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Germanig, à Trieste, après des injections de sérum de Behring, a mesuré la température heure par heure, comme je l’ai fait à Paris, et a constaté un mouvement fébrile qui durait rarement plus de trois jours. Les observations de Germanig ont porté sur 224 diphtériques.
Le sérums d’Aronson est également hyperthermisant. bien qu’il soit manié à des doses beaucoup moindres que les sérum de Behring et de Iloux.
Le D1' Alexander Don, à Aberdeen, a noté, après une injection de 5 centimètres cubes de sérum d’Aronson, que la température, qui était à 101° F., montait après quelques heures à 103°, G.
Une deuxième injection de 2 centimètres cuhes et demi fait monter le pouls de 120 à 140 et la température de 101°, 3 F. à 102°.
Il est vraiment bien difficile d'admettre que des quantités aussi faibles de sérum, ne contenant aucune substance hyperthermisante, pourraient élever la température dans de telles proportions.
Que faut-il conclure de là sinon qu'il est extrêmement délicat d’analyser les propriétés physiologiques et thérapeutiques d’une substance aussi compliquée que le sérum antidiphtérique? Le sérum est en effet une solution saline, de plus albuminoïde et contenant peut-être, sous une forme indéterminée, un reste des toxines injectées aux animaux pour les immuniser.
Les solutions salines à elles seules sont hyperthermisantes à forte dose; les solutions albuminoïdes, les sérums non immunisés, le seraient également; enfin les toxines de la diphtérie auraient des propriétés analogues. En injectant le sérum antidiphtérique, nous manions un médicament qui n’est guère moins complexe que l’opium, que l’on me permette cette comparaison. Il serait vraiment bien dési-
rable que l’on isolât dans le sérum la substance active, qu'on la débarrassât d'un véhicule aussi altérable et qui peut devenir dangereux, comme on a distingué les alcaloïdes de l’opium. Tant que la partie active du sérum ne sera pas isolée, nous nous heurterons â des difficultés d'interprétation comme celles qui surgissent à propos de l’hyperthermie.
C’est ainsi qu’un médecin de Nantes, M. Berlin, a pu prétendre qu’il avait guéri des diphtériques avec du sérum de cheval non immunisé. Récemment, M. Tordeus, de Bruxelles, a publié un travail très intéressant dans lequel il relate plusieurs cas de diphtérie grave, guéris à la suite d'injections de sérum artificiel.
LA D1PHTKHIE ET LA SEUL MTHÉRAHIE.