‹ La Diphthérie aux Armées: En 1915-1916Chapitre 24 sur 26 · PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE

La prophylaxie de la diphtérie dans les armées en campagne consiste presque exclusivement dans la recherche et le traitement des porteurs de germes.

Nous rappellerons que ces porteurs de germes sont de deux ordres : les convalescents de diphterie et les porteurs sains, c’est-à-dire des individus qui, sans présenter aucune manifestation morbide, ont dans leur gorge et dans leur nez du bacille de Lôüffler virulent, peuvent contracter eux-mêmes la maladie ou, plus souvent, transmettre le germe à d’autres individus qui, à leur tour, resteront porteurs où deviendront malades.

La seule façon de voir si un individu est ou non porteur de germes est naturellement de faire l'examen bactériologique. À ce sujet, nous nous étendrons un peu sur les précautions à prendre pour cet examen el sur quelques-unes des difficultés qu’il présente.

L'examen se fera toujours de la façon suivante : écouvillonnage de la gorge ou du nez avec un tampon de coton stérilisé, monté sur une tige de fer; ense—

er TUE mencement d’un ou deux tubes de sérum coagulé, mise à l’étuve à 37 degrés et examen au bout de dixhuit à vingt-quatre heures.

Il faut avoir som de faire l’écouvillonnage chez les individus qui n’ont pas fait récemment de lavages ou d’imsufflations antiseptiques de la gorge ou du nez, sous peine d’avoir un examen négatif.

L’écouvillonnage devra se faire de façon suffisamment forte pour qu’il adhère après le tampon du mucus pharyngé et on aura soin en ensemencçant le tube de mouiller le coton de l’écouvillon avec l’eau de condensation du sérum et de répartir le tout à la surface du sérum coagulé, de facon à bien répartir les bacilles. |

Dans quelques cas, le bacille diphtérique ne pousse qu’au bout de plus de vingt-quatre heures. Orticoni insiste sur ka nécessité de ne rejeter les cultures qu’au bout de quarante-huit heures. L'examen se fera après coloration au Gram. Cette méthode classique, quand elle est bien employée donne toute satisfaction,

Cependant, quelques années déjà avant la guerre, Conradi avait imaginé un procédé qui devait donner les meilleurs résultats. Il est basé sur le fait que léther de pétrole entraine les bacilles diphtériques. Conradi agite dans quelques centimètres cubes d’eau physiologique son écouvillon de facon à faire une émulsion des substances entraînées. Au-dessus de. l’eau, on verse une couche de 1 centimètre d’éther de pétrole et on agite vigoureusement le tout. Par le repos, les deux couches aqueuse et éthérée se Séparent; le bacille de Lüfler se trouve à leur limite.

Pour le recueillir, on plonge dans le tube un tampon de coton imbibé d'huile qui se charge du bacille de Lôffler. Il ne reste plus qu’à ensemencer avec l’écouvillon un où plusieurs tubes de sérum. Ce procédé, long et assez pénible, ne donne pas de meilleurs résultats que le procédé classique.

Lorsqu'on a trouvé un bacille poussant en moins de vingt-quatre heures sur le sérum, ayant les caractères

morphologiques du bacille diphtérique, a-t-on affaire

au bacille de Lôffler ? C’est toute la question du bacille pseudo-diphtérique d’'Hoffmann quise pose. Rappelons que pour Hoffmann, il existerait un bacille ressemblant absolument au bacille de Lôffler, se trouvant dans la gorge et surtout dans le nez d’individus non malades et n'ayant absolument aucune virulence, non seulement pour le cobaye, mais aussi pour l’homme.

Pour Roux et Yersin, et pour la plupart des auteurs français à leur suite, Lesieur entre autres, le bacille d’'Hoffmann n’est autre chose, au moins dans la plupart des cas, qu’un bacille de Lôffler qui a perdu sa virulence et qui est susceptible de la reconquérir.

Nous n'insisterons pas sur tous les anciens procédés de différenciation du bacille de Lôffler et du bacille d'Hoffmann et dont les principaux sont : la coloration des corpuscules polaires par la méthode de Neisser ou les méthodes dérivées, les caractères des cultures (le bacille pseudo-diphtérique poussant moins rapidement, avec des colonies plus blanches, plus humides et plus brillantes, que le bacille de Lôffier, surtout sur gélose à la pomme de terre). Le pseudo-diphtérique pousse

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