‹ La Diphthérie aux Armées: En 1915-1916Chapitre 20 sur 26 · HER · texte numérisé non relu

HER

phylaxie, mais il est sujet à discussion, car, d’après le D' Marchoux, le médecin brésilien se serait injecté, non pas du sérum antipesteux pur, mais un mélange de sérum et de vaccin antipesteux, et l’on sait que de pareils mélanges peuvent être très dangereux.

Le deuxième cas est le suivant : un garcon de sept ans avait recu 15 centimètres cubes de sérum antidiphtérique, à titre prophylactique, sous la peau; un an après, 1l contracta la diphtérie. On lui fait une nouvelle injection de sérum antidiphtérique; une minute et demie environ après. il se plaint de chatouillements aux jambes et sur le corps, chatouillements qui augmentent rapidement; bientôt vomissements, crampes des bras et des jambes avec secousses, disparition du pouls radial, pupilles élargies et sans réaction, perte de connaissance. Deux minutes après l’injection, ie malade est déjà dans le coma, qui dure vingt minutes, et se termine par la mort.

Ce sont les deux seuls cas de mort après réinjection sérique.

Des accidents généraux, beaucoup moins graves, sont un peu plus fréquents, tout en étant exceptionnels.

Ce sont des sensations de malaise, d’angoisse, parfois assez marquées, avec tendance à la syncope ou au collapsus. [ls se voient surtout chez les malades intoxiqués où infectés, traités tardivement ou insuffisamment.

Les accidents locaux, analogues au phénomène dArthus chez le lapin après l'injection sous-cutanée

Te de sérum de cheval, sont relativement fréquents au cours des réimjections.

Des phénomènes très bénins, consistant en ædèmes douloureux qui persistent de quelques heures à quarante-huit heures au point même de l'injection, se constatent environ chez un dixième des malades rémjectés, alors qu’ils sont exceptionnels après une première injection. Ces accidents peuvent être génants pour le malade pendant un jour ou deux; 1ls ne sont Jamais graves.

Il n’en est pas de même de ce que Aviragnet el Hallé ont étudié, en 1913, sous le nom de € phénomène d’Arthus gangréneux ». Ils en ont observé quatre cas mortels. Boulloche et Bérard en ont rapporté un autre. Martin et Netter en citent trois observations.

Il s’agit de malades qui ont reçu auparavant une injection de sérum et qui, au cours d'une diphtérie compliquée de rougeole, de scarlatine, de varicelle où de tuberculose, ont un état infectieux et grave. La réimjection sérique amène d’abord un œdème local qui, rapidement, devient nécrotique, gangréneux, el le malade meurt à la fois d'intoxication par sa maladie ot d'infection due à son accident local. Tous ces accidents sont d’une rareté extrême, si l’on tient compte du nombre d’injections et de rémjections de sérum effectuées depuis le début du traitement sérothérapique. Martin el Darré ont colligé 1.400 observations parmi lesquelles S3 sujets avaient eu une première injection de sérum plusieurs semaines, plusieurs mois ou plusieurs années auparavant; S ont présenté un léger degré d'oœdème local, aucun n’eut

D Farae

d'accidents graves. Marfan a soigné plus de 5.000 malades par des injections de sérum. [la eu des accidents parfois prolongés, jamais de graves, jamais de mortels. Barbier n’en a pas davantage sur un nombre d’injections à peu près identique. A l'Hôpital des Enfants malades, où l’on fait en moyenne 4.000 à 5.000 injections sériques tous les ans, Hallé et Marcel Bloch n’avaient observé jusqu’en 1913 quedeux cas de phénomènes d’anaphylaxie d’ordre général, consistant simplement en tendance au collapsus.

Il ne faut donc pas avoir peur des accidents possibles.

La conclusion à ce sujet de la petite brochure que nous eitions plus haut : Notions pratiques sur quelques maladies infectieuses, est qu'on ne peut, en aucun cas, reprocher à un médecin d'avoir pratiqué une réinjection de sérum dans un but prophyiactique ou thérapeutique.

Mais si lexistence de ces accidents ne doit pas empêcher la rémjection, 1l faut cependant faire tout ce que l’on peut pour éviter des accidents. Pour cela, la rémmjection ne se fera jamais en période digestive ; on la fera sous la peau, en prenant bien garde de ne pas injecter le sérum dans le derme. Chez les gens qui font plus facilement ces accidents : tuberculeux, asthmatiques, individus sujets à l’urticaire ou au rhume des foins, on fera la réinjection très lentement de façon à pouvoir s'arrêter au cours des réinjections si le momdre phénomène anormal se présente.

Pour éviter les accidents qui pourraient se produire au cours d’une rechute où d’une complication tardive nécessitant un traitement sérique assez longtemps

Page 1