TOXINE FRAICHE
Dans nos expériences personnélles, faites sous le contrôle de M. le docteur P. P. Lévy, nous n'avions pas de toxine stabilisée, et nous avons opéré avec une toxine fraîche provenant du laboratoire de la diphtérie de l'Institut Pasteur, et dont la dose minima mortelle venait d’être rigoureusement délerminée. Voici comment
nous avons procédé :
supposons que la toxine .ainsi mise à notre disposilion ait une dose minima mortelle de 1/400 (chiffre moyen) ; cela veut dire que: 1/400 de centimètre.
cube de celle toxine tue le cobaye de 200 grammes en 95 heures. 2
à nous faisons un première dilution au dixième de celle loxine ; dans un tube à essais stérile, nous mellons avec une.
pipette également stérile une partie de
toxine el neuf parlies de sérum physiologique. La M. L. D. de cetle solution sera de 1/40 de centimètre cube.
partant de celle première dilution, nous
en faisons une deuxième dilution en-
core au dixième ; dans un second tube à essais stérile nous meltons avec une pipelle graduée stérile une partie de la première dilution et neuf parties de sérum physiologique. La M. L. D.de celle deuxième solulion sera de 1/4 de centimètre cube.
nous faisons enfin une dernière dilution au vingtième celle fois de celle seconde solution ; dans un troisième tube à essais, nous mellons avec la pipette graduée une partie de la seconde solution et 19 parties de sérum physiologique. La M. L. D. de cette troisième et dernière solution sera de 1/0, 2, autrement dit, un centimètre cube de celte solution représentera deux dixièmes de la M. L. D. ou 1/5 de la M. L. D. Comme nous voulons injecter 1/50 de la M. L. D. nous injec- {erons un dixième de centimètre cube de celle dernière solulion, soit deux
gouttes, représentant 0,1 cc.
La seringue
La qualité principale de la seringue est d’avoir le piston bien exactement adapté au cylindre de façon à ce que, quand on pousse le piston (ce qui est toujours assez dur puisqu'il s'agit d’une injection intra-dermique), aucune partie du liquide ne puisse s’insinuer entre le cylindre et le piston et refluer au dessus de ce dernier. |
La seringue la plus pratique sera une seringue à cylindre de verre avec deux embouts métalliques, munie d'un piston mélallique relié à une tige filetée se vissant dans l’'embout supérieur ; on calculera d'avance de combien de tours de vis il faut faire lourner la molelle pour chasser de la seringue exactement 1/5 de centimètre cube. La contenance de celle seringue pourra varier, suivant que l’on est appelé à faire dans la a même séance peu ou beaucoup d’intra-dermo-réaclions, de 1 à 10 centimètres cubes. Les auteurs Américains recommandent la seringue Record comimèé élant la plus pratique. : |
A défaut de celte seringue idéale, on peut se servir de la seringue de Pravaz de 1 cc. stérilisable, à ige ù graduée en dix divisions et munie d'un curseur.
Nous nous sommes simplement servi d'une seringue ordinaire, loule en verre, de 10 centimètres cubes : avec un peu d'habitude on se rend un comple exact,
d'après la lentille d'œdème (voir plus loin) apparaissant
er | ess
comme enchassée dans le derme quand on pousse l'in- Jection, dela quantité de liquide injectée. Nous nous sommes cependant rendu compte qu'il serait avantageux que la seringue fût munie près de son embout supérieur, comme les seringues de dentisies, de deux ailetles mélalliques sur lesquelles l'index et le médius de la main droile pourraient prendre un solide point d'appui quand on pousse l'injection.
Dans tous les cas, il est préférable que l'aiguille puisse s'adapter directement à la seringue sans interposilion de raccord : les raccords en effets s'ajustent plus souvent mal que bien et on peut perdre un peu de liquide en poussant l'injection.
L’aiguille
Les qualités essentielles de l'aiguille seront d’être courte ( deux centimèlrs ), très fine, à pointe acérée, à biseau court.
| L'aiguille en acier, moins coûteuse, moins fragile, ne se tordant pas, a l'inconvénient de ne pas pouvoir êlre flambée sans dommage ; cela oblige à la changer à chaque injection, ce qui perd du lemps el conslilue un inconvénient quand on a de nombreuses injections à pratiquer. = | L'aiquille en platine tridié au contraire pourra rester constamment adaptée à la seringue : il suffira entre chaque injection de la stériliser à la flamme d'une lampe
à alcool. La chaleur allérant la pelile quantité de toxine
LR
contenue dans l'aiguille, il faudra, après celte stérilisation, chasser trois ou quatre goutles de Loxine avant de pratiquer une nouvelle injection. L’aiguille en platine a par contre l'inconvénient de coûter cher, de se lordre
très facilement, et de piquer souvent moins bien.
La stérilisation
On se munira enfin d'un peu de coton hydrophile, d'alcool, d'une petite lampe à alcool pour stériliser l’aiguille entre chaque injeclion, si on se sert d’une aiguille en platine.
Il est bien entendu que la seringüe aura été soigneusement slérilisée au début de la séance.
Enfin si, opérant avec de la toxine fraîche, on prépare soi-même sa solulion de Loxine, il faudra toujours ne se servir que de pipelles et de lubes à essais rigoureusement stériles. Le mieux est-de stériliser le tout dans du papier, au four Pasteur, el de conserver dans le
papier Jusqu'au moment de l'emploi.
TECHNIQUE DE L'INJÉCTION
L'injection se pratique au niveau de la face antérieure du liers supérieur de l'avant-bras (gauche de
prélérence), à trois ou quatre travers de doigt au des-
Ni le
sous du. pli du coude, en dehors de la ligne médiane, sur la saillie du long supinateur, en un point où l’on ne voit pas de veinule se dessiner sous la peau.
On désinfecte la région avec un tampon d'ouate imbibé d'alcool (préférable à l’éther trop facilement inflammable et à la lLeinture-d'iode qui colore la peau). Il faut bien laisser sécher l'excès d'alcool avant d'opérer.
De la main gauche, on maintient l’avant-bras du sujet, le pouce sur la face antérieure au-dessous du point où l'on va pratiquer l'injection, tendant la peau,
De la main droite, on lient la seringue à laquélle est adaptée l'aiguille (on s’est assuré que l'aiguille est bien adaptée et solidement fixée). On pique la peau, en ayant soin que le côté biseauté de l'aiguille regarde vers l’extérieur, c'est-à dire du côlé de l’épiderme. On peut alors procéder de deux facons :
avéc un peu d'habitude et chez les sujets
qui n'ont pas la peau très fine (adul-
tes) on peut mesurer sa force et ne pas pénétrer d'emblée plus loin que le derme. On enfonce alors l'aiguille s dans le derme, parallèlement à lépiderme, en prenant garde de ne pas
le percer ; on suit la marche de l’aiguille bien insérée dans lescou-
ches propres de la peau en regardant l'ouverture ovale du biseau que l’on
doit toujours apercevoir. à travers la
couche épidermique. On fait ainsi pro-
gresser l'aiguille pendant un demi
Va
dde
centimètre : on est en bonne place.
quand on pralique ces injections pour la première fois, et surtout si l'on a affaire à des sujets qui ont la peau très fine (enfants el nourrissons) on mesure mal son effort et l’on pénêtlre d'emblée dans l'hypoderme. Il suffit alors d'abaisser légèrement la seringue ce qui relève la pointe de l'aiguille (pour ce faire, l'aiguille en acier est préférable à l'aiguille en platine qui se Lord à ce moment). On continue à pousser doucement ; l'aiguille menace le derme qu'elle aborde par sa face profonde ; on en suit les progrès-en regardant le point de l’épiderme qu'elle soulève comme pour le percer. Il arrive un moment où l’on aperçoil de nouveau, à lravers la couche épidermique l'ouverlure ovale du biseau : on est en bonne place.
‘ On recommande au sujel la plus grande immobilité ; la main gauche reste en place. De la main droite, on ne tient plus la séringue qu'entre le bord eubital de l'index et le bord radial du médius, ces deux doigts contre l'embout supérieur sur lequel ils prennent un point d'appui solide ; le pouce s'appuie sur le piston et exerce une douce pression sur lui. Si l'on opérait avec
une seringue à pislon Lournant, a main gauche
Er CN
devrait lâcher l'avant-bras pour maintenir la seringue, pendant que la main droite tournerait le piston.
Le liquide pénètre dans le derme et l'on voil apparaitre en ce point, quand l'opération est bien réussie, une pelite élevure blanche ressemblant à une petite: vésicule de dysidrose ou à un grain de sagout cuit, enchâssée dans le derme, qui grandit excentriquement à mesure que l’on pousse l'injection et finit par atteindre les dimensions d'une lentille. La peau à ce niveau est distendue et les dépressions des follicules pileux sont exagérées.
On retire alors doucement l'aiguille.
Il est inulile de toucher le point de piqûre avec un peu d'alcool.
On ne met aucun pansement.
Il arrive, quand on opère pour la première fois, que l’on perce l'épiderme, au moment où l’on fait progresser l'aiguille. Il vaut mieux alors repiquer à un autre point, car le liquide sorlirait par le pertuis ainsi créé quand on pousserait l'injection.
On opérerait de même, si l'on piquait une veinule superficielle.
Il peut arriver aussi, l'aiguille étant bien dans le derme, que l’on ait l’impression de pousser fortement sur le piston qui ne progresse pas; on ne voit pas la lentille de distension apparaître. Il suffit alors de retirer l'aiguille d'un demi-millimètre à peine pour que la sensation de résistance excessive disparaisse et que le li-
quide pénètre.
Re
L'injection est peu douloureuse, saufchez les sujets
pusillanimes.