LA VIE PATRIARCALE
lusioDS ; ils s'imaginèrent n'avoir plus rien à apprendre ; ils s'admirèrent à l'apogée de leur gloire et ils imaginèrent d'immobiliser le pro" grès ; ce fut le signe de la décadence. Un mouvement étranger à ce pays entraînait le monde. Cambyse, roi des Perses, conquit l'Egypte; il la réunit à ses États. Elle ne recouvra son indépendance qu'après avoir subi la domination d'Alexandre. Dès lors, elle était en retard : les grands empires l'avaient dépassée ; la puissance romaine menaçait de tout envahir. La nation la plus illustré de l'antiquité se ruina tout à fait dans les guerres civiles et dans une lutte insensée contre Rome. Qu'était devenu l'esprit pacifique de ses premiers habitants? Où était la sagesse des Pharaons?
De tant d'efforts et de tant de grandeurs, il ne reste plus aujourd'hui que des souvenirs et des ruines immenses. Pour s'immortaliser, il faut suivre le progrès.
Les Égyptiens avaient méconnu la tradition
J90 LA DÎME, LA CORVÉp ET LE JOUG.
du vrai Dieu pour se créer des idoles. Or, tou|;^ religion de fantaisie se modifie sans cesse ^u profit de quelque chose ou de quelqu'un, Ce fut d'abord TÉtat, puis ensuite son inaitre. A mesure que Ton s'éloigne des origines de l'Egypte, la famille tend à s effacer et le prestige du peuple à grandir ; mais la gloire nationale ne compense pas la perte d'une institution solide. Les colosses de pierre ont beau garder le Nil; les grandes pyramides éternisent en vain la mémoire des Pharaons. Des armées victorieuses ont passé par là ; des superstitions ridicqles et immorales ont corrompu les descendants des héros, ils ne savQut plus ce qu'ils sont ni ce que vaut un homme. Et leurs faux prêtres, et leurs savants, et leurs hommes illustres tenteront en vain d'arrêter la décadence, car pas un ne songe à revenir à Dieu et à la famille.
TRAir§FOHlf AXIONS SpCIALES ET PROGRÈS. |9i
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l,a constitution sociale des Juifs fujt réglée çl'apr^ çplle (Jep Egyptiens.
Ell^ en reproduit les c^^actè^^s, mais elje s'iggpire d'w principe, plus élevé. ILg société judaïque est e^sientiellement religipqse ; elle s'adapte aux croyances 4'Abr3ham, d'Isaac et de Jacob ; elle entretient les enfants dans le centre de leurs tribus. Elle exclut de son sein le§ vaincus et Jçg étrangers ; ejle ne veut pas ^'^lliancg avep les iiî^dèjes; elle s'impose
492 LA DtMB, LA GORTÉE ET LE JOUG.