‹ La Dilatation des Bronches chez l'Adulte: Formes Cliniques, Evolution et Modes de terminaisonChapitre 11 sur 61 · BRONCHECTASIES DANS LE CANCER DU POUMON · texte numérisé non relu

BRONCHECTASIES DANS LE CANCER DU POUMON

Dans cette affection les auteurs ont signalé l’existence de bronchectasies dans le parenchyme pulmonaire avoisinant le cancer soit dans le même lobe près de la tumeur, soit dans les lobes adjacents. Ces bronchectasies se présentent sous forme de cavités souvent volumineuses, à contenu purulent fétide ou non. Ces cavités bronchestasiques adjacentes au cancer seraient pour les uns produites par la compression des grosses bronches par un néoplasme hilaire (Ménétrier). Pour d’autres il s’agirait de bronchectasies syphilitiques concomitantes, la syphilis pouvant faire le lit au cancer. Le développement d’une tumeur maligne pulmonaire au dépens de cavités bronchectasiques a été d’ailleurs signalé par certains auteurs (Martin et Colrat, Collet...). Ces cavités bronchectasiques avoisinant le néoplasme pulmonaire ne doivent pas être confondues avec les cavités creusées au sein de la tumeur elle-même, quand il s’agit de can-

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cer cavitaire du poumon (Ch. Roubier, Journ. de

Méd. de Lyon, 1929. Th. de Barlats).

4° BRONCHECTASIES CONS ÉCUTIVES AUX SUPPURATIONS CHRONIQUES DU POUMON

Il ne s’agit pas ici, bien entendu, de l’abcès pulmonaire venant compliquer la dilatation des bronches, mais bien du développement possible d’ectasies bronchiques au voisinage des suppurations pulmonaires primitives passées à la chronicité.

Dans son manñuel de pathologie interne Dieulafoy signalait déjà à l’autopsie d’un malade atteint de pleurésie interlobaire, l’existence « d’une sclérose du tissu pulmonaire voisin et dans ce parenchyme fibreux et lardacé existaient quelques dilatations bronchiques ». De même, au cours des abcès pulmonaires chroniques, on peut voir se développer des bronchectasies. Les travaux américains ont donné à la question un regain d'actualité. D'autre part, la radiologie, en montrant la fréquence de l’abcès du poumon, devait révéler l’étroite parenté de ces deux affections. Nombre de travaux ont paru sur la question dont nous ne rappelerons que les principaux ; tous tendent à démontrer que, autour de la suppuration, peut se développer une sclérose plus ou moins importante du tissu pulmonaire accompagnée de réactions bronchiques : prolifération des bronchioles dans le tissu scléreux, lésions des parois bronchiques, destruction des fibres élastiques et du cartilage, en somme processus surtout et initialement bronchi-

ques (Ashner). Citons les travaux ou observations de : Ashner et Lilienthal, Sergent, Kindberg et Cottenot, Kindberg et Kourilsky ; Bezançon, Fdchegoin et Azoulay, etc.

Dans leur traité sur les abcès du poumon, Léon Kindberg et Monod étudiant les rapports entre les deux affections distinguent trois ordres de faits

a) La dilatation paraît être une forme résiduelle de la gangrène pulmonaire avec une sclérose réduite au minimum (Observation princeps de Kindberg et Cottenot) ; il s’agit là d’une éventualité très rare.

b) La dilatation se développe dans la sclérose cicatricielle secondaire, après guérison de l’abcès. Sergent a rapporté des observations de ce genre (abcès bronchectasiant de Sergent). Dans ce cas la dilatation est rarement ampullaire ou sacciforme sauf dans les processus anciens.

c) Enfin dans le troisième groupe de faits, il y a intrication des lésions bronchiques destructives et de la suppuration parenchymateuse : c’est l’abcès bronchectasique de Sergent. Cette éventualité est plus rare. La dilatation qui s’installe en général rapidement est ampullaire, précocement édifiée; elle pourrait s’amélorer et serait même susceptible de guérir, d’après les auteurs, par les thérapeutiques actuelles.

Les observations américaines (Ashner et Lilienthal, Linah, Hedblom, Ballon) d’abcès et bronchectasies concernaient des cas semblables : il s’agissait chez les malades d’Ashner et Lilienthal de lésions survenues après intervention sur des amygdales infectées constituant de véritables corps étrangers putrides. |

Léon Kindberg aurait tendance à rattacher à cette

étiologie la plupart des cas de dilatation des bronches en apparence primitives, et dans lesquels l'accident initial non défini et étiqueté : congestion, bronchite, etc., ne serait en réalité qu’un foyer suppuré non diagnostiqué qui donnerait lieu au développement du syndrome de dilatation des bronches. Enfin, Bezançon, Etchegoin et Azoulay insistent sur les phénomènes d'irritation bronchique plus ou moins importante qu'on peut rencontrer dans les abcès du poumon, et si, dans leurs observations, ces altérations ne vont pas jusqu’à la dilatation, ils reconnaissent qu’elles seraient susceptibles d’y aboutir.

. La pleurésie purulente peut-être, elle aussi, facteur de bronchectasie par sclérose rétractile. Sergent, Cottenot et Couvreux dans une communication à la £sciété Médicale des Hôpitaux de Paris (18 mars 1927) en ont rapporté deux observations assez suggestives. La première est celle d’un homme blessé par éclat d’obus en 1917 qui fit une pleurésie purulente traumatique grave, guérie après large thoracotomie. Dix ans après se développent des bronchectasies dans le bloc de sclérose pleuro-pulmonaire où se trouve inclus l'éclat d’obus jusqu'alors silencieux. La deuxième observation est celle d’une jeune femme chez laquelle la bronchectasie se développa progressivement à la suite de pleurésies purulentes récidivantes, elles-mêmes consécutives à une pneumopathie aiguë avec abcès.

Dans une autre observation apportée à la même Société (27 mai 1927) par Sergent et Bordet, une pleu-

résie gauche avec vomique est la première manifestation morbide de la dilatation. Cette observation montre combien dans certains cas, il peut être difficile de diagnostiquer entre elle pleurésie facteur de dilatations ou pleurésie symptomatique. Cette dernière éventualité sera étudiée plus tard lorsque nous parlerons des formes cliniques symptomatiques de

la maladie de Laënnec.

5° BRONCHECTASIES DANS LES STÉNOSES BRONCHIQUES

Expérimentalement Litchéim a pu, par ligature d’une bronche principale transformer le tissu pulmonaire correspondant en une véritable poche purulente multilobée. De même la compression du pneumogastrique, des plexus pulmonaires et péribronchiques (Meunier) pourrait provoquer des altérations bronchopulmonaires, que les physiologistes ont d’ailleurs observé (Claude Bernard, Vulpian, Brown Séquard) à la suite de la section expérimentale du vague. Les troubles vaso-moteurs (Schiff) ou trophiques (Vulpian), dus à ces lésions nerveuses, agiraient en diminuant la résistance de l’appareil broncho-pulmonaire contre l'infection (Meunier).

Tous ces faits expliquent la possibilité de bronchectasies consécutives aux sténoses soit intrinsèques soit extrinsèques, des grosses bronches.

a) Les sténoses intrinsèques peuvent être réalisées par exemple par les corps étrangers des bronches, surtout observées chez l’enfant.

Expérimentalement, Claisse a introduit des corps étrangers fixes et traumatisants (crampons de fer) dans les voies aériennes d’un animal : il se produit une bronchite partielle qui aboutit vite à la bronchectasie avec lésions musculaires particulièrement importantes (Société de Biologie 26 octobre 1895). De nombreuses observations cliniques chez l'enfant confirment ce point de vue : après une période de tolérance relative — une fois les phénomènes aigus de suffocation calmés — parfois même après l’extraction, le syndrome de bronchorrée s’établit progressivement.

L'édification des ectasies est en général rapide; on trouve alors une dilatation ampullaire localisée au niveau du corps étranger, et dans le territoire pulmonaire correspondant, des cavités plus ou moins volumineuses, moniliformes avec peu de sclérose. L’ablation précoce du corps étranger peut amener la guérison, mais si la lésion pulmonaire est profonde, elle est en général définitive.

Un mécanisme complexe doit intervenir dans la production de ces bronchectasies. Celles-ci ne reconnaissent certainement pas une origine purement mécanique, et il faut sans doute faire jouer un rôle à l’infection. |

Chez l'enfant, les observations sont nombreuses (Kinter et Walther, Douillet, Delacour, Sotiroff), et Comby dans son traité des maladies de l’enfance, en citent plusieurs qui sont typiques. Chez l'adulte, les cas en sont plus rares, mais on en trouve cependant dans la littérature médicale : Barclay Baron (The

m… (DA

Lancet 1894), Benda (Soc. Méd. interne Berlin, 1897), Fraenkel (Semaine Méd. 1897), Perrin et Parisot (Presse Médicale 1906):

Enfin plus récemment Paul Courmont et Gardère à la Soc. Méd. des Hôp. de Lyon (20 nov. 1923) relatent l’observation d’un malade venu à l'hôpital pour pyonéphrose avec phénomènes pleuro-pulmonaires imputés à la tuberculose pendant la vie : l’autopsie fit découvrir une dent cariée incrustée dans la bronche inférieure droite. À ce niveau existait une dilatation ampullaire et, dans le territoire pulmonaire correspondant, c’est-à-dire, dans le lobe inférieur du poumon droit, de nombreuses cavités bronchectasiques à parois lisses, allant du volume d’une noisette à celui d’un pois. Il n’y avait pas de lésions tuberculeuses. La présence du corps étranger était ignorée du malade ou du moins il ne l’avait pas signalée.

b) Dans les sténoses extrinsèques par compression des grosses bronches (au cours des affections médiastinales par exemple) ce serait un mécanisme tout à fait analogue qui interviendrait pour expliquer la formation de bronchectasies dans le territoire bronchique correspondant.

De plus, le rôle de la circulation artérielle n’est peut-être pas à dédaigner, et nous n’en voulons pour preuve qu’une récente observation d’Ameuille et Mézard, intitulée : « Nécrose pulmonaire lobaire avec collapsus pulmonaire et bronchectasie par thrombose de l'artère . bronchique ». (Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 3 mars 1933). Cette observation met bien en

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