‹ La Diphthérino-Réaction: Réaction de SchickChapitre 24 sur 46 · LA R. S. CHEZ LES ACCOUCHÉES ET LEURS NOUVEAU-NÉS · texte numérisé non relu

LA R. S. CHEZ LES ACCOUCHÉES ET LEURS NOUVEAU-NÉS

Les lableaux du paragraphe précédent el principalement celui de Park el de Zingher nous montrent que la réaction de Schick n'est posilive que dans 15 o/o des cas : d’une part chez les nourrissons au-dessous de trois moIs, et d'autre part chez les adultes au-dessus de vingt ans. Celle conslalalion permet déjà de prévoir qu'il doit exister un rapport entre l’immunilé des premiers jours de la vie et l’immunilé de l'âge adulle, la première ne devant êlre que la seconde lransmise par la mère. il est logique de penser que les corps immunisants antidiphtériques contenus dans le sérum maternel passent à travers le placenta comme à lravers un fillre, else lrouvent ainsi

transmis à l'enfant.

Des recherches plus précises ont élé failes par dif- | férents auteurs qui ont moutré que la réaclion de Schick élait Loujours de même sens chez le nouveau-né et chez sa mère: quand la réaction est posilive chezla mère, elle l’est aussi chez le nouveau-né ; quand elle est négative chez le nouveau-né, c'est qu'elle est négative chez la mère. L'immunilé du tiouveau-né n’est donc que celle de la mère lransnise à son enfant el cela explique bien son caractère lransiloire. L'immunité de la mère est une immunilé active el par conséquent durable; l'immunilé du nourrisson est au contraire uneimmunité

passive, comparable’ à Pimmunilé que confère une in-

potes

jection de sérum antidiphlérique, el par conséquent transiloire. L'enfant paraît venir au monde avec une cerlaine dose d’antiloxine qu'il doil à sa mère ; celle dose s'use dans les premières semaines de la vie, et celà explique qu'un nourrisson puisse avoir une réaction de Schick négalive à un mois alors qu'elle deviendra posilive à quatre mois. Elle pourra ensuite redevenir négative quand l'enfant grandira el aura fabriqué de l’antitoxine pour son propre comple, sous une influence variable (peut-être, comme le pensent un certain nombre d'auteurs eten particulier M. Louis Martin, parce que, à un moment donné il fera une angine rouge, légère, cliniquement banale baclériologiquement diphierique contre laquelle il réagira en produisant de l’antitoxine) : celle seconde imimunilé sera active alors que la première n'élail que passive. :

A propos de celle question de la transmission de limmunilé de la mère à son enfant, une autre hypothèse a été soulevée. Schmid el Pflanz, ayant trouvé, dès 1896, de l’antiloxine dans le lait des nourrices, et d'autre part la réaction de Schick s'élant montrée négative dans une proportion de &5 o/o après vingt ans, et par conséquent chez la majorité des nourrices, certains auleurs ont pensé que la mère pouvait continüer à entretenir l'immunilé chez son nourrisson (ant que dure Fallailenent maternel (Nathan). Dans ce cas, les corps immunisants pourraient passer par le lait, de la mère à l'enfant. À la lransmission de l'immunité par les corps

immunisants malernels passant à travers le placenta,

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s'ajouterait la transmission de l'immunité par les corps immunisants maternels passant par le lait. A cette hypothèse, on peut déjà objecter théoriquement que le nombre des enfants nourris au sein Jusqu'à un an est supérieur au nombre des enfants qui, à un an, présentent une réaclion de Schick négalive, ce qui tend à montrer que l'entrelien de limmunité passive par-le lail est tout au moins problémalique. Les quelques expériences que nous avons pu faire à ce sujel, corroborent celle opinion.

Nous avons pu praliquer. la réaction Schick chez qualre mères el chez leurs quatre nourrissons. Nous avons constaté que,-dans deux cas la réaclion élail de même sens : posilive chez une mère el son nourrisson ; négative chez une aulre mère el son nourrisson : dans ces deux cas, les nourrissons élaient âgés respeclivement de trois et de deux mois. Mais dans deux autres { cas, la réaction élait de sens inverse, négalive chez les deux mères et posilive chez les deux nourrissons âgés respeclivement de seize et de dix-huit mois. Il semble donc, par ces deux ‘observalions, que l'immunité ne puisse pas être entretenue par allaitement malernel, (out au moins quand le nourrisson a déjà dépassé les

premiers mois dé la vie.

LA l:. $. CHEZ LES ENFANTS D UNE MÊME FAMILLE

Abslraclion faile des nourrissons qui bénéficient

Ten

- de l'immunilé maternelle, Bundesen et Johnson ont montré que, le plus souvent, les enfants d'une même famille présentent la même réaction de Schick. Sr le plus jeune présente une réaction négalive, tous les autres présentent une réaclion également négative ; si le plus vieux a une réaction posilive, ous les autres ont aussi la même réaclion. Ù | |

Zingher, partant de ces faits, se demande si, dans ces cas, la présence ou l'absence d’antiloxine dans Île sérum de ces sujets ne seraient pas sous la dépendance d'influences hérédilaires qu'on ne peut point encore expliquer, mais qui n'en seraient pas moins capables d'exercer une action sur le développement de l'immunité. Dans ces cas, l’immunité définitive serait encore due aux procréaleurs el n'aurait pas besoin, pour apparaîlre, de l'action excilante d'une cause pathogène extrinsèque ‘eomme le pense M. Louis Martin. L'application clinique de la réaction de Schick jette donc, encore ici, une lueur sur le problème si complexe de l’immunité.

Blum d’ailleurs, ayant fait des observations sur les enfants de 21 familles n'arrive pas aux mêmes conclusions que Bundesen el Johnson. Dans seize d’entre elles, deux enfants au plus ont la même réaction. Dans lrois autres, le membre le plus jeune a une réaclion négalive. Dans deux autres enfin, le membre le - plus jeune a une réaction négulive el le plus vieux une réaction posilive: dans ces deux derniers cas l'enfant le

plus jeune avait trois mois ét bénéficiait donc de l'immunilé maternelle.

Mmnrs, Jules Renault.et Pierre Paul Lévy trouvèrent chez les deux enfants d'une même famille dont l’un avait contracté la diphlérie la même R. $S. positive. La mère avait aussi une R. S. positive.

Nous avons pu pratiquer la réaction de Schick chez les frères el sœurs de 7 familles :

dans 5 cas, la R. S. fut négalive.

dans 3 de ces cas, il s'agissait pour chaque famille de deux frères âgés res- pectivement de : 5 et 7ans: 7et 9 ans ; dans un cas, il s'agissait de 4 frères âgés de 5, 8, 10etl2ans. | | dans le dernier cas, il s'agissait de deux sœurs de 12 et 14 ans, toutes les deux hébergeant dans leur gorge du bacille moyen. Pour ces deux sœurs la réaction avait déjà été pratiquée 42 jours auparavant el était également négative, mais à ce moment {la plus

jeune seule hébergeait du bacille mo= yen. Fe dans deux cas, la R. $S. ne fut pas de même sens. + dans un cas, un frère âgé de 15 mois réagissait posilivement et l’autre âgé de 4 ans négativement.

dans l’autre, une sœur âgée de 4 ans réa-

gissait posilivement. el l’autre âgée de

5 ans 1/2 négativement.

En résumé, dans ces sept familles, les enfants de la même famille avaient la même réaction dans cinq cas ; dans les deux cas où la réaclion élait différente, c'est le

plus jeune qui réagissail posilivement,

LA R. S. CHEZ LES MALABES ATTEINTS D'ANGINE DIPHTÉHIQUE ET N'AYANT PAS REÇU D'INJECTION DE SÉRUM -

ANTIDIPHTÉRIQUE

Si l’on pratique la réaction de Schick chez un malade atleint d’angine diphlérique avant loule injeclion de : sérum antidiphtérique, la réaction est loujours posilive comme le laissait d'ailleurs prévoir la théorie. En effel, | sile malade a élé alleint, c'est qu'il avait moins d'un trenlième d'unité anliloxique par centimèlre cube de sérum el l’on sait que, dans ces condilions, la R. $. est toujours positive. Mais ce malade pourra ne pas avoir dun tout d'anlitoxine dans son sérum, ou en avoir une pelle quanlilé quoique inférieure à 1/30 d’unilé anlitoxique ; autrement dit, il pourra êlre absolument sans défense contre l'infeclion diphlérique, ou il pourra au contraire se défendre dans une cerlaine mesure ; s’il est sans défense, la maladie risquera d'être plus grave, s'il se défend un peu, le danger pourra êlre moins grand.

Comme, parallèlement, la RS. sera, suivant la valeur

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