‹ La Dilatation des Bronches et L'Artério-ScléroseChapitre 8 sur 12 · A. BRONCHES · texte numérisé non relu

A. BRONCHES

1° Ampoules bronchiques les plus larges.

Les miuces parois qui séparent l’une de l’autre les cavités bronchiques sont presque uniquement constituées par les muqueuses adossées, muqueuses d’ailleurs de structure méconnaissable. L'épithélium, conservé par places, mais bousculé et diminué de hauteur, repose directement sur un tissu de néoformation embryonnaire qui a transformé Le chorion en une couche épaisse et homogène. Sur le plus grand nombre de points cette couche granuleuse se continue jusqu'à l’épithélium de la bronche adjacente, sans interposition d’autres éléments qui marquent la séparation des deux muqueuses ; dans ce tissu, ni vaisseaux, ni glandes, nicartilages. De temps en temps se montrent, sur l'étendue de quelques millimètres, des écheveaux de fibres élastiques servant de démarcation entre les parois des deux bronches, ou plus souvent, un faisceau de fibres musculaires lisses.

C'est là la constitution du plus grand nombre des bronches.

2° Bronches de moyen calibre ayant conservé leurs cartilages et n'ayant subi qu'une dilatation cylindrique.

On a sous le microscope la coupe transversale de la bronche dans sa totalité. Il est difficile d’y reconnaitre les couches classiques d’une paroi bronchique de cet ordre. Néanmoins on peut énumérer, de dedans en dehors :

Une couche épithéliale,

Une couche embryonnaire,

Une couche musculaire,

Une couche glandulaire et vasculaire,

Une couche élastique renfermant les cartilages.

L'épithélium est desquamé sur bien des points. Les cellules qui sont adhérentes ont perdu leur forme nettement cylindrique, pour se terminer, vers la lumière de la bronche, par une extrémité effilée ; il est impossible d'y reconnaitre des cils vibratiles, même aux plus forts grossissements; le proloplasme est de beaucoup diminué de volume; la cellule n’est plus constituée, pour ainsi dire, que par son noyau allongé. Les cellules se tiennent mal entre elles; elles sont inclinées dans divers sens et chevauchent parfois les unes sur les autres.

La couche embryonnaire, fort épaisse, représente le chorion de la muqueuse. Elle est en tout comparable à celle que nous avons décrite plus haut dans les grandes ampoules bronchiques. Là où l’épithélium est tombé, elle constitue directement la surface interne de la bronche, et ses cellules se détachent par places ; il y a comme une érosion sur certains points ; sur d’autres, au contraire, cette couche a proliféré librement dans l’intérieur de la bronche, ce qui donne lieu à des bourgeons proéminents, quelquefois à des languettes plus ou moins développées. De sorte que la ligne qui circonscrit la lumière bronchique est sinueuse et accidentée.

Sous cette couche embryonnaire, court assez uniformément une couche de fibres musculaires lisses bien conservées; cependant elle est rompue par places pour laisser passer la couche embryonnaire qui va, entre les cartilages, rejoindre la couche embryonnaire de la bronche voisine.

Immédiatement au dehors se voit un riche reticulum formé par la coupe des acini glandulaires dont les travées conjonctives, infiltrées de cellules embryonnaires en plus ou moins grand nombre, ont conservé cependant la forme générale de la charpente glandulaire; les épithéliums n'existent pour ainsidire plus ; ils ne sontreprésentés que par de vagues granulations entre les travées. Nous avons vainement cherché les tubes excréteurs des glandes sur une série de coupes ; à plus forte raison, n’avons-nous trouvé aucun abouchement glandulaire sur la lumière de la bronche.

Se mêlant aux acini glandulaires on voit un réseau bien développé de capillaires néoforimés qui s'arrêtent dans cette couche et n’empiètent pas sur la couche embryonnaire sous-épithéliale.

Une mince, très mince couche discontinue de fibres élastiques sépare les deux couches précédentes des cartilages. La méthode de Balzer (action

de la potasse à 40 p. 0/0 après colocation par l’éosine) nous a montré la pauvreté des bronches en éléments de cet ordre. On en retrouve de temps en temps quelques tortillons assez maigres le long du cartilage ou dans leurs intervalles; les écheveaux en sont un peu plus nombreux et plus denses en dehors des plaques cartilagineuses; mais tous ces faisceaux n’ont pas de continuité, et on comprend qu'ils n’ont plus dans la constitution de la bronche qu'un rôle représentatif.

Les cartilages ont subi un commencement d’altération, mais dans leur partie centrale seulement. Toute leur périphérie a conservé les alvéoles aplatis de l’état normal.

Au centre beaucoup de cellules ont disparu, laissant vide la cavité des chondroplastes. D’autres présentent deux noyaux. Les chondroplastes sont très rapprochés par places. Cette série d’alvéoles vides communiquant entre elles forment un élégant réseau de substance hyaline. À ce niveau, celle-ci prend mieux la substance colorante (carmin, éosine), et sur certains cartilages elle a même disparu pour laisser une lacune quelquefois comblée par des cellules embryonnaires.

En dehors des cartilages, nous avons signalé la présence de quelques faisceaux élastiques ; puis le reticulum des alvéoles pulmonaires, quand il existe, commence tout de suite, le plus souvent tout à fait normal (voir plus loin).

Les points compris dans l'intervalle des cartilages présentent le maximum de prolifération embryonnaire, et là seulement des faisceaux de tissu fibreux assez discrets ; quelques rares fibres élastiques y sont aussi mêlées. C’est qu’en ces points se trouvent les artérioles nourricières des parois bronchiques. Celles-ci sont manifestement épaissies ; leur couche élastique est très nette, également plissée, et leur tunique conjonctive se montre large et bien rouge, étendant autour d’elle une zone sclérosée qui se confond avec le tissu fibreux et embryonnaire dont nous venons de parler. La forme de l’artère est souvent altérée, les parois sont plissées dans leur ensemble, et la lumière en est très irrégulière. Toutes les artères ne présentent pas d’ailleurs le même degré d’altération.

3° Bronches sus-lobubaire et intra-lobulaire.

Les dernières ramifications bronchiques ne sont pas les moins altérées ; toute trace de muqueuse à disparu; la cavité de la bronchiole est directement limitée par une couche de fibres musculaires lisses dont l’épaisseur parait être restée normale. Au-dessous on voit une zone plus ou moins épaisse de tissu fibreux qui ne se prolonge pas toujours dans le parenchyme pulmonaire,

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