‹ La Dilatation des Bronches et L'Artério-ScléroseChapitre 12 sur 12 · CAUSES DÉPENDANT D'UNE ALTÉRATION DES PAROIS BRONCHIQUES · texte numérisé non relu

CAUSES DÉPENDANT D'UNE ALTÉRATION DES PAROIS BRONCHIQUES

Bien qu'avec les scléroses pulmonaires et chroniques on puisse voir des dilatations bronchiques, on doit attribuer le principal rôle dans la dilatation aux altérations de la paroi bronchique, qui à leur tour permettent les efforts de la toux d'agir mécaniquement. Cette théorie a été comprise de deux facons. Stokes faisait relever cette altération d’une loi générale qu'il avait formulée. Selon lui, l'inflammation d'une muqueuse était suivie dela paralysie des plans musculaires sousjacents. La bronchite chronique était conséquemment suivie

d'une paralysie des fibres musculaires lisses qui entrent dans

la composition des parois de la bronche. Cette paralysie à son tour permettait les efforts d'inspiration et d'expiration d'agir sur Les parois et la dilatation se formait.

La deuxième facon de comprendre cette théorie a été soutenue d'abord par Andral, qui à la suite des affections chroniques des bronches, relevait une altération de nutrition dans les parois bronchiques.

Cette altération de nutrilion causait la perte de l'élasticité normale des bronches. Ici il y avait altération organique du tissu qui sert de charpente à la paroi bronchique : dans la première façon de considérer la question il y avait plutôt trouble fonctionnel, lésion sympathique.

Plusieurs auteurs, tels que Gombault et Gintrac, ont formé des théories éclectiques, attribuant la dilatation des bronches à l'influence réunie des lésions inflammatoires chroniques de la bronche, du tissu pulmonaire et de la plèvre.

Mais en somme jusqu'ici on n'a considéré la dilatation des bronches que comme le résultat d'une cause externe. On n'a pas porté suffisamment l'attention du côté de la prédisposition individuelle de l'organisme : on n'a pas songé à une idiosyncrasie anatomique locale qui serait la cause prédisposante de cette lésion.

S'il suffisait de ces infammalions locales prolongées pour la causer, l'affection dont nous traitons serait aussi fréquente que l’est l'emphysème et le calarrhe chronique des vieillards.

Il faut faire intervenir une autre cause : c'estl'artério-sclérose des artères des parois des bronches, relevant d'une artériosclérose généralisée.

Cette artério-sclérose des artères des parois bronchiques

mène nécessairement à leur défaut de nutrition. Il se passe

dans le poumon ce qui se passe dans les autres viscères. À ce moment peuvent intervenir les causes occasionnelles et les dilatations se forment.

Cette théorie de la formation des dilatations bronchiques n'est point sans quelques points pratiques. En premier lieu elle nous engagera à soigner tout particulièrement au point de vue de la dilatation bronchique lesindividus atteints de bronchite et broncho-pneumonie dont les artères présentent déjà des signes d’artério-sclérose.

Ensuite on traitera les individus déjà atteints de dilatation bronchique non seulement au point de vue de leur lésion pulmonaire, mais on s’eflorcera de modifier avantageusement Les lésions de leurs artères, ainsi que la diathèse dont elles

relèvent.

de L: ; Fs

ie |

é # CONCLUSIONS. 5

I. L'emphysème avec bronchite chronique, la pleurésie chronique avec adhérences, la sclérose pulmonaire ne suf- : fisent pas à elles seules pour expliquer la dilatation des b.

bronches, puisqu'elles peuvent exister sans cetle complication.

IT. D'autres facteurs sont encore nécessaires et parmi ceuxci il faut placer l’artério-sclérose, qui facilite l’action des causes ordinaires. à |

IIL. L'ectasie bronchiqueest à la bronche ce que l'emphysème est au poumon, la myocardile scléreuse au cœur, la néphrite interstitielle au rein. -

IV. La dilatation des bronches est done habituellement d'origine arthritique, et cette notion doit intervenir dans la direction du traitement prophylactique et curatif.

7442-91. — Coreeis. [mprimerie Créré.

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