‹ La Diplomatie au temps de Machiavel (volume 3)Chapitre 17 sur 21 · Rome, 19 juin. Il a reçu les lettres de M. do Carpi et du · texte numérisé non relu

Rome, 19 juin. Il a reçu les lettres de M. do Carpi et du

APPENDICE. IS. CORRESPONDANCE d'à. PIO 461

grand maître. Il demande à M. d'Albi son projet de lettre, pour que toutes les lettres aillent ensemble. Rien de nouveau à Rome, sauf que le pape fait lever des gens de pied. S'il avait voulu des Français, le cardinal aurait été A la monstre. Il compte que l'ambassadeur le soutiendra, s'il est question de son congé. P. S. aulog. Sign. autog. : « Vostre a vous amy. F. cardal de Clermont ». Missive sur simple feuille. Adresse : A Monsr le conte de Carpe, ambassadeur du Roy ». Intit. : « Mons* de Carpe. »

Louis Robertet.

ï. M élan. 5 avril. Mgr (le légat) vous écrit. M. de Paris veut que je vous écrive pour l'excuser; il a été au devant du légat, puis à Paris, puisàLaon pour l'élection à l'évêché du frère de M. de Vendôme, il rejoindra le roi à Lyon : d'ici là, je me fais fort de lui faire parvenir les lettres que vous lui écririez.

P. S. (( Monsr. si vostre homme escripvoye ses lettres plus au large les lignes l'une de l'autre, ce seroit plaisir, car l'on ne peut mectre le déchiffrement entre deux et quelque foys que en XX lignes n'y a que deux motz de chiffre. Et seroit mieulx qu'il escripvist plus large ou qu'il mist le chiffre tout après comme je faiz. » Missive entièrement autographe, sur simple feuille. Sign. :« Vostre humble serviteur, Loys. Robertet. » Adresse : « A Monseigneur, Monseigneur le conte de Carpy, conseiller chambellan ordinaire du Roy et ambassadeur à Rome ». Intit. : « Monseigneur ».

Le sire de Champdeniers, gouverneur de Gênes.

o. Gênes, lijui?i. Au reçu des lettres de l'ambassadeur, il en a envoyé un double déchiffré au roi, un autre au grand maître. Malgré son avis, Prégent ' avait été autorisé à quitter

1) Amiral des galères françaises.

Gênes avec ses six galères et huit brigandines, fort bien équipées, pour aller en Provence embarquer 400 hommes et croiser contre les Maures. Legouvemeur a immédiatement envoyé une barque en Provence et une en Corse, ordonner à Prégent, au nom du roi, de revenir. Il s'est fait porter par Prégent à Vintimiglia, et de là, en neuf jours, il a passé une rapide inspection de toute la Rivière. Le peuple ne désire point de changement ; il ne peut y avoir que quelques ambitieux et les gens à leur solde qui désirent un mouvement. Sur l'avis de l'ambassadeur, il fera bon guet. Le porteur de la lettre, François de Grammont, pourra rapporter des nouvelles. D'ailleurs, il passe souvent ici des courriers de France, d'Espagne, d'Angleterre, par qui on peut envoyer: s'il y a besoin d'exprès, une barque à hune, de Rome à Gênes, coûte 12 écus. Si l'ambassadeur trouve insuffisant le chiffre du cardinal de Clermont, il peut en confier un autre à Grammont. Le gouverneur a averti le roi du bruit courant à Gênes, qu'il ne faisait la guerre en Italie que pour donner la tiare au légat, et que maintenant, le légat mort, il va y renoncer. Tout le monde le dit. Missive, sur simple feuille. Sign. mit. : « Vostre bon frère et parfait amy, De Rociifxhouart. » Adresse: « A Monsr et bon frère, Monsp le conte de Querpy, ambassadeur pour le Roy, à Romme. » Intit. : « Monsr ».

5° Copies de documents envoyées a l'appui des dépèches.

1. Copie d'une lettre du roi au pape l en faveur du cardinal de Nantes, pour l'évêché de Lescar, malgré les poursuites du cardinal d'Albret, à l'instigation du roi de Navarre qui se disait souverain du comté de Béarn. Le procès pendant en parlement à ce sujet vient d'être vidé contre le roi de Navarre,

1) Cf. Lettres du roi, n° 1.

et la question est réglée. « Bloys, Le — (sic) jour de février ».

2. « Exemplum litterarum t'.atliolici Régis ad magnificum dominum Hieronimum de Cabaniljas, oratorem suum apud Xristianissimum Regem,traductum deverboad verbum ex lingua hispana in latinum. »

Au printemps, pour rendre à l'empereur ses domaines, il faudra porter la guerre sur les terres propres de Venise, et, dansée but.il faut justifier la guerre devant Dieu et le monde Après la trêve, s'il y en a une, il faudra doue, au nom de tous les confédérés, adresser à Venise la sommation suivante : « Ils savent que nous sommes unis pour recouvrer notre bien :1e pape, la France et moi. nous l'avons repris, mais non l'empereur; que Vénitiens le lui restituent, il deviendront nos amis, et nous tournerons nos armes contre les Infidèles. Cela dépend d'eux. Sinon, nous marchons contre eux, et par leurfait ». Cette sommation serait à faire par tous les ambassadeurs aux cardinaux et ambassadeurs vénitiens à Rome. J'envoie dans ce but mon pouvoir à mon ambassadeur, pour prendre part à cette démarche collective. Si Venise acquiesce. laquestion sera résolue sans perte d'hommes et d'argent. Si elle refuse, notre cause sera justifiée, et nous pourrons agir. (S. D.).

6° COPIE-LETTHES

Dans les dossiers de l'ambassadeur, se trouvent des extraits de la correspondance, transcrits sur papier ordinaire pour l'usage de l'ambassadeur, sans dates, ni formules, ni mention de signatures. Ce sont les transcriptions des dépèches chiffrées.

Le dossier d'Albert l'io contient six. de ces extraits. Deux des dépêches du cardinal d'Amboise, qui se trouvent encore en original, ont fourni la matière de quatre d'entre eux: chaque dépèche deux fois transcrite, avec suppression de paragraphes dansunedescopies. Les deux autres transcriptions sont des fragments de dépêches du

cardinal d'Amboise. L'une proteste de satisfaction pour l'action de l'ambassadeuretd'une vive espérance d'entente avecle pape. L'autre démenties fausses nouvelles données par l'évêque de Sion et en Allemagne. Elletraite diverses affaires courantes :1e cardinal fait allusion à «magotte et ma collicque qui m'ont forttormenté.» Le roi ne veut que servir le pape. Et, ajoute le cardinal, « quand il vouldroil changer propos, je ne demouroye une heure à son service, car je suis plus tenu à Dieu que a lui. Je suis cardinal et homme d'esglise, et ayant mon âme et mon honneur, et ayant receu de Sa Sainteté toutplain de bien et d'honneur ; pour tant, soyez seur que ne luy fauldray jamays. »

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