BRONCHECTASIES DANS LA TUBERCULOSE PULMONAIRE
Le premier en 1878, Grancher enseignait qu'il pouvait exister des bronchectasies au cours de la tuberculose pulmonaire, qu’il s’agisse d’une phtisie à marche chronique avec poussées de bronchite tuberculeuse, ou bien d’une bacillose fibreuse à évolution lente. Il inspirait sur ce sujet, en 1881, la thèse de Dallidet. Anatomiquement, il décrit des bronches épaissies, dilatées dans les vieux sommets fibreux ; il s’agit en général de dilatations cylindriques.
Marfan en 1893 (traité de Charcot et Bouchard), puis Claisse (traité de Brouardel et Gilbert) accueillent favorablement cette conception. Dieudonné la considère, au contraire, comme peu fondée ; puis Halbron décrit également (Revue de médecine 1909) les lésions bronchiques et les bronchectasies chez les tuberculeux, résultant d’une lésion de la paroi bronchique elle-même, ou bien de l'attraction excentrique exercée par le parenchyme scléreux avoisinant. Mais bien que jamais niée formellement par les auteurs cette conception étiologique devait perdre du terrain. Tripier, dans son traité d’Anatomie pathologique,
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après avoir dit qu’on trouve assez souvent dans les sommets scléreux des tuberculeux « une petite bronche en état de dilatation cylindrique », écrit ensuite : « on peu cependant rencontrer au sommet du poumon des dilatations ampullaires des bronches, se rapportant à l'affection désignée sous le nom de dilatation bronchique, dont nous nous occuperons bientôt, mais ce cas est rare relativement ». Le maître lyonnais déniait à la tuberculose le rôle de construire des lésions analogues par leur importance, leur étendue, leur structure histologique à celles qu’il décrivait dans certaines scléroses syphilitiques.
Depuis lors l’introduction de la radiologie dans la pratique médicale a permis aux auteurs de reprendre la question, et de nombreux travaux ont vu le jour. Citons ceux de Sergent, Pruvost et Cottenot, Cottenot et Couvreux ; Armand Delille chez l’enfant ; Léon Bernard, Léon Bernard et Lamy, la thèse de Boudrant élève de Caussade, celle de Gilbert inspirée par Sergent, les tout récents travaux de Dufourt, Arloing et Levrat. Ces derniers auteurs expérimentant sur le cobaye ont pu, par injection de bacilles tuberculeux, reproduire de belles dilatations ampullaires dont ils ont apporté les radiographies à la Société Médicale des Hôpitaux de Lyon.
Enfin Dufourt, Pierre Etienne-Martin et ]. Faure ent récemment publié un certain nombre d’observations de dilatation bronchique au sein de lésions tuberculeuses variées. Dans la tuberculose fibro-caséeuse, les bronchectasies sont rares dans les formes subai-
guës, relativement fréquentes dans les formes chro-