‹ La diphtérie [electronic resource]Chapitre 11 sur 27 · ASSOCIATIONS MICROBIENNES DANS LA DIPHTÉRIE · texte numérisé non relu

ASSOCIATIONS MICROBIENNES DANS LA DIPHTÉRIE

la présence n'a aucune signification pathologique (streptocoque a) : on trouve un autre streptocoque, ie << streptocoque ^ », extrêmement important, dont l'étude bactériologique a été faite à ce moment.

Semblable au streptocoque de l'érysipèle, ce microorganisme déterminait, chez le cobaye, animal relativement réfractaire, des lésions inflammatoires très étendues au lieu d'inoculation avec lymphangite et adénite à distance.

Les cobayes succombaient à des phénomènes septiques, et, à l'autopsie, on trouvait presque toujours de la péritonite de voisinage ou généralisée, et souvent de la pleurésie ou de la péricardite.

Les liquides inoculatoires, la sérosité péritonéale, celle des autres séreuses, le sang du cœur donnaient des cultures pures de streptocoques.

Ce streptocoque semble donc, d'après ces expériences, très virulent.

Mais ce n'est pas tout ; ce streptocoque a-t-il une action sur les muqueuses et ne peut-il favoriser le développement ultérieur de la diphtérie ?

Si l'on dépose sur la muqueuse vaginale de femelles de cobaye, au moyen d'un fil de platine stérilisé, une culture récente de streptocoques, on voit se développer une vaginite légère et curable qui se manifeste par de la rougeur et par un suintement muco-purulent. Si de la même façon on se sert de streptocoques et de diphtérie, on observe, dès le lendemain, une vaginite intense, qui rappelle par ses caractères l'aspect de la muqueuse pharyngée chez l'homme, dans les formes infectieuses de la diphtérie ; la muqueuse vaginale est le siège d'une congestion qui va parfois jusqu'à l'hémorragie; il existe un suintement séro-fibrineux, quelquefois rosé, beaucoup plus abondant qu'avec le streptocoque seul! L'irritation se propage à la vulve. Celle-ci est recouverte d'exsudats jaunâtres, parfois infiltrés de matière colorante du sang, et d'une couleur rouge brun. On peut, avec une aiguille de platine, détacher des lanbeaux pseudo-membraneux.

La mort peut survenir, ou bien les phénomènes

s'améliorent et, vers le cinquième ou le sixième jour, la muqueuse a repris sa teinte normale, conservanl seulement par places, à l'entrée du vagm, des ulcérations recouvertes d'un exsudât grisâtre, qm ne tardent pas à se cicatriser.

Nous avons observé également chez un de nos animaux, un fait qui mettrait sous un jour particulier le rôle que peut jouer le streptocoque vis-a-vis de la diphtérie.

Une femelle de cobaye qui, quatre semaines auparavant, nous avait servi pour étudier l'action du streptocoque sur les muqueuses et qui avait présente une vaginite streptococcique expérimentale, reçut sur le vaSin du bacille diphtérique seul. Dès le lendemain elle présentait des symptômes semblables a ceux de . rinoculation mixte et mourait dans les convulsions.

Cette observation montrerait que,pour s influencer les deux infections ne doivent pas nécessairement être contemporaines ; elle mettrait au mo^^s en relief l'importance qu'il faut attacher a une affection

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banal de la gorge des sujets sains; ce streptocoque vh ulent ne r'estf pas localisé dans la gorge des sujets luetts de diphtLie, on le retrouve le sang, dans les ganglions du cou suppures ou non, dans cei tains fovers d'irritation viscérale.

npv-mt de tels faits, il est impossible de ne pas reconnaître qie la présence de c) streptocoque doit ouer un rôle dans la marche et l'évolution de la maladrè ; mais les rapports réciproques qui uni sent ractîon pathogène dVbaciUe dipht nque et ca le d ce microbesont assez compleM^ y^a^

ïe streptocoque, puisqu'elle /'«tviut n-g^j^^^^^^^ TTinmipuses en v déterminant un loyei de nécrose , rnvSSt^iotion du s— ^^^^ avant toute atteinte du bacille de hlebs-Lœnier, pcui

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créer, sur les muqueuses, un milieu favorable à la diphtérie ; d'autre part, l'influence que le bacille diphtérique et les microbes dont nous nous occupons exercent réciproquement sur leur virulence propre. Or, à ce point de vue, l'expérience montre que la coexistence du bacille de Lœffler et du streptocoque exalte la virulence de ces deux organismes. C'est ainsi que Roux et Yersin ont rendu de la virulence à un bacille diphtérique affaibli, en le cultivant au contact d'un streptocoque virulent provenant d'un érysipèle.

Plus tard, Bernheim (1), BonhofT (2) ont de même constaté que, dans les cultures, le streptocoque favorise le développement du bacille, augmente sa virulence ; les expériences d'inoculation de ces auteurs chez les animaux leur ont montré également que l'infection simultanée par le streptocoque et le bacille était plus grave que celle produite dans les mêmes conditions par le bacille diphtérique agissant seul.

C'est en s'appuyant sur les faits expérimentaux qui précèdent que l'un de nous (3), tenta d'établir un type pathogénique de diphtérie streptococcique due à une action concomitante des deux microorganismes s'exaltant réciproquement, type ayant son aspect, son évolution, ses complications propres et présentant toujours un caractère de haute gravité, ce type s'opposant à la diphtérie pure ayant, elle aussi, son aspect, sa marche et ses complications. Sans insister maintenant sur les caractères cliniques qui distinguent ces deux formes, caractères sur lesquels nous aurons l'occasion de revenir longuement dans la partie clinique de cetravail, ajoutons qu'entre ces deux types de diphtérie pure et de diphtérie streptococcique, nous avons reconnu l'existence de formes de gravité variable à l'examen desquelles on trouve le bacille associé non plus à des streptocoques, mais à des cocci divers et à des staphylocoques. Nous

(1) Behnheim, Zeilscitvifl filr Hygiène, XVIII. Berliner klinische Woclienschrifl, I89.T, n" 4.

{2) BoNHOFF, llygienisclie Rundschau, 189G, n» 3. (3) Bahbier, /oc. cil.

n'avons plus alors d'accidents septiques suraigus, mais des phénomènes locaux particuliers qui doivent faire ranger ces formes dans un autre cadre d'association. Malheureusement, les documents précis sur cette catégorie d'associations ne sont pas nombreux. Bernheim avoue que les produits de nutrition du staphylocoque favorisent le développement du bacille diphtérique. De Blasi et Russo Travail (1), ont montre de même que l'inoculation simultanée au cobaye du bacterium coli et du bacille de Lœffler est plus rapidement mortelle que celle du bacille seul.

Ces idées sur les associations microbiennes dans la diphtérie ont été l'objel d'interprétations très diverses et ont suscité des objections variées. Certains auteurs, se basant sur la présence du streptocoque dans la gorge des sujets sains et dans presque tous les exsudais diphtériques, refusent de reconnaître une forme spéciale de diphtérie causée par l association du streptocoque au bacille long ; d'autres, au contraire, attribuant aux résultats de l'ensemencement une importance plus grande qu'il ne le comporte, prétendent, par cet examen seul, pouvoir déclarer une diphtérie associée ou non et se trouvent ainsi mettre la bactériologie en désaccord avec la clinique, car la bactériologie mal interprétée leur faisait dire diphtérie associée là où la clinique montrait la diphtérie la plus typique, la plus classique.

Si on néglige l'aspect morphologique du streptocoque rencontré, sa virulence plus ou moins grande, constatée par des inoculations aux animaux, sa plus ou moins grande abondance en culture, l'objection qu'on apporte ainsi contre cette forme de diphtérie streptococcique na pas plus de valeur qu'elle n'en aurait contre la nature streptococciquereconnue delabroncho-pneumonie, ou,dans un autre ordre d'idées, contre la nature coli-bacillaire de nombreuses diarrhées, sous prétexte que le colibacille est l'hôte habituel de 1 intestin. ^ Dans le second cas, il y a un véritable abus dans

De B,.a.i et Russo Tkavau, A?vi. de Vlnstilut Paslew, 1898.

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