MATÉRIEL NÉCESSAIRE
Il faut, pour pratiquer la réaction de Schick : de la toxine diphtérique ; une seringue ; une aiguille ; de quoi désinfecter la peau au lieu de l'injection.
La toxine diphtérique
On peut utiliser :
soit une toxine stabilisée (toxine mûrie des auteurs américains) ;
. soit une toxine fraîche.
TOXINE STABILISÉE
Les auteurs Américains ulilisent une toxine provenant, d'une cullure de bacilles diphtériques, vieille de six jours. L'expérience a montré que la culture vieille de six jours est la meilleure. En effet, dans une culture de bacilles diphtériques en bouillon, la toxine com- “ence à se former dès le premier jour mais il y en a d'abord peu, et la quantité augmente à mesure que la
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culture vieillit. Mais à mesure que la culture vieillit, il se produit une destruction par autolyse des bacilles et cet autolysat peut gêner pour la réaction, comme nous le verrons plus loin en étudiant les pseudo-réactions. On se sert donc d’une culture assez vieille pour qu'elle soit suffisamment riche en loxine, pas trop vieille pour
que les produits de l’autolyse ne soient pas abondants,
et c’est la culture de six jours qui paraît le mieux rem-
plir ces conditions. | On filtre ce bouillon sur bougie Berkefeld et l'on obtient ainsi une toxine fraiche dont, nous le verrons plus loin, on pourrait se servir tout de suite. Mais on admet depuis Ehrlich qu'il fautdistinguer dans la toxinediphtérique trois éléments :
la toxine proprement dite, constituant l'élément le plus actif; la toxone, élément moins actif, qui ne déterminerait que des accidents tardifs, la toxoïde enfin, dépourvue de toute action nocive et qui se développe dans
les cultures vieillies.
Si- donc on doit utiliser immédiatement loule la toxine obtenue, on peut s'en servir sans attendre ; mais sil'on doit ävant de s’en servir, conserver” la Loxine, une grardé partie va se transformer en toxoïde dépourvue de toute activité.et l'on opèrera avec urie loxine que l'on croira active alors qu’elle ne le sera plus. -Gette
transformation d'une grandé parlié de la toxine en (
Ro ie
toxoïde, se poursuivant pendant douze et mêmedix-huit
mois, il est donc préférable de laisser reposér la Loxine
obtenue pendant
un an au moins et de’ne déterminer
sa dose minima mortelle pour le cobaye de 250 gram-
mes (M. L. D.) qu'une fois qu'elle a bien mûri et qu’elle
s’est stabilisée.
On partira de cette toxine mère, conservable à la
“glacière, pour préparer la solution directement injecla-
“ble et voici comment on procèderàa : - :
la dose à injecter est de Occ, ? (deux di-
on
xièmes de centimètre cube) de solulion
- de toxine et ces deux dixièmes de cen-
limèlres cube doivent contenir un
cinquantième de la dose minima mor-
telle (1/90 de la M. L, D.) ;
fera une premiére solution contenant
100 M. L. D. pour 10 centimètres cu-.
bes de sérum physiologique (cette première solulion pourra elle-même se
conserver à la glacière pendant deux
semaines) de la façon suivante Rs:
l’on a, par exemple, délerminé que
la M. L. D. est de 0,007 cent. cube
(sept millièmes de centimètre cube),
on prendra 0,7 cc. (sept dixièmes de de la toxine mère que l’on diluera dans
9,3 ces. de sérum physiologique. Il y:
Es DA —
aura donc bien, dans 10 centimètres cubes de celle première solulion 100 M. L. D. ou dans chaque centimètre cube 10 M. 1. D.
la deuxième solution ne devra être préparée que le jour même de son emploi, car elle ne se conserve pas. Pour la faire, on diluera un centimètre cube de la première solulion (renfermant 10 M.
L. D.) dans 99 parties de sérum physiologique, de telle sorte que chaque centimètre cube de cette deuxième solution représentera 1/10 de la M. L.
D. et que 0,2 ce. en représentera cinq fois moins, c'est-à-dire Éro0ree qui est précisément la dose qu'il faut in-
jecter.
En Amérique où la réaction de Schick se pratique maintenant d’une façon courante, et où la fabrication de la toxine diphtérique est pour ainsi dire industrialisée, on délivre dans certains établissements de petites boîtes où le matériel est tout préparé d'avance. Il suffit de verser le contenu d’un tube capillaire contenant une M. L. D. de toxine stabilisé, dans une petite fiole contenant dix centimètres cubes de sérum physiologique stérile pour obtenir, prête à être injectée, une solution de dix centimètres cubes renfermant une M. L. D. En injectant deux dixièmes de centimètre cube de cette solution, on injecte juste 1/50 de la M. L. D. L'altéra-
ose
tion loujours possible de la toxine même stabilisée a été prévue et chaque lube capillaire renferme un léger excès de toxine (1/4 de M. L. D. en plus):