‹ La Diphthérie aux Armées: En 1915-1916Chapitre 5 sur 26 · CLINIQUE · texte numérisé non relu

CLINIQUE

Au point de vue clinique, la description de la diphtérie pendant la campagne actuelle, comprend actuellement les mêmes grandes lignes que la description classique de la diphtérie.

Nous avons donc à envisager les angines bénignes et les angines malignes, bien connues surtout depuis la description de Marfan. Nous y jomdrons une forme qui était considérée comme assez rare : c’est l’angine diphtérique avec abcès amygdalien.

Angine bénigne. — C'est la plus fréquente. On doit considérer comme telle toute angine qui débute par des troubles fonctionnels relativement légers, une dysphagie peu intense, des fausses membranes d’étendue variable, quelquefois assez confluentes, mais qui sont toujours blanches, cohérentes, laissant une muqueuse à peu près normale à leur périphérie, et ne découvrant, lorsqu'on les arrache, qu’une ulcération

très légère. L'état général est peu touché. Le malade est un peu pâle, un peu abattu; la température, élevée parfois au début, baisse rapidement, et, au bout de trois ou quatre jours, elle est aux environs de la normale.

Telle est l’angine bénigne classique.

Pendant la campagne, nous avons pu observer que, tout à fait au début, ou tout au moins lorsque les malades arrivent à hôpital de contagieux, la température est plus élevée qu’on ne l’admet en général, surtout lorsqu'il s’agit d'individus qui viennent de participer à une attaque ou qui sont restés longtemps dans les tranchées de première ligne ou dans les postes avancés. Dans ces cas, 1l est très fréquent de voir des malades se présentant avec une témpérature dépassant 39 degrés, même si l’angine est très bénigne. Sitôt le malade arrivé, on fait du sérum, et la température tombe en un, deux ou trois jours au plus.

Dans ces formes bénignes, l’albumine est plus ou moins fréquente, Jamais très abondante; les complications sont rares, mais elles peuvent cependant exister ; ce sont, ou bien une albuminurie assez persistante, ou bien des paralysies. Les paralysies peuvent d’ailleurs se produire non seulement après une angine bénigne, mais après une angine larvée tellement légère qu’elle aura été méconnue par le malade lui-même qui ne sera pas venu à la visite. Nous en verrons plus loin des exemples.

À côté de ces formes classiques d’angines bénignes pseudo-membraneuses, on trouve assez fréquemment

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