‹ La dîme, la corvée et le jougChapitre 3 sur 28 · INTRODUCTION. VU · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VU

pires. Il faut en rechercher la cause dans l'habitude des invasions et du pillage, Forgueil du commandement, la haine des nations vaincues et la nécessité de se défendre. On ne trouvait pas le temps de s'occuper d'études et de sciences ; les nobles s'exerçaient aux combats ; les serfs et les vilains (1) s'occupaient des travaux des champs ; c'était là tout le peuple, et s'il n'y avait pas eu de clercs, d'abbayes, ni de moines, nous aurions perdu jusqu'au souvenir de l'antique civilisation.

On a tort de dire que les seigneurs faisaient profession d'opprimer le peuple ; leur rôle était de défendre le sol contre les étrangers et les terres cultivées contre les bandes en armes ; ils maintenaient et rétablissaient l'ordre. Au dedans et au dehors, ils protégeaient la paix.

(1) Le mot vilain veut dire simplement habitant d'une ville ou d*un village, et s^écrivait villain^

vni INTRODITCTION.

En entrant sur les terres dont ils s^emparaient, les barbares amenaient dans leurs rangs des guerriers cruels et indomp^ tés; ils laissaient parmi les vaincus des hommes capables de se révolter et de se venger.

C'est à ces causes qu'il faut rapporter tant de luttes fratricides et de guerres in* testines ; mais il n'en reste pas moins vrai que les châteaux veillaient sur les terres et sur les habitants dont ils s'entouraient.

Aux classes laborieuses comme aux hommes de guerre le clergé prêchait la doctrine évangélique ; c'était sa mission ; il n'y faillit en aucunes circonstances. Les yeux fixés sur un idéal subHme, it parvint seul à intéresser les masses et à les soulever; la religion prit un empire universel sur toutes les classes sociales ; elles se reconnaissaient égales devant Dieu. Ce fut

INTtOBUGTlON. DC

le principe fondamental de la société contemporaine.

On .convient sans difficulté que la condition des serfs était pire que la nôtre; mais ce que Ton ne pense pas à remarquer dans certains partis, c'est que Vaffranchissement de l'humanité ne pouvait s'opérer que lentement et avec mesure.

Les partis avancés feraient sagement de regarder de temps en temps en arrière.

C'est le seul moyen d'apprendre l'histoire et d'étudier la marche du progrès. Ils feraient bien surtout de regarder plus loin que le commencement du dix-neuvième siècle. Les vues courtes sont toujours préjudiciables.

Avant la Renaissance et le moyen âge, rhumanité remplissait déjà le monde. Pendant l'invasion des barbares, sous la dominalion romaine et dans les âges les plus

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