ». Sachez donc, mes frères, au sujet du jeûne que nous jeûnons à la Pâque, vous jeûnerez pour nos frères qui n'ont pas obéi quand même ils vous haïraient ; nous sommes obligés de les appeler frères parce'qu'il est écrit dans Isaïe -.Appelée frères ceux qui vous haïssent et vous méprisent, afin que le nom du Seigneur soit glorifié(i). 11 nous faut jeûner et pleurer sur eux et sur le jugement et la destruction du pays, afin de nous réjouir et de nous délecter dans le monde à venir, comme il est écrit dans Isate: Réjouissez-vous, vous tous qui avez pleuré sur Sion. 11 dît encore : pour consoler tous ceux qui ont pleuré sur Sion, au lieu de cendre ils auront T huile de félicité ; au lieu de l'esprit d'affliction, un vêtement de gloire (a). Il nous faut donc avoir pitié d'eux, croire, jeûner et prier pour eux, parce que, quand notre Seigneur est venu près du peuple (des juifs), ils ne l'ont pas cru quand il les instruisait et ils ont fait passer son enseignement (loin) de leur oreille. Parce que ce peuple n'a pas écouté, il vous a reçus, frères de la gentilité, il a ouvert vos oreilles à l'audition de vos cœurs comme l'a dit notre Maîire et Sauveur par le prophète Isaïe : j'ai été va de ceux qui ne m'ont pas cherché, et j'ai dit : me voici, au peuple qui n'invoque pas mon nom (3). Pour qui a-t-il dit cela, si ce n'est pour les gentils, qui ne connurent jamais Dieu et qui sacrifiaient aux idoles? Quand notre Seigneur vint en ce monde et qu'il vous instruisit, vous avez cru, vous qui croyiez en lui, que Dieu était un, et vous avez vu encore tout ce qu'il convenait (de croire) jusqu'à ce que le nombre des vivants soit accompli (4), mille milliers et dix mille myriades, comme il est écrit dans David. Sur le [peuple qui ne crut pas en lui, il dit -.j'ai étendu mes mains tout le jour sur le peuple qui n'a pas obéi, ils résistent et marchent dans une.

(0 Is„ (?). Cf. Ma!th.,T, pp. 4-45.

(3)Is.,«v, i.

(4) Cf. Daniel, vu, io.

00/0 qui n'est pas bonne, ils suivent leur péché, peuple qui me provoque à la colère devant moi (i).

Voyez (2) combien le peuple à irrité notre Seigneur en ne croyant pas en lui. Aussi il a dit: Ils ont irrité le Saint-Esprit et il est devenu (3) leur ennemi. Il a encore [91] dit autrement sur eux par le prophète Isaïe : Terre de Zabulon, terre de Nephtali, chemin de la mer, passages du Jourdain, Galilée des nations, peuple qui est assis dans V obscurité, vous avez vu une grande lumière, et la lumière a lui sur ceux qui étaient assis dans l'obscurité et dans les ombres de la mort (4). Par : ceux qui sont assis dans l'obscurité, il entend ceux du peuple (juif), qui ont cru dans notre Seigneur Jésus ; à cause de l'aveuglement du peuple, une grande obscurité les enveloppait, ils voyaient Jésus et ils ne surent pas et ne comprirent pas qu'il était le Messie, ni par les livres des Prophètes, ni par ses œuvres et ses guérisons. Nous vous disons, à vous du peuple (juif) qui croyez dans le Messie: Apprenez ce que témoigne et dit de Nous le Livre: ils virent une grande lumière. Vous donc, qui croyez en lui, vous avez vu la grande lumière, Jésus le Messie notre Seigneur. Et les fidèles verront encore, (que) ceux qui sont assis à l'ombre de la mort, c'est vous qui venez de la Gentilité, car vous étiez à l'ombre de la mort, vous qui espériez dans le culte des idoles et ne connaissiez pas Dieu. Quand Jésus, le Messie, notre Seigneur et Maître nous apparut, une lumière brilla pour vous,vousavez regardé et avez espéré en la promesse du royaume éternel. Vous vous êtes écartés des pratiques et coutumes de la première erreur, et n'avez plus adoré les idoles comme vous les adoriez, mais dès lors vous avez cru et avez été baptisés et une grande lumière a lui sur vous. Ainsi parce que le peuple (juif) n'a pas obéi, il est ténèbre, et parce que votre oreille a été docile, à vous qui êtes de la gentilité, c'est lumière. C'est pourquoi priez et implorez pour eux, surtout aux jours de la Pâque, afin que, par vos prières, ils soient jugés dignes de pardon et qu'ils se tournent vers notre Seigneur Jésus-Christ.

Il vous faut donc (5), mes frères, aux jours de la Pâque, rechercher avec soin et faire votre jeûne avec la plus grande attention. Commencez lorsque vos frères du peuple (juif) font la Pâque (6), parce

(i) IS., LXV, 2-3.

(2) G. A., V, chap. xvi.

(3) Ii faut le singulier; cf. Isaïe, lxiii, 10.

(4) MatL, iv, i5.

(5) Cf. C. A., V. chap. xvn.

(6) Ce passage est cité par S. Epiphane (cf. Migne P. G., t. xlii, col. 356). Le

que, quand notre Seigneur et Maître mangea la Pâque avec nous, il fut livré par Judas après cette heure et aussitôt nous commençâmes à être affligés parce qu'il fut emmené de près de nous au nombre de la lune — nous le comptons comme le font les hébreux fidèles — le dixième. Le lundi (i) [92] les prêtres et les vieillards du peuple se réunirent et vinrent dans l'atrium du grand- prêtre Caïphe, ils tinrent conseil pour prendre Jésus et le tuer, mais ils craignirent et dirent (2) : « Pas un jour de fête, de crainte que le peuple ne » agite » ; parce que tout le monde l'exaltait, et ils le regardaient comme un prophète, à cause des prodiges de guérison qu'il opérait parmi eux. Jésus, ce jour-là, était dans la maison de Simon le lépreux (3) et nous y étions avec lui; il nous racontait ce qui devait arriver. Judas sortit de près de nous en cachette, car il espérait tromper notre Seigneur, et il alla à la maison de Caïphe où étaient assemblés les princes des prêtres et les vieillards. Il leur dit: Que me donnez-vous et je vous le livrerai (4) dès que j'en aurai l'occasion.

syriaque donne raison auxAudiens : il s'agit des juifs, et non des gentils convertis. Voici le texte grec l^pài f«ï <|nflçtÇnTs* àXXà 7:otclTi, Srav ol àSiXyoî û k awv oî ix rapt- Top.ii;. MeT ' aùrwv àu.a TCcteTre. Cf. infra, p. 95.

(1) Il y a de nombreuses discussions sur la chronologie de la semaine de la Passion. Voir la Sainte Bible de Lethielleux (notes aux versets 2,6 et 17 du chap. xxv de saint Mathieu) . La plus grande difficulté consiste à concilier les synoptiques avec S. Jean. La Didascalie ne songe pas à cette conciliation, car elle paraît ignorer l'Evangile de saint Jean, mais elle n'en fournit pas moins une solution. (Le dimanche, Jésus annonce que dans deux jours ce sera la Pâque et que le fils de l'homme sera livré pour être crucifié.) Le lundi, les princes des prêtres se réunissent, décident de saisir Jésus et de faire la Pâque le mardi. Ce lundi Jésus était chez Simon le Lépreux.Comme le vendredi comptera pour deux jours, cela a bien lieu, comme le dit saint Jean, six jours avant la Pâque ou le samedi. Car le soir du vendredi où l'on célébrait d'ordinaire la Pâque, était le commencement du samedi. Ainsi les synoptiques et saint Jean parlent, les premiers du jour où la Pâque fut célébrée cette année là, et le second du jour où elle aurait dû être célébrée. Tous ont donc raison, il suffisait de les comprendre. Puis, Notre Seigneur célèbre la Pâque le mardi, il est arrêté la nuit qui suit le mardi, c'est-è-dire le mercredi, il passe le mercredi chez Caïphe, le jeudi chez Pilate, il est crucifié le vendredi. A sa mort l'obscurité couvre la terre, ce qui fait deux jours du vendredi et permet de dire que N.S. passa pour mort durant trois nuits, à savoir : la nuit supplémentaire consistant dans les ténèbres qui suivirent sa mort, la nuit du vendredi au samedi et la nuit du samedi au dimanche. Cette explication, si elle était imaginée de nos jours, n'aurait aucune valeur, mais comme elle a été rédigée au plus tard au troisième siècle, elle peut

îposer sur une tradition plus ancienne encore et on ne doit pas l'écarter sans camen .

(2) Cf. Matth., xxvi, 6.

(3) Matth., xxvi, 5.

(4) Matth., xxvi, i5.

Ceux-ci résolurent de lui donner trente pièces d'argent. Il leur dit : a Préparez des jeunes gens armés, à cause de ses disciples ; s'il sort de nuit dans un lieu désert, je viendrai et vous conduirai ». Ceux-ci équipèrent des jeunes gens et ils étaient prêts à le prendre. Judas cherchait quand il trouverait une occasion de le livrer.

A cause des foules de tout le peuple (juif), de toute ville et de tout bourg, qui montaient au temple pour faire la Pâque à Jérusalem, les prêtres et les vieillards réfléchirent, ordonnèrent et établirent qu'ils feraient aussitôt la fête, afin qu'ils pussent le prendre sans tumulte. Les habitants de Jérusalem vaquaient à l'immolation et au repas de la Pâque et le peuple du dehors n'était pas encore arrivé parce qu'ils (les prêtres) changèrent les jours au point d'en être réprimandés par Dieu (qui leur dit) : Vous vous trompez en tout (i). Ils firent donc la Pâque trois jours plus tôt, au onzième jour de la lune, le mardi ; car ils disaient: tout le peuple erre à sa suite; maintenant que nous en avons l'occasion, nous le prendrons et, quand tout le peuple viendra, nous le mettrons à mort en public, afin que ce soit clairement connu, et tout le peuple se détournera de lui.

Ainsi dans la nuit qui commence le mercredi, Judas leur livra notre Seigneur; ils lui avaient donné la récompense le dix de la lune, le lundi. Aussi Dieu les traita comme s'ils l'avaient pris dès le lundi, parce que c'est le lundi qu'ils songèrent à le prendre et à le tuer, et c'est le vendredi qu'ils accomplirent leur mauvaise (action) comme Moyse l'avait dit au sujet de la Pâque : Vous le garderez (l'agneau pascal) [93] depuis le dixième jusqu'au quatorzième (jour de la luné) et alors tout Israël sacrifiera la Pâque (2). Aussi (3) depuis le dixième (jour) qui est le lundi, durant les jours de la. Pâque, vous jeûnerez, et vous ne mangerez que du pain, du sel et de l'eau, à la neuvième heure, jusqu'au jeudi. Le vendredi et le samedi, vous jeûnerez complètement et ne goûterez rien. Réunissez-vous ensemble, ne dormez pas, veillez toute la nuit dans les prières, les supplications, la lecture des prophètes, de l'Evangile et des psaumes, dans la crainte, le tremblement et les supplications continuelles jusqu'à trois heures de la nuit qui suit le samedi, c'est alors que vous cesserez votre jeûne. C'est ainsi (4) que nous avons observé, quand notre Seigneur a souffert, en témoignage des trois jours, nous avons

(1) Ou :vous errez complètement.

(2) Exode, xn, 3 et 6.

(3) G. A., V, chap. xvm.

(4) C A., V, chap. xix.

veillé, prié et supplié au sujet de la perdition du peuple (juif) qui erra et ne confessa pas notre Sauveur. Vous prierez de même pour que le Seigneur ne leur impute pas leur faute jusqu'à la fin, à cause de la perfidie dont ils ont usé envers notre Seigneur, mais qu'il les admette à la pénitence, au repentir et à la rémission de leur iniquité. — Le juge Pilate, qui était païen et d'un peuple étranger, ne voulut pas prendre part aux œuvres de la méchanceté, mais il prit de l'eau, se lava les mains (i) et dit : je suis innocent du sang de cet homme. Le peuple répondit et dit : Que son sang soit sur nous et sur nos enfants. Hérode ordonna qu'il fût crucifié et notre Seigneur souffrit pour nous le vendredi.

Le jeûne du vendredi et du samedi vous est donc tout particulièrement recommandé, ainsi que la veille du samedi {"nuit du samedi au dimanche), la lecture des livres et des psaumes, et les prières et supplications pour les pécheurs, ainsi que l'attente et l'espérance de la résurrection de notre Seigneur Jésus, jusqu'à la troisième heure de la nuit qui suit le samedi. Offrez alors vos présents, et ensuite mangez, soyez heureux, joyeux et contents, parce que le Messie, gage de votre résurrection, est ressuscité. Ce vous sera une loi éternelle jusqu'à la fin du monde. Pour ceux qui ne croient pas en notre Sauveur, il est mort parce que leur espérance en lui est morte aussi; mais, pour vous qui croyez, notre Seigneur et Sauveur est ressuscité, parce que votre espérance en lui est immortelle, et vit éternellement:

Jeûnez le vendredi, parce que, dans ce jour, lepeuple(juif) se perdit

(i) L'insistance de D. pour montrer que ce fut un païen et un étranger qui se

lava les mains rappelle le texte de l'Evangile de Pierre où il est dit qu'aucun juif

ne se lava les mains : Twv SillouSatwv oô^el; svtyrro ràç x. e *P a »> ^Sk 'HpœSr,; cùS'e

tîç twv >cpi6<ov aÙTou. V. Bouriant, /. c. — Les points de contact de D. avec l'évangile

de Pierre n'autorisent pas, croyons-nous, à voir là l'évangile qui a servi à D., car

il existe aussi des différences entre les deux documents. D'ailleurs le fragment de

papyrus trouvé par M. Bouriant est-il un fragment d'Evangile? appartient-il à

l'Evangile de Pierre? 11 est permis dVn douter. Ce fragment peut être un document

quelconque basé sur l'Evangile comme tout ce passage de la Didascalie. Il serait

dès lors un simple remaniement des évangiles préexistants. On a voulu voir là un

fragment de l'Evangile de Pierre parce qu'on lit à la fin : e*y« £è Stjittv Hérpo; xai

'Av^pea; é à£eX<pdç 4 u«ou Xa€dm; fy.w Ta Xïva à7CTiX8a^.6v eîa T7iv 6aXaaaav.Ce style

irect ne prouve pas, à notre avis, que le fragment en question ait été attribué à

ierre. On trouvera plus bas en effet : « Ceux de Simon (le magicien) s'attachèrent

moi Pierre... Un jour je sortis et le vis voler... » Si l'on ne possédait que ce

egment de la Didascalie, on pourrait donc conclure également à cause du style

rect que la Didascalie est l'Evangile de Pierre, ce qui serait faux.

icifiant notre Sauveur ; jeûnez aussi le samedi parce que c'est mition [94] de notre Seigneur, jour où il convient de jeûner, e l'a ordonné Moyse, le bienheureux prophète de tout cela ; il le par l'Esprït-Saint et Dieu tout puissant le lui révéla, lui, qui saut ce que le peuple ferait à son fils chéri Jésus-Christ. Ils le eut alors en la personne de Moyse et lui dirent : Qui t'a établi \t juge? aussi il les enchafna d'avance dans le deuil, quand sépara et leur établit le sabbat. Ils méritaient le deuil, eux nièrent leur vie et levèrent la main sur celui qui les vivifiait, i livrèrent à la mort. Voilà pourquoi il leur imposa d'avance le le leur perdition. Remarquez bien, mes frères, que la plupart mmes dans leur deuil imitent le sabbat (les pratiques du sab- ; ceux qui font le sabbat semblent être en deuil : Celui qui est .il n'allume pas de lumière, ni le peuple (juif) au sabbat, d'aordre de Moyse qui le leur a ainsi ordonné. Celui qni est en te se lave pas, de même le peuple au sabbat. Celui qui est en îe fait pas de festin, ni le peuple au sabbat, mais il se prépare Ss la veille; ce leur est une punition dans le genre d'un deuil, pu 'ils devaient porter la main sur Jésus. Celui qui est en deuil «"aille pas, ne parle pas, mais reste assis dans la tristesse ; de le peuple au sabbat. Il a été dit au peuple au sujet du sabbat : lèveras pas le pied pour faire un ouvrage, et aucune pae sortira de ta bouche. Qui donc témoigne que le sabbat est lil? L'Ecriture en témoigne elle-même et dit : alors le peuple •va, tribu par tribu, la tribu des lévites à part etleursfempart, la tribu de Juda à part et leurs femmes à part (i). néme (a), après la mort du Messie jusque maintenant, le neujour du mois de Abî, ils se réunissent, lisent les prophéties de e, se lamentent et pleurent. Le neuvième est ainsi appelé du 3), et le thêta indique Di eu (4). Ils pleurent donc sur Dieu, Messie qui a souffert, et, à l'occasion de Dieu notre Sauveur, x-mêmes et sur leur perdition . Pourquoi, mes frères, un homnirait-il, s'il n'était pas dans le deuil? C'est pourquoi, vous

A., V, chap. xj.

Il* lettre vaut neuf. Le 9 de Ab (juillel-août) et [le g de Tamat (juiniûiit des jours de. jr-um- c!ikz 11 1 - juif- (Cf. IJiblicul Antir/nities. London, 178). Les C. A, au lieu du 9 Abi, portent le 10 Tt?r.:<dt; (septembre), fclr iations \ela est l'initiale de hsj.

aussi priez pour eux au jour du samedi de la Pâque [95] jusqu'à la troisième heure de la nuit suivante . A la résurrection du Messie, réjouissez-vous, prenez soin de vous et terminez votre jeûne, offrez au Seigneur Dieu le fruit de votre jeûne durant ces six jours. Servez et secourez avec soin les pauvres et les indigents, vous qui avez en abondance les biens du monde, afin que la récompense de votre jeûne soit acceptée.

Observez le quatorzième jour de la Pâque partout où il tombera, car le mois et le jour ne tombent pas au même moment tous les ans, mais à des moments différents. Vous donc, quand ce peuple (juif) fait la Pâque, jeûnez et ayez soin d'accomplir votre veille durant leurs Pâques (i). Le jour du dimanche soyez toujours joyeux, car celui qui s'afflige le jour du dimanche commet un péché (2). De même il n'est pas permis de jeûner, en dehors de la Pâque (3), durant ces trois heures de nuit qui sont entre le samedi et le dimanche, car cette nuit appartient au dimanche. Ne jeûnez que durant la Pâque (4) ; ces trois heures de cette nuit soyez réunis ensemble, chrétiens, dans le Seigneur.

(1) S. Epiphane, Migne, P. G., tome xni, col. 356. Cf. supra, p. 91. On a .vu cidessus cependant que les jours de jeûne sont surtout comptés d'après les jours de ; la semaine, comme maintenant, et rarement d'après les jours de la lune, comme chez les juifs. Il y a de ce fait un peu d'incohérence dans ce chapitre.

(a) Ce passage est cité par S . Epiphane : è kocjcûv éauToO ttjv <Jaj'/t}v Iv Kupiaxri ; ^uaTocpaTo; *<m tw 8ew. Migne, ibid. f col. 36i.

(3) On trouve ici et plus haut l'équivalent de la citation de D. faite par S. Epiphane (ibid., col. 36o) : « Quand les Juifs festoient (font la Pâque), jeûnez et priez pour eux, parce qu'en ce jour ils ont crucifié le Christ. Quand ils pleurent et mangent le pain azyme et les herbes amères, mangez (ne jeûnez pas) ». Il est possible que S. Epiphane ait mis sous forme sentencieuse l'idée développée dans ce chapitre.

(4) Les juifs jeûnaient après la Pâque durant sept jours : Primo mense, quartadecima die mensis ad vesperam comedelis asyma usque ad diem vigesimam primant ejusdem mensis ad vesperam. Exode, xii, 8. Septem diebus comedes absque fermento afjliciionis panem, quoniam in pavore egressus es de JSgypto. Deut., xvi, 3. II est donc certain que les chrétiens judaisants durent commencer par jeûner ces sept mêmes jours, car ils conservèrent toutes les pratiques judaïques. Les anti-judaïsants; dont D. est l'organe, reportèrent ce jeûne uniquement avant la résurrection du Messie, conformément au texte : Cum àblatus fuerit ab illis tponsus, jejunabunt, Marc, 11, 20. Ce jeûne de sept jours comprenait alors un Dimanche, qui ne devait pas être, dans la nouvelle loi, un jour d'affliction ; aussi dut-on porter l'anathème contre ceux qui jeûneraient le dimanche (Cf. Tertul. De Corona, 3) et, comme le dit D., les six jours de jeûne de la semaine comptèrent pour sept, c'est-à-dire remplacèrent les sept jours de jeûne des juifs et des iudaï-

sants. — Ajoutons que pour D., Notre Seigneur fut enlevé à ses disciples du Lundi (jour où l'on songea à l'arrêter) jusqu'au Dimanche. Le Vendredi et le Samedi sont cependant des jours de jeûne plus strict que les quatre premiers jours.

Les chrétiens de la gentilité n'avaient par contre aucune raison traditionnelle pour jeûner sept jours (ou six jours), il leur suffisait de satisfaire au texte : cum ablatus fuerit ab Mis sponsus, jejunabunt, texte que chacun entendait à sa manière : les uns de la séparation de J.-G. d'avec ses disciples (Jeudi au Dimanche), les autres du commencement de la Passion (Vendredi au Dimanche). Eûsèbe nous a conservé des traces de ces divergences dans le trop court fragment de S. Irénée qu'il cite, Hist. eccl., V, xxiv, 1 2, et Tertullien, qui reproche à ses adversaires de jeûner trop peu, constate cependant qu'ils jeûnent prœter Pascha, citra illos dm qnibus ablatus est sponsus. Cf. De jejuniis,ik.Enftni\ nous reste une lettre de Denys d'Alexandrie (in«-iv e siècle) qui commente très heureusement le fragment de S. Irénée conservé par Eusèbé et expose avec clarté les anciens usages au sujet dn jeûne pascal. — Nous ne croyons pas cependant que les jeûnes les plus courts soient des réductions (ou des interprétations diverses) du jeûne de six jours, comme Denys semble le supposer ; ces formes nous paraissent également anciennes et proviennent, l'une des judaïsants et des sept jours de jeûne des Juifs, les autres des chrétiens de la gentilité. Toutes se fondirent dans la plus longue qui ne tarda pas elle-même à s'allonger aussi.

Voici le texte de Denys (Migne, P. G., t. X, col. 1277) : MYiSèTaçsÇ twv vr 4 <roi2>v "flaspa; i<ywç p.Y$s oaotto; rcavre; <5\auivouatv • àXX'ot p.èv xat ftàcraç urcepTtÔe'aGU àaiToi ^taTeXoOvTêç, ol $k 5W, ot 5e TpeTç, cî Se Teatiapa;, 01 Se coSejuav . . .Ei £g Ttvtç où/, 07tû>ç oûx u7repTiÔéu.evoi, àXXà fi.ï)Se vmaTeûaavTeç r. xal TpuyncavTeç toc; wpoa^oWa- Tsaaapaç. cira èXôovts; érei to\; reXeurata; £60 xou p.ova; TQj/ipaç, aùràç u7tÊpTi8s'vTe;, tt.v Te 7uapaay,eo7]v xal to 2;â?êaTov,{i.Ê"j'a ti xal Xap.rçpbv Tccietv vcji.t^cu(iiv àv jxe'^piT^; i<ù £iap.tivoaiv. Le jeûne de six jours est donc bien présenté ici comme la règle ancienne et générale, mais il y a un jeûne plus strict et un jeûne moins strict. Le jeûne plus strict porte sur les six jours, ou sur trois, ou sur quatre ou sur aucun (d'après D., nous avons vu qu'il doit porter sur les deux derniers jours seulement). Enfin certains (rive;) ne jeûnent ni peu ni beaucoup durant les quatre premiers jours et croient beaucoup faire en jeûnant les deux derniers. — Nous croyons aussi que le fragment de S. Irénée conservé par Eusèbe est relatif au jeûne plus strict et doit être complété à l'aide du texte de Denys.

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