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CETTE IMMUNITÉ EST DUE A LA PRÉSENCE DANS LE SERUM

D'UNE ANTITOXINE DIPHT ÉRIQUE

Comment éxpliquer cette immunité, comment concevoir la cause qui fait que certains sujets peuvent supporter sans trouble apparent l'aclion du poison diphérique, se trouvent en quelque sorte à l'abri de la maladie qu'il provoque chez d'autres?

= Joe

Quand, après la découverte par Klebs du bacille diphtérique en 1883, après les lravaux de Loffler qui en 1884 parvint à isoler et à culliver ce bacille à l'état de purelé en même temps qu'il reproduisait avec lui la fausse membrane diphtérique sur la muqueuse des animaux, après enfin les {rois mémoires capilaux de Roux et Yersin publiés de 1888 à 1890 et établissant d’une façon cerlaine la spécificité du bacille de Klebs Loffler, on connut d’une façon certaine el indiscutable l'agent pathogène de la diphtérie, on voulut expliquer la réceptivité ou non des individus à Ja diphtérie par l'élat d’altéralion ou d'intégrilé de leur muqueuse buccopharyngée.

. Etaient réceptifs ceux qui présentaient une lésion de leur muqueuse, si petile soit-elle, permettant au bacille de se développer et de déterminer l'apparition de la maladie ; ceux dont la muqueuse élait intacte au contraire, offraient au bacille de mauvaises conditions de développement et se trouvaient réfractaires à la mala: die.

Si celle théorie élait d'accord avec les faits mis en fumière par les expérienees de laboratoire, elle parut .vite cependant un peu simpliste car les faits cliniques: observés chaque jour ne lrouvaient pas en elle une explication suffisante. Il paraissait étonnant, par exemple, que la diphtérie fut relativement rare chez Fadulte alors-que chez lui les lésions inflammatoires de la gorge paraissent au moins aussi fréquentes que chez

l'enfant.

OP

C'est alors que de nouvelles découvertes permirent d'interpréter les faits d’une façon différent et plus satisfaisante, ;

En 1889, Mm. Roux et Yersin trouvèrent la toxine diphtérique.

En 1890, Carl Fraenkel montra que si l’on injectait, dans de certaines conditions, de pelites quantités de toxine diphtérique à: des animaux, ceux-ci élaient immunisés contre l’inoculation du bacille virulent luimême : celle constatation avait d’ailleurs déjà été faite, : eten particulier pour la fièvre typhoïde, par d'autres auteurs Lels que Salmon, Beurmer, Charrin, Chante-. messe et Widal, Roux et Chamberland.

En 1890, Behring et Kitasato démontrèrent que. le sérum des animaux vaccinés contre la diphtérie renfermait une substance qu'ils appelèrent anfitoæine laquelle, inoculée à des animaux avant et même après l'infection diphérique leur permettait de résister à cette iufeclion quand elle n’était pas encore déclarée et d'en triompher quand elle était apparue : c'est de celte découverte capitale que devait naîlre toute la sérothérarie antidiphlérique. os

On savait donc, dès 1890, que le sérum d'animaux à qui on avait injecté de la toxine diphiérique éontenait . une substance nouvelle, permettant à ces animaux de lutter désormais contre l'infection diphtérique, F'anti- {oxine. * x

On se demanda alors si le sérum des individus nor.

dire

malement réfractaires à la diphlérie ne contenait pas, lui aussi, une substance capable de neutraliser les effets d'une infection diphtérique, autrement dit: une antitoxine.

En 1894, Abel montra que si l'on injecte à un cobaye une dose de toxine diphlérique (qui injectée seule serait mortelle), ét en même temps une dose de sérum de certains’ individus sains et n'ayant pas eu récemment la diphlérie le cobaye ne meurt pas. On peut conclure de celle expérience, que le sérum normal de certains individus sains renferme une anlitoxine diphtérique. À

Beaucoup plus récemment, pendant la guerre, Mm. Pierre Paul Lévy et Joseph de Léobardy, reprenant ces expériences, montrèrent que le sérum de cinq porteurs de bacille diphiériques authentiques était doué d’un pouvoir immunisant manifeste. De petits animaux (moineaux, pigeons, cobayes), meurent si on leur inocule seule une culture de ces batilles ; ils résistent si on leur injecte avant ou en même temps du sérum des porteurs de ces bacilles.

En 1895, Wassermann montra que le pouvoir antitoxique des sérums humains et très variable d’un indi- -vidu à l’autre, et qu'entre le sérum le plus riché en antitoxine et celui qui n’en renferme pas du tout, on peut trouver Loule une gamme d’'intermédiaires expliquant le plus ou moins d'immunité de ces individus à l'égard de la diphtérie.

La même année, Orlowski montrait la présence

d'antitoxine dans le sérum de cerlains enfants, constalations qui furent corroborées l'année suivante par les recherches de Loos. Se En 1896,Fischl et Wunscheim, étudiant le sérum du sang du cordon ombilical, montrèrent, la présence d'antitoxine dans le sérum de certains nouveau-nés. La même année, Schmid et Pflanz montrèrent la présence d’antitoxine dans le lait des nourrices. En 1899, Cobbel trouva aussi de l’antiloxine diph- : ‘térique dans le sérum des chevaux non encore immu-nisé contre la maladie. à Des recherches de ces différents auteurs, et des recherches plus récentes de Grær el Kassovilz en 1914, il résulle que : l’anlitoxine lrouvée dans le sérum normal de cerlains individus doit êlre considérée comme iden-, tique à l’antitoxine développée arlificiellement chez les

animaux par injeclion de Loxine diphtérique.

On savait donc dès lors Que :

. 1° dans le sérum normal de certains individus, il exisle une anliloxine diphtérique naturelle ; « 2° la présence de cetle antitoxine permellait d'expliquer l’immunilé naturelle à l'égard de la diphtérie, de ces individus ; 3° la quantité d’antitoxine élait très variable suivant les sujels et que l'immunilé naturelle plus ou moins -accentuée de ces sujets à l'égard de la diphtérie dépendait vraisemblablement de la quanlilé plus ou moins

grande d'antiloxine contenue dans leur sérum,

MO

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