PSEUDO-RÉACTION
Dans ün troisième cas, oh peut observer des phéno: mènes rappelant ceux que l'on note dans les cas de réaction posilive, mais qui en diffèrent cependant par
leur aspect, par leur évolution et par leur signification:
AE RS Son aspect
La pseudo réaction peut se présenter suivant deux modalités :
dans un premier degré, c'est une tache rouge plus ou moins large, mais dont les dimensions dépassent loujours celles de la surface occupée par le hquide injecté, à bords peu nets et plus estompés que dans la réaction positive.
dans un deuxième degré, la lache n'est plus d’une rougeur uniforme : elle se compose d’une partie centrale rouge sombre el d’un halo périphérique plus ou moins foncé dont les bords se dégradent insen-
siblement dans la pau saine.
Son évolution "
Son évolution est différente aussi de celle de la réaction posilive.
La pseudo-réaction apparaît dès la sixième ou huitième heure ; alteint Son maximum en 30 ou 48 heures; disparait du troisième au quatrième jour, sans desqua-
mer et sans laisser de traces.
Sa significalion
La signification de cette pseudo-réaclion enfin est toute autre que celle de la réaclion positive.
On admet que ces pseudo-réactions sont dues à l’ac-
To
tion irritante transiloire des substances protéiniques
résultant de l’autolyse des bacilles diphlériques dans le bouillon de cullure qui sert à préparer la loxine. Une certaine quantité de ces substances proléiniques passent dans la toxine malgré le filtrage. Il s’agit donc ‘d'une sensibilité particulière de la peau vis-à-vis de ces malières albuminoïdes et les pseudo-réactions peuvent être considérées comme une manifestation de nature urticarienne, rentrant dans le cadre de l’anaphylaxie.
Ces pseudo-réaclions sont très importantes à connaître etil est capital de les différencier des réactions positives car, si on les confond avec elles, la réaction de Schick perd loute sa valeur. C'est la non différenciation de ces pseudo-réactions avec les réactions posilives qui ont empêché la réaction de Schick de prendre en Autriche, où elle est née, l'essor auquel elle avait droit.
Grœr et Kassovilz en particulier publièrent les résultals des expériences suivantes : ils dosèrent simullanément par les procédés habiluels, chez des accouchées et chez leur nouveau-nés, la quantité d’antitoxine contenue dans un centimètre cube de sérum. Ils lrouvèrent que 84 0/0 des mères el de leurs enfants pPossédaient dans leur sérum des quantités appréciables d’an- Utoxine. La fraction d'unilé anlitoxique était rigoureusement la même chez les mères et chez leurs nouveaunés. Mais alors que les nouveau-nés ‘avaient une réaclion de Schick négalive (ce qui élait normal) certaines
mères présentaient une réaclion positive (ce qui élait
AT paradoxal). 47, 5 o/o des mères ayant une quantité appréciable d’antitoxine dans léur sang réagissaient positivement au Schick et réagissaient même encore posilivement quand on leur injectait de la toxine préalablement neulralisée in vitro par de l’antiloxine. De même, 8, 40/0 des mères ne possédant pas d'anliloxine dans leur sérum donnaient une réaclion posilive quand on leur injectait dans la peau un mélange de toxine et d’anlitoxine, celle-ci destinée à neutraliser celle-là. Il s'agissait là vraisemblablement de pseudo-réactions, mais ces faits d'apparence paradoxale mirent en doute la valeur de la réaction de Schick, d'autant plus que Grœr et Kassovitz se heurtèrent au même paradoxe en expé-
rimentant chez des adultes.
Son diagnostic avec la réaction positive
Il est donc important de pouvoir différencier ces pseudo-réactions des réactions posilives.
Remarquons d’abord que ces pseudo-réaclions, fréquentes chez l'adulte (38 o/o pour Zinghér ; jusqu’à 60 o/o pour Groer el Kassovilz), sont absolument exceptionnelles chez les enfants au-dessous de huit ans.
Ceci posé, le diagnostic peul se faire :
par l'observation attentive de l'élément de réaction ; la réaction positive débute plus tard que la pseudo-réaction; est plus limilée qu'elle; évolue plus lentement; et s'accompagne toujours de pigmen-
talion et de desquamation.
par une injection indra-dermique témoin
que l'on peut pratiquer de deux façons :
on pourrait, comme l'ont fait Groer et Kassovitz, injecter à l'autre avant-bras la même quantité de toxine exactement neutralisée par de l'antitoxine. Dans ce cas: 1° si l'injection témoin ne donne pas de réaclion alors que l'injection primitive en a donné, la réaction primilive esl bien une réaction positive due à l'influence de la Loxine ; 2° si l'injection témoin donne une réaclion semblable à l'injection primitive, la réaction
primilive est une pseudo-réaclion.
mais il ést beaucoup plus simple de praliquer une réaction témoin avec de la loxine chauffée, en procédant de la façon suivante : on pratiquera d’abord à l'avant-bras gauche, comme d'habitude, une injection intradermique avec de la toxine non chauffée ; on pratiquera’ ensuile à l'avant-bras droit une injeclion intradermique avec de la Lloxine chauffée (on chauffera la même toxine à 7o degrés au bain-marie pendant cinq minules, ce qui aura pour résullat de détruire le toxine, mais Ce qui sera sans aclion appréciable sur les matières albuminoïdes résultant de l'autolyse des bacilles diphtériques) ; deux cas pourronkalors se produire : 1° il yaura réaction du côté gauche et absence de réaction du côté droit; dans ce cas la réaction est bien due à la toxine elnon aux matières protéiques et il s'agit bien d'une réaction positive ; il y aura réaction à la fois du côté
gauche el du côté droit; dans ce cas, la réaction sera