LETTRES DE LA COUR
Florimond Robertet, secrétaire du roi, et Etienne Poncher, évêque de Paris, étaient les deux principaux collaborateurs du cardinal
1) Vico d'Arzere ?
2) Limena.
3) Cittadella.
4) Bassano.
5) Marostica.
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d'Amboise à la cour et dans les affaires extérieures. Tout ambassadeur devait donc s'attacber à correspondre avec eux. Voici les lettres de ces deux personnages retrouvées dans les arcbives du Prince Pio. Elles s'étendent plus loin que la mort du cardinal d'Amboise. A partir de cette date, Robertet et l'évèque de Paris continuent à travailler sous les ordres du roi : leur politique est d'ailleurs toute différente de celle du cardinal d'Amboise. On accusait universellement le cardinal, malgré toutes ses protestations, d'aspirer à la tiare, et d'agir contre Jules II. Au contraire, il voulait à tout prix éviter une rupture : sa mort amena instantanément cette rupture et le rappel d'Albert Pio.
Florimond Robertet.
Toutes ces lettres sont entièrement autographes : signées : « Vostre humble serviteur, Florimond Robertet » : la dernière est signée « Vostre très humble... etc. » L'intitulation est toujours : «Monseigneur», en toutes lettres. L'adresse : « A Monseigneur, Monseigr le comte de Garpy, conseiller et chambellan du Roy et son ambassadeur à Homme». Celle du 19 février ne porte pas la mention : a Et son ambassadeur à Romme ». Cinq sont écrites sur simples feuilles de papier, quatre sur feuilles doubles. Le format du papier est uniformément in-4°.
1. Mois, 13 février. Réponse àunelettre de l'ambassadeur. Depuis le départ du comte de Garpi, le légat n'a pu expédier les dépêches convenues, par suite de la goutte : il peut signer maintenant et va les expédier, quoique l'ambassadeur ait déjà agi. Le roi écrit aux cardinaux français et à l'ambassadeur. Il parait que Carpi a parlé à M. de Savoie, prince bon et sage, qui saura faire ce qu'il lui faut. Robertet ne veut plus s'en mêler. Pour Mirandole, Robertet fera tout son possible. On a un extrême désir d'avoir des nouvelles de l'ambassadeur ; il fera bien d'écrire souvent et de dire s'il voit le pape.
2. Blois, il février, « hastivement ». La poste court, pour porter les lettres de l'ambassadeur du pape, et le paquet pour
Carpi, contenant les lettres du légat, que celui ci n'avait pu encore signer. Le roi et le légat sont très aises de l'arrivée de Carpi à Rome, et pensent qu'il arrangera les choses. Tout va pour le mieux en Angleterre, en Suisse, partout: la seule ombre est l'absolution des Vénitiens. Le roi partira samedi pour Paris, la Champagne, la Bourgogne, et de là il ira à Lyon régler les affaires d'Italie.
3. Blois, 3 mars. Billet, en hâte, expédié pour la poste, en. présence du légat. Robertet a lu au roi la lettre de l'ambassadeur ; elle a été « agréable et acceptable. »
4. Melun, 6 avril. Le légat n'est arrivé qu'hier ;il approuve fort la conduite de Carpi. Le roi est plus que content. Que Carpi continue sans se soucier de rien. Le roi va très bien et partira lundi. Robertet fera tout son possible pour ce que lui a écrit l'ambassadeur.
5. Melun, lundi de Pâques. Le roi et le légat sont extrêmement satisfaits. Ils ne désirent que s'entendre avec le pape. Cette poste court expressément pour donner à l'ambassadeur les nouvelles d'Angleterre. Sitôt le légat revenu de Vigny où il est, l'ambassadeur aura de ses nouvelles.
6. Dijon, 12 mai. Reçu la lettre de l'ambassadeur, « ensemble la corbeille et Agnus Dei que m'avez envoiez ». Remerciements de ce présent, « trop beau et trop honneste » pour quelqu'un qui n'a pu que faire acte de bonne volonté. Le roi et le légat écrivent à l'ambassadeur. Ils sont très contents de lui, « et m'en croyez hardiment. » Il n'y a qu'à continuer. Le roi recommande la patience. Le légat est parti aujourd'hui pour Lyon : le roi partira demain pour Auxonnc, Beaune, puis Lyon.
7. Lyon, 18 mai. Le légat a tant fait que le roi s'est résolu sur les deux articles. Il écrit et la poste part en diligence pour Milan, d'où on l'expédiera à l'ambassadeur, car M. de Tibouly
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Tivoli) a expédié un courrier exprès au £>«-* |»«* pour l'avertir. On est très content des services de L'ambassadeur.
8. Lyon, 13 juin. L;i perte du légal parait de jour en jour plus grande : Robertet est si troublé qu'il peut à peine écrire. Le roi ayant fait envers le pape tout son devoir, on éprouve une « orrible paine » de voir le pape, sans motif, se conduire mal envers lui. Le roi est toujours on ne peut mieux disposé, et désireux de s'arranger. Si le pape refuse, le roi rappellera l'ambassadeur. Que Carpi voie donc le pape et écrive de suite : une heure après, on lui enverra la résolution du roi. Le roi restera toujours très chrétien, et fils fidèle de l'église, sans donner sujet de plainte au pape. Espérons que le pape se souviendra des services rendu par le roi et la France, à lui et au S' Siège. Le roi partira lundi pour voir la reine, « et non sans cause », car elle se porte aussi bien que possible. « Monseigneur, je faitz compte que vous n'aurez plus occasion de dcmourer la, et que bientost nous vous verrons. »
9. Blois, 26 juin. Le pape ne voulant point modifier sa conduite, le roi écrit à l'ambassadeur de revenir : cela lui déplaît « merveilleusement », mais il n'y a pas moyen d'agir autrement. « Monseigneur, le Roy désire vostre venue et retour devers luy. Par quoy me semble que vous ferez bien de venir le plus tost que vous pourrez, car, voiant les choses comme elles sont, vous entendez bien que vostre demoure à Romme ne seroit à l'onneur dudit s' '. »
1) A la suite de ce rappel, le comte de Carpi eut le tort d'aller voir le pape, contrairement aux vues du roi (Lelt. de Louis XII, II, 100) : il fut arrêté à Alexandrie, puis remis en liberté, et devint ambassadeur d'Allemagne à Rome [Id., 270 et suiv.). En juillet 1512, il était à Venise, où il jouait un rôle extrêmement actif (Dépêche à l'amb. à Rome, 22 jui II. 1312. Arch. de Venise).
Etienne Poncker, évéque de Paris.
1. Paris,3avril. Excuse de n'avoir pas répondu aux trois lettres que l'ambassadeur lui a adressées depuis son arrivée à Rome : il a quitté la cour deux ou trois jours après l'ambassadeur, et ne peut donner que des nouvelles du légat qui se porte à merveille. L'ambassadeur est ici en baute estime. Miss, sur simple feuille, entièrement autographe. Sign. : « Vostre humble serviteur et amy, E. evesque de Paris ». Adresse : « A Monsr Mons' le conte de Carpy, à Rome. » Intitulation: « Monseigneur ».
2. Paris, 22 avril. Il insiste, après le roi et le légat, pour que le prochain chapitre général qui se tiendra à Rome, à la Pentecôte, ne détruise pas la réformation des Carmes de Paris, et qu'on lève la prohibition de venir étudier à Paris, où les études sont fortes et oùl'on formeradebons théologiens. Miss. sur simple feuille. Sign. autogr. : « Vostre humble et bon serviteur et amy, E. evesque de Pakis. » Mêmes adresse et intitulation.
3. Dijon, 11 mai. Excuse de n'avoir pas encore répondu aux lettres de l'ambassadeur. Il a quitté la cour, n'a fait que traverser Paris ; il a envoyé de là à Melun, où était le roi, une lettre de l'ambassadeur. Il n'a aucune nouvelle à donner, mais il envoie de vives protestations (à l'italienne) à Sa Seigneurie Illustrissime. Après une forte attaque de goutte, le légat va mieux, est très gai et compte partir pour Lyon. Il encourage fort l'ambassadeur ; d'après une conversation de l'ambassadeur apostolique, il voit que le comte a rendu de grands services.Le trésorier Robertet le lui a dit également. Missive sur double feuille, en latin, entièrement autographe .Sign.: « Ejusdem Illme D. Yestre servitor, Stephanus, parisiensis episcopus.» Adresse: « A Monseigneur, Monsr le conte de Carpe,
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ambassadeur du Roy 1res chrestien à Home. A Rome.» Iniitulation : « Illme domino, cornes michi observandissime ».
4. Lyon, 13 juin. Reçu 1rs lettres de l'ambassadeur, témoignant de sa condoléance pour la mort du légat. « Nous l'avons perdu, vous et nioy, qui n'est pas petite perte; c'estoyt nostre refuge et pillier. » Quant au pape, le roi écrit sa volonté etne passera jamais outre. Le prélat se plaint des suspicions perpétuelles du pape ; le roi a rendu de grands services à l'église, il ne désire qu'être son bon fils, et avoir bonne amitié avec le pape, parles bons soins de l'ambassadeur. Le roi a chargé l'évêque de Paris de le suivre ordinairement. M. du Bouchage a très bon crédit, et aussi M. le trésorier Robertct ; M. le bailli d'Amiens et l'évêque de Paris sont, avec eux, aux expéditions. L'ambassadeur peut compter surle prélat. On désire fortl'alliance avec le pape, qui semble refroidi. Le roi maintient ses bonnes dispositions. Le roi va aller à Blois voir la reine, qui est grosse sans doute possible : de là, une grande joie. Miss, sur double feuille, entièrement autog. : Sign. : « Vostre bon serviteur et aray, E. evesque de Paris ». Adresse: « A monseigneur, nions' le conte de Carpy, à Rome. » Intitulalion : « Monseigneur ».
•j. Blois, 4 juillet. Reçu aujourd'hui la lettre de l'ambassadeur, du 15 juin. Il vaut mieux que l'ambassadeur ne reste plus à Rome ; quand il sera par deçà, il expliquera au roi les choses mieux qu'on ne peut faire par écrit. « (l'est mauvaise chose quant les princes sont irritez, mesmement en pratiques de guerres, » car ils savent moins dissimuler que les autres. L'ambassadeur verra le roi, qui « estadverty de tous costez des pratiques que l'on fait contre luy ». L'évêque remercie pour les bons souvenirs du cardinal de S1 Georges ; il voudrait se trouver « en lieu ou je luy peussefere service ». Miss, sur simple feuille ; entièrement autogr. Sign. : « Vos-
tre humble serviteur et amy, E. évesque de Paris. » Adresse : « A monseigneur, nions1- le conte de Carpy, ambassadeur du Roy à Rome.» lntitulation : « Monseigneur ».
4° Lettres diverses.
La résident reçoit de la cour des missives de recommandation : il entretient des rapports aussi personnels que possible avec la famille du premier ministre, avec son secrétaire. Il a aussi des rapports nécessaires avec de hauts fonctionnaires, placés, comme lui, à l'étranger. Les cinq lettres qui suivent fournissent un spécimen exact de ces diverses correspondances: l'une émane de la reine même : deux, du sire de Bussy (frère du cardinal d'Amboise) et du cardinal de Clermont (son neveu, alors à Rome) : une autre de Louis Robertet, secrétaire du cardinal. La cinquième est une dépèche du gouverneur de Gènes.
La reine Anne de Bretagne.
1. Blois, Il février. Recommandation très vive pour le cardinal de Nantes en vue de l'évêchéde Lescar : à l'appui de la lettre du roi. Missive, sur simple feuille. Sig. : « Anne ». Adresse : « A Mons' de Carpe. » Intit. : « Monsrde Carpe ».
Le sire de Bussy.
2. Lyon, 28 mai. Douleur de la perte du légat. M. de Clermont et moi, nous allons le conduire en son église. Insistance pour que l'ambassadeur obtienne l'archevêché de Rouen à Georges d'Amboise, «mon filz ». Miss, sur simple feuille. Sign. : « Le plus que tout vostre, (autogr.) Damboysk. » Adr. : « A Mons. le conte de Carpy, embassadeur pour le Roy à Romme. » Inlit. : « Mons1' ».
Le cardinal de Clermont Lodève.