BACILLE EN NAVETTE
Sérum de Lœf-, Agar f/lycé-
Colonies séparées, nrrondies, à bords nets, opaques au centre ; ou bien traînée un peu humide, vernissée, jaune gris, assez bien limitée.
Louche, dépôts adhérents aux parois du verre. .
Développement très 1 lent, petites colo- )iies fines, transpa- 1 rentes, à peine visi- ^ bles.
Colonies séparées irréguliéres, à bords flous, transparentes ; moins hautes, ou plus souvent traînée très humide, plus jaune, très transparente, difl'use.
Trouble, dépôt au fond.
Développement dès le jour ou retardé au 2<= ou 3».
Colonies larges, grises, aboutissant rapidement à un envahissement total du tube, exubérant, verruqueux, à points blancs qui pourraient faire penser à une impureté de culture.
Nous tenons à signaler un fait intéressant, à savoir que les anp;ines où se retrouve ce bacille ne se montrent pas isolées, qu'elles n'apparaissent pas au hasard. Au contraire, elles arrivent par séries, pendant huit jours ou davantage; on en observe alors tous les jours, quelquefois plusieurs par jour, puis on n'en rencontre plus pendant plusieurs semaines, ce qui semble en faveur d'un parasitisme spécial ayant son épidémiologie propre.
Nous avons rencontré ce bacille en navette dans deux conditions différentes :
Trois fois seulement l'angine avait bien les caractères de la diphtérie, mais, en même temps que ce bacille trapu, il existait du bacille diphtérique
12 BAGTÉRIOLOGlIi. — MÉDECINE EXI^ÉRIMENTALE.
(bacille long). Dans un de ces cas, oii l'examen bactériologique de la gorge nous adonné, sur sérum, une culture pure de bacille de Lœffler, tandis que la culture des sécrétions nasales sur agar présentait des bacilles en navette très abondants, l'inoculation au cobaye fut faite séparément pour le bacille diphtérique, qui tua le cobaye en vingt-quatre heures, avec les lésions de la diphtérie expérimentale, et pour le bacille en navette qui, inoculé aux mêmes doses, ne provoqua aucun phénomène local ou général .
Dans ces observations, le bacille en navette ne doit donc figurer que comme parasite accidentel de la muqueuse nasale.
Dans d'autres circonstances, nous avions affaire à des angines, à caractères douteux, les unes sans fausses membranes, les autres avec quelques exsudats d'aspect fibrineux, peu étendus, ne semblant pas subir cette action du sérum, si merveilleuse dans les diphtéries typiques. Or, l'examen bactériologique nous révéla ici la présence du bacille en navette. Nous en possédons une quinzaine d'observations, parmi lesquelles quatre concernent des angines pseudo-membraneuses. Dans ces derniers cas, le bacille en navette figurait constamment associé à d'autres microbes : staphylocoque, streptocoque, çocci divers. Les angines offraient les caractères des lésions herpétiques ou septiques, et les exsudats persistaient ou récidivaient malgré l'injection de sérum antidiphtérique. L'inoculation du bacille en navette est restée négative.
Les autres observations se rapportent à des angines non membraneuses ou à des laryngites. Jamais il n'y a eu de signes d'infection ou d'intoxication rappelant ceux de la diphtérie. Ici, encore, le sérum, n'a pas manifesté d'action curative.
Pour ces différentes raisons, il y a lieu de séparer le bacille en navette du groupe du bacille diphtérique long ou court et de le considérer conime un parasite accidentel des muqueuses et, en particulier, de celle du nez, sur lesquelles il pullule, par instants, sous des influences que nous ne connaissons pas.