‹ La diffusion du droit latin dans lèmpire romainChapitre 2 sur 2 · IO · texte numérisé non relu

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n'a guère dû se fairescrupulede remplacer le petit vicus obscur,dont ie nom barbare devait certainement être souvent inconnu aux héritiers ou au* çommilitones auteurs de l'épi taphe (i), par le nom de la coœmuneprincipale à laquelle il était rattaché; ainsi sera expliqué, jusqu'à un certain point, remploi du mot natione, impropre quand il est joint au nom d'une ville {2) . Si donc, pour en revenir au point de départ de l'argumentation de Mommsen, un eques singularis est 'désigné, d'une manière tout à fait gêné* raie, comme natione Helvetius, devra-t-on le considérer comme appartenant à la colonia Pia Flavia Constans Emerita (3) Helvetiorum foederatal En aucune façon, car, après la collation du titre de colonie à Aventicum, capitale des Helvètes, il est resté quelques localités helvétiques particulieres.de droit inférieur, rattachées probablement à la colonie (4). Il a certainement existé aussi des communes de ce genre dans les très Galliae jusqu'à une époque plus récente (5), car l'Espagne elle-même, bien plus romanisée, n'obtint le drok latin que sous Vespasien, et si, comme Mommsen ne manque pas de le faire remarquer (6J, les Gaulois et les Espagnols font totalement défaut parmi les équités singulares et les soldats de la Sotte, il faut, sans .aucun doute, attribuer ce fait à une ordonnance impériale aux termes de laquelle ce genre de troupes ne pouvait être recruté

(1) On ne rencontre pas souvent dans ces inscriptions des données bien précises; cf. toutefois pour exemple, C. /. t., t. VI, n 3297 et 33oo.

(2) Des indications analogues se trouvent dans les inscriptions de gladiateurs; cf. par exemple l'inscription d'un reHiarius) à Nîmes ; n(atione) Viannensis (pour Viennensis), dans Allmer, Revue épigraphique, t. I, p. 17a; et aussi C. /. Z,., t. VI, 2 n°* 3297 et 33oo.

(3) Ce surnom indique déjà, par lui-même, qu'il s'agit d'une colonie de vétérans ; cf. sur la Colonia Augusta Emerita en Lusitanie, Huebner , C. I. L. t t. II. p. 5a. Le curator civium Romanorum conventus Helvetici qu'on constate encore au deuxième siècle, à l'existence duquel Mommsen attribue de l'importance, ne me paraît pas prouver contre cette opinion, car les cives Romani résidant en Helvétie comme marchands , Italiens pour la plupart, n'étaient certainement pas subordonnés aux autorités de la colonie, et, d'une foçon analogue , on rencontre sur le territoire voisin de Lugdunum le summus c(urator) c(mum) R(cmanorum) provinc(iae) Lug(udunensis), Wilmanns, n° 2224.

(4) Mommsen lui-même met en lumière un fait analogue relatif aux Rauraci leurs voisins, Hermès , t. XVI, p. 482, rem. 1.

(-5) Mommsen, Hermès, t. XVI, p. 47 2 > dit « <l ue les trois Gaules possédaient déjà sous Claude le droit de cité romaine; Tacite l'atteste avec certitude. » Mais Tacite (Annal., 1. XI, c. XXUI),ne parle que des primores Galliae, quae comata appellatur,foedera et civitatem romanam pridem assecuti. »

(6) Op. cit. f p. 47° •

dans ces provinces. Au contraire les soldats classés dans ces corps ont dû être recrutés exclusivement dans les communes de droit pérégrin ; et, régulièrement, à leur entrée au service, on leur donna, à la place de leur nom barbare, un nom romain ; ce fait est confirmé tant par les doubles noms, fréquents chez les soldats de la flotte (i), que par les nombreux gentilicia impériaux des équités singulares; en même temps que le nom romain, et, comme conséquence, ils recevaient un droit analogue au droit latin, quoique non identique (2) .

Il ne me paraît donc pas admissible de tirer des indications d'origine de ces soldats une conclusion relative à la qualité de leur ville natale, lorsqu'ils ne sont pas expressément désignés comme citoyens de cette ville, et je crois pouvoir m'en tenir à l'opinion que j'ai précédemment émise (3), à savoir que le droit latin est demeuré restreint aux provinces romanisées en tout ou en partie, et qu'il n'a existé de commune de droit latin ni dans les territoires d'occupation purement militaire, sur le Rhin et en Bretagne, ni dans les provinces orientales de langue grecque.

(1) Cf. Mommsen, toc. cit., p. 466, n. 1.

(2) Cf. les remarques de Marini, Arvali, p. 436 sv., et p. 477 suf Aristides, p. 352, éd. Dindorf, et particulièrement sur le martyre de St- Tarracon (5 octobre) : Tapa^o; rcapà tûv yewtjffavTwv |ie xaXoOjiat, ev ôè tô> orpaTedeoOai (te BfxTtop exX^ôtjv; de plus Vita Maximini y c. 1, 2 5, sv; Cf. Mommsen, op. cit. p. 474 etn. 1.

(3) Zur Geschichte des latinischen Reckts, p. i5 sv. [p. 20 delà traduction française, tirage à part.]

Vienne, imp.Savigné. — i885

Extrait du Bulletin Epigraphique. — Mars-Avril i885

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