RAY TER
L’angine diphtérique avec abeès a été rencontrée par Buy 5 fois sur 246 cas de diphtérie.
Elle a été signalée ailleurs par Knack, qui l'aurait observée 8 fois, et le plus souvent chez l'adulte prédisposé à l’abcès tonsillaire.
Au point de vue clinique, elle unit les symptômes du phlegmon de l’amyedale avec ceux de langine diphtérique.
L’état général est peu touché, mais la douleur est vive, la déglutition absolument impossible, le trismus constant ; si l’on entr’ouvre par force les mächoires, on constate une tuméfaction considérable unilatérale, obturant l’espace compris entre les piliers ; Pamyedale est rouge foncé et recouverte en grande partie d’une fausse membrane épaisse, ayant tous les caractères des exsudats fibrimeux diphtériques; la température est élevée et, malgré l'injection du sérum, elle peut rester autour de 39 degrés jusqu’à l’ouverture de l’abcès, ou bien le sérum la fait tomber près de la normale ; puis, au bout de deux ou trois jours, elle remonte à 38 ou à 39 degrés au moment ou l’abcès évolue pour son propre compte ; elle tombe ensuite brusquement au moment de la perforation.
L'examen du-pus a été fait par Knack, qui y a trouvé constamment des streptocoques hémolysants.
Buy, dans tous ses cas, a fait, dès le début, des injections de sérum qui, même lorsque la température n’est pas modifiée, amènent une amélioration manifeste de l’état général avec disparition des fausses membranes. Le malade devient un individu atteint
ER CU EEE
simplement d’abcès de l’amygdale et ne présente plus les symptômes d'intoxication diphtérique.
Dans les cinq cas de Buy, l'évacuation de pus, mélangé de sang, a toujours été très nette.
Angine diphtérique maligne. — L’angine diphtérique maligne a des caractères qui la différencient assez nettement de l’angine diphtérique bénigne.
On constate une atteinte intense de l’état général : le malade a le teint pâle, plombé; il est abattu; les fausses membranes sont épaisses, étendues, adhérentes, souvent peu consistantes ; elles envahissent le pharynx et récidivent après arrachement, malgré les injections de sérum. Autour d'elles, la muqueuse est épaissie, enflammée, parfois profondément ulcérée. L’haleine est fétide. Les ganglions sont, le plus souvent, très hypertrophiés, et l’albuminurie est constante et assez intense. Les complications nasales sont la règle.
L'angine diphtérique maligne se rencontre assez fréquemment chez des individus qui, pour une raison quelconque, ont laissé évoluer leur maladie plusieurs jours sans aucun traitement.
C’est ainsi que des malades arrivent à l’ambulance ou à l’hôpital pour y mourir.
OBsERvATION VI C..., Maurice, vingt ans, 4oi° d' infanterie, entre à l’hôpital à 16 mai.
Début de la maladie le ro mai, le malade étant en per-
mission dans sa famille, par de la Aspbagi ee de l’ RATE et de la fièvre.
— YÏ —
Avant son arrivée à l'hôpital, il ne s’est pas alité un seul jour et n'a suivi aucun traitement.
À l'entrée, malade profondément atteint, pâle, le facies plombé, fausses membranes épaisses, envahissant les amygdales, le voile du palais, sauf la luette, qui est le siège d'un œdème assez intense. Fe
Une demi-heure après que le malade a été couché dans un lit, il meurt de syncope.
D’autres fois, la mort est moins rapide et ne se fait qu'au bout de vingt-quatre ou de quarante-huit heures d’hospitalisation.