‹ La diphtérie et la sérumthérapieChapitre 23 sur 103 · LARYNGITE MEMBRANEUSE SANS LQEEFLER · texte numérisé non relu

LARYNGITE MEMBRANEUSE SANS LQEEFLER

On la tube aussitôt. Elle rend des flots de muco-pus sans débris de fausse membrane. Soulagement immédiat.

A l’examen de la gorge, on note une légère hypertrophie amygdalienne, un peu de rougeur du pharynx, un petit îlot pseudomembraneux blanc, bien circonscrit sur chaque amygdale, et un autre îlot de la grosseur d'une lentille sur le fond du pharynx.

Pas de jetage nasal. Adénopathie sous-maxillaire très légère. La fièvre est modérée 38°, 2.

A l’auscultation, il existe quelques gros râles ronflants et muqueux disséminés, sans zone de matité, sans foyer de bronchopneumonie : les autres organes n’offrent rien de particulier. On pose le diagnostic de diphtérie moyenne du pharynx avec croup et trachéo bronchite et l’on fait une injection de 20 centimètres cubes de sérum.

A 6 heures du soir, la fièvre est plus forte, 39°, 1. L’enfant rejette son tube à 11 heures du soir. Le tirage réapparaît peu à peu, et à 7 heures du matin (30 mai) on est obligé de la retuber.

A ce moment, la température atteint 39°, 6.

L’enfant rejette beaucoup de muco-pus ; est très pâle, abattue; les râles de bronchite sont plus nombreux.

A midi, le pus barbote dans le tube qui devient insuffisant pour en permettre l’évacuation complète et facile ; le tube ne s’obstrue pas, et pourtant l’enfant est cyanosée.

M. Variot redoute que la stase du pus dans les bronches ne favorise le développement d’une broncho-pneumonie, et il conseille de recourir à la trachéotomie comme ouvrant une voie beaucoup plus large à l’expulsion des sécrétions bronchiques.

L’opération est pratiquée à midi par M. Guillot, interne du service.

L’enfant est un peu soulagée, mais le soir, la température atteint 40°.

Le lendemain 31 mai, au matin, l’enfant est moins cyanosée. La température est à 39°, le pouls à 124. Il y a 48 respirations par minute.

Les signes de bronchite sont toujours très marqués, mais aucun foyer de broncho-pneumonie à l’auscultation.

Les exsudais pharyngés sont tombés.

A aucun moment, l’enfant n’a rendu de fausses membranes par son tube et sa canule.

D’ailleurs un fait intéressant à noter, c’est que contrairement à l’examen clinique qui imposait le diagnostic de diphtérie du pharynx et du larynx, les cultures n’ont donné que du strepto-

coque et pas de Lœffler. II s’agit donc d’une diphtérie à streptocoque propagée au larynx, fait exceptionnel.

Vers le soir, l’enfant est très agitée, elle a du délire, la température atteint 41°. Râles sous-crépilants gros et moyens surtout aux bases qui sonnent mal.

On prescrit des bains à 35° toutes les trois heures. Après chaque bain, la température descend de deux ou trois dixièmes, pour remonter ensuite sensiblement au même niveau.

Les symptômes nerveux se calment un peu.

Le 1er juin au matin, la température est à 39°, 6. Les signes d’auscultation ont peu varié, l’agitation est toujours très grande.

Le soir 39°, 8. Dans la nuit du 1er au 2, le thermomètre atteint deux fois 40°, malgré les bains.

Vers le matin du 2, il y a une détente manifeste 38°, 8. Cependant l’agitation continue ; le faciès est grippé.

A l’auscultation râles moins nombreux, sibilances et quelques gros râles sous-crépitants aux deux bases, surtout à droite. Le jetage parla canule de trachéotomie est moins abondant, moins purulent, plus muqueux.

Toute la journée la température se maintient à 39° environ.

Le 3 juin au matin, la défervescence est presque complète 37°, 7, l’état général bien meilleur. Il n’y a plus que quelques sibilances aux deux bases.

A 8 heures du matin, on essaye d’enlever la canule, mais on est obligé de la remettre aussitôt, car l’enfant s’agite et se cyanose.

La température étant un peu remontée dans la journée, on continue les bains.

Le 4 juin, la fièvre ne se reproduit pas, on cesse les bains, on enlève définitivement la canule. Les symptômes de bronchite ont disparu. L’enfant est hors de danger.

Du 4 juin au 10 juin, la convalescence marche très rapidement, la plaie trachéale se cicatrise sans accident. Tout est terminé du côté du larynx, des bronches.

Aujourd’hui Tl juin, bien que la cicatrisation de la plaie ne soit pas absolument complète, l’enfant peut être considérée comme entièrement guérie. Elle mange avec appétit et sa température est tout à fait normale.

Il est encore bien difficile actuellement de préciser les indications réciproques du tubage et de la trachéotomie dans le traitement du croup. Néanmoins l’association de la trachéo-bronchite, avec sécrétion muco-purulente très abondante, au spasme phrénogloltique dans le cours de la laryngite suffocante ou de la diphté-

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