‹ La Diphthérie à BordeauxChapitre 6 sur 13 · CT LE · texte numérisé non relu

CT LE

Ces chiffres sont trop éloquents par eux-mêmes pour qu'il soit nécessaire d’insister. Le mal augmente partout et les efforts des médecins et aussi des administrations doivent tendre à l’enrayer. La connaissance absolue des formes de la diphtérie et des résultats obtenus par les diverses méthodes de traitement ne peuvent qu'aider à cette œuvre. [Il nous à paru utile d'apporter un moceste contingent et nous n'avons pas d'autre but en signalant les particularités que nous avons pu observer à Bordeaux et les résultats que nous a donné le traitement mis en œuvre.

Cette étude s’appuie sur un total de 470 cas de diphtérie traités à l'hôpital de Bordeaux pendant l’année scolaire 1888-1889.

Ils se divisent ainsi :

Angines diphtéritiques } 2 \ Guérisons 56 et croups non opérés | | Décès 6 ({ Cruérison 38

Croups opérés........ 108 | Décs 70

|: .5 ins Mie dé

Nature et formes de la diphtérie.

Afin de pouvoir bien apprécier les faits cliniques observés à Bordeaux, il nous paraît indispensable de jeter un Coup d'œil rapide sur les doctrines émises au sujet de la nature et des formes de la diphtérie. Soupçonné depuis fort longtemps par quelques auteurs et nettement affirmé par des esprits plus judicieux, le microbe de la diphtérie a été, de nos jours, démontré expérimentalement. MM. Leœffler, Talamon et Quinquaud avaient étudié le bacille découvert par Klebs dans les fausses membranes diphtéritiques : ils l’avaient inoculé à des animaux et avaient vu apparaître des fausses membranes. Mais l'absence d'intoxication générale et surtout de paralysies leur avait d'autant moins permis d'affirmer la spécificité de ce bacille que l’inoculation de beaucoup d’autres micro-organismes voir même la simple irritation d’une muqueuse donnaient lieu à la production de fausses membranes semblables à celles de la diphtérie.

Grâce à des expériences mieux conduites, MM. Roux et Yersin ont pu cultiver le bacille de Klebs et l'isoler. Inoculé à différents animaux, il à déterminé chez eux, non seulement des fausses membranes mais une intoxication plus ou moins complète et des paralysies absolument semblables à celles observées chez l’homme à la

suite de la diphtérie. Poussant plus loin leurs recherches, ils ont pu stériliser en le filtrant un bouillon ensemencé de microbes et obtenir par l'injection de ce liquide des phénomènes d'intoxication plus ou moins accentués suivant la quantité du liquide injecté.

Ces expériences montrent clairement que la fausse membrane diphtéritique est due à la présence du bacille de Klebs, tandis que les phénomènes d'intoxication générale et en particulier les paralysies sont dus à l’absorption d'un poison sécrété par le microbe au niveau des fausses membranes. Nous pouvons donc avec M. J. Simon énoncer ce principe fondamental : « Toute fausse membrane qui contient la bacille de Klebs est diphtéritique, toute fausse membrane qui ne le renferme pas, n’est pas due à la diphtérie ».

L'importance de ces découvertes ne peut échapper à personne. Grâce à elles en effet on peut expliquer des faits nombreux jusqu'alors sans solution et dont l'interprétation variée avait donné lieu à diverses théories sur la nature des fausses membranes.

Cette question de la spécificité des productions membraneuses que nous pouvons désormais si nettement trancher à l’aide du microscope, présente de grandes difficultés au point de vue clinique.

Les auteurs, ont été de tout temps frappés du peu de corrélation existant entre l'importance de la fausse membrane et la gravité de l’intoxication générale.

Dans certains cas, les fausses membranes prennent une extension telle, qu'elles seules causent mécaniquement tous les dangers de la maladie, sans que l’on puisse

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