‹ La dîme, la corvée et le jougChapitre 19 sur 28 · TRANSFORMATIONS SOCIALES ET PROOBÈS · texte numérisé non relu

TRANSFORMATIONS SOCIALES ET PROOBÈS

Juif était esclave ; le Grec est libre ; le peuple de Dieu s'était formé à l'obéissance, les hommes nouveaux s'exercent au commandement ; ceux-là se laissent dompter malgré eux; ceux-ci apprennent à se connaître; les institutions des Juifs sont immuables ; celles des Grecs se prêtent à toutes sortes de transformations et d'épreuves : les premiers étaient ingouvernables, les seconds se gouvernent eux-mêmes. Une puissance admirable règne sur les Grecs ; c'est la loi que leur donnent leurs sages ; ils Thonorent, ils lui vouent leur existence ; ils en ont le culte. Pour eux| c'est la justice, la source de la gloire et du bonheur. Ils ne la discutent pas, ils l'acceptent ; ils reconnaissent qu'elle n'est pas absolument la meilleure, mais ils l'observent parce qu'elle convient le mieux à leur caractère, à leurs tendances et à leurs besoins.

Ils sont ennemis des idées universelles, ils se sentent capables de grandes gloires, mais

pas de toutes ; ils po^sse^t à la perfection tQp|; 09 qu*}U touchent, tout ce qii'ib çntrapresnent, mais ils abandonnent volontigr^ ce qui ne s'accorde pas avec leur caractère. D^RS \8^ arts, ils n'ont pas de rivaux ; la gr^ce, Tlidrmonie, la beauté s'incpment chez ei|^, leur architecture est encore le styl^ le plus doux ; leur sculpture est idéale ; leur littérature est cpn^me leurs çiarbres, fine et polie, fern)^ et 9ans artifices*

^n philosophie, ils abordant ripfioi ; ^n politique, ils prépnt leur système ; I9 force est leur b^se ; l'babileté, ^énergie et le dévouement secondent leurs armes ; il^ commftPd^pt à la fortune, parce qu'ils ne se l^isseut jamais gbattre par le malheur.

La patrie leur est chère jusqug d^^s W mort; ils suçpQmbeu( sans amertume* pourvu qu'ils étonnent Tennemi ; ils gavent que d^us Argos la gloire )es ^t|:end; on jugl^r^ leur Uïéîpoire ; on iroroprtaliser? leur now ; leurs

TRA]!^SrpBMAT70NS SOCULEg ET pROORÈS. 495

yiltes seront fières d@ taot de bravoure «t Um pation restera Jibre par em, Ils ne sortent de leprs froptières que pour établir des colonies, ils vont au loin chprc}ier des richesses, mais iU les rapportent à la uîère patrie. Leurs vaisseaux abordant dans tous les ports, accostent toutes les iI^§ ; ils découvrent des terres pueux favorisées que celles de la Grèce, et pourtant le citoyen d'Athènes ou de Laoéd^r mbne préférera toujours son titre à ceux dgs étrangers.

Les anciens Grecs réalisaient dans la piesure de leurs progrès la constitution sociale de r Angleterre, ayec le génie oriental de plus et 1^ froideur de moins.

Un jour pourtant, cette noble Grèce fut enyahie comme l'Sgypte par Tesprit de conquête ; lep villes se déplarèrent la guerre ; les plus fortes voulaient régner ; de loin, l'étranger foQientait leurs discordes et surveillait leuris mguvenoentfif. Laçédén^çne lOendif^ le

LÀ DtME> LA GORYÉE ET LE JOUG.

secours des Perses. Athènes se laissa gagner par les promesses de Philippe. Vint Alexandre; il traîna tous les Grecs à sa suite ; il les assimila aux peuples de son empire. La marche du progrès était rompue ; les armées, les généraux , les guerres civiles semèrent la tyrannie ; le génie de Philopœmen se levait trop tard ; la destruction des Grecs était accomplie. La patrie des sept sages, des Platon, des Aristote, des Phidias, des Apelles, des Pythagore, des Léonidas et des Thémistocle n'était plus que la province d'Achaïe.

Rome absorbait l'univers ; elle n'épargna pas le coin de terre où avait fleuri la liberté; Rome hérita de tous les progrès ; elle en concentra toutes les idées ; elle en réunit toutes les forces, puis elle les asservit à sa gloire ; il n'y eut plus rien au monde que le Romain.

Son nom résume plusieurs siècles ; sa politique invente une force nouvelle, une domination suprême, une tyrannie sans rivale^

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