LA R. S. EN CAS D'ÉPIDÉMIE
D'après tout ce qui précède, on peut prévoir que la R.S., pratiquée d’une façon systématique en lemps
d'épidémie peut rendre des services.
1° Elle permel de séparer les réceplifs des réfractaires
Elle’ permettra en effet, en 24 heures, de faire deux lois des sujets exposés à la maladie: d'une part les réceptifs, d'autre part les réfractaires ; de distinguer ceux qui risquent de contracter la diphiérie,- de ceux qui n’ont pas à en redouter les alteintes.
On voit lout de suite quelles déduclions pratiques on peut lirer de cetle séparalion : les réceplifs recevront immédiatement une injection préventive de sérum antidiphtérique ; les réfractaires n’en auront nul besoin. On réalisera ainsi une économie énorme de sérum en ne l'adminislrant qu'à ceux qui ne peuvent-pas s'en passer. On évilera de plus de sensibiliser inutilement
des enfants, dont.Je nombre peut être évalué à 60 0/0.
2° Mais il lui faut au moins vingt-quatre heures pour donner une réponse précise el certaine
Mais une objeclion se pose aussitôl. La réaction de Schick esl une excellente méthode à qui l’on peut
demander quel est l'état d'immunité ou de réceptlivilé
d'un individu vis-à-vis de la diphlérie ; mais il lui faut un minimum de 24 heures pour donner une réponse certaine.
Et a-t-on le droit, dans une épidémie, d'attendre 24 heures avant d'agir ?
51 parfois, quand il s'agit d'épidémie localisées el quand la maladie semble légère, on peut se permettre ce délai ; dans d’autres cas au contraire, d'épidémies rapidement extensives, où l'affection prend d'emblée un caractère de sérieuse gravité, faisant redouter une léthalité élevée, il serait criminel dene pas agir tout de suite par les moyens les plus efficaces. Il ne faut plus alors parler d'économies de sérum quand des vies humaines sont en jeu ; il faul encore moins hésiter à sensibiliser même inulilement quelques individus : lapparilion possible, mais le plus souvent problématique, de certains accidents anaphylactiques ultérieurs ne doit plus nous arrêter. Ifaut faire du sérum, en user à largement, et la réaction de Schick passe alors au
second plan.
3° N'y aurait-il pas moyen d'oblenir une réponse
plus précoce?
La principale crilique que l’on puisse formuler contre la réaction de Schick en lemps d’épidémie élant delle lenteur relative d'apparition qui ne permet pas de. l’uliliser dans les cas presés, nous nous sommes demandés,
avec Monsieur Paul Lévy, s'il n'y aurail pas un moyen
Nr
permettant d'oblenir une réponse plus précoce. Nous avons recherché si l'injection intra-dermique de toxine diphlérique ne donnait pas, au bout de quelques heures au point d'inoculalion, une formule leucocylaire spéciale, permettant de savoir si la réaclion serail posilive ou négalive.
Pour que cette méthode ait de la valeur, il aurait fallu trouver une formule particulière en cas de réaction positive, différente de la formule des pseudo-réaclions
et de celle des réactions négalives.
Nous avons lout d’abord examiné la formule de la sérosité obtenue par grallage des éléments de 14 réacions de Schick posilives. Le nombre de nos expériences est lrop reslreint pour que nous ayons pu nous permellre d'élablir des conclusions précises. Néanmoins dans ces qualorze cas, nous avons trouvé une réaclion leucocylaire un peu spéciale portant principalement sur une augmenlalion plus où moinssensible des mono-
nucléaires dont le nombre variait de 50 à 77 0/0.
Il était dès lors intéressant de savoir si cette mono-
nucléose apparaissait déjà quelques heures seulement : après l'injection intradermique de loxine diphlérique. Nous avons donc pratiqué de nouveau la réaction de Schick chez. les mêmes sujels (nous savions qu'il s'agissait d’une réaclion devant être posilive) el nous avons examiné la sérosilé au point d'inoculalion six heures: après l'injection de loxine. Malheureusement, nous
1 r AS pl E n avons lrouvé aucune formule spéciale à ce moment, :