‹ La Diplomatie au temps de Machiavel (volume 3)Chapitre 13 sur 21 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L'ambassadeur, à son retour, est donc reçu par le souverain, auquel il rend compte de sa mission '. A l'appui de ses explications verbales, il dépose un Mémoire, ou compte rendu. C'est un usage ancien et général, absolument obligatoire à Venise depuis le XIIIe siècle \ Le mémoire affecte trois formes, celles de Journal: de Rapport: de Relation.

1° Le Journal ou mémorandum, est un compte rendu minutieux et chronologique du voyage de l'ambassade, tenu au jour le jour par le héraut de l'ambassade \ à Rome, par le mai-

li Leduc de Bourgogne ne reçoit pas en audience privée son ambassadeur en France, le sire deContay, revenu depuis peu. Le chancelier G. de Rochefort ne dissimule pas qu'il en est ému ; il en conclut que son maître trouve |e roi de France trop mobile et ne veut pas suivre de négociation sérieuse avec lui (Dépêche.; des ambass. milanais, II, 478). Le Maire de Belges dit, dans son langage un peu pédant, qu'au retour les « légatz » (ambassadeurs) rendent compte en plein « consistoire » (conseil) de leur mission (Illustralions des Gaules, liv. II, ch. xm, f. xxvu v° ; ch. xv, f. xxxi).

2) Décret du 24 juillet 129G. ordonnant à tout ambassadeur, après la fin de sa mission, d'adresser une relation au sénat, cité par Alberi, Relazioni degli ambasrialori veneti, série IA , t. I, prefaz. Cet ordre ne faisait que confirmer une pratique déjà existante (Arch. de Venise, Maggior Consiglio, Délibéras., reg. Pilosus, 61 v°). Un ordre du 23 déc. 1268 prescrivait aux ambassadeurs, dans les quinze jours de leur arrivée, de rendre un compte détaillé île tout ce qu'ils avaient pu apprendre qui fût de nature à intéresser l'Etat. Le même ordre prescrivait «le dresser procès verbal de toule audience d'arrivée accordée a une ambassade solennelle (Mêmes archives, ibid., i;eg. Comune, I, 59).

3) Le roi peut attacher un héraut à une ambassade pour 1* « attendre et

tre des cérémonies'. Ce document ne s'applique d'ordinaire qu'aux ambassades solennelles ou d'apparat, et ne vise que les matières extérieures de cérémonial, d'apparat, les seules que l'auteur puisse relever. Les Journaux enregistrent les jours et heures des départs, des arrivées, des audiences.., les particularités des réceptions, les fêtes, les présents... La diplomatie anglaise parait s'en servir volontiers \

2° Rapport. Lorsqu'il s'agit d'une commission simple, qui a consisté à porter des articles et à demander la réponse, les ambassadeurs pourront se contenter de remettre, à l'appui de leur rapport verbal, le texte de la réponse à l'instruction article par article : réponse écrite par la chancellerie étrangère, s'ils orit remis l'instruction, ou écrite par eux mêmes au dos de l'instruction, s'ils l'ont conservée3. Mais ce procédé primitif se voit rarement : au XIVe et au XV' siècle, toute ambassade spéciale de quelque importance dépose à son retour un mémoire d'ensemble sur la négociation4, et, à plus forte raison, si des ambassadeurs ne retournaient pas à la cour,

acompaignier » et tenir registre de ses faits et gestes (Journal, publ. par James Gairdner, à la suite de VHistoria Régis Henrici septimi, p. 200 et suiv.).

1) Journal, déjà cité de la légation du cardinal de Sl« Praxède à Savone (Archives du Vatican).

2) Roger Machado, dit Richemond, roi d'armes de Norrey, tient jourpar jour et heure par heure un journal de l'ambassade anglaise en Portugal, depuis le 21 décembre 1488, jour du départ, jusqu'au 28 juillet 1489, jour du retour. Ce journal est en français. Il relate les plus minimes détails du voyage, des réceptions, du cérémonial, mais non les négociations (publ. par James Gairdner, à la suite de VHistoria Régis Henrici septimi, p. 1.j7-199). M. Gairdner a publié aussi deux autres journaux par le même Richemond, de deux ambassades en 1490 (Ibid.. p. -200-210, p. 211-222). Ces journaux sont intitulés Mémorandum. Cf. le Journal du voyage d'un, ambassadeur anglais à Bordeaux en 1412, Bordeaux, s. d.,8". plaq. de 20 p. (relatif à la demande en mariage d'une tille du comte d'Armagnac par le roi Henri VI).

3) V. ci-dessus, t. Il, p. 122.

ï) Instructions and report of Francis Martin and olhers, with respect to

devraient-ils l'envoyer1. C'est après l'audience du souverain et le rapport verbal, que l'ambassadeur remet à la chancellerie son rapport écrit8.

Ce mémoire est rédigé sous la direction du chef de l'ambassade spéciale, par le secrétaire ou le dernier ambassadeur *, sur un cahier de papier' ou de parchemin" de format inquarto ; habituellement, il ne porte pas la signature de l'ambassadeur; parfois, on trouve l'envoi au prince sur le verso du dernier feuillet, avec un cachet de cire rouge G.

Son étendue, très variable, est toujours assez grande: sa langue, le latin ou la langue nationale, (l'est un précis de la négociation, sous forme narrative \ habituellement à la troisième personne, où l'on intercale copie de toutes les pièces officielles de la négociation : instruction, pouvoir môme, réponses.

thequeen of Naples, 1505, publ. parJ. Gairdner, Hist. régis Henrici seplimi, p. 1ï.\ et suiv. ; «le même, uith respect lo Ferdinand king of A rragon in 1505 (Ibid,, p. 240 el suiv.).

1) Deux ambassadeurs de Louis M, qui ne retournent pas à la cour après leur mission, lui adressent un rapport résumant leur négociation (1461, Lettr. de Louis XI. Il, 374). L'un des deux y ajoute un rapport spécial (H., Mi) : le tout en Français.

2) « Et quando saray tornato, l'acta ad nuy la toa relatione a bocca, lai'aray in scritto sub compendio et inseme con questa instructione et altre scripture te havino date, la daray ad Cieo nostro secretario » (Instron du duc de Milan à Pr» Caniulio, envoyé au dauphin, il août liOO. Arch0 Sforzesco).

3) Rapport d'ambassadeurs florentins de 1421 (Saige, Documents, I, p. 22 -:>9), du jour <lu départ au jour du retour : voyage jour par jour, avec les particularités de chaque négociation : écrite de sa propre main par un des ambassadeurs « di volontadi Nic°CaIvanesi, miomaggiorcompagno » : Calvanesi approuve la rédaction et signe.

i) Rapport bourguignon de 1378 (Fr. 102:18, f<" liiet s.).

5) Rapport français de 1451 (.1.917. n° l).

6) Kr. 10238, f" 16 et suiv.

7) Cf., dans uni! circonstance spéciale, un rapport adressé à la duchesse d'Orléans, par un agent accrédité en son nom prés de Maximilien. par Jean de( us forme de patente, en latin, avec sceau et signature, cl certificat autographe de l'ambassadeur. C'est moins un rapport qu'un certificat sommaire i I 107. k. 70, n" 12).

etc. Lorsque la négociation a donné lieu à une correspondance suivie, l'ambassadeur (et c'est le cas habituel) se borne à la résumer dans un tableau d'ensemble, laissantà la correspondance elle même le soin d'en tixer les détails ' : il lui suffira de spécifier minutieusement certains points \

Il existe encore dans les archives un certain nombre de rapports d'ambassadeurs 3. Nous citerons comme type un mémoire précieux par le tableau exact et sobre qu'il trace des opérations d'une ambassade circulaire assez complexe : le rapport de l'ambassade française en Italie de 1478-1479.

1) Au retour de son ambassade en France, de 1470, Alexandre Spinolu reçoit du duc de Milan l'ordre de lui faire un rapport écrit expressément. Il rédige en conséquence un précis de la négociation, en renvoyant à sa correspondance (publ. par Reumont, Diplomazia italiana, p. 38oet suiv.).

2) Rapport en français, de Math. Racquier, envoyé anglais en France, pour un projet de mariage de Marguerite d'Angouléme avec le duc d'Yorck (1502. Champollion, Lettres des rois, 11,511 et suiv.).

3) Rapport de l'ambassade du sire de Gléon en Castille(1451) ; très sommaire, en latin, renfermant toutes les pièces officielles, patentes du roi etc., cahier de parchemin, in-4° de 8 ft! (J. 917, n» 1). Mémoire de ce que .M. de Rochechouart et Rabot ont fait à Rome (1481. Fr. 15870, n°3). Rapport de l'ambassade du sénéchal de Garcassonne, de Bernard «Flamenchi » et de Jean «Forcsii », envoyés du duc d'Anjou près des rois de Cas tille et de Portugal, en latin: narration jour par jour, à la troisième personne, avec insertion de pièces, non signée, avec adresse et cachet. Titre : « In nomine domini nostri Jhu. Xri, amen. Sequitur legalio explicita per... etc. » (1378. Cahier de papier, de 16 ff. , gd in-4o. Fr. 10238, P>« 16 et s.). Rapport des ambassadeurs de Savoie envoyés à Chypre en 1433. pour le mariage du e1* de Genève avec Anne de Lusignan (Mas Latrie. Hist. de Chypre. III, 17). Rapport de l'ambassade en France par les ambcursde l'archiduc (en latin : (ici. 1474. Chnicl, Monumenta Habsbnrgica, I, 261), etc. Rapport de l'ambassade en Angleterre, de 1445 (Copie, sur 14 fts in-f° de grande écriture), en forme de récit chronologique ; pas de conclusion. 11 débute par l'arrivée à Calais: «le vendredi second jour de juillet. .. » (Fr. 388 i). Rapports de l'ambassade à Rome en 1470, au nombre de deux : le premier, « procès verbal » chronologique et détaillé, documenté, dans la forme habituelle officielle ; le second, détaillé et plus confidentiel, où le rédacteur fait discrètement ressortir les luttes qu'il a soutenues, ses difficultés, le détail des débats (Copie de ces deux pièces. Fr. 3884, fts 180-207. Partie de la deuxième a été imprimée parDuclos).

MÉMOIRES, ARCHIVES, PKOTOCOLES .'58"i

Ce document '. en latin, contient l'indication jour par jour

dos actes do l'ambassade, avec transcription des diverses instructions '., et forme un précis littéral de la négociation. Il a le caractère un peu terre à terre qu'affecte la diplomatie de cette époque, où les ambassadeurs, et ceux de Louis XI en particulier, se considèrent comme de simples porte-paroles, sans se permettre une vue d'ensemble sur la politique.

La minute du rapport de l'ambassade de li4o en Angleterre 3 nous montre comment on rédigeait les rapports. Ils étaient écrits, non pas tout d'un trait au retour, mais pendant l'ambassade elle même. Ils se composent de notes minutieuses, prises au jour le jour, et transcrites, refondues, raturées de temps en temps '.

Les rapports finaux des ambassadeurs se distinguent facilement des rapports envoyés au cours d'une mission, par leur méthode chronologique, parleur caractère d'ensemble et par l'insertion des documents in extenso. Us sont destinés aux archives de l'Etat, où ils formeront, par les soins de la chancellerie, un répertoire, toujours ouvert, des affaires internationales. Ils présentent, d'ailleurs, le caractère le plus confidentiel. Nous voyons, à propos d'une négociation très brève et très spéciale, la seigneurie de Venise communiquer au pape, par son ambassadeur à Home, le mémoire d'un secrétaire : mais, outre que, dans la circonstance, le mémoire n'avait guère que la valeur d'un rapport courant, sur une affaire non terminée, dû à un agent officieux, la seigneurie supprime dans la copie communiquée au pape un grand nombre de passages 3.

1) Ms. lai. 11802.

2) En français.

3) Ms. fr. 4054, f° 45.

i) A ce rapport-journal, il faut joindre le rapport spécial sur l'arrivée (Ambassade de lii.'>. Ms, fr. 4054, f"ol). ô) 80 avril 1 o 1 2 . Arch.de Venise.

Lorsqu'il s'agit d'une ambassade spéciale, pour une affaire urgente et très déterminée, l'ambassadeur peut simplement expédier, avant son retour, un rapport sommaire indiquant le résultat '.

En cas de conférence, on rapporte le protocole notarié «.

3° Relation. La relation présentée à son retour par un résident, qui a longtemps vécu dans un pays étranger pour l'observeret y traiter les affaires courantes, est untableau politique, économique, social... de ce pays ; les affaires diplomatiques y tiennent peu de place. Nous ne connaissons pas on France de relation de ce genre. A Venise, au contraire, jamais un résident ne manque de la produire : elle constitue un devoir majeur3. Les relations ont pour but de créer sur les hommes et les choses de tous les pays, sur le faible et le fort de chaque contrée, sur son développement industriel et commercial, sur ses usages, son organisation politique et les ressorts qu'elle met enjeu, un ensemble complet de renseignements, qui, déposés aux archives delà seigneurie, servent à l'instruction des nouveaux ambassadeurs et surtout à la direction des affaires *. Les Vénitiens, gens très pratiques, et qui

1) Rapport de mission, sous forme d'une lettre au roi (très brève). Bourges, 21 mars (1490?). Jean d'Anglade dit au roi que les royaux d'Espagne lui ont promis, en parole de roi, de ne pas conclure avec les ennemis du roi avant d'avoir sa réponse (Fr. 15541, n° 131).

2) Protocoles dressés par deux notaires, pour une des ambassades, en 1449 (Fr. 13974).

3) « Per satisfaral debito de laservitumia ». Un ambassadeur malade l'envoie (Sanuto, VII, o).

-V « Rien ne saurait être plus utile pour une république, que de connaître exactement le gouvernement, la puissance et l'organisation des princes ou grands seigneurs dans le monde, la qualité des provinces et de leurs habitants. C'est, je crois, pour ce motif que nos bons et sages ancêtres ont adopte l'usage que tous les ambassadeurs, en revenant de toutes les parties du monde dans leur pays, fassent connaître au sénat le prince près duquel ils ont accompli leur légation. Etant l'un de ces ambassadeurs, par un effet, non de mon

ont dû à leur esprit de suite la grande force de leur politique internationale, attachaient beaucoup de prix à bien organiser le service des archives, en correspondance avec les besoins pratiques des affaires quotidiennes1.

l'ue constitution oligarchique, qui remettait là direction politique à un petit nombre de personnes façonnées dès l'enfance aux affaires, se prêtait à une étude suivie, et assurait à la conduite de l'Etat un cachet extraordinaire d e force, de persévérance et de succès: c'est ainsi qu'une faible bourgade, perdue dans les lagunes, put étendre ses possessionssurle continent, régner sans conteste sur l'Adriatique, dominer l'Orient et en arriver, au commencement du XVIe siècle, à tenir en échec l'Europe entière, à lagrande admiration de tous, même de ses ennemis *.

C'est un véritable événement, quand unrésident, au retour de sa mission, vient faire sa relation 3. Le résident a les honneurs de la séance des Preyadi: il s'y présente en tenue de Lrala v, et, après serment prêté par les assistants de garderie secret, il commence lui même la lecture de son mémoire et la poursuit, s'il y a lieu, ù la séance suivante 5. Il peut, dans

mérite, niais de la bienveillance du sénat, je viens aujourd'hui devant cette auguste réunion me conformer à l'antique usage, auquel, jusqu'à présent, aucun ambassadeur ne s'est soustrait » (Relat. de Vinc. Quirini, 1506, préambule. Alberi, Beluzioni. série !■' . I. I, p. 1). Les relations sont, ainsi, destinées a une sorte de publicité (Y. Nys, Les origines de la diplomatie, p. 14).

1) Nys. Les origines de la diplomatie, p. 9.

2) V. Claude de Seyssel, déclarant, dans la Grant' monarchie de France, que sa constitution est la première de toutes.

- niiiilo. Spedizione, 38.'i. « Aid. Jusliniani, arrivé ici, a l'ail hier sa relation. » écrit la Sif à son ambassadeur à Rome, le 15 OCt. tol2 (Arch. de Veni

; eb. Giustinian, pour sa relation de l'ambassade de Hongrie, est richement vêtu : il a une grosse ebaine d'or au cou, un berheto d'or lié sous le bras (mars L503. Sanuto, IV, 848).

\odré Gritti. revenant de l'ambassade deConslanlinople, commencesa

ce travail, risquer une allusion très discrète à ses éprouves i, ou glisser un éloge de ses secrétaires5.

La haute importance des relations vénitiennes pour l'histoire est trop universellement reconnue pour qu'il y aitlieu de l;i faire ressortir : d'ailleurs, elle concerne moins l'histoire diplomatique que l'histoire administrative, sociale, commerciale ou industrielle. Par malheur, les relations vénitiennes n'existent plus pour le XV° siècle: la série s'ouvre en 1506, par la relation de Vincent Quirini, résident en Allemagne, qui a été plusieurs fois imprimée3.

Les relations étaient également en usage à Florence '.

Des relations officielles nous pouvons rapprocher toute la littérature spéciale des relations officieuses: récits ou impressions de voyage, écrits par des membres d'ambassade dans le simple but de consigner leurs aventures ou d'instruire leurs contemporains. Tels, par exemple, le célèbre traité Du naturel dex français, par Machiavel, qu'on pourrait aussi bien intituler « Relation de France», s'il présentait un caractère officiel et confidentiel : ou, à un tout autre point de vue, les relations de voyage, comme la Relation du voyage d'outremer de Bertrandon de la Brocquière*.

relation, et la poursuivra à la prochaine séance îles Pregadi. lia toute sa barbe et un habit à mmièye ducal, de velours paonazo haut et bas, cl bechelo de velours cremesin (2 déc. 1503. Sanuto, V, 441).

1) L'orateur vénitien de retour. en avril 1507, expose, dans sa relation, qu'il vient de passer vingt mois presque toujours achevai en Allemagne (Sanuto, VII, 48).

2) L'ex-résident de Venise, dans sa relation, fait grand éloge de ses deux secrétaires (1510. Sanuto, X, 75). Dans sa relation, le résident vénitien en Allemagne, del507, loue son secrétaire, et son prédécesseur, qui, dansccrlaiiis différends de frontière, a arrangé les choses (ld., Vil, 193).

3) Par Alberi, t. I, par Chmel, Hist. Zcitung, Berlin, 1844, t. II.

4) Relation d'Espagne parGuichardin, résidenten 1512, 13, dans ses Opcre inédite, VI, 271.

5) Fr. 9087. V. à ce sujet une note de M. Schefer, dans la Gazette des

Archives et Chancellerie

La conservation des archives diplomatiques, en vue de leur utilisation pratique, est un des principaux offices de la chancellerie ,

L)ès qu'une ambassade est expédiée ou achevée, les pièces qui s'y rapportent passent aux archives, ainsi que L'original des contrats. En cas de cession de territoire, les archives, au moins immédiates, du pays suivent son sort, comme titres de propriété : le seigneur cédant doit « toutes les lettres, enseignemens et escriptures » '.

Le chancelier a la garde des documents, confidentiels ou non*: il reçoit directement du loi ceux qui présentent un caractère très spécial3. Il veille aussi à la conservation des minutes, à celle desnotes où se trouvent résumées les instruc-

IJeavx-Art*, publiée à port sons ce litre : Note sur les miniatures ornant un manuscrit île la llelation du voyage d'Outremer de Uertr. de la Brorquièie. Y. Mus Latrie, llist. de Chypre, III, p. 3.

li injonction ilu dauphin, aux Comptes de Grenoble, de remettre nu t\uc de Savoie les titres du Kaucigny (11 mars ii',7. Lettres de Louis XI. I,

11" XML

•2) Cependant, en l'ait, le secrétaire attitré du roi en conserve beaucoup. Y . inventaiie îles lettres trouvées en la possession de l'eu lé trésorier Reberlet : îli cet. liiO.'i. ratification de paix, serment du roi catholique, et lettres s'y rapportant : 22 avril I50G, instrument, des hommages : Hi mars 150G, insl minent du mariage «le Germaine de Poix et du feu roi d'L'spagne: I'1' avril t.* 07. assignats n h (>el mainc | our ses aliments, peur son douaire ; 20 avril i.-jlil). reçu des instruments : 6 oct. 1506, promesse île l'Espagne à Louis XII pour (jencs. Milan : •• limitacio del numéro de gente » ; 1506, commission des marques de la frontière de Fontarabie ; -i déc. lôO.'i, promesse de 50.000 m us par an au roi : etc. . . (J. B64

:! Chancellier. je vous envoie unes lettres, que mon frère a naguère* es- (liptes au fils île Ms' de Foix, sgr de Ncrbonne. Je vous prie que vous' en laides sente garde » (Lett. de Louis XI, III. 123). A Venise, elles étaient remise- a la chancellerie secrète, sous la garde d'un secrétaire du sénat (liaschet, La diplomatie vénitienne, p. 40).

tions, les dépêches etc.. l II doit produire, à toute réquisition, les pièces ou extraits de pièces, utiles à connaître \

Dans ce but, il pourra faire personnellement dresser un registre de transcriptions des principales pièces à consulter ; précédé d'une table avec renvoi aux pages, ce registre facilite les recherches et les rend claires 3 ; les documents s'y trouveront approximativement classés : la précaution de conserver des pages blanches intercalaires permet de le tenir à jour. Pierre Doriole, chancelier de Louis XI, tint ainsi un registre dont il existe plusieurs copies 4 : Cicco Simonetta prit également soin de dresser un recueil pratique des documents relatifs aux rapports de Milan avec la France et aux affaires de Gênes 5 ; Doriole et Simonetta, toutefois, hommes de confiance de leurs souverains, agissaient plutôt comme chefs du secrétariat privé du prince, que comme chanceliers : l'œuvre de Simonetta porte même un hommage au duc de Milan, qui exclut toute idée de rédaction obligatoire. Rappelons, d'ail-

1) Note <le chancellerie : « C'est la substance de la credenee donnée par le duc de Bourgogne a Mess. Philippe de Commines, chevalier, pour dire et déclarer a M. de Wenloch, gouverneur de Calais » (en français, par Primos et Items. Kervyn, Lettres et négociations, I, 63). Note de chancellerie, en français, des articles du traité de Cambrai, par Items, avec formule finale de promesse « par parole de princesse » do Marguerite d'Autriche, s. 1. ni d. ni signature (1508. Le Glay. Négociations, I, 225-236). Note de chancellerie, en français, contenant par articles, et Items, le protocole excluant les Vénitiens de la ligue de Cambrai (1508. ld„ I, 237-243).

2) « Chancellier, nous voulions et vous mandons que, incontinent ces lettres veues, vous nous envoyez le double de l'article contenu au traicté d'Arras, par lequel monseigneur de Bourgongne ne peut prendre trêves avec les Anglois sans nostre consentement, ou nous envoyez ledit traictié tout au long » (1466. Lett. de Louis XI, III, 79).

3) Il peut contenir des textes de traités déposés au Trésor des Chartes.

4) Not. Ms. fr. 3884.

5) Un exemplaire de ce registre, entré par hasard à la Bibl. nation, de Paris, y porte le n<> 10133. Nous lui avons fait de fréquents emprunts. Il a été analysé par M. Perret, dans les Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque nationale, t. XXXIV, partie Ire.

leurs, qu'il n'y a point de service spécial dans l'Etat pour les affaires étrangères, comme pour la justice ou les finances '. Le roi y pourvoit directement en grand conseil, et, s'il y mêle le chancelier !, c'est par un acte de confiance personnelle \ Le chancelier n'y joue, officiellement, qu'un rôle effacé. Habituellement même, la rédaction dos instructions ou des dépêches lui échappe * ; si on le consulte, c'est pour les questions de forme, en matière de protocole 5 : le roi charge des rédactions courantes ses secrétaires 6 ; le grand con-

1) V. Olivier de la Marche. IV, 156.

Pour débatre la matière d'Espaigne, y besongner et veoir la manière comment on procédera à faire l'expédjciOD de ceulx qui yront en ambassade devers le roy et royne de Castelle, ont esté ordonnez : ... » le chancelier et cinq membres du conseil (Iieg. du conseil de Charles VIII, p, 88). Pour les affaire* îles Suisses, au rapport de Baudot, naguère revenu, on ordonne le chancelier, Baudot, un des généraux des finances et Anlhoine de 0 Lemect, pour ce qu'il y a autreffois esté et qu'il entend les matières dudit pais et la nature desdits Souysses » (/d., 156). Le chancelier Jean dcGanay, mort en mai 1512, ne fut même pas remplacé jusqu'à l'avènement de François t": Etienne Poncher fit fonctions, comme simple garde des sceaux.

3 Lettre de Louis XI au chancelier milanais Ciccn Siinonetta, l'avisantque les ambassadeurs envoyés en Savoie et à Venise pour le fait de Milan passeront à Milan « communiquer leurs charges,» et le priant de faire le nécessaire (1466. Letl. de Louis XI, III, 119). L'orateur de France communique à Venise une lettre de l'évêque de Paris, chancelier,sur la trêve avec l'Espagne (23 fév. 1504. Sanuto, V, 89

i En 1506, Louis XII étant fort malade, lareine prend la direction. Georges d'Amboise part à Rouen pour deux mois : il laisse l'évêque de Paris, M. du Bouchage, le secrétaire Hobertel, « qui font toutes les despecbes en son absence » (Lett. de Louis XII, I, 64). Le pape charge trois cardinaux de rédiger les instructions à donner aux légats (oc.t. loOO. Sanuto, III, 909) ; en réalité c'est luiqui lestait (/</., 939). Le roi fait faire par l'évêque d'Avranches des lettres destinées au pape, aux cardinaux de Rouen et de Coutances (Catal.du fonds Bourré, n° 1371).

5) Le* ambassadeurs de Marguerite d'Autriche communiquent au chancelier la minute d'une procuration qu'elle voudrait faire « dépêcher ». Le chancelier l'approuve, sauf qu'on y nomme le roi « Loys de France » ; il dit « que c'est parler en Anglois » (1509. Lett. de Louis XII, I, 204).

6) « Le roy (Louis XI) a commandé a maistre Etienne Petit, son secrétaire,

seil confie les projets importants ' à un ou plusieurs de ses membres 2, et en arrête lui même la rédaction définitive. Le grand conseil peut donc ordonner directement les recherches dans les archives et les productions de documents dont il a besoin3. Mais comme, en pratique, ce procédé présenterait des difficultés, les constitutions de dossier appartiennent à l'exécution technique, elles doivent ressortir d'une autorité unique et compétente : on a donc soin de communiquer au chancelier le résultat des recherches faites en dehors de sa participation, et de les lui laisser produire *. Louis XII, en

la lettre telle qu'il lafaut pour pouvoir se nommer alliéde Madame de Millau et de Monsieur son fils » (Lettre de Commines. Kervyn, Lettres et négociations, I, 256). L'archidiacre de Sancerre, secrétaire du roi, s'excuse d'avoir tardé à rédiger des lettres pour le pape qu'on lui a commandées. Il a été trop pressé par le légal le jour de son départ (Caial. du fonds Bourre, n° 12:28). 16 oct. 1484. Sur la requête de Graville, le roi commande à un secrétaire « la procuracion du roy en court de Romme » pour l'évêquc de Lescar, frère de l'archevêque de Bordeaux (Reg. du conseil de Charles VIII, p. 156).

1) Parfois même, les actes les plus ordinaires. Ainsi Jean d'Amboise, l'évoque d'Albi, et autres, reçoivent commission du roi de délivrer un sauf cou duit aux ambassadeurs d'Aragon (Fr. 3882, f. 18).

2) Lettre de condoléance du sénat de Venise aux royaux d'Espagne, pour la mort du prince de Portugal, leur neveu : en latin, avec grandes phrases: » Catholicas Altitudines Vestras » (2(1 août 1500) : « et similcs, mutatis mutandis, serenissimo régi Portugalliae XVIme augusti » : délibérées en conseil (Sanuto, III, 657). A Venise, la commission pour un nouvel ambassadeur, les dépêches aux ambassadeurs, sont délibérées et votées par tout le conseil desX.

3) Lettre de Damict et Symon, aux gens du grand conseil du roi, Paris, 28 décembre (1456), leurenvoyant en toute hâte des extraits des Aliances de Hongrie tirées des Archives (Fr. 2811, 35). LcttredcDamielau roi : le roi a ordonné, par ordre reçu le 25 décembre, de rechercher au Trésor des Chartes «si on trouvera aucuneslettres d'aliancesdes Roys de France avec les roys de Hongrie et Bahaigne, les empereur et les ducs de l'Autriche », et d'en envoyer des extraits. J"ai sollicité 1' « audiencier, garde des Chartres du Roy, » de le faire de suite L'audiencicr, me Raoul du Reffuge, uie Jean Simon et moi, avons fait d'urgence les recherches. Nous envoyons les extraits de ce qui a été trouvé (Fr. 2811, 36).

4) Lettre de Jean le Prévost, au roi. Il lui envoie, selon ses ordres, ledouble

continuant à la chancellerie la fonction incontestée d'expédier

et do sceller les actes, lui réserva expressément la préparation des affaires ', et, par suite, la garde des précédents.

A Florence, à Venise, les bureaux de la chancellerie tiennent un registre, où sont enregistrées et succinctement analysées toutes les dépêches envoyées aux ambassadeurs ou adressées par eux ' : ils tiennent aussi les registres des rentrées et des départs.

Les expéditions se font à la chancellerie : le chancelier y pourvoit, par des secrétaires à ses ordres 3. Ce service prête à quelques abus : on trouve là des employés inférieurs, que Machiavel appelle plaisammentles « corsaires de chancellerie ' », dont le plus ou moins de bonne volonté s'achète par un pourboire : certains chanceliers de petites cours ne croient pas s'abaisser en marchandant pour leur propre compte s. Nous avons dit précédemment que ces pourboires

des instructions adressées aux ambassadeurs « ordonnez par les trois estât/.,» et il en remet un exemplaireau chancelier, qui en écrit au roi plus au long(Fr. 281 1. 08 .

DOrdcede 1499, art. 135, 136 el dernier,

2) Constitution florentine du 9 mars 1430-1434, à {'appendice.

3) I i oct. 1512. Ord. des généraux de payera Germain de Brye, secrél'de feu M-r lechancelier, i".\ liv.t., pour salaire d'avoir fait, sous le chancelier : Les doublas instructions baillées de par le roi à l'évéque de Moranye, ambass. du roi d'Ecosse, les unes destinées au roi d'Ecosse, les autres au roi d'Angleterre, en tout G feuilles de papier ; les instructions baillées aux hérauts du roi de Portugal, 2 fea de papier; à MM. le Mis de Rothelin, bailli d'Amiens et président de Dijon, « ambassadeurs dudit sr en Souysse»,6 f. de pap, : toutes plusieurs fois changées, corrigées el rechargées, mises au net, doublées el grossoyées, le tout de sa main. « sans ayde d'autruy, » comme très secrètes (Kr. "20979, fo 63).

4) « Li Stradiolti di caneelleria » (1'. Y'ùfor'i. Macchiavelli cd i suoi tempi, [,55a).

J'ai enfin le sauf conduit ; je l'ai arraché avec bien de la peine, sans

payer, de celle chancellerie, car elles ne ressemblent pas toutes à la voire »

(Dép. de Machiavel, d'imola, 20 nov. 1502). Le 18 décembre, il écrit qu'on

xige seize aunes de damas. S'il ne les fournit pas, il ne pourra plus obtenir

de chancellerie entraient en compte dans les prévisions financières des ambassades près de quelques cours. Nous sommes heureux d'ignorer si ces abus se produisaient en France'.

A Home, le revenu de la chancellerie formait la première et la plus régulière source de la fortune de la cour. Si l'on songe au nombre des cas réservés, à l'afflux des demandes du monde entier, à la taxe considérable qui frappait l'expédition de chaque bref, on se rendra aisément compte des sommes énormes encaissées de ce chef '. La chancellerie, apostolique, de Rome, dépourvue d'importance politique, présentait une grande importance financière, et nous voyons les cardinaux associés à sa direction stipuler formellement, dans les conditions jurées en conclave avant l'élection d'un nouveau pape, leur maintien dans leurs fonctions \

du chancelier aucune expédition, surtout dans les affaires particulières que la chancellerie expédie directement, sans qu'on en parle au prince.

1) En France, les notaires-secrétaires du roi, que nous avons déjà mentionnés, oui le droit de rapporter les lettres de chancellerie : droit confirmé pur pat. de Blois, 24 lévrier 1S12 (Abraham Tessereau, Histoire chronologique de la chancellerie de France et drs autres chancelleries du royuume, Paris, f°, 1710, t. I, p. 79). Ces fonctionnaires, choisis parmi les notaires, « nobiles et pares baronum, » nommés à vie, en nombre limité et inamovibles, avec faculté de résigner leurs charges a des fils ou des gendres, sont chargés, en général, de rédiger et authentiquer « en forme deue, toutes les choses solennelles » : outre leurs privilèges et leurs exemptions d'impôt, ils se répartissenl les émoluments de la chancellerie. Leur corporation, à l'époque dont nous nous occupons (vers 1504-1507), comprenait les personnages les plus en vue de l'administration : Jacques Acarie, Jean Boucher, G°> de la Croix, Jean Morclet, Nicolas Briçonnet, Louis Kuzé, Jean de Thumery, Jean de Vignolc, François Briçonnet, Jean Olivier, André Le Roy, Philbert Babou, Michel Gaillard, Jean Brachet, GuiII«de la Mare, Jean Badouillcr, Robert Gedoyn, Florimont Roberlet. Jacques Lelieur, etc. (/il., p. 10 à 79).

2) V. Numerus et lituli cardinalium, arckiepiscoporum et episcoporuinchristianorum. Taxas et valor beneficiorum regni Gallise, cam taxis cancellarim apostolicas neenon sacrai pœnilentiariae itidem apostolicse. . . ., Paris, Galio du Pré, 1845.

3) Capitula prirala. Archives du Vatican, reg. |3LY, f08 485-505,

Style fit Protocole. — La chancellerie, en gardant les précédents, se trouve aussi gardienne dû stylo officiel, du Protocole. Nous ne nous étendrons pas à ce sujet.

Nous avons déjà eu à mentionner, à propos do différents actes, los divers styles, ot certaines phrases traditionnelles que les bureaux de chancellerie ou les secrétaires du roi excellent à conserver". En résumé, la chancellerie romaine est classique, la chancellerie vénitienne correcte ; la chancellerie milanaise, depuis François Sforza, boursoufflée et débordante de superlatifs. Sa marque de fabrique se reconnaît à première vue : qu'un prince, fût ce le dauphin Louis, reçoive bien son ambassadeur, Sforza s'exclame sur tant

d' « humanité, de clémence, de charité de Son Excellence

Aucune nouvelle ne pouvait lui être plus agréable, plus charmante... » ; à ce lyrisme succèdent des olfros infinies de service, et des expressions finales pleines de respect : « For que clare-intelliset nos Yestre Celsitudinis sincerum et cordialem servitorem, et honoris, status et amplitudinis vestre percupidissimum esse, cui nos, cura omni reverentia, accuratissimo commendamus s. » La chancellerie de Savoie, qui écrit en français, se montre un peu sèche, modérée, biaisante. L'Egypte est pompeuse, et date ses actes de l'hégire 3 : Bajazet, vis à

t (Ainsi la France à Home ne cessait de rappeler ses services classiques. a Depuis Constantin, vingt cinq papes ont été chassés un persécutés par l'empereur ou le peuple romain. Jamais le roi de France n'a été schismatique. C'est toujours lui qui a restiiue l'église. Il a droit de « primogéniture»(Cf. Panegyric du Chevallier sans reproche, eh. xvh).

■1) Lettre du 23oct. I 160 [Lett. de Louis XI, I, p. 330).

.'<) Sanuto, \ . 887-890. C'est la chancellerie la plus pompeuse. Les titres du soudan sont innombrables. Le grand Soudan, le roi, Vasrat, le seigneur -. le juste, combattant, victorieux, épée du monde et de la foi, soudan des .Maures ci du Maurisme... Repos du Temps, donneur de sièges et de couronnes, triomphateur des terres inexpugnables, conservateur des loi Dieu, soudan du monde, sûreté de la terre, < etc., etc.

396 LA DIPLOMATIE Al TEMPS DE MACHIAVEL

vis des puissances chrétiennes, admet l'ère chrétienne '.

La chancellerie française hrille généralement par la simplicité du style. Elle rédige les pièces et les soumet à la signature du roi : dans le cas de modifications arrêtées au dernier moment, on enlève la signature d'un coup do ciseau et le document passe aux archives \

La phraséologie do chancellerie procède, en Allemagne, en Espagne, en Navarre, en Portugal, par amoncèlement de titres, en chargeant le nom du souverain d'un nombre invraisemblable de domaines et de seigneuries* ; en Italie, la phrase doit être large, sonore, pleine de mots ; la pensée expire sous le poids du harnais, le moindre fait devient immense, glorieux, incomparable. Toutes les chancelleries flagellent en termes énergiques leurs ennemis *.

1) Sanuto, V, 454.

2) Pal. du 29 novembre 1487, déléguant Ymbert île Batarnay et Guill' Briçonnel, général de Languedoc, comme arbitres du roi pour J'affaire de Salures, et prolongeant le délai au 15 janvier: pat. ordinaire, en français: résumé sommaire delà procédure suivie, et mention du désir d'arrangement; à la fin, promesse, « en bonne foy et parole de roi, » de ratifier. Celte patente n'ayant pas servi pour un motif quelconque, et ayant été remplacée, on a donné un coup de ciseau qui a enlevé la signature du roi et quelques bouts de ligne (Mandrot, Ymbertde Batarnay, p. 246).

3) V. les Instructions de l'archiduc (not. Le Glay, Négociations, I, 73). du roi de Navarre (Pat. du 7 sept. IÎS12. J. G19, 28). . .

4) Venise, ayant perdu Modon, annonce elle même la nouvelle par une lettre ardente et pathétique. «fnfidclium rabiem..., christianaelabantircipublicse Iachrimabilehorrcndumquespectaculum ! Tantas slrages, incendia et pericula.,. rabidus-hostis... Non jam amplius in finibus Thraciae, Greciae, aul Epyri, sed in visecribus Italia> et cirea Bsati Pétri aras, proh dolor ! gerendum est belluni... Ne memineris, Domine, iniquilatum populi!... » Cette lettre est adressée au pape, au Sacré Collège, aux rois des Romains, de France, d'Espagne, de Hongrie, de Pologne, d'Angleterre et Ecosse, de Portugal, de Naples.à l'archiduc de Bourgogne, aux électeurs Je l'empire (5 sept. 1500. Sanuto, 111, 730). Les papes parlent en termes énergiques de leurs ennemis « per istos sceleratissimos, sodomilitas, usurarios, bereticos manifestos, qui.rapinis et favoribus impinguati, nec Deum timent, nec homines reverentur ; quin ymo,

MÉMOIRES, ARCHIVES, PKOTOCOLKS 391

Chaque chancellerie a son mot de prédilection : en Allemagne. Sacré, qui s'applique à l'empereur*, à l'empire, aux institutions, atout ce qui est allemand : à Milan, immense,àx\ moins pour François Sforza, condottiere mégalomane : en France,

tout est très chrétien, le roi, la maison de France, les lys de France... Quant aux papes, leur chancellerie suit des règles spéciales, archaïques, immuables, qui passent pour se rattacher à saint Pierre lui même.

Enfin, la connaissance des qualités à donner à chaque correspondant, des adresses, des suscriptions et des souscriptions, représente à la fois une science et un art : elle repose sur une étude détaillée des précédents, qui exige des recherches, de la mémoire et de la présence d'esprit; elle ahoutit à toute une gamme de mots qu'un virtuose de chancellerie fait résonner avec plus ou moins d'éclat. Cet art est de très grande conséquence ; rien n'indispose plus un potentat, surtout petit, qu'une faute de formule, et. hien qu'on ne déclare pas directement la guerre pour une adresse mal mise, mieux vaut léser les intérêts qu'un titre. Louis XI lui même, qui affectait un sans gêne presque cynique et un extrême mépris de la forme, se montre excessivement susceptible et ne pardonne pas ce qui lui semble un manque d'égards ou d'étiquette*.

La chancellerie est gardienne de cette science des formes : 1» pour les actes. 2° pour les correspondances. File partage ce soin, pour les actes, avec les notaires impériaux: et aposto-

omne nalurale divinum supprimera, ecclesiam siibjugare, sc<l et fidei catbolice lucernam extinguerc nioliuntur » (Bref du 12 janvier 1378, de Grégoire' XI, à l'archevêque de Rouen. Inventaire... des biens de Guill. de Lcstramjc, Paris. I88K. Jo, p. 153).

1) •• Divus César »(Le Glay, Négociations, I. 13, l.">).

2) Sa réception au cardinal Bessarion, coupable d'avoir rendu iiu duc de Bourgogne sa première visite.

liqucs, pour les correspondances, avec les notaires-secrétaires

du roi, qui en font la plupart.

On distinguo, en France, deux sortes de correspondances: les lettres en placard, ordinairement sur papier, étendues, pliées en long, cachetées du sceau secret, qui portent le Yo-stre final avant la signature, avec contreseing du secrétaire : les leltes en parchemin, en brevet, sans Yostre, toujours avec contreseing1. Ces dernières, au XVIe siècle, sont réservées à l'Orient (grand seigneur, roi de Perse, roi de Fez), et à la Suisse (XIII cantons, Grisons, pays de Valais. abbé de Saint Gall)2.

L'usage du français s'introduit en France de plus en plus exclusivement, à tel point qu'à la tin du XVIe siècle le roi de France n'écrit plus en latin qu'au roi de Pologne3.

Les chancelleries se sont toujours préoccupées de posséder des formulaires, contenant : l°lestitres, intitulations et souscriptions à employer dans les lettres ou missives internationales ; 2° des formules d'actes. Ces formulaires s'appellent « Pratica » ou « Usus dictaininis »*. Il en subsiste un assez grand nombre. Ils contiennent des types d'actes de diverse nature, correspondants aux diverses fonctions de la chancellerie : on connaît assez leur importance pour l'histoire juridique. Pour les formules de lettres, seul point qui nous occupe ici, ils présentent beaucoup moins d'intérêt. Au commencement du XVIe siècle, les titres ue sont pas strictement arrêtés;

1) "Au cardinal de Sabine, légat enSavoye. f'ault escripreen quarré en parchemin, Charles etc. Très révérend pere en Dieu etc. très cher et très amé cousin. Donne clc. A Alenç.on le XXIIle jour de mars [4i9t A très révérend pere en Dieu iiostre très cher cl très amé cousin l'evesque de Sabine, vicaire perpétuel » (Formulaire du temps de Charles VII. Lat. 5414 A).

2) Fr. 8241 (Formulaire).

3) Id.

4) « Incipit pratica sive usus dictaminis magistriLaurentiid'Aglegia» (Formulaire ms. Lat. 11414, l°s 13 v°, 22 v«).

ils admettent une grande latitude; on peut employer bon nombre de Bynonymea el l'on mot même une certaine coquetterie à le faire, pour donner ;'i la rédaction une couleur plus littéraire. Nous ne pouvons donc que renvoyer aux formulaires eus mêmes pour rénumération de tous les titres possibles à employer et nous borner à de sommaires observations*.

Kn s' adressant à un ambassadeur ou en parlant de lui, on lui doit la qualification de « Magnifique»1 et on lui dit .volontiers : « Magnifiée orator », eu latin ', Lin ambassadeur appelle oollègues : « ses magnifiques compagnons »\ et, s'il leur écrit: « Magnifique frère » 3, ou « Magnifique seigneur...8, ami et très excellent frère », entre ambassadeurs du même pays7.

i) Ms. lat.- 11 m, P» 15 et suiv. : fr. 20888 : lai. 841 1 A, formulaire du temps di" Charles VII. . . M. Jean Lulvcs a publié récemment une élude sur li'- formules de l'empereur Charles IV ( Die sunnna cancellariae des Johann von Neumnrkt, einc Handschiftenunlersuehnntj Uber die Formularbiiclier au» der • Kanzlei Kaiser Karls IV. Berlin. 8°, 181)1). Dans YArchivio storico lombardo (ser. seconda, 30 giugno 1891, p. 964 el suiv.ï, M. I,. Krati a donné une élude sur un formulaire de CifiCO Simimell.i. pour la chancellerie du duc de Milan : « L'n formulario délia Cancelleria di Francesco Sforza. duca di Milano ».

2) Plus rarement « Spectalulis » (Lell. de Louis XL I, 322). On nedonneaux ambassadeurs qu'un seul qualificatif, et il n'est guère normal de dire: «Viris magnifici. alipie preslantcs domini,... Ill'»« Dominationis Vestre oralores »>

l.cll. du it) juill. 1461. /</.. 383). Dans la diplomatie vénitienne, on dit SOU" vi ni : « Clarissimo orator », avec un qualificatif unique, mais superlatif.

3) Dép. de Condolmeri, Bourges, 36 février 1507-8 (Arch. de Venise). •I) 1478. Ken vu. Lettres et négociations, III, '■]■>

Magnifiée tanquam frater honorande ». A la fin: « A vui me recomando » (Calvi, Bianca-Maria Sfonâ Viseonli. p. 109).

• ii hi, le prénom.

7) L'évéquedé (lurck, ambassadeur d'Allemagne prés du pape, écrit en lalin à André de BurgO, ambassadeur d'Allemagne en France: « Magnifiée d»« Andréa, amice ac frater singularisante « (1511. Lett. de Louis XI(, II. 205).

Si un ambassadeur est ecclésiastique, oh ajoute: Révérend1, et s'il estévêque, on le traite de Paternité'-. Aucune autre formule de qualité ne s'adjoint à celle d'ambassadeur.

En Italie, les souverains eux mêmes, en écrivant à leurs ambassadeurs, les intitulent « Magnifiques »:\ et disent < Messer... » (avec le prénom), ou donnent le prénom seul, parfois « Ambassadeur »*. Sil s'agit d'ecclésiastiques, la mention « Révérend » reparait, avec « Messer » et la qualité ecclésiastique. Nous voyons Louis XII écrire au juge mage de Provence, son ambassadeur à Venise : « Monsieur le juge ■»'% mais cette appellation nous semble un peu anormale6.

1) a Rnms et Magnifici ambassatori régit » (Dép. du 22 janv. 1466. Ar- <h°Sforzesco>. 14 nov. 1479, Instr°"à R'1 JeanAnt. « rie Busseto », protonota ire apostolique.envoyé milanais à Rome. On l'appelle « Révérende protonotarie. » Une dépèche du 23 nov. 1479 le charge d'une démarche très importante près du pape, contre les Suisses; celte dépêche le nomme « M. Joannc Antonio », et à la fin « Misser l'arciprete, » sans tutoiement (kl.). On dit, à Venise, à l'évoque d'Asti : « Révérende dne Orator » (9 déc. 1514. Archivesdc Venise, Conseil des X).

2) L'ambassadeur d'Allemagne écrit à son collègue de France (évèque, en 1311). en latin : » Paternitas Vestra, Dominatio Vestra » [Lettres de Louis XII, 11,137). Cf. Lettre de l'évêque de Gùrck à l'évêque de Paris, 1511 ; il l'appelle : « Révérende in Chr° Pater, D"c et Amice honorandc » [Ici., 136).

3) Laurent de Médicis adresse ses lettres à son ambassadeur a Rome : « Magnifico viro majori meo honorando. .., oratori florenlino, Romae » ; celui-ci lui répond: « Magnifiée vir major honorande, » en italien (Roscoé, Vie de Léon X, t.l, Pièces justifient.) : son fils lui écrit : « Magnifico viro L. de M., patri optimo, Florentin- » (Id. Pièce xvn).

4) Le roi de Naples écrit d'ordinaire à ses ambassadeurs : « Messer » et le prénom, parfois le prénom seul, ou « Magnifico » et le prénom ; à un comte: « Comte : » à un prince : « 111""' princeps ». Il dit : « Ambassatori, ambasciatori » (Trinchera, Codke araijonese, t. II, p. n, p. 181, 237). Ses dépêches portent le simple intitulé : « Rcx Sicilise. — Ainbassadori,. . . . », le contreseing du secrétaire. Elles sont adressées « Magnificis viris... oratoribus nostris in. . . » iSanudo, Sjjedizione. ... p. 639).

5) 151)0. Sanudo, III. 645.

6> Maximilien écrit aussi à Robertet, ambassadeur: « Magnifico generali Roberteto » (1501. Le Glay, Négociations, I, 59j.

MÉMOIRES, AHCWIVES. PROTOCOLES 101

Le titre de « cousin » du roi prime tous les autres, sauf celui de cardinal1.

Dans la conversation, un souverain dit : « Domine orator » ', ou : « Ambassadeur»5. Un vice-roi appelle : « Messeigneurs » des ambassadeurs de son pays, et signe : « Le tout vostre »*.

A un secrétaire, on écrit : « Secrétaire », ou « M. le Secrétaire »5.

En parlant à un roi, on dit « Sire »6, et « Votre Majesté (ou Sa Majesté), Votre Royale Majesté, Votre Impériale Majesté » 7, « Sua Majestas »8. On ajoute, très souvent, en

1) Maximilien écrit au cardinal d'Amboise : «Très reverend père en Dieu, très cher et très amé cousin», dans une recréance pour l'évêque de Paris,chargé de faire au roi et au cardinal diverses communications (Anvers, 2 janvier 1508. Fr. 2960, fo 3). Louis XII écrit à G. de Croy, sgr de Chièvres : « Mon cousin. »

2) François Sforza, s'adressant par lettre à Jean de Croy, ambassadeur de Bourgogne et de Louis XI, lui dit : « Votre Magnificence m'a écrit. . . » (21 novembre 1463. ArchivioSforzesco).

3) Dép. de Dandolo, 18 sept. 1514 (Arch. de Venise).

4) Le vice-roi français de Naples, écrivant des nouvelles aux ambassadeurs français à Rome, signe : « Il tutto vostro, Loys, » et les appelle : «Signori mei » (22 oct. 1502. Sanuto, IV, 421).

5) « Domine secretario » ou « Secretario » (Sanuto, V, 829). « Secretario nostro apud Rmum dnum cardinalem Papiensem » (Lettre du sénat de Venise à son envoyé, en italien ; 28 mai 1509. Arch. de Venise, Secreto 41, 193).

6) Créance de Lucien Grimaldi près de Louis XII, 21 juillet 1506 (Saige, II, 47), en français, en forme de lettre missive : « Quelques rappors, Sire, qui vous aient estes faitz »...:« a Menton, en vostre maison...» Signée : « Monygues », comme parun seigneur français. Cf. Le Glay, I, 179.

7) A la reine de Sicile: « Sacra Reginalis Majestas », disent les Grimaldi (1422. Saige, I, 40) : v Maestà Vostra » (Relon florentine de 1421. kl., I. 29). « Majestas régis Francia: » (Texte florentin, 1393. Jarry, Vie... de Louis de France, ÂdoK Le duc de Saxe appelle Louis XII: Très Chrétien, Très Puissant, Roi, Prince, « Dnc Illustr"10 Observandissimeque, Ad Regiam Vestram Majestatcm », et place tous ses titres après sa signature (Lettres de Louis XII. l\, 379>. « Majcstali tua;..., chrisliana respublica...,oratores nostri » (Bref du pape à Louis XII, 1500. Sanuto, III, 435-438). « Majestas Sua' » En parlant du roi. Instruction d'Alexandre VI à ses nonces, 1498. Procédures politiques, p. 1 108 etsuiv.'.— « L'Impérial Majesté, La Majesté Impériale » (Protocoles de 1454. Ms. fr. 1278, P" 127. 178, 180 v« etc.).

8) Jarry, p. 379. 26

Allemagne et en Italie, la mention : « Sacrée, » ou : « Très sacrée » '. Un roi, en parlant de lui, dira même : « La Majesté Royale »'. Cependant le titre de Majesté a des équivalents', et la chancellerie impériale, quoique hautaine et pompeuse, tout en parlant beaucoup du « Saint Empire, » donne volontiers aux rois l'appellation de « Votre Sérénité » * : Maximilien affecte aussi de souscrire en français6.

Un vassal écrit à son souverain : « Mon très redoubté seigneur » 6 : cependant Marguerite d'Autriche appelle simple-

1) Lettre de Boucicaut au roi de Chypre, 27 août 1403 :« Sacre régie Majestati Jérusalem, Cypri et Arménie. Serenissimc princeps et domine..., Majcstatem Vestram...» (Delaville L. R., La France en Orient, II, 118). Lettres de Bartholomeo et Marco Doria à Charles VII, pour lui apprendre les détails de la révolte de Gênes, du 19 mars 1461; en italien, sauf le début et la fin: « Sacratissime et christianissime rex et domine metuendissime » ; à la fin, « Sacrm" ac christ"10 régie Majestati servitores devotmi » (publ. Quicherat, Th. Bazin, IV, 361).

2) « Ma Majesté Impériale », dit le grand turc (Sanuto, III, 797) ; « Régis .Majestatis », dit le roi d'Angleterre en parlant de lui même (Rymer, 111,200). Le roi de Sicile dit dans ses lettres : « Majestati nostre » (Mandement de 1416. Saige, I. 10). Le langage diplomatique est un langage à part. Chacun y emploie ou y fait employer tous les termes propres à rehausser sa dignité.

3) Aux rois, on dit : « Sermo — Mmo — Excell1110 — Invictm<> principi dn° (Divina magnificentia Régi Francorum christianissimo) », et dans le discours : « (Imp., ou Reg., ou Sacre Régie) Majestati,— Celsitudini, — Excellentie, — Magnificentie, — Strunuitali (sic), — Nobilitati — » (Ms. lat. 11414, f° 18 v*).

4) A Constantin Paléologue : « lllm° ac potentmo principi Constantino, dispoti Régi Romeorum, o paleologos, fratri acconsanguineonostro carissimo... germe princeps. . . » (Lat. 5414 A). Il écrit dans les mêmes termes au roi des Romains (U'Achcry, Spicilegium, VII, 201).

5) Lettre, en latin, aux roi et reine d'Espagne contre les Français, signée : « Vostre bon frereMax. » — « Serenitates Vestras..., Serenissimi principes, frater et soror ac consanguinei nostri charissimi » (23 juin 1493. Boislisle, Et. de Vesc, p. 256).

6) Le roi de Sicile, la reine de Sicile (Fr. 20855, f. 65, 67), le duc de Lorraine f° 66, — ajouter à la fin •: « et très obéissant serviteur »), le duc de Bretagne (f° 78, — cousin, au lieu de serviteur), écrivent au roi de France, sur papier : « Mon très redoubté seigneur, je me recommande a vostre bonne grâce si très humblement comme je puis. Plaise vous savoir... Vostre très humble et obéissant. . . » Adresse : « A mon très reboubto seigneur, Monsei-

MÉMOIRES, ÀRCHIVKS, PROTOCOLES 403

meut Louis XII : « Monseigneur » ' . Le vassal n'écrit à son souverain que sur papier, et en forme de recommandation.

En parlant de Ferdinand et Isabelle d'Espagne, l'un roi d'Aragon, l'autre reine de Castdle, on dit : i« Les Royaux d'Espagne ».

L'ambassade à Rome s'appelle : « L'ambassade en cour, in curid », « orator de Corte ». On dit au pape : « Saint Père, Très Saint Père. » et de lui : « Sa Sainteté, Sa Béatitude, La Béatitude Pontificale... »'.

Un ambassadeur, en parlant du roi, dans une dépêche, l'appellera : « Le Sérénissime roi, la Sérénissime Majesté, » ou bien il lui donnera son qualificatif exact, par exemple : (( Cette très chrétienne Majesté, » en parlant du roi de France.

A Venise, on appelle le doge : « Prince », avec l'intitulé : « Sérénissime et Excellentissime » * ; ou encore « Potentis-

gneur le Roy ». Ils peuvent aussi formuler ainsi la recommandation initiale : « Tant et si très humblement comme je puis a vostre bonne grâce me recommande. Monseigneur, plaise... ».

1) Lett. de Louis XII, I, 224. Le Glay, I, 216.

2) « Sa Sanctité. . ., Ill00 D's Ya servitores » (Lettre des ambassadeurs du pape à Anne de France. Ms. fr. 15538, n° 236).

3) Lettre du cardinal de Gùrck,24déc. 1500 (Sanuto, III, 1231), en latin, signée de sa main : «Excell""' Sereniss"UL' Dom'* vestne deditissimus amicus et frater » : adresse : « Ser"1" ac excell"10 Domino, Domino Augustino Barbadico, Venetiarum principi dignissimo, tamquam fratri nostro peramando » etc. On lui répond aussitôt, le 30 décembre : « Iteverendissime Domine », en latin, par une lettre très flatteuse. — Un orateur de Florence vient à Venise (chose rare) pour une question de galères. Sa créance porte : Au Serm< prince et Excell"' sr..., ■ fratri et amico nostro » (1510. ld., X, 687). Lettre du seigneur deFaenza au doge : « Smeprinceps etexc™6 dne,dnc colendmc... SlisV"e (]evmu3 scrvitor » (protestations d'affection. 30 oct. 1500. M., III, 1015). Les dépêches des ambassadeurs vénitiens sont adressées audogeeteonservéesdans les archives du conseil des X : elles portent en tète : « Sérénissime Princeps'et Excellentissime Domine » : et les formules : « Gratie, ou Sublimitatis, ou Celsitudinis, ou Serenitatis Vestre : » adresse au dos : « Serenissimo principi et excellentissimo Domino, Domino Augustino Barbadico, Dei gratia Venetiarum etc. Duci Illustrissimo ».

sime »'. ou un équivalent*. Le Soudan d'Egypte l'intitule : « Patron de Venise »3, « Sultan de Venise »*; nous voyons même le doge Loredan, dans une lettre à Paul Lichtenstein, maréchal de la cour impériale, appeler Venise : <• Notre Majesté » 5 ; mais ce sont là des exceptions. Certains princes accordent au doge de Venise la mention « par la grâce de Dieu » 6 ;

1) Lettre de condoléance du roi de Naples à la Sr;« de Venise pour la perte de Modon (24 septembre 1500. Sanuto, III, 912), en latin : « Illme et potence dux, tanquam pater nobiscolendissime » : elle finit par une créance pour un ambassadeur.

2) Poliza envoyée par l'orateur français à la Sr'e (mars 1504. Sanuto, V, 1023), signée : « Excell1"'0 Vœ Screnitatisdevotus». Le cardinal de Strigonie signe :« ExcmiC v* D'sIllm!C servitor deditissimus », et dit : « Domine mi colendissime » (février 1503. Id., IV, 864). Le duc de Valentinois écrivant à la S»e de Venise, le 31 déc. 1503, st. romain (1502), en italien, qualifie le doge : « Tanquam pater colendissime», et signe: «E. S1'» Ve, obsequentus servitor et filius » (ld., IV, 593).

3) A l'Eminence et Hauteur du Doge magnifique, bonneur du christianisme et de la nation des amateurs de la croix, doge de Venise et de son domaine, doge sublime des fils du baptême, terreur des rois et des soudans, Dieu le conserve sur son éminent siège, patron de Venise ! (Sanuto, IV, 187, 188).

4) Sanuto, IV, 302.

5) « Magestatis nostre devotionem» (20 mars 1509. J. 991, orig.).

6) Que le doge prend toujours. Ainsi il écrit à Louis XI, le 6 juin 1466 (Arch. Sforzesco) : « Serenmo et Ex"10 Dno Ludovico, Dei gratia Francorum Régi Illmo, ChristoforusMauro, Dei gratia Dux Vcnetiarum ». Lettre de condoléance du mis de MantoueàlaSrie de Venise, pour la perte de Modon (17sept. 1500. Sanuto, III, 818), en italien : Dévouement, etc., etc. Envoi : « Sm0 Principi et exe"»» dno patri observandissimo dno Aug° Barbadico, Dei gratia inclyto duci Venetiarum » ; signée : « El vostro schiavo e servitor ». Le roi d'Angleterre au doge : « Illmo ac Potmo principi, dno Ag. Barbadico, Dei gratia duci Venetiarum, amico nostro carissimo, Henricus, eadem gratia rex Angliae et Francise ac dominus Hiberniœ, salutem et prospéra votorum incrementa » (ld., 687). Le roi de Pologne au doge : Réponse de condoléance pour la perte de Modon (ld., 1189-1191): en latin, avec grandes phrases : Jean Albert, par la grâce de Dieu roi de Pologne, grand duc de Lithuanie, prince de Russie, de Prusse. . . «Ulmo principi etd110 Aug. Barbadico, eadem gratia duci Venetiarum, salutem et prosperorum successuum incrementa » : Adresse : « Amico dilectOj » sans signature.

mais ni l'empereur \ ni le pape ', ni les cardinaux 3 ne vont jusque là*. A Venise, comme partout, et peut être plus qu'ailleurs, l'on est assez sensible aux nuances du protocole. Toutes les communications internationales s'adressent au doge ; on peut trouver assez fâcheuse une lettre du roi de Portugal, adressée « au prince et à la république » et où le doge Loredan se trouve appelé « Gardenio » 5 : mais une lettre du sénat de Milan, qualifiant le doge d' « Illustrissimo et Excelso », produit bien plus mauvais effet par l'absence de second superlatif*.

Vis à vis d'un prince auquel ne peut s'appliquer le terme « Majesté », on emploie une foule d'expressions : « Magnificence, Hautesse, Sérénité, Excellence, Sublimité7... », etc.

1) L'empereur d'Allemagne au doge : a lllustris, sincère nobis dilecte » (Sanuto, IV, 640) ; la reine de Hongrie : « Amico nostro carissimo » (Id., 642). Dans les chancelleries, il est de règle d'exagérer : les bons rapports s'appellent carissimo, la froideur ou le défaut de sincérité sincère dilecto.

i) « Dilecto filio nobili viro Augustino Barbadico, duci Vcnetiarum » (Bref au doge, 18 nov. 1500. Sanuto, III, 1174).

3) Béponse du cardinal de Strigonie au doge de Venise, pour les félicitations à propos de son élévation au cardinalat (Sanuto, III, 1466) ; trois mois et demi après les félicitations : sous forme de missive, de politesse et de modestie, en bon latin, signée : « Servitor» : adressée : « Domino meo ». Le même, au doge (1502. Id., IV, 756) l'appelle : « Domine observantissime », et signe : « Excellma'Illma; Domu Vœ deditissimus servitor » (en latin. Remerciements et protestations de dévouement).

4) Le duc d'Urbin au doge : « Domine mi singularis» ; il signe : « Servitor », et écrit en italien (Sanuto, IV, 677). Le roi de Portugal au doge, à propos d'un bateau de sucre: « Illustri ac potenti principi Venetiarumduci, amico nostro carissimo, Hemanuel, Dei gracia rex Portugallisn et Algarbiorum citra et ultra mare, in Africa dominus Guineac et conquesle, navigationis ac commercii /Ethiopia?, Arabise, Persiae atque India?, plurimam salutem et prosperitatis augmentum » (oct. 1500. Id., III, 862).

5) Août 1502, peu après l'avènement de Loredan (Sanuto, IV, 789).

6) 9 déc. 1503. Sanuto, V, 509.

7) La chancellerie de Milan aime à varier les formules. Dans une lettre du 28 février 1461, pour l'envoi d'un gerfaut, elle déclare avoir reçu les lettres du dauphin, « quascujusdam numinis loeo habuimus». Voici la liste et l'or-

Avec une nuance d'inégalité amicale, un souverain vis à vis d'un prince inférieur emploiera le titre d' « ami, compère, frère »*; de même, en cas d'égalité*. Un roi, en écrivant à une république ou à une ville libre, s'adresse simplement à des « amis »'. Le souverain accorde à certains princes le

dre de ses qualificatifs dans cette lettre : « Excellentia V», — Sublimitas V»,— Celsitudo V», — Excellentia V»,— Sublimitas V»,— Celsitudo V», — Serenitas V»,— Excellentia V», — Sublimitas V», — Excellentia V» .» Envoi du gerfaut, éloge de l'ambassadeur {Lettres de Louis XI, I, 347. Cf. p. 322). Une lettre du 30 juin 1461 (id., I, p. 352) est adressée : « IlImo ac Sermo principi etdomino affini nostro colendissimo du» Lodovico, Dei gratia Delphino Viennensi etc., serenissimi ac Christian"» dni d»' Régis Francorum primogenitoet futuroregi etc.» — « Gelsitudini vestre, — Excellente vestre,— Serenitatis vestre, — Clementissime princeps — ...; » elle parle: « Spectabilium et magnificorum dnorum ... secretariorum etoratorum ». Une autre lettre du 20 juillet 1461 (id., p. 353) dit : « Dominationis vestre oratores ». Le doge de Gênes écrit au même prince, en latin : « lllustrme ac clarm* princeps et excellme domine,... Celsitudo vestra,... Excellentia vestra... » (11 sept. 1453. Id., I, p. 242). Le sénat de Venise libelle en 1453 : « Mm"» dnu* Delfinus,.. Illmu» d""s marchio Montisferrati,.. Spectabilis orator,.. Cbristianissima domus Francie,.. Excelcellentiadni Delphini,.. Illmu» d<">sdux Aurelianensis...SerenmusdnusRex... » (Id., I, 243). Le doge de Gênes écrit au duc de Savoie : « Celsitudo vestra » (1440. Saige, I, 128), Frédéric d'Urbin à Laurent de Médicis : « Magnifiée frater carissime,.. La vostra Magnificentia...» (Roscoë, Vie de Laurenlde Médicis, t. II, p. 391).

1) « Illustri principi duci Mediolanensi, fratri et confederato nostro carissimo » (formule de créance de Louis XI pour le duc de Milan, 3 novembre 1469. Ghinzoni, Galeazzo Sforza Maria e Luigixi, p. 8). Le roi de Portugal appelle le dogede Venise: « Amico nostro carissimo » (1501. Sanuto, III, 1593- 1595). Le roi d'Espagne : «Mon illustre duc de Venise, mon cher et aimé compère et ami » (Id., IV, 469). Le roi de France doit éerire au doge: « Magnificoet potenti viro. .. amico n° carissimo, salutem et sincère dilectionis affectum » (Formulaire du temps de Charles VIL Lat. 5414A).

2) Leduc d'Urbin écrivait à Laurent de Médicis: « Magnifiée frater carissime»; le roi de Naples : « Magnifiée vir,compater et amice noster carissime », tous deux en italien (Roscoë, Vie de Laurent de Médicis, pièces xxxni, xlhi) ; le doge répond en latin au duc de Moscovie : « Fratri nostro carissimo » (Sanuto, 111,135,136).

3) Le roi de France écrivait «scultetis et consulibus superioris magne lige Alamanie » (aux Suisses) : «Illustrissimi domini precarissimi ac Dei gracia invictissimi », ou « Illmi D amicique nostri precarissimi, ac Dei gracia invictissimi » (B. de Mandrot, Relations de Charles VIII et de Louis XI avec les

En Italie, un petit souverain traite volontiers un autre petit souverain de « père » : par un sentiment analogue, Louis XI, encore dauphin de Viennois, qualifie François Sforza d' « oncle » *.

Toute intitulation à un chef d'État appelle, au moins, un superlatif, habituellement deux, parfois trois ou davantage. Au dessus de deux superlatifs, et surtout de trois, l'intitulation trahit un certain aveu d'infériorité*, et atteint presque aux

cantons suisses. Documents). Aux gens de Tournai, de Florence : « A noz chiers et bien amez » etc. iLat. B414A). Aux Liégeois : «Très chers etespeciaulx amis » (Lettre de Louis XL Fr. 1278, f° 213 v°).

1) Charles VII traitait de cousins les duc de Saxe, marquis de Brandebourg, comte palatin du Rhin et de Bavière, les archevêques de Cologne, Mayence, Trêves, le duc de Bavière : d'ami, le misde Bade, le c*e de Wurtemberg (Lat, 541 4 A). Louis XII dit à l'archiduc : « Mon cousin », en forme de missiveordinaire (Le Glay, I, 36ï, à Marguerite d'Autriche : « Ma cousine ».

2) Louis dauphin au duc de -Milan ; « Dominacio Vestra,... 111""° principi et excmo avunculoque honorand1"0 duciMediolanensi,..vestras gratissimas litteras... » (18 juill. 1459. Lett. de Louis XI, I, no lxxvii). Ou encore : « Illustrissime avuncule noster honorande », ou : « Illustrissime et excelse princeps, avuncule noster honorande... Excellenciam vestram... » ;à la fin : « Valete felix », ou : « Si qua nos acturos vultis, ex animo faciemus, favente Deo, qui vos et vestra féliciter augeat » (/«/., civ, cv). Comme nous l'avons déjà observé, celte chancellerie est fantaisiste.

3) Les Florentins écrivent à Charles VI (24 avril 1404. Douet d'Arcq, Choix de pièces, i, 253) : « Serenissime et christianissime Domine et hujus regii populi spes unica et presidium singularc » : signé : « Majtis Vestre Devotissimi servitores ettîlii » : adresse: «S'n°etChm<> principi et metuendissimo dnodno Karolo, Dei gratia invictissimo Francorum régi, singularissimo patri et domino nostro : » lettre sur vélin très fin, de jolie écriture minuscule, en forme de lettre missive, avec sceau plaqué. Ils lui écrivent en 1394 : « Serm« atque gloriosissime principum et metuendissime dn«, singularis protector et domine noster precipue » : lettre exultante de superlatifs : « Sacratissimadomus Franrie,.. sacratissima lilia,.. Serenitas vestra... » (Jarry, Vie de Louis de France, p. 436). Les Liégeois: «Très chrestien, très victorieu roy, roy très puissant, très chier sir, très humblement et affectueusement nous recommandons a vostre très hault Majesté Royale» (demande de secours)... « Et plaise ycelle (Majesté) expédier noz gens et ambassadeurs » (Gachard, Analectes, cxxxi). Marguerite d'Autriche écrit au roi d'Angleterre : « Très hault, très excellent etc., très hounnoré seigneur et cousin,» en français (Lett. de Louis XII, I, 122).

formules orientales ', à moins que le troisième superlatif ne se trouve place à bonne distance des deux autres, avec un caractère purement affectueux5. On peut concéder plusieurs superlatifs, si Ton s'en tient à la formule qu'un souverain seul peut employer vis à vis d'un autre ' : « A très hault, très puissant..., très cher et très amé frère et cousin »*.

Vis à vis du pape, on commence toujours par une déclaration de lui baiser les pieds5.

En temps de guerre déclarée, un souverain ne donne pas à son adversaire la qualité de roi : le roi de France dira : « Nostre adversaire d'Angleterre 6, nostre ennemi d'Angleterre, » 7 et vice versa. S'il ne s'agit que de ne pas reconnaître un droit, on s'en tire par des expédients : la chancellerie anglaise appellera les rois de France : « Louis de France,

1) « A l'illustrissime, laudatissime, véracissime et d'aspect dulcissime, et de la foi du grandissime Jésus, le révérendissime Seigneur, le Grand Maître de Rhodes, que Dieu sauve et maintienne, les infinies salutations, de moi, votreamantissime» (Lettre au grand Maître de Rhodes, du sultan de«Pigona.» Sanuto, 111,563). « Au très éminent de la foi de Jésus, au très doux, à l'inoffensif pour chacun, le sel de tous les vertueux, le seigneur Grand Maitre » (Le fils de Bajazetau môme. M., IV, 405).

2) Louis XII au roi de Hongrie : « Serenissime, excellentissime et potentissime princeps, frater et consanguince noster amantissime,.. respublica christiana... » (Sanuto, III, 1655, 1636), avec la formule finale: « Que Dieu ait vous et votre état royal dans sa très digne protection. »

3) L'archiduc écrivant au roi comme comte de Flandre, non comme roi de Castillc, ses ambassadeurs croient qu'il serait important pour le succès des affaires qu'il prit la formule souveraine: « A très hault, très puissant, etc. . . très cher et très amé frère et cousin » (1505. Lett. de Louis XII, I, 32).

4)Maximilien appelle Louis XII: « Très hault, très puissante! très excellent prince, très cher et très amé frère et cousin, » et lui écrit en français (1501. Le Glay, Négociations, I, 50).

5) « Beatissime pater et dn" clementissime, post oscula pedum Sanctitatis Vestrae heatorum... » Ala fin: « Veslrae Sanctitatis dévolus filius,... manu propria. »

6) Mand' du 16 juillet 1384 (Fr. 20590, n" 19). 7), Proclamation du 1" avril 1383 (Fr. 20588).

Charles de France. » et elle dira : « Nostre cousin de France. . . »'. Ou bien l'on s'en tiendra à des distinctions plus subtiles : dans les traités entre la France et l'Angleterre, le roi d'Angleterre s'intitule « rex Franciae », et le roi de France «< rex Francorum ». Dans le traité de Lille (17 octobre 1514), Louis XII accepte le titre de « rex Gallorum » s.

Enfin, dans les chancelleries, on qualifie de « Magnifique » et de « Monseigneur » tout personnage important à qui l'on s'adresse, ou dont on parle3. Ainsi, Venise écrira aux pachas de Constantinople : « Magnifiques Bassas,... Vos Magnificences... » * : Jean de Gonzague traite de : « Magnificence » Marino Sanuto, patricien de Venise5. Sigismond protonotaire de Gonzague s'adressera plus intimement à Louis de la Trémoïlle, commandant de l'armée française : « Al mio Illm° parente e fratello Honormo, Monsignor de la Tramoglio » s ; Laura Bentivoglio, marquise de Gonzague, écrit : « Al Illmn et Exc° S" et patrone mio Observandm\ Sro de la Tremalia »7.

1) Pat. du i»r avril 1401 (Rymer, IV, i, 1). En 1443, dans une négociation amicale, les ambassadeurs de France en Angleterre parlent au nom du roi de France : le roi d'Angleterre dit, dans sa réponse : « Très hault et très noble prince son oncle de France, » avec des protestations de vive affection (Fr. 3884, fo 176 et s.).

3) Le roi de France écrit à des particuliers : » Carissimo ac benedilecto amico nostro, J> Ant" de Flisco... Car""1 ac dilectissimo n° J' A0 de Spinolis... Magnifico viro, Raphaeli Adorno. Spectabili militi.Anl0 de Flisco : » dans ces deux derniers cas, la formule d'affection « carissimo » suit (Lat. 3414 A).

4) 13déc. 1513. Arch. de Venise.

5) Lettre de créance, en italien, pour son ambassadeur à Venise : il l'appelle: « Magnifiée et potens domine, tanquain pater honorande... Magniiicen: tia vostra », et signe : « Uti filins •> ; l'ambassadeur a reçu ordre de lui rendre visite ( 1er janv. i;;o3. Sanuto, IV, 712;.

6) 27 avril 1500. Archives de M. le duc de La Trémoïlle.

7) 12 mai 1500 (Mêmes archives). En Italie, les termes « Illustrissime, Excellentissime », sont courants; ailleurs, on trouve « Spectable, Honorable »,. . . etc., etc.

APPENDICE

A. Règlements de la diplomatie florentine au xv" siècle (1)

2 décembre 1421.

Dispense de tout office pour l'ambassadeur. Stricte obligation de départ. Règles pour les excuses.

In Dei Nomine, Amen. Anno incarnationis Domini nostri Ihesu Christi MCCCCXXj, Indictione XVas die Ija mensis Decenbris, in Consilio populi Civitatis Florentie, obtenta fuit infrascripta provisio.videlicet : — Devetum oratorum.Quod quicunque fuerit electus ad aliquam anbaxiatam, antequam iter inceperit, fuerit extractus ad officium prioratus artium aut vexilliferi Iustitie, aut Gonfaloneriorum societatis populi aut duodecim bonorum,et adquod fuerit extractus tanquam habilis fuerit admissus, ex nunc ipso facto intelligatur esse et sit remotus a tali electione, et alius loco sui eligi debeat, etiam quantuncunque talis anbaxiata non diceretur officium, seu esset destinanda extra territorium et jurisdictionem Comunis Florentie, seu principaliter extra ipsum territorium exercenda.

Tempus discessus. Item, quod quicunque fuerit ad aliquam anbaxiatam electus, teneatur et debeat die ordinata illam et sibi conmissa exequi seu iter arripere et complere et non possit ab ea cassari vel removeri seu electio eiusdem revocari seu se ab ea excusare, sub pena librarum quingentarum suprascripta. pro qua quidem pena describi debeat in speculo, et inde cancellari non possit nisi per viam solutionis, et quod ordinamenta speculi contra eum exequantur durante descriptione.

Excusatio. Eo salvo quod talis electus possit infra quatuor dies a die electionis allegare quamcunque excusationem sibi placuerit :

1) Extrait du reg. : Costituzioni per gli Ambasciadori, Legazioni ecommissarie, carte di corredo, registro I (Archives de Florence).

etsi talis excusatio fuerit infra très dies a die allegationis acceptata per dominos et collegia, et obtento per XXX fabas nigras ; ex tune sit liber a dicta anbaxiata et pena ; et, si facta allegatione et posita ad partitum non obtineatur, intelligatur dictus allegans ipso facto habere devetum et prohibitionem a quolibet officio tam intrinseco quam extrinseco cuiuscunque qualitatis seu dignitatis aut gradus uno anno proxime futuro a die reditus talis anbaxiate. Et nihilo minus teneatur ad dictam anbaxiatam sub pena librarum quingenlarum predicta ultra penam deveti predicti : ita quod anbabus pénis non eundo et eundo sola pena deveti .

Et quod super appellationem talis allegationis non possit fieri partitum ultra sex vices nec elapsis ipsis tribus diebus a die allegationis. Non obstantibus, etc.

20 avril 1423.

Obligation de fixer le jour du départ.

Decimo, provisionem infrascriptamdeliberatam et factam per dictos dominos Priores Vexilliferum Iustitie, Gonfalonerium societatum populi et duodecim bonos viros Comunis Florentie, qui sic ordinaverunt et statuerunt, etc. Die XX° mensis Aprilis, anno Domini millesimo quadringentesimo vigesimo tertio, Indictione prima :

Declaratio diei discessus. Quod Domini Priores Artium et Vexillifer Iustitie, populi et comunis florentini teneantur et debeant, statim cum aliquem vel aliquos elegerint una simul cum ipsorum collegiis in Anbaxiatorem vel Anbaxiatores dicti comunis seu pro dicto comuni, declarare diem principii itineris talis Anbaxiatoris seu Anbaxiatorum, sub pena librarum quingentarum soldorum parvorum, cuilibet ipsorum et singulariter preposito ipsius officii auferenda vice qualibet et comuni Florentie applicanda. Et quod talis dies non possit prorogari vel mutari quoquo modo sub dicta pena tam proposito in contrarium proponenti quam notario scripturam aliquam inde conficienti. Et quod Gancellarius dicti comunis teneatur et debeat, incontinenti facta electione, sub pena simili, recordari Dominis Prioribus et vexillifero predictis declarationem diei principii dicti itineris et effectus provisionis presentis, et de dicta declaratione diei scripturam conficere. Ac etiam sub dicta pena te-

néatur finito officio dominorum priorum et vexilliferi lustitie, qui declarationem diei huiusmodi facere neglexerit, nomina ipsorum pro dicta pena librarum quingentarum transmictere ad notarium speculi, transcribenda per cum in aliquo ex libris ipsius speculi. Et quod Notarius speculi contra quemlibet ipsorum observare debeat ordinamenta speculi et ipsos facere laniari quo usque dictam penam comuni prefato integraliter persolverint, qualibet oppositione remola. Non obstantibus, etc.

9 mars 1430-1431.

Règlement pour la liquidation des dépenses des ambassades, sans majoration ni abus, et leur fixation, jusqu'à un maximum de cinq florins par jour. Tenue, à la chancellerie, d'un registre de correspondances et de relations.

Tertio, provisionem infrascriptam deliberatam et factam per dictos dominos Priores, Vexilliferum lustitie et Gonfalonerios societatum populi et duodecim bonos viros comunis Florentie, qui sic ordinaverunt et statuerunt, etc. : Quod, per ordinamenta comunius édita ante annum mlllesimum quadringentesimum octavum, erat provisum quod Oraloribusmictendisdarentur tantummodoexpense pro se et comitiva ipsius, ordinate per eligentes : et quod expense que fiebant, scribi et fieri deberent per deputandum, cum condictionibus et aliis in dictis ordinamentis insertis. Et quod postea, de anno millesimo quadringentesimo octavo, de mense septenbris I, fuit ordinatum quod nulli oratori stanliari vel solvi posset ultra florenos quinque pro die si esset miles aut doctor, et pro decem equis : et alii cuicunque ultra florenos quatuor pro die et pro octo equis, cum aliis partibusque in reformatione propterea édita, incipiente Volenles pro utilitate Rei Publiée, etc., latius inserte sunt. Et quod, quamvis salaria ordinata essent convenientiaetmultum accomoda pro honore Comunis et utilitate electorum, tamen in damnum comunis et contra mentem legis predicte, ex quadam abusione, est introductum, per viam indirectam, quod eligebatur orator cum salario promisso : deinde, ut maius salarium haberet, eligebatur

1) V. ci-après, page 42o.

alius de sua comitiva quem ipse volebat, cum quatuor aut sex equis, cui nec conmissio nec lictere credentie dabantur et nihilo minus contra sensum et mentem ordinamentorum salarij stantiamentum tam pro principali tempore quam suprastallo flebat et solvebatur eidem. Et quod ex hoc factum est quod non nulli, lucri cupidilate adducti, eligi et micti appetunt et importune querunt, et, cum revocantur, tardius redeunt. lit quod gravius ferendum est, quidam, ut supra lucrentur, non vivunt quemadmodum pro honore comunis decct, sed tanta parsimonia ût non sine nota civitatis et sua transeat. Et volentes formam salubremcircapredictaadhibere, habita super ijs invicem et una cum officiis Gonfaloneriorum societatum populi et duodecim bonorum virorum dicti comunis deliberatione solemni, et demum inter ipsos omnes in sufficientibus numeris congregatos, in Palatio populi florentini premisso, facto et celebrato solemni et secreto scruptinio ad fabas nigras et albas, et obtento partito secundum formam et ordinem dicti Comunis, eorum proprio motu, pro utilitate comunis eiusdem, et omni modo, via, iure et forma quibus melius potuerunt, providerunt, deliberaverunt et ordinaverunt, die V1III mensis martij, anno Domini millesimo quadringentesimo trigesimo, Indictione nona: Quod, non obstante lege édita de mense septenbris anno millesimo quadringentesimo optavo quo ad infra scripta, in reliquis autem partibus in suo robore permanente : Aliquis Orator, Gonmissarius aut mandatarius eligendus,post diem quapresens provisio approbata fuerit in consilio Comunis, per dominos Priores artium et vexilliferum iustitie, per se aut cum eorum collegiis. vel per officium decem balie, vel per aliud officium habens» auctoritatem oratores vel conmissarios eligendi, mictendus pro negociis dicti comunis ad Summum Pontiftcem, Imperatorem, Regem, Reginam, Principem, Dominum, Dominium^ vel comunitatem, universitatem aut locum, seu stet in aliquo loco et residentiam in eo faciat, non posait vel debeat directe vel indirecte petere, recipere aut consequi aliquod salarium vel mercedem a comuni Florentino vel ejus officialibus occasione predicta vel eius respectu, nisi solum expensas pro se, sociis et comitiva, pro eo ordinandis per eligentes, que ordinari debeat in eodem partito electionis talis oratoris vel conmissarii, aut prius, que comitiva augeri nequeat quoquo modo, nisi obtento prius partito inter

APPENDICE. A. HKdLEMENTS FLORENTINS 415*

Dominos et collegia per triginta quatuor fabas nigras ad minus, et non aliter. Et quod expense predicte tieri debeant per unum ex mazeriis Dominorum vcl alium de familia Dominorum scientem scribere, deputandum per taies eligentes per quos ordinabitur comitiva talis oratoris vel conmissarii : qui mazerius, vel alius deputandus, computari debeat in comitiva eiusmodi oratoris, conmissa rij vel mandatarij, et teneatur quolibet die tenere computum et rationem nominatim omnium cxpensarum que fient per eum pro tali oratore vel conmissario et eius equis et comitiva, tam pro expensis itineris quam preslantie et reditus per scripturam, ita clare et aperte quod ratione videri et ostendi possit. Et quod quilibetcui conmissum fuerit expensas facere post reditum talis oratoris, conmissarij vel mandatarij, quam citius fîeri poterit, rationem et computum dictarum expensarum pênes officium regulatorum introitus et expensarum comunis prédictif teneatur assignare, reddere etnotum facere quando et in quibus rébus seu causis eiusmodi expensas fecerit.

Item, quod officium regulatorum possit, debeat diligenter revidere et particulariter examinare expensas predictas et qualitates earum et si débite aut indebite vel ultra quam deceat ad honorem comunis expensum esset, et eas in totum vel in partem, prout dicto officio videbitur, approbare vel improbare, si crediderint et si secundum suam credulitatem rationabiles erunt, prestito tamen prius îuramento per talem oratorem vel conmissarium, iurantem quod taies expense vere realiter et non ficte facte fuerint ; ac etiam postea separatim prestito iuramento per talem expensorem quod sic expendiderit et pro causis descriptis in dictis expensis : que expense, in to tum vel in partem approbate per regulatores, stantiari possint et debeant per dominos et collegia autduas partes eorum, et siestantiate pro solemniter et legiptiine stantiatis habeantur et sint. et solvi possint et ad exitum poni seu aptari prout ad veritatem fuerit expedienstam per Camerarium aut capserium quam per alios ad quos pertineret si et prout et pro quanta parte expediens fuerit.

Item, quod. quando infra unum mensem, a die reditus ejusmodi oratoris vel conmissarij, seu post finem talis conmissionis vel légationis,si eum redire non contigerit, proxime futurum, et post approbationem et deliberationem expensarum de quibus et pro ut supra

dicitur non prius videretur Dominis et collegiis aut duabus partibus ipsorum et sic durante dicto mense deliberatum esset per eos quod ultra expensas deliberatas aliquid pro salario esset dandum tali oratori conmissario vel mandatario mictendc ut predicitur, tune stantiari et solvi et dari possit etdebeat licite et impune per eos ad quos pertineret secundum deliberationem Dominorum et Collegiorum que ut supra dicitur facta fuerit. Hoc salvo quod non valeat deliberare nec dari vel solvi pro salario pro die qualibet qua talis orator aut conmissarius aut mandatarius steterit in tali legatione vel conmissione, nisi usque in florenum unum si erit miles vel doctor, aut usque in dimidium floreni si non erit miles vel doctor.

Hoc insuper addito et expresso, quod expense et salarium dandum,ut predictum est, non possi jn] t. ad unam summam simul reducte, excedere quantitatem que constitueretur ad rationem florenorum quinque pro die totius temporis quo stetisset in dicta legatione vel conmissione si ejusmodi orator vel conmissarius, miles aut doctor, nec ad rationem florenorum quatuor pro die, si non erit miles aut doctor, nec quantitatem que constitueretur ad rationem dimidij floreni pro quolibet equo sue comitive pro die qualibet qua in tali conmissione vel legatione stetisset : nec ultra predicta aliquid dari vel solvi queat predictis de causis vel aliqua earum.

Item, quod, quando aliquis orator, conmissarius vel mandatarius, eligendus, ut dictum est, esset iter assumplurus, pro expensis suis ac comitive ordinate fieri possit stantiamentum seu dari pecunia pro illis diebus et in ea quantitate pecunie de quibus et pro ut videbitur eligentibus seu offlcio aut officiis per que eligeretur. Et sic postea de tempore in tempus observari et fieri possit quemadmodum et pro ut ad presens observatur de stantiamentis que fient et de pecunia que datur.

Hoc salvo quod dari non possit alicui maior quantitas quam ad rationem dimidii floreni pro quolibet sue comitive, pro quolibet dierum pro quibus daretur pecunia aut fieret stantiamentum.

Item, quod, elapso mense a die reditus talis oratoris vel conmissarii, seu a die qua redire post finitam conmissionem conmode potuisset, si eum redire non contingeret, Gancellarius Dominorum seu notarius cuiuslibet alterius officij qui de stantiamentis que propterea fièrent erit rogatus, seu eius in officio successor, teneatur infra

octo dies nolificare pro iussoribus camere dicti comunis quantilates stantiatas aut deliberatas tali oratori vel conmissario et per eum receptas et similiter notarius qui fuerit rogatus de quanti tate stantiata proexpensis approbata prius, ut dictum est, et pro salario si sic deliberabitur secundum quod superius est expressum infra dictum tempus facere teneatur notificare, ut supra, quantitatem approbatam et stantiatam secundum supra disposita.

Item, quod provisores camere teneantur, infra octo dies a die talis notificationis, videre et diligenter examinare an talis orator, conmissarius vel mandatarius plus receperit quam fuerit approbatum per regulatores, et stantiatum per Dominos et Collegia pro expensis suis et comitive, ac etiam pro salario, si deliberabitur ; et si invenerint eum plus récépissé, teneantur infra dictos octo dies eundem describere debitorem dicti comunis in libro Lilii in quantitate cuius esset debitor secundum effectum presentis capituli, et eidem notificari facere per unum ex nuntiis seu massariis camere predicte quantitalis, infra unum mensem a die talis notificationis, restituât quantitatem cuius est descriptus debitor. aliter mictetur ad spéculum ; et quod, elapso dicto mense et non soluta quantitate predicta, teneatur statim mictere nomen illius eum prenomine et demonstrationibus et quantitate ad notarium speculi dicti comunis, sub pena librarum quingentarum floren. parvorum cuilibet eorum predicta non servanti vice qualibet auferenda et comuni Florentie applicanda. Et quod notarius speculi teneatur, sub pena in ordinamentis contenta, describere quemlibet talem transmissum ad eum in libris speculi et contra eum observare ordinamenta speculi, çum suis pénis et preiudiciis, usque ad solutionem seu restitutionem quantitatis cuius esset descriptus debitor in libris Lilii camere, secundum supra disposita.

Hoc salvo quod, si talis orator aut conmissarius restituisset resi* duum camerariis aut capseriis a quibus pecunias recepisset et esset missum ad introitum talium camerariorum aut capseriorum et de predictis constaret manu notarii illius officii aut camerariorum vel capseriorum, tune describi nequeat debitor per dictos provisores, et si descriptus esset caûccllari debeat.

Item, ad tollendum et obviandum fraudibus que fiebant et fiunt

legi de qua et quibus supra in principio presentis provisionis fit mentio, quod nullus eligatur vel eligi debeat orator in fraudempredictorum, sub pena fiorenorum quingentorum auri cuilibet eligenti vel proponenti, et fiorenorum centum cuilibet scribenti partitum vel facienti stantiamentum, vice qualibet auferenda et comuni Florentie applicanda.

Item, quod predicta omnia infrascripta cédant et sint in augmentum aliorum ordinamentorum dicti comunis.

Item, quod quilibet eligens, stanlians aut vaditam (sic) contra formam superius traditam alque descriptam, incidat ipso facto in penam fiorenorum quingentorum auri vice qualibet, et ab eo possit et debeat exigi et comuni Florentie applicari. Et propterea subiaceat iurisdictioni eteognitioni conservatorum legum et ordinamentorum comunis Florentie.

Item, ut omni temporebaberi possit notitiacerta eorumque facta fuerintper quemlibet conmissarium aut oratorem mictendum secundum supra disposita, servari debeat infrascripta forma, videlicet : Quod, in discessu cuiuslibet oratoris aut conmissarii, cuius conmissio scribatur in libris propterea ordinandis, et successive sub dicta conmissione, sine alia interpositione, scribantur omnes lictere que ad eum scribentur et que ab ipso recipientur sub boc exemplo : Die tali, recepte fuerunt liltere a lali oratore vel conmissario , cuius te' nor talis est; et describatur rclatio ipsius,utuno contextu simul videri possint que fuerint conmissa et que orator aut conmissarius mictendus fecerit atque retulerit. Et quod predicta per cancellarium dominorum, vel quemeunque ex coadiutoribus suis cui ipse conmiserit, scribiet fieri debeanl, pro iisdumtaxat que per dominationem scribentur aut conmictentur vel per taies oratores aut conmissarios scribentur vel referentur ad dominationem predictam, in quodam libro, propterea ordinando et in cancelleria retinendo, et pro aliis que per aliud officiumeonmicterentur, scribentur, respondentur aut referentur, per notarium talis officii,vel ejus coadiutores quibus conmiserit, et in quodam libro pro predictis ordinando et pênes taie officium retinendo, quousque taie officium vigebit : aliter, post tempus quotale officium vigeret, notarius illius,quipostrcmo officio prefuerit,teneatur huiusmodilibrosconsignare etrelinquerecancellario et cancellerie Dominorum ibidem continue retinendum : et contenta in presenti capitulo observari et fieri debeant per eos de quibus supra

APPENDICE. ,v. RÈGLEMENTS FLORENTINS 148

dispositum est, singula singubs referendo, sub pena librarum quingentarum floren""" parvorum cuilibet eorum predicta non servant: vice qualibel auferenda et comuni Florentie applicanda. Non obstantibus etc.

:2I décembre l ii l

Incompatibilités de fondions pour l ambassadeur. Défense d'élire à deux ambassades dans la même année.

In Balia, anno Incarnationis Domini nostri Ihesu Christi millesimo quadringentesimo quadragesimo quarto, Indictione octava, die xxj mensis decenbris. Magniflci et Potentes Domini priores artium et vexilliferlustiliepopuli et comunisflorentini,una cumofficiis Gonfaloneriorum Societatum populi et duodecim bonorum virorum dicti comunis,ordina\eruntacdeliberaverunt; videlicet:Quodquicunque fueritelectus in Ambaxiatorem, seuconmissarium,autsindicum,seu locum tenentem comunis Florentie, ad eundum extra civitatem seu territorium florentinum, si. antequam iter ceperit, fuerit extractusad aliquod tri il m maiorum vel ad ofticium notariatus Dominorum et ad id ad quod extractus fuerit tanquam babilis fuerit admissus, ex nunc ipso facto inlelligatur esse el sit remotus a tali elcctione et alius loco sui eligi debeat. Postquatn vero iter ceperit, si fuerit extractus ad aliquod eorum, habeat devetum ab iis et quolibet eorum, toto tcmpore sue clcclionis durante, et remicli in bursa unde fuerit extractus et abus in eius locum extrabi debeat. Si vero, post electionem de eo factam, et postquam sibi assignat us fuerit terminus ad eundum, fuerit extractus vel electus ad aliquod aliud officium comunis vel pro comuni, lam intrinsecum quam extrinsecum, cuius tempus in totum vel in partem cum tempore electionis predicte concurreredeberet, habeat devetum a tali officio durante tempore electionis sue predicte, et alius in ejus locum extrabi debeat. Et si, tempore electionis, haberet aliquod officium comunis vel pr o comuni quod in totum vel in partem concurrere baberet cum tempore electionis predicte, amittat illud de qua iter ceperit et alius in ejus locum ad taie ofticium extrabi seu eligi vel dcputari debeat, salvis tamen jam clectis vel per viam electionis in presenti deputatis taie

devetum hactenus non habentibus. Ac eliam salvis et exceptis, officiis infrascriplis, videlicet quorumcunque camerariatuum et capseriatuum comunis vel pro comuni Florentie, tam intus quam extra, provisorum camere, Provisorum quarumcunque gabellarum, inlus et extra,Capitaneatum galearum quinque, gubernatorum Pisarum, Officialium montis, Officialium debiti veteris montis et officiis extrinsecis : in quibus officiis prenominatis etseu in aliquo eorum existens aut ad ea vel ad aliquod eorum tune extractus vel electus et ut habi'is admissus.non perdat ea per supervenientem electionem que de ipso fieret'in ambaxiatorem, conmissarium, sindicum seu locum tenentem predictum, et in dicto casu possit ejus collegie tempore ejus absentie gerere et exercere offlcium eorum et partita obtinere etiam cum illa faba minus. Etsi talis electus esset in tali officio ex predictis, quod non baberet collegas, possit quem voluerit civem florentinum idoneumin sui locum ponere aesubstituere, approbandum per Dominos et Gollegia obtento partito inter eos ad minus per viginti octo fabasnigras : salvonihilominus beneficio substituendi, camerariis secundum ordinem concesso. Et habeanl anbaxiatores et alii predicti devetum ab eodem uno anno die reditus sui in civitate Florentie initiando,ita quodquicunque iverit in Anbaxiatorem, Conmissarium vel Sindicum aut locum tenentem predictum, non possit ad eadem officia seu exertitia vel aliquod ipsorum infra dictum annum iterum redire ; quod tamen anni devetum tolli possit per triginta quatuor fabas nigras Dominorumet Gollegiorum prout etiam ad presens in Anbaxiatoribus observatur.

29 décembre 1447.

Pénalités contre les ambassadeurs qui négligeraient départir au jour fixé, et contre leurs complices : délais de rigueur pour présenter les excuses. Fonctions qui dispensent d'ambassade.

Duplicalio penarum non observantibus oraloribus et alias. Quarto, provisionem infrascriptam deliberatam et factam per Dominos priores artium et vexilliferum iustitie et Confalonerios Societatum populi et duodecim bonos viros comunis Florentie, secundum formam et ordinem dicti comunis, que talis est, videlicet : Magnifici

et potentes Domini, Domini Priores artium et Vexillifer iustitie populi et comunis Florentie, cognita quante importantie, utilitatis et fructus sit comunis quod Anbaxiatores qui eligunlur ad eundum extra civitatem vel territorium comunis sint prompti et obedientes et exequantur sibi conmissa, et quod plerique sunt cives idonei et apti qui se retrahunt a predictis diversis de causis et exceptionibus et subterfugiis et conantur quod conmissiones sibi fiende differantur.coniramentem legis. queordinavit, statim facta electione.diem itineris designari debere, sub certis pénis, ut dilatio et subterfugia tollerentur. Volentespro bono et utilitate comunis buic defectui salubriteroccurrere, ordinaveruntetdeliberaverunt, die XXVIIIj mensis decenbris, anno Domini millesimo quadringentesimo quadragesimo septimo, Indictione undecima : Quod Domini Priores artium et vexillifer iuslitie populi etcomunisFlorentieteneantur et debeant, cum aliquem vel aliquos elegerint, unasimul cum eorum Collegiis, in Anbaxiatorem vel anbaxiatores dicti comunis. seu pro dicto comuni, et declaraverint diem principii itineris talis anbaxiatoris seu anbaxiatorum statim facta electione, et prout tenentur. secundum ordinamenta,ante talem diem pro principio talis itineris ordinatam, curare et cum effectu facere quod declaretur et consignetur tali anbaxiatori vel anbaxiatoribus ténor conmissionis sibi fiende propler talem anbaxiatam et in scriptis tradere, ita ut omnino possit absolute ire, nec excusationem illam ob conmissionem sibi non factam et designatam : et seu lencantur et debeant proponere et partitum in hoc facere inler se et eorum collegia prout expedit, quod talis conmissio fiat.tradatur et declaretur cuicunque Anbaxiatori vel Anbaxiatoribus dicti comunis electis vestris, sub pena librarum quingentarum florenorum cuilibct predictorum Dominorum Priorumet Vexilliferi iustitie et singulariter proposito recusanli dictiofficii vice qualibet auferenda et Comuni Florentie applicanda : et quod talis declaratio conmission[is] eteius consignatio non possit prorogari vel differri post dictam diem principii itineris designatam, ut supra, quoquo modo, sub pena predicta tam proposil[um]in contrarium proponenti quam notario scripluram aliquam inde conficienti, et quod Cancellarius dicti comunis teneatur et debeat ante lapsum talis diei sub pena simili recolere seu recordum facere dictis Dominis Prioribusft Vexilliferotalemdeclarationem ot assismâtionem Conmissionis

dicto tempore fiende et effectum huius provisionis et de tali designatione et conmissione scripturam facere. Ac etiam sub dicta pena teneatur, fînito offlcio Dominorum priorum et Vexilliferi iustitie qui dictam conmissionem et eiusassignationem facere aut tradere dicto tempore neglexerint. nomina ipsorum pro dicta pena librarum quingentarum cumagnominibus et supranominibustransmictere ad notarium speculi. transcribenda per eum in libris speculi dicti comunis, et quod notarius speculicontraquemlibet ipsorum observare debeat ordinamenta speculi et ipsos facere laniari quousque dictam penam comuni prefato integraliter persolverint, seu qualibet contradiclione et oppositione remota.

Item, quicumque fuerit electus ad aliquam anbaxiatam comunis. vel pro comuni, per dictos Dominos et Collegia, in anbaxiatorem teneatur et debeat post conmissionem sibi assignatam per Dominos et Collegia antedictam et ante lapsum diei ordinate pro principio itineris talis anbaxiate, ut supra, ire et sibi conmissa exequi seu iter arripere et complere. sub pénis et preiudiciis ordinatis contra taies electos et non euntes vel exequi négligentes, et habeat devetum, post assignationem dicti termini,et ab omnibus officiis intus et extra, pro tempore concurrent in totum vel partem secundum alias in predictis ordinata, salvo nisi excusatio aliqua et alia quecunqueexceplio vel defensio per eum allegata infra débita tempora, videlicet quatuor dierum a die electionis, deinde infra très dies a die allegationis obtenta et acceptatafuisset,secundumordinamenta; et extra dicta tempora et formam in predictis datam non possitquovis modo se defendere et excusare vel aliquam exceptionem juris vel facti opponere vel allegare, etiam per viam nullitatis ipsius actus electionis et deputationis predicte fundari vel causari quomodolibet posset, ex quacunque lege et reformatione comunis Florentie et quocunque iure vel causa, ita quod omnis et quecunque defensio, excusatio vel exceptio extra dicta tempora et formam datam intelligatur esse et sit penitus sublata et audiri vel acceptari nequeat ullo modo, nisi si et postquam fuit obtenta et deliberata per Dominos et Collegia per Iriginta duas fabas nigras eorum ad minus et approbûta per opportuna consilia et comunis populi, et quod secus aut aliter fieret non valeat ; et. ultra dictas penas et prejudicia, quilibet talis, cuiuscunque gradus, status et dignitatis aut condictionis

fuerit, qui non arriperet iter et non exequeretur sibi conmissa tempore et modo predicto, deinceps, ipso facto, cadat et incidisse intelligatur in aliam tanlundein quantitatem vel penam in quam secundum ordinem retrofacta priorc nomine teneretur et affectus esset et habeat etiam et habere intelligatur ab omnibus et singulis officiis comunisvel pro comuniad que quomodolibet extraheretur vel deputaretur devetum et prohibitionem duobus annis continuis incohandis ab ipsa de qua debuisset ut supra iter arripere et exequi sibi conmissa ; et, si quod officium jam tune haberet vel jam extractus vel deputatus esset, perdat et perdidisse intelligatur. ipso facto, predictum officium, et alius in eius locum extrahi vel deputari debeat secundum ordinem comunis et pro remoto etcasso a dicto officio penitus habeatur.

Item, quod [cjuicunque deinceps fieret aliqua electio et deputatio in Anbaxiatorem comunis, vel pro comuni. vel anbaxiatores dicti comunis per Dominos et Collegia, tali electioni nullo modo obstet seu obstare vel impedire habeat aliquod quodeunque devetum cujuscunque speciei. salvo et excepto deveto competenti personis dictorum Dominorum priorum et vexilliferi iustitie et Gonfaloneriorum societatumpopuli etduodecim bonorum virorum dicti comunis solum, et dumtaxat cetera vero deveta intelligantur sublata quoad predicta.

Item, quod per predicta non intelligatur esse neque sit derogatum auctoritati decem balie, circa deputandum vel eligendum Anbaxiatores unum vel plures secundum jam ordinata, sed salva et reservata in predictis et quo ad predicta esse intelligatur et sit ; sed nichilominus quicunque ab eis eligeretur in anbaxiatorem, ut supra, teneatur modo predicto, facta scilicet conmissionne, iter arripere rt exequi sibi conmissa ut supra, sub eisdem pénis et preiudiciis de quibus superius diciturquo ad electos et deputatos per Dominos et Collegia, quibus proinde intelligantur esse et sint affecti in omnibus et per omnia et quo ad omnes effectus ; et omnia predicta in supe- . rioribus disposita locum sibi vindicent. et repetita esse intelligantur contra predictos négligentes, ut et exequi, ut supra, nisi aliquam excusationem vel defensionem et exceptionem allegaverunt coram dominis et Collegiis, in dicta tempora ad hec deputata, etdeinde postea per eosdem acceptata fuisset infradictos très dies secundum

42 i LA DIPLOMATIE AU TEMPS DE MACHIAVEL

modumet formam in predictis superioribus ordinatam etstatutam, ut supra, et non aliter sub pénis et preiudiciis suprascriptis, et sic observetur omni contradictione remota. Non obstantibus, etc.

6 Mars 1448-1449.

Dispense d'ambassade pour certains fonctionnaires, à moins de désignation spéciale: délégation de leurs pouvoirs dans ce cas.

Devcta alla oratorum. Secundo, provisionem infrascriptam super infrascriptis omnibus et singulis deliberatam et factam per dictos dominos Priores, Vexilïiferum iustitie et Gonfalonerios societatum populi et duodecim bonos viros comunis Florentie, die vj mensis martii, anno Domini millesimo quadringentesimo quadragesimo octavo, Indictione duodecima, que talis est: Quod quicunque in futurum residebit in aliquo officio extrinseco ex infrascriptis. videlicet undecim officiorum, et abinde supra vel ad illud de cetero extractus aut deputalus esset : et qui similiter fuerit in futurum in aliquo officio camerariatus et capseriatus comunis vel pro comuni intus vel extra provisoris camere turris et cujuscunque gabelle intus vel extra et cujuscunque alterius provisoris cuiuscunque officii et similiter in quocunque officio cuiuscunque alterius officii intrinseci vel quod foris exercetur, propter quod competetur cuique ex dictis officialibus salarium quinque florenorum secundum ordinamenta vel ab inde supra, non possit aut debeat eligi vel assummi in anbaxiatorem seu conmissarium aut sindicum seu locum tenentem comunis Florentie ad eundum extra civitatem vel extra territorium florentinum per aliquod quodcunque officium et officiales comunis Florentie,quacunque dignitate etauctoritate fungentes.cum salario vel sine, et, si fieret, nullius sit momenti talis electio, nec habeat aut debeat vel possit propterea habere aliquod salarium a comuni, nec sibi solvatur quoquo modo. Et si aliquid salarii vel emolumenti ex hoc reciperet quoquo modo, vel talem electionem acceptaret, incidat et incidisse intelligatur, ipso facto, in penam librarum quingentarum ab eo auferendam et comuni Florentie applicandam, pro qua sit suppositus omni tempore conservatoribus legum et cuilibet alteri officiali et officio comunis Florentie ; nisijam electio et deputatio fieret per Dominos et Collegia, obtento partito

înter eos per Iritrinta sex fabas nigras eorum ad minus, et non aliter vel al io modo ; et facta tali electione dicto modo, observentur ea que ordinata fuerunt et sunt per alia ordinamenta comunis in dicta materia, et maxime per legemgeneralem devetorum, hocsalvo et excepto quoi quilibet ex predictis, qui esset in offlciis exlrinsecis vel ad id deputatis ut supra, teneantur omnino substituere loco sui aliquem babilem et idoneum sub pena predieta, que substitutio tamen debeat approbari per Dominos et Collegia obtento partito eodem modo per triginta sex fabas nigras eorum ad minus et non aliter vel alio modo, et alioquin electio de eo, ut supra facta, nullius sit roboris vel momenti et pro infecta penitus habeatur et sit. Non obstantibus,etc.

24 septembre 4408 '.

domination des ambassadeurs. Cas où l'on petit leur fournir un costume Fixation de leurs gages nu maximum de cinq florins par jour. Le registre de leurs nominations et de leurs départs sera tenu à la chancellerie.

Elecliones per quos fiant. Secundo, provisionem infrascriptam super infrascriptis omnibus et singulis deliberatam et factam per dictos Dominos Priores artis et Vexilliferum iustitie et Gonfalonerios societatis populi et duodecim bonos viros comunis Florentie, secundum formam et ordinem dicti comunis, die XXIHj mensis septenbris, anno Domini millesimo quadringentesimooctavo, Indictione secunda, que talis est: Quod, deinceps, non possit fleri electio alicuius Anbaxiatoris solummodo per Dominos Priores et Vexilliferum iustitie, sed solummodo fieri possit et debeat per Dominos Priores artium Vexilliferum iustitie et Gonfalonerios societatum populi duodecim bonorum virorum dicti comunis vel duas partes eorum, aliis etiam absentibus et inrequisitis, et quicquid contra fieret sit irritum et inane, et qu[o]d quelibet conmissio cuiuslibet anbaxiate debeat primo notari, extendi et aptari et demum legi Dominis Prioribus et Vexillifero iustitie et officiis Gonfaloneriorum Societatum populi el duodecim bonis viris, et que deliberata fuerint per officium Dominorum Priorum et Vexilliferi iustitie et dicta of-

1 Nous maintenons celte constitution à la place qu'elle occupe dans le registre. L'exactitude de sa date ressort de la mention qui en est faite ci dessus (page i 1 : t > .

ficia dentur et mictantur et non aliter, salvo quod predicta non intelligantur pro anbaxiatoribus et conmissariis qui micterentur in comitatum et districtum Florenlie.

Et insuper quod aliqua vestis seu aliquis pro indicendo aliquem anbaxiatorem non possit fieri, dari vel eoncedi directe vel indirecte, quoquo modo, sub pena librarum quingentarum, pro qualibet vice, cuilibet contrafacienti auferenda et comuni Florentie applicanda; et etiam contrafaciens ad restitutionem teneatur dicto Comuni.

Salvo quod predicta non intelligantur pro nova incoronatione fienda de Domino Papa, aut de Imperatore, sive alicujus régis, que cause remaneant secundum ordinamenta ad presens vigentia et prout hactenus consûevit : qui inducerentur autem pro aliqua tali causa, teneantur et debeanl, illico cum reversifuerint,vestimentaet robas, que et quas de pecunia dicti comunis fecerunt aut receper*ant,mictere et dimictere in Caméra dicti Comunis, et per. Provisores aut Camerarium dicte camere vendantur et pecunia inde recipienda pertineat ad Comune et mittatur ad introitum Camere.

Item, quod de cetero non possit stantiari, dari vel solvi alicui Anbaxiatori pro salario sue anbaxiate pro qualibet dié ultra florenos quinque auri, si esset miles aut doctor, et pro decem equis, et alii cuicunque ultra florenos quatuor pro die, pro octo equis, sed usque in dictam quantitatem possit fieri stantiamentum et deliberare per Dominos Priores et Vexilliferum iustitie et Confalonerios Societatum populi etduodecim bonos viros dicti comunis vel duas partes eorum, aliis etiam absentibus et inrequisitis aut contradicentibus vel remotis. Et pecunia pro predictiset secundum predicta possit et debeat solvi per Camerarium Camere dicti Comunis de pecunia capse generalis prout et sicut in stantiamento scriptum erit ; et quod mazerio vel alii non possit deinceps aliquid stantiari vel solvi vel pro salario vel pro expensis alicujus anbaxiate, sed solummodo ipsi anbaxiatori, ut supra dictum est.

Ht insuper quod alicui Anbaxiatori non possit stantiari vel dari vel alii pro eo, seu pro anbaxiata, vel pro aliquibus expensis que dicerentur facte in ipsa anbaxiata, aliquo modo vel causa, vel aliquo vigore directe vel indirecte, nisi pro salario, ut superius dictum est. nec ultra salarium aliquod, ullo modo, sub pena librarum

quingentarum semper cuilibet contra facienti solventi vel recipienti pro qualibet vice Comuni Florentie applicanda, et ad restitutionem soluti et recepti contra predicta clans et recipiens comuni Florentie teneatur.

Et quod deincepselectiones et deputationes cuiuslibet Anbaxiatoris et Anbaxiatorumet stantiamentaeorumsolutaetaliorum actuum qui pro predictis lièrent per Dominos Priores et Vexilliferum eteorum Collegia notentur, scribantur et rogentur solummodo perCaneellarium dicti comunis,etnon'per alium quoquomodo. Et ipse Cancellarius teneatur sçribere et notare diem itineris et discessus et diem reditus cujuslibet anbaxiatoris, ut clare appareat omni tempore.

2 décembre 1494.

Nomination des ambassadeurs.

In Dei nomine, Amen. Anno incarnationis Domini nostri Jesu Christi millesimo quadringentesimo nonagesima quarto, Indictione Xllj. die secunda mensis Decenbris, infrascriptumCapitulum reperitur in Parlamento obtentum secundum ordinamenta.

E pui ad exaltatione di questo glorioso popolo et fermamento di libertâ et pace si provede che tutte et ciascune electioni che si havessino a fare pel tempo futuro di Oralori o Commissarii o qualunque magistrato o officio di Comune o pel comuneet che si solevano fare pel consiglio de Cento o per Septanta, et etiamdio di capitano di Piaza o di alcuna condutta di gente d'arme o fanti a piè, o Casteliani, o per qualunque altra cosa, che per electione si havessi a fare ; Tali electioni, salve le infrascripte cose, si debbino fare pe' Sri et Collegi che pe' tempi fussino et per detti dua consigli di popolo et comune insiemeraunati et in sufficienti numéro, et debbinsi fare per modo et viadi squittinio, et ponendovi a partito tutti e rapportât! et che si rapportassino per conto di Oratori o Conmessarj o di offlcii predecti et di altri usati eleggersi, corne è detto di sopra, pe' Gonfalonieri di Cumpagniaet piu tutti quelli che Saranno nominat per alcuno de Signori Gonfaloniere di Iustitia et Collegi o per ali cuno dalcuno de detti dua consigli potendo nominare ciascuno de

predecti insino in uno per uno. Et che quegli che cosi raunati tali consigli per conto di detti oratori o conmissarii o altri magistrati et altri usati eleggersi et che secondo le cose dette si havessinopiu fave nere che gli altri da hora sintendono legiptimamente electi et concorrendovi piu in numéro di fave nere tante volte si rimandino a partito che luno avanzi laltro in numéro di fave nere.

Ma che gli Oratori et Conmissarii che cosi fussino electi possino renuntiareetriliutare approvandoli la cagionepe' Sri et Collegi che pe' tempi fussino et obtenendosi fraloro al piu fra dua di dal di di taie electione. Et non si potendo proporre in alcuno modo piu che insino in tre volte per di et pagando nondimeno Fni uno largo alla Caméra del Conmne per taie rifiuta: non si intenda pero perquesto alterare le electioni che per lo advenire si haranno a fare de rectori forestieri et loro giudici ma restino corne al présente.

Lauctorità di questo Consiglio comedi sopra in sufficiente numéro raunato insieme co S" et Collegi che pé tempi fussino et dieci et venti et nelle dua parti di loro tucti che secondo le cose dette restassino di taie consiglio sia di fare gli Anbasciadori et Conmessari nella eleclione de quali possino sempre nominare uno per ciascuno di quegli che in taie consiglio secondo possono intervenire et di poi si squittinino eteleghino nel modo et forma che per tal Consiglio de richiesti si provedrà et ordinerà. Et piu che per detto consiglio si debbino fare le condocte di gente d'arme et Conestabili et fanterie non derogando per questo alla auctoritâ de' Dieci délia libertà che pe' tempi fussino e quali havessino balia.

25 janvier 1496-1497.

Défense de refuser les ambassades.

1496, die XXV januarij, in Consilio majori. Perché spesse volte accade mandare oratori in Italia et fuori d'Italia per le cose occorrenti alla II. P. et conmessarij nelle terre et exercitij nostri et spesso in tali officij la salute publica puù dipendere da uno huomo solo et perché molti per fuggire tal peso overo stanno allô spechio o renuntiano tali officij o allegono e privilegi délia età o de tre maggiori et considerato che per ogni tempo in tali electioni non se ha-

vuto respetto ad alcuna inhabilité perché pe' bisogni del Pub10 si sono facte talc electioni indistintamente di qualunque persona. Et acciocchè la R. P1 non obstante alcuno impedimento nelle sue occorrentie si possa sempre valere di quelle persone le quali giudicbino al proposito di quegli casi et luogbi in chc shavessino adoperare perlanto e nostri Exsi. Sri providono et ordinorono : Che per lo advenire le electioni degli Anbasciadori et Conniissarj si possino fare nel modo et forma de quelle persone corne per il passato si è observatonon obstanle in tali electioni laprohibitione non si attenda quanto a taie electione ma solo nuoca allô electo per il debito per il quale fussi allô spechio al tempo délia electione solamente quanto al risquotere el salario o emolumento che dal Pubco gli havessi a essere pagato qualunque electo non possa allegare alcuno privilegio ne rifiutare salvo che chi fussi electo Conmissario el quale solo possa allegare el privilegio detà d'anni LX con la approbatione de Sri et Collegi per XXXII fave nere proponendosi dua di tre volte infra dua di dal di délia electione et paghisi di taxa Fior110 uno largo d'oro in oro al cassiere délia Caméra obtenuta decta approbatione del quale partito sia rogato uno de Cancellieri délia prima o seconda cancelleria o loro coadiutori.

Pénalités contre les révélateurs des secrets de l'Etat.

Xessuna cosa si giudica pe' savi essere piu pernitiosa ne' reggimenti degli stati et che tolga piu la reputatione aile R. P. che el non tenere segreto quelle cose le quale non solo nel governo délie proprie R. P. ma etiandio de confederati et amici ogni giorno accaggiono perché oltre al non essere stimati dagli altri potentati per non si potere fidare ne rimangono le proprie cipta private di quelli savi et amorevoli consigli et ricordi che da prudenti et buoni sua ciptadini nelle sue occorrentie potrebbe havere e quali si guardono in consigliare et ricordare quello che per la loro prudentia et sapientia conoscono et intendono donde di nécessita ne seguita la ruina délia cipta. Per tanto volendo e nostri Magci et Exsi Signori Priori di liberta el Gonfaloniere délia Iustitia del popolo fiorentino per quanto in loro è operare che le cose le quali nelle nostre prati-

che si referiscono et consigliono corne si conviene si tenghino segrete acciocchè chi di fuora volessi conferire alcuna cosa et e ciptadini che havessero a ricordare o consigliare la nostra R. P. possino securamente et liberamente farlo providono et ordinorono : Che per virtù delta présente provisione qualunque el quale per lo advenire rivelerà o parlera ad altri o con altri che con quelli e quali fussino intervenuti in alcuno consiglio o Pratica fatta dalla Sri:i o da alcuno altro niagistrato per ordine délia Sria alcuna di quelle cose le quali in tali consigli o pratiche si fussino ragionate o praticate o per alcuno di quelli che vintervenissino fussino parlate o consultate qualunque volta per la S1''-1 fussi imposto o comandato che di tali cose c pratiche non si parlasse o alcuna délie cose ragionate si tenessino secrète di che se ne faccia ricordo et scriptura in uno libro publico che per ciô si tenga pel primo cancelliere o altro ministro délia Sru' a chi fussi imposto. Sintenda qualunque rivelerà o parlera, corne e detto, privato dalli officij del comune o pel comune di Firenze et ammunito per quello tempo che sarà chiarito da Mag-' Sri o Octo di guardia o balia o alcuni di epsi magistrati o le dua parti di loro non potendo essere privati per la prima volta per più tempo di anni tre ne manco di anno uno e per la seconda volta per più. tempo di anni cinque in alcuno modo ne manco di anni tre e per la terza volta per quello tempo parra ad alcuno de detti magistrati secondo la importantia di taie cosa non manco di anni cinque. Et qualunque fusse per taie cagione dichiarato corne di sopra possa infra XV di dal di di taie dichiaratione ricorrere al consiglio maggiore in quel modo et forma, che per gli altri casi distato è ordinato in tucto et per tutto. Rimanendo sempre ferma l'auctorità de Mag'1 S" di potere acrescere tali pcne in quel modo et forma che giudicassino meritare la importanza de casi che occorressino.

6 décembre 1497.

Maximum fixé pour la durée des ambassades en Italie. Elévation des gages à cinq florins par jour. Obligation d'accepter l'ambassade, sauf excuse admise par le collège.

Die VI Decembris MCGGCLXXXWIj. Attesû e nostri Mci et Kxsi Sri quanta difficulta sia nel mandare gli oratori in Italiu o fuori

di Italia respecto aile grande incomodità che per el lungo stare in taie legationi a cittadini a cio deputati occorrono volendo a ta! cosa porre convenienteregola acciocche la H. P. si possa ne sua bisogni valere de sua ciptadini con manco loro incomodo providono et ordinorono : Che per virtu délia présente Provisione qualunque che per lo advenire sarà eletto ad alcuna legatione in Italia non possa essere raffermo in taie legatione contro a sua voglia perpiù tempo che insino in otto mesi computando el tempo dal di si sarà rapresentato al luogo dove fussi deputato délia quale rapresentatione sia tenuto mandare fede per mano del suo canciellieri al cancielliere délia prima Cancelleria cl quale cancelliere sia tenuto farne nota in quel modo chesifa aile tracte délie rapresentationi dclli offici di fuora.Et essendo la legatione fuori d'italia non si possa fare la rafferma o proroga in decto caso per piû che insino in uno anno dal di délia sua representatione corne di sopra la quale rapresentatione sieno tenuti mandare come èdetto. Etacciochea decti tempi bisognando si possino ordinare gli scambi sieno tenuti tali Anbasciadori dua mesi almeno innanti alla fine del loro uficio darne notitia alla Sria o a Dieci di balia per loro lettera del tenore délia quale lettera circa a taie efiecto si dia notitia a dilto Cancellieri délia prima Cancelleria et lui ne facci nota a pie dellarapresentatione di taie Anbasciadore.

Et perché è necessario almeno per qualche tempo ordinare et regolare el salario di detti anbasciadori rispecto a forti temporali che di présente corrano per6 si provede che per lo advenire el salario delli Anbasciadori che saranno electi et andranno alla loro legatione cosi graduati come non graduati sia di fiorini 5 el di cosi in Italia come fuora d'italia di lire cinque per fiorino a moneta era con le rétention i consuete non obstante che al présente sieno di lire quatro : et duri questo augumento di salario anni dua proxime futuri dal di délia finale conclusione di questa et non piû in alcuno modo. Et acciocche nessuno el quale havessi alcuno giusto impedimento non sia forzato andare in tali legationi possa qualunque sarà per lo advenire electo infra tre di dopo la sua electione rinuntiare taie ufficio purchè taie sua rinuntia sia approvata fra Sriet Collegi. Et infra decto tempo per 32 fave nere non si potendo proporre più che quatro volte in uno di per la quale renuntia siatenuto pagare fior. j° largo d'oro in oro aile graticole del Monte.

Gli Ambasciadori prcdecti e quali non haranno obtenuta la approbatione délia sua excusatione corne di sopra non andando alla loro legatione el di del termine a loro da SrL imposto secondo gli ordini si intendono caduti in pena di lire mille di piccioli et in divieto di anni dua da ogni uficio intrinseco et extrinseco del conlune o pel comune di Firenze dal di che dovessino pigliare el camino et andare alla loro legatione secondo che per la legge facta nel 1447 a di 30 di dicembre si dispone. Et e S" che non assegnassino el tempo et proponessino le commissioni di tali Ambasciadori secondo che per legge sono tenuti et el proposito di detti S" che non proponessi s'intendino et qualunque di loro si intenda caduto nella pena di lire cinquecento dalla legge ordinata. Et in detta pena di lire cinquecento ancora caggia il Cancelliere délia prima Cancelleria che non ricordassi o facessi quello et quanto circa aile decte cose per legge è tenuto ricordare et fare.

Per le quali pêne decti Sri Ambasciadori et Cancellieri ne sieno sottoposti a conservadori di legge et da loro ne sieno mandati a spechio immédiate havuto che ne haranno notitia per via di tamburare o per qualunque altro modo et el notaio dello spechio contra di loro observi le leggie dello spechio.

24 avril 1498.

Nomination de secrétaires oV ambassade ou sous-ambassadeurs, âgés de 24 à 40 ans : leurs gages. Défense de refuser cette mission.

Die XXIIIj Aprilis MGGCGLXXXXVlIj. Desiderando e nostri Magci S" che e nostri ciptadini et giovani sieno incitati aile virtuet buoni costumi sperando per taie via essere facilmente deputati alli honori et dignita délia nostra cipta, providono et ordinorono : Che per virtu délia présente provisione ogni volta che sarà a mandare alcuno Ambasciadore uno o più fuori délia iurisdictione fiorentina o alcuno commissario générale in campo sidebba pelConsiglio delli Octanta nel medesimo modo et forma che si elegono e decti Ambasciadori o commissarii eleggere et deputare etiam uno giovane ciptadino fiorentino d'età di anni 24 in 40 forniti al più per qualunque ambasceria o commissaria générale col quale si debba conferire et narrare tutte le cose che in decte Ambasceria o Conmissaria sitrat^

teranno acciù chc per taie via decti Giovani piglino la pratica et experientia del Governo délia II. P. slando perù sempre taie giovane ad obedientia delli Anbasciadori o conmissarii uno o più che fussino.

Et per loro salario habbino e delti Giovani ad ragione di fior. quindici larghi el mese et debbino havere le spese da detti Anbasciadori o Conmissarii per se et uno famiglio et insieme con loro vivere et nel numéro decavalli et famigli che dovessinotenere decti Anbasciadori o conmissarii si computino e cavalli et famigli di decti giovani.

Qualunque sarà electo sia tenuto partire con tali Anbasciadori et Conmissarii et stare in decta anbasceria o conmissaria quanto loro et non possa rifiutare taie ufieio se non corne possono o potranno e decti Anbasciadori et précédente la licentia de Sri et Collegi et pagando la taxa corne per tali Anbasciadori è ordinato et nella electione di tali giovani et poi si attendino e medesimi divieti delli anbasciadori '.

48 juin 1502.

Dispense de publicité pour la nomination des secrétaires ou sou$-am bassadeurs.

Die XVIIj Junii 1502. Che per virtu délia présente provisione omni volta che per lo advenire si harà ad fare per il Consiglo delli 80 alcuno ambasciadore o sotto ambasciadore o vero Giovane con taie ambasciadore si faccino le nominationi péril consiglo predecto corne al présente si costuma e non sia per lo advenire necessario publicare o leggere quelli che saranno stati nominati innanzi si mandino ad partito mabasti che si proponghino in taie consiglo ad sorte luno dopo laltro : et in tutte le altre cose si debbi observare quello et quanto circa decti Ambasciadori al présente si observa. Questo perù expressamente dichiarato che nelle nominationi et deputationi che si haranno ad fare cosi delli Ambasciadori corne etiam deCommissarii generali in campo o in alcuno altro luogho o loro giovani non si attenda in alcuno modo el tocco o vero la cessatione

1) Une décision du 23 septembre 1501, insérée au môme registre (fos 20 v°, 22, r°) applique aux commissaires les mêmes pénalités qu'aux ambassadeurs.

per via del tocco cosi di già facto et di che ne fussi già stata data o mandata fede al primo Cancelliere corne etiamdio di quelli che per lo advenire in alcuno modo si facessino.

11 avril 1503.

domination au scrutin secret des ambassadeurs, sous -ambassadeurs et

secrétaires.

Die Xj Aprilis M. D. III. Che per virtu délia présente provisione quanto più presto fare si potra per el primo Cancelliere délia Signoria si debbi ordinare una borsa nella quale tempo per tempo imborsi tutti quelli magistrati et cittadini che saranno del consiglio delli 80 et tutti insieme cioè cosi per conto dell arte maggiore corne per conto dell'arte minore : et omni volta che per lo advenire accadrà doversi deputare per il decto consiglio delli 80 alcuno ambasciadore o alcuno commissario générale in campo o in alcuno altro luogbo o alcuno sotto Ambasciadore o sotto Commissario o vero Giovane in luogho délie nominationi che al présente si fanno si tragga per uno de frati del suggello di decta borsa 20 polize cioè 20 electionarii per ciascuno Ambasciadore et ciascuno Commissario et X per ciascuno taie giovane depresenti in taie consiglio: et decti cosi tracti vadino inmediate al secreto et dinanzi a secretarij che secondo il consueto saranno deputati nominino uno per uno habile al decto uficio di Ambasrc Comis'0 o Giovane referendo congruamente luna cosa allaltra et detti cosi nominati sanzaaltrimenti leggerli o publicarli prima si mandino ad partito in decto consiglio delli octanta et quelli che obterranno il partito secondo le cose gia disposte et ordinate si intendino essere et sieno legiptimamente eletti et deputati a taie uficio : et dove si trovassino concorrenti nel numéro délie fave nere si rimandino tante voltead partito che luno avanzi laltro ; et tucte le polize che saranno corne di sopra tracte finita decta tracta si rimettino nella medesima borsa : et tutte le altre cose circa la deputatione delli Ambasri o Comisri et loro Giovani infino al présente di disposte et ordinate rimanghino ferme corne nelle provisioni circa taie materia facte si contiene in

tutto et per tucto : questo solo dichiarato che chi harà nominato quello che rimarrà electo et andrà ad taie uficio debba havere da taie electo Fiorno uno largo di Grossi havcndo ad havere taie electo per suo salario Fiorni dua larghi di Grossi o più perciascuno dl,ma havendo ad havere di salario meno che Fior»1 dua larghi di Grossi il di, debbi havere solamente uno mezo Fiorno largo doro et cosi si debbi pagare almeno dua di innanzi che taie electo pigli il camioo per andare al decto uficio di Ambas10 Comisrio o Giovane alqualeet per il quale fussi stato electo et deputato.

20 avril 1508.

« Quantum» obligatoire pour les scrutins de nomination d'ambassadeurs.

Die XXAprilis 1598(S/c)Tucteleelectionicheperloadvenire sharannoad fare perdetto offitio delli 80 d'alchuno Ambasre o Comis'0 si debbino obtenere perde 2/3prcscnti in tal consiglio, altrimenti taie olectione sia nulla. Et qualunche sarà electo Cornes'0 in alcun luogo non possa di nuovo essere electo in alchuna Commessaria se non un mese poi che sarà finito l'officio délia sua prima electione.

22 février 1508-1509.

Serment préalable, pour la nomination d'ambassadeurs.

Die XXIj Fcbruarii 1508. Che per virtu délia présente provisione ogni volta che per il consiglio delli 80 o per e Mage' et Exs' Signori et loro venerabili Collegi et li spectabili Dieci di liberté et pace sanza decto consiglio delli 80 si harà per lo advenire a fare alchuna electione, deputatione o rafferma d'alchuno ambasciadore, comissario, proveditore o altro oticio si debba pe' frati del sugiello o uno di loro innanzi che taie electione, deputatione o rafferma o altro oficio si facci o vero si squittini et mandisi a partito dare el iuramento ad ciaschuno che nel decto consiglio delli 80 o nel numéro di decti Sigri Collegi et Dieci sanza el decto consiglio interverrà di non nominare alcuno et di non rendere fava ncra in favore d'alchuno : dal quale o per il quale per conto di taie electione, deputatione, rafferma o altro oficio sarà stato richiesto o pregato a parole o con cenni o con lettere, poliza o imbasciata o per alchuno altro acto di-

mostrativo di tal favore. Et ogni electione deputatione rafferma o altro oficio che per il decto consiglio delli 80 o per c decti Signori Collegi et Dieci sanza decto consiglio si farànon dato prima el decto giuramento et corne di sopra, s'intenda essere et sia de nessuno valore efficacia o effecto : se non si possa ne si debba per modo alchuno... Non obstantibus...

19 avril 1480.

Nomination des ambassadeurs.

DieXVIIlj Aprile MCCCCLXXX, in consilio del Cento fuitprovisura. Che li Ambasciadori et Commissarii, Dieci di Balia quando accadra che shabbino ad fareet li octo délia guardia et balia selegghino per la via ordinaria et per il tempo et auctorità ordinata per tali ufficii. Et dicti Ambasciadori et Commissarii con le Commission! che saranno da decti octo di sopra ordinate et consultate et deliberate corne di sopra. Et elegghinsi quelli et in quel modo et forma in tutto et per tutto et che et corne da decti LX,a ragunati corne di sopra o dalla maggior parte de presenti sarà deliberato.

12 mars 1492-1493.

Tout ambassadeur en Italie aura dix chevaux, et un demi florin dégages par cheval : à Rome, les gages seront majorés d'un tiers.

Die XIj Martii MCCCCXCIj. Quod Oratoribus deinceps eligendis Romam vel alio ubi esset Pontifex et eligendis Neapolim, Venetias sive Mediolanum, ad Principes dictorum locorum, quicunque illi sint, sive graduati sive non, competat comitiva seu numerus equorum decempro quolibet Oratore, computato equo Cancellarii et salarium competat pro quolibet equo unius dimidii floreni quantitatis consuetae pro quolibet die et pro tôt equis. Deinceps competat salarium Oratori Romae existenti. presertim quia ibi nunc praetium rerum omnium venalium auctum est quasi ad tertiam partem plus solito, et sic deinceps omni tempore observetur '.

1) Le registre contient ensuite les règlements généraux de 1529.

APPENDICE, lî. CORRESPONDANCE d'à. PIO 437

B. Correspondance d'alrert pio, comte de carpi,

Page 1