MOTOR
évidence l'influence possible des troubles de la circulation bronchique.
6° BRONCHECTASIES DANS LA LYMPHOGRANULOMATOSE MALIGNE
Après Letulle qui avait déjà décrit les altérations histologiques des bronches dans le nodule granulomateux intrapulmonaire, MM. Favre, Croizat et Guichard (Journ. de Méd. de Lyon, 20 décembre 1931) ont insisté à leur tour sur les lésions broncho-pulmonaires de la lymphogranulomatose, et sur la présence dans les zones scléreuses avoisinant les nodules granulomateux, d’abondantes néoformations alvéolaires à épithélium cubique et de minuscules bronchectasies.
Plus récemment, notre maître M. le Docteur Ch. Roubier (Journ. de Méd. de Lyon, 5 septembre 1932), à propos de deux observations personnelles, étudie les rapports qui peuvent exister entre les deux affections (lymphogranulomatose maligne et dilatation des bronches). Dans ces deux cas, les dilatations sont du type ampullaire et se présentent sous forme de cavités purulentes plus ou moins confluentes, à parois lisses et régulières. Occupant exclusivement le lobe supérieur du poumon droit, dans la première observation, elles reconnaissent vraisemblablement une origine purement mécanique — compression de la grosse bronche par de volumineux ganglions hilaires droits — compression que traduisait d’ailleurs
cliniquement l'existence d’un souffle expiratoire assez
intense.
Plus intéressante est l’histoire du deuxième malade qui présente outre sa lymphogranulomatose maligne, des bronchectasies diffuses dans les deux poumons ; celles-ci sont surtout importantes à la base gauche, siège d’ailleurs d’une pleurésie purulente ancienne — où elles donnent tout à fait au parenchyme l’aspect aréolaire en nids d’abeilles, bien caractéristique. Dans ce cas l’hypertrophie peu importante des ganglions médiastinaux fait conclure à l’origine non pas mécanique, mais inflammatoire ou infectieuse de la bronchectasie; celle-ci représente peut-être la localisation sur l’appareil bronchique de l’agent pathogène encore inconnu de la maladie de Paltauf-Sternberg, à moins d'admettre, mais c’est là une hypothèse discutable, qu’elle constitue un chancre d’inoculation respiratoire de la lymphogranulomatose maligne. Cliniquement en effet, chez ce malade, les signes pulmoraires cnt précédé les déterminations ganglionnai-
res de la maladie.
7° BRONCHECTASIES DANS LES SÉQUELLES DE L’INTOXICATION PAR LES GAZ DE GUERRE
La persistance chez les « gazés » longtemps après leur intoxication de troubles pulmonaires : dyspnée, crises asthmatiformes, emphysème, signes de bronchite ou de broncho-alvéolite, a fait appliquer à ces malades la méthode du lipiodo-diagnostic ; celle-ci
Te
devait révéler chez eux la présence de dilatations cylindriques responsables de leurs troubles.
À Lyon, les travaux de Bonnamour et Badolle ont bien mis en évidence un aspect radiographique particulier qu'on ne rencontre que chez les « gazés ». Le lipiodol reste comme fixé le long des parois des bronches malades, donnant ainsi l’aspect de tubes creux, « tubes de macaroni » (Rosenthal) nettement dilatés. Dans les cas types les plus accentués, l’huile iodée ne pénètre pas plus loin que les bronches, et les alvéoles sont à peine indiquées, réalisant l’aspect d’« arbre mort ». Beaucoup de ces tubes sont comme coupés à l’emporte-pièce et parfois d’aspect moniliforme. Quelquefois l’intérieur des bronches dilatées est injecté, mais toujours les parois sont plus fortement dessinées. Ces dilatations peuvent être localisées à une bronche, à un territoire bronchique, ou atteindre les rameaux de deuxième et troisième ordre.
Ces aspects radiographiques ne seraient pas, pour Sergent, Léon Kindberg et quelques autres auteurs parisiens, aussi caractéristiques qu'on l'avait cru tout d’abord. Ils traduiraient simplement, pour eux, la sclérose pulmonaire, laquelle jointe à l’encombrement broncho-alvéolaire qui l'accompagne presque toujours, empêcherait la progression de l’huile iodée. Üne vérification minutieuse n’aurait permis de déceler aucune ectasie chez des malades ayant présenté des aspects en arbre mort typique, et chez d’autres, il se serait agi de bronchorrée chronique sans dilatation. Au reste Sergent aurait retrouvé ces images de
bronches cassées ou de tubes creux chez des indivi-