I. — Classification anatomo-pathologique
Laënnec avait déjà pu distinguer deux sortes de dilatations bronchiques : les unes cylindriques, les autres ampullaires. Îl conseillait, pour les mettre en évidence, de sectionner le poumon avec des ciseaux à partir du hile en suivant les principaux rameaux
bronchiques.
.À. — LES BRONCHECTASIES CYLINDRIQUES
Dans cette variété les bronches conservent leur forme, mais leur diamètre est augmenté. La dilatation peut s'étendre à tout l'arbre bronchique, être généralisée ; le plus souvent elle est limitée à un territoire bronchique ou même à un segment seulement ; elle peut intéresser soit les gros troncs, soit les extré-
mités bronchiques (Laënnec) dans les régions souspleura'es, constituant alcrs la brencheciasie capillaire (Biermer, Rilliet et Barthez).
B. —— LES BRONCHECTASIES AMPULLAIRES
Elles sont de beaucoup les plus fréquentes.
Elles peuvent occuper soit l’un, soit les deux poumons, le sommet comme la base, et intéresser les bronches de moyen ou de petit calibre. Elles sont constituées par des cavités nombreuses, souvent rapprochées, confluentes même ; parfois au contraire, il n’y a qu’une cavité unique, généralement alors de plus grande dimension (raisin, noisette, noix, etc.). La dilatation peut occuper toute la circonférence de la bronche (dilatation circonférentielle de Cruveilher), être localisée à une partie de la paroi (dilatation latérale ou sacciforme) ou bien être formée d’une série de renflements (dilatation moniliforme), éventualité assez rare. Le contenu de ces cavités est formé d’un muco-pus épais, presque solide, d'apparence souvent caséeuse et jaunâtre.
Cette classification anatomique se trouve confirmée par les épreuves radiographiques après injection intrabronchique de lipiodol, qui montrent bien sur le vivant ces deux variétés de bronchectasies.
Cette méthode proposée en 1922 par Sicard et Forestier s'est rapidement vulgarisée et a été depuis lors couramment employée par de nombreux auteurs. Nous n'’étudierons ici ni sa technique, ni ses incidents
ou accidents déjà décrits bien souvent, et nous nous bornerons à rappeler sommairement les images obtenues.
L'image caractéristique du système bronchique normal c’est « l’arbre avec son feuillage », celle-ci ne valant naturellement que pour la zone injectée. La technique s’est d’ailleurs, avec le temps, bien perfectionnée et avec elle l'interprétation des images. Récemment encore Sergent s’est attaché à montrer la fréquence des images anormales, qui ne sont pas toutes caractéristiques, et la thèse de Poumeau-Delille est le reflet de ses idées.
Les images obtenues dessinent des dilatations, sacciformes, ampullaires, en chapelet, correspondant à la description anatomique faite plus haut, images qui, lorsqu'elles se groupent sur le cliché, ont suscité de la part des auteurs des comparaisons nombreuses et imagées que leur nom seul suffit à définir (« images en grappes de raisin, en doigts de gants, en régime de bananes, en branches de glycine, etc... ».
Les images en « nids de pigeons, en valvules sigmoïdes » auraient pour Sergent une valeur discutable quand on les rencontre dans la région parahilaire, ou au sommet, et lorsqu'elles sont en très petit nombre. De même pour certains aspects en « forme de cuvette » ou en « lac lipiodé » de la région hilaire, aspects qui pourraient s’observer dans certains états autres que la dilatation des bronches (par exemple dans la sclérose banale.…..).
La bronchectasie cylindrique apparaît sous la forme