Lyon, 29 avril
10 — Rome, 7.
14 — Bude, 7. Lyon, 1,
13 — Milan, 13.
17 — Naples, 3, 7, 10.
Rome, 13. Monopoli, 24 avril.
Milan, 15.
20 — Dulcigno,25avriI.
Rodes, 16 mars.
Modon, 22 avril.
Lyon, 14.
22 — Ferrare, 20. Milan, 20.
26 — Lyon, 17.
27 — Lyon, 21.
30 Bude, 18.
1er juin. Lyon, 26. Bude, 21. Corfou, 18.
vie le More à Novare, en 1500, parvient dans la nuit du 11 au 12 avril : les ambassadeurs français l'eurent le 12 (dimanche des rameaux) à la messe, par deux courriers espacés, qui déclarèrent avoir fait la veille 180 milles '. Les courriers les plus irréguliers sont ceux d'Espagne et du Portugal, du moins tant que l'Espagne et la France se trouvent en guerre. En 1499, un héraut vient de Séville à Venise en quinze jours, porter une offre de secours du roi d'Espagne, contre les Turcs'; mais, en 1495, la ligue de l'Espagne avec Venise, publiée en Espagne le 26 avril, n'arrive, par courrier spécial, à Venise que le 9 juin, le courrier n'ayant pu passer que par mer entre Barcelone et Gènes 3: un autre courrier, arrivé le 15 juin, portait des lettres du 20 mai; il avait attendu sept jours à Barcelone une occasion de passage *.
La mort d'Isabelle la Catholique (26 novembre 1504) n'est connue à Rome que le 24 décembre 5.
Ainsi, les ambassadeurs peuvent avoir très bien des primeurs de nouvelles.
Mais il se produit à cet égard une sorte de conflit permanent. Un gouvernement, régulièrement, transmet ses communications à un autre gouvernement par son propre ambassa-
1) Sanuto, III, 214.
2) Novembre 1499. Sanuto, III, 52.
3)Sanudo, Spedizione, 375.
4) Sanudo, Spedizione, 389.
5) Dispacci di Giuslinian, III, 345. L'ambassadeur vénitien à Lisbonne reçoit par courrier, le 21 mars, six lettres de la seigneurie de Venise, du 31 décembre, mal conditionnées « per le aque ». Il y a une partie indéchiffrable (1501. Sanuto III, 1S96). Dépêche de l'ambassadeur vénitien à Londres, écrite le 21 décembre 1510. A ce moment, on était en guerre avec la France et les courriers étaient pris (Sanuto, XI, 690) ; il ne trouve personne, même avec de l'argent, pour porter sa lettre. On attend un courrier de Flandre, dont il profitera. Le 15 septembre 1509, on reçoit à Venise une dépêche de l'ambassadeur en Angleterre, datée du ler(Dép. du 14 sept. 1509, Post-Scriptum. A. de Venise).
ileur et non par l'ambassadeur étranger accrédité sur place ; Venise, par exemple, doit faire passer ses communications par le résident vénitien en France. Mais le résident français à Venise, s'il se montre actif, intrigant, obligeant, libéral en nouvelles..., s'il a les faveurs du gouvernement vénitien, «soutirera » les nouvelles intéressantes et prendra l'avance sur son collègue de Paris. De là, les plaintes amères de celui-ci, qui,- dans l'intérêt de son action, réclamera son privilège de nouvelles nationales : « Je ne puis croire ce que dit le comte Alexandre (Trivulzio), frère de l'ambassadeur près de vous, écrit Dandolo, que vous lui avez communiqué ce que vous m'écrivez, ce que vous recevez de Rome et ce qu'on doit faire passer par moi '... » l/évêque d'Asti, l'ambassadeur en question, était un italien soupçonneux, qui avait l'habileté de tout se faire communiquer *.
La plus grande marque de confiance à donner à un ambassadeur étranger, le plus grand plaisir que puisse lui faire un souverain, est donc de le charger officiellement d'une communication. Nous voyons même Louis XI donner à un résident milanais une lettre de créance pour certifier à son maître le contenu de sa dépêche : fait absolument anormal, et qui marque l'extrême limite du genre 3.
De ce qui précède, il résulte que les dépêches du gouvernement apportent à l'ambassadeur 1° des ordres, 2° le langage à tenir pour les affaires, 3° des nouvelles.
Mais l'historienne peut accepter les dires des dépêches sans contrôle, c'est-à-dire sans compléter la dépêche principale par
4) Dép. du 18 déc. 1513 (A. de Venise).
2) Dép. à l'orateur en France, 4o sept. 4514 (A. de Venise).
3) Créance de Louis XI auduc de Milan, pour Panigarola, amh. milanais, chargé d' « escripre aucunes choses de par nous » (1467. Letlr. de Louis XI, III.ITTi.
la dépêche annexe qui y est quelquefois jointe et qui contient des ordres complémentaires ', ou sans rapporter les dépêches aux faits, ou sans les comparer entre elles. Ainsi, dans une dépêche du 15 juillet 1493, à son ambassadeur de Milan, le roi de Naples déclare remercier Ludovic Sforza de la réponse faite à la France, en faveur de Naples 2 ; or, il se savait si bien trompé par Ludovic que, le même jour, il envoie à l'ambassadeur en Espagne un tableau de la situation, où il représente le pape comme initiateur de la coalition de Milan avec la France contre Naples 3. Un ambassadeur français, Perron de Bascher, arrive à Rome : Ferrand de Naples écrit à ses ambassadeurs en France que Perron a parlé orgueilleusement au pape, que le pape a répondu avec réserve, que l'impression remportée par Perron changera en France bien des choses* ; près de son ambassadeur à Rome, il se plaint amèrement, au contraire, de la réponse trop favorable du pape, il accuse le Saint Père de duplicité3.
B. Correspondance expédiée par l ambassadeur . Les écrits que l'ambassadeur doit à son gouvernement se divisent: 10 en dépêches, 2° en rapports, 3° en mémoires. La dépêche6 est une lettre, écrite au jour le jour, sous les impressions du moment : le rapport un compte-rendu sommaire de la situation en cours de la mission : le mémoire (ou relation), un travail d'ensemble rédigé dans le silence du cabinet 7, après le retour
i) Dép. vénitienne du 28 déc 1309 à l'ambass. à Rome, et dépêche annexe du même jour (A. de Venise, Secreto 42, 102).
2) Dans des dépêches du 8 février 1492, à son ambassadeur à Milan, Ferrand se déclare chaleureusement heureux de l'accord entre Milan, Florence, et la France (de l'accord de ses ennemis. Trinchera, Codice Aragoncse, t. II, p. i, p. 38, 39).
3) Trinchera, Codice aragonese, t. II, p. n, p. 130, 133.
4) Dép. du 12 août 1493 dbid., p. 203). o) Dép. du 16 août 1493 (Ibid.)
6) « Despèche » (Lettres de Louis XU, I, 166).
7) Sur la différence des rapports et des relations, V. Gachard, Monuments.
CORIiESPON'DANCKS DIPLOMATIQUES 121
de l'ambassadeur. Nous parlerons du mémoire à propos des archives diplomatiques.
1° La dépêche a pour but de rendre compte des conversations du résident et de transmettre toutes les nouvelles.
Aux veux d'un gouvernement, le meilleur résident est celui qui écrit le plus souvent, et qui tient quotidiennement au courant des plus menus détails. Certaines instructions rappellent expressément ce devoir \
Le reproche de ne pas suffisamment écrire est considéré comme de la plus haute gravité8. Aussi le résident passe-t-il une partie notable de son temps à sa correspondance 3. L'envoyé du duc de Ferrare à Florence et près de Charles VIII, en 149o, envoie six rapports circonstanciés en huit jours, le premier du 11 juin, le dernier du 18, et il ne reçoit de son maître que la lettre de rappel, puisune lettre tinale quiapprouve sa conduite : « Nous vous remercions et nous vous louons de tous les renseignements que vous nous avez envoyés, de tout ce que vous avez dit et fait. Vous avez agi en tout avec sagesse etenbon ambassadeur *. » Un bon ambassadeur écrit encore plus. « C'est plutôt pour ne pas interrompre mon usage de vous écrire chaque jour, que par nécessité, que je vous adresse cette lettre, dit une dépêche de Machiavel. Je n'ai rien d'important à ajouter aux trois dépêches des deux jours précédents, expédiées cette
de la diplomatie vénitienne, dans les Mémoires de l'Académie royale de Belgique, t. XXVII, p.54.
1) « Kritis autem diligentissimi in scribendo et minutissime signiticando omnia occurrentia do die in dieni » (Commission vénitienne du 10 juil. 1498. aux ambass. en France. A. de Venise). Cf. Dispacci diA. Giustinian, 1,6.
2) Le cardinal d'Amboise reproche à Accurse Mainier de ne pas écrire assez (1503. Sanuto, V, 533). Louis XII envoie, en 1501, un messager a Edouard Buillon, pour lui dire d'être « plus diligent d'écrire et avertir de toutes choses. »
3) V. Xys, Les origines de la diplomatie, p. 27. Kervyn, Lettres et négociations, II, 210.
nuit par un courrier de Lyon L » La difficulté matérielle d'expédier ses dépêches est la seule excuse que puisse alléguer un ambassadeur pour les raréfier. Quelques chiffres suffiront à indiquer l'intensité des envois. Le tome III des dépêches de Giustinian, résident vénitien à Rome, nous donne un total de 394 dépêches pour 36o jours, c'est-à-dire plus d'une dépêche par jour, sans défalquer les dimanches et jours de fête (si nombreux à Rome), ni les jours de déplacement, de maladie, d'empêchement. ..* Lesdépêches de Machiavel, quoique moins nombreuses, offrent encore un total respectable. Dans sa première légation à Rome, il envoie quarante neuf dépêches en cinquante jours3 ; dans la seconde, il écrit en moyenne deux fois par trois jours 4. Près de César Borgia, il n'écrit que tous les deux jours s : à Forli, presque tous les jours e, à Mantoue environ tous les deux jours 7 ; de France, il écrit moins, à cause des difficultés des communications B. Il résulte de cette fréquence d'envoi que les demandes et les réponses se croisent sans cesse *.
l)Dép. de Rome, 4déc. 1503.
2) 38 en mars 1504, 32 en avril, 32 en mai, 32 en juin, une par jour en juillet, 29 en août, une par jour en septembre et en octobre, 36 en novembre, 34 en décembre, 34 en janvier 1505, 35 en février.
3)28oct-.16déc. 1503.
4) Quarante dépêches : 28 aoùt-26 oct. 1506.
5) Cinquante-deux fois, en cent six jours (7 oct. 1502-21 janv. 1503).
6) Sept dépêches, dont une en route ; du 16 juillet au 24.
7) Treize dépêches : 17 nov.-l6 déc. 1509.
8) Première légation à la cour de France; 28 dépêches, les treize dernières signées de Machiavel, les autres de Délia Casa et de lui (25 juillet-24 nov.1500). Légation près de l'empereur; 14 dépêches, du 25 déc. 1507 au 14 juin 1508 (y compris les lettresdu voyage). Légation à Mantoue; 13 dépèches, 17 novembre- 16 décembre 1509. Troisième légation en France ; 18 lettres, 7 juillet- 10 déc. 1510. Quatrième légation en France; 4 dépêches, 13 septembre- 24 septembre 1511.
9) « J'apprends que vous vous plaignez de ne pas recevoir assez souvent des lettres de moi, ce qui m*est d'autant plus sensible que je ne crois pas pou-
La première dépêche doit partir à l'issue de la premièro audience '.
Lorsque l'ambassadeur vient d'avoir une conversation importante, il la transmet lo jour mémo *. Il y a des faits majeurs qui n'admettent aucun délai de transmission3, tels que l'élection d'un pape: la nouvelle part sur l'heure1, en style té-, légraphique, par les voies les plus rapides, et par estafette
voir mieux faire, car je vous ai écrit les 7, 9, 11, 12, 13, 14, lo, 16, 17, 20, 23, 27 ; celles-ci sont du 29 cl 30 » (Dép. de Machiavel, Imola, 30 octobre 1302).
1) Première dépêche de J. de Courteville, ambassadeur, aussitôt après l'audience privée (1500. LeGlay, Néyociations, I, 130). Cependant l'orateur peut être appelé à envoyer des dépèches avant son arrivée. Voici l'analyse d'une dépêche de ce genre, adressée au roi par l'évêque de Paris et M. de Tournon, deMons, le 10 janvier (1508) : « Reçu la lettre du roi, qui nous prescrit d'aller par Bruxelles trouver l'empereur. Reçu la lettre de créance. Le roi catholique a envoyé ici son maître d'hôtel Nicasius Kackency, qui va trouver le roi en la compagnie de M. du Ru ; cet envoyé avertit que le roi catholique a adressé àNamur son maître d'hôtel Mousqueron,pournous meneràl'empereurqui esta Trêves.Inutile de passer par Bruxelles, puisque vous nous prescrivez d'aller droit à l'empereur ; M. de la Rochebeaucourt nous a écrit dans ce sens. D'après Nicasius et le sr de la Roche, nous devrons nous adresser au trésorier, Mess. Jacques Veylingher, et à llans Regnyer, secrétaire. Le trésorier doit se trouver à la journée de Cambrai : en son absence, nous verrons Regnyer. Nicasius dit que tout est en bonne voie près de l'empereur, quoique plusieurs cherchent le trouble. M. de la Roche en écrit autant » (Bibliothèque de l'Institut, ms. Godet'roy 255, f° 6).
2) Dép. des résidents vénitiens en France, Dandolo lo février 1302-3, Condolnieri 24 janvier 1307-8 etc. etc. (A. de Venise). V. des dépêches de Jean de Courteville, au roi de Castille, dans son ambassade de 1506 en France, les 13, 16, 21, 24 mai, 16-17, 29 et encore 29, 30 juin, 2, 5, 10, 18, 21, 23, 26 juillet, 7, 16, 11 août, 1er, i£t 15J 23 septembre, dans Le Glay, Négociations, I. Cf. Lettres de Louis XII.
3) 16 mars 1466, à 4 heures de nuit. Lettre des envoyés de Galéas Sforza. à Chambéry : « On va aller cette nuit même le délivrer». Autre lettre, à 10 heuresdenuit (Archivio Sibrzcseo). — Venise, 17 mars 1466. Lettre de l'envoyé de la duchesse de Milan à Venise, après la mort du duc. Reçu le matin même par la seigneurie, il envoie de suite le discours amical qui lui a été tenu i.\ichivio Sforzesco).
4) Billet de deux lignes, annonçant l'élection de Jules II (Dép. de Machiavel, 1" novembre 1303).
spécial ', Le lendemain, l'ambassadeur adresse un rapport. 2
Vespucci, ambassadeur florentin, dans un rapport sur Innocent VIII, du 29 août 1484, s'excuse de son retard maladroit à envoyer l'avis de l'élection : le courrier est partisans l'aviser, au moment où il était à entendre la messe avec les autres ambassadeurs. L'estafette milanais a aussi été envoyé par un particulier, dit-il, et non par l'ambassadeur 3.
Les jours qui suivent l'élection d'un pape, les longues dépêches se succèdent : l'ambassadeur transmet le détail des libéralités faites aux cardinaux, son impression sur la nouvelle direction et les nouvelles influences, sur les premières communications échangées avec le nouveau souverain *.
La dépêche est adressée au chef de l'Etat : ainsi, à Venise c'est au doge, « Serenissime princeps»; très rarement et par exception, aux chefs du conseil des Dix5. On a vu des dépêches adressées à un autre ambassadeur chargé de les transmettre0. A un point de vue tout différent, un légat adresse des dépêches à d'autres ambassadeurs ou à d'autres souverains, en vertu de sa propre autorité 7.
Le chef de l'ambassade peut rédiger et signer seul la dé-
1) Dép. florentine (Tlmasne, Diarium, II, 1 note).
2) Rapport florentin, du 12 août 1492, publié par Thuasne, Diarium, 11,611.
3) Roscoë, Vie de Laurent de Mêdicis, pièce xxxix.
4) Dépêches florentines de 1492, publ. par Thuasne, Diarium, II, p. 612 et suiv.
3) A Florence, la dépêche s'adresse aux Dix, qu'on appelle: « Vos seigneuries ». L'ambassadeur dit: « MagnitïciDomini mei observandissimi », et finit par: « Et io me rachomando, humilmente aile S. V. » (Dép. de Bracci, 1497, publ. par Villari, MaccliiaveUi ed i suoi tempi, I, 534).
6) L'évêque de Gùrck, ambassadeur d'Allemagne près de Jules II, écrit les nouvelles à André de Burgo, ambassadeur en France, qui les transmet à Marguerite d'Autriche (Lett. de Louis XII, II, 142, 107).
7) Les légats en Hongrie, en Allemagne, écrivent à la seigneurie de Venise (mars 1501, déc. 1500. Sanuto, III, 1628, 1231).
pèche ; clans ce cas. on remarque une certaine propension à parler peu de ses collègues. La plupart du temps, les ambassadeurs présents signent tous : alors celui d'entre euv. qui produit un fait personnel se met en cause en se nommant : «Aujourd'hui, je... (un tel) ai dit... ' ».
Les signatures varient d'orthographe, suivant L'usage de l'époque -. Certains ambassadeurs afiectent de signer en latin. Les dépêches sont datées à la mode nationale et suivant le style du pays de l'ambassadeur : cependant on ne saurait poser à cet égard de règles bien absolues. Dans son ambassade de 1508 en Allemagne, le florentin François Vettori suit le style florentin, c'est à dire qu'il commence l'année au 25 mars. La diplomatie vénitienne suit aussi son propre style. André de Hurgo, milanais d'origine, ambassadeur des Pays Bas, date généralement ses dépêches du jour et du mois, mais quand il indique L'année, c'est selon le style de Rome, style de l'empire et de Milan 3. L'évêque de Giirck, ambassadeur d'Allemagne *; Paul de Lodi, secrétaire d'André de Burgo et milanais, chargé d'affaires en France pendant l'absence de Burgo, emploient le même style5. Au contraire, MM. deMelun,
1) Dép. des ambassadeurs de France près de Maximilien au cardinal d'Amboise, 28 février 1501 (LeGlay, Négociations, I, 37 et suiv.), signée de tous les ambassadeurs. Leur dernière lettre était du 7. Quelquefois le chef de l'ambassade s'appelle « moy » tout court. Ainsi, un rapport de 1461 porte : " Mgr le mareschal et moy escripvismesà moy Dauvet », ce qu'il faut traduire ainsi : « Mgr. le mareschal et moy Bureau (le chef de l'ambassade) escripvismes à moy Dauvet (le second ambassadeur) — (publ. par Vaesen, qui croit à tort à un lapsus, dans les Lettr. de Louis XI, 11, 'Ml).
2) Panigarola, ambassadeur de Milan, à la fin du XVe siècle, signe « Panicharola », ou « Panigarola » (Dép. des amb. milanais, I, XI, n. 1) : Ant. de Plan, son collègue, signe : « Antonius de Aplano » (Mandrot, Ymbert de Datarnay, p. 342).
3) Lett. de Louis XII, III, 159, 145 : LeGlay, Négociations, I, 488, 491.
4) Lett. de Louis XII, IV, 16, 30(janv. 1513).
'•>) kl. IV, 50, 59 ; III. 110, 10 janvier 1512 ; et le 26 février 1512 (Lé Glay, Négoc, I, 481).
de Viry, de Gattinare, Caulier, ambassadeurs des Pays Bas et d'Allemagne, écrivent à Marguerite d'Autriche, de Bourges, le 121 et le 16* mars 1508, en réalité 1509, c'est-à-dire selon le style de France 3 ; l'un d'eux, Mercurin de Gattinare, date une
1) Lelt. de Louis XII, I, 149.
3) En France, l'année civile commence le jour de Pâques, à Venise le d^rmars... Cependant le 1er janvier continue en France, en Italie, et même à Rome, à s'appeler le premier « Jour de l'an » (V. not. JJ, 234, 81, v°) et à être l'été conformément à de vieilles traditions du paganisme, vainement combattues par les conciles. Ainsi les comptes royaux et ducaux mentionnent tous, en janvier, des cadeaux ou aumônes pour le jour de l'an. Le 31 décembre, dernier jour de l'année, les entants et jeunes clercs demandaient partout, en France, Van guy ïari neuf, ou à guileuleu (Comptes, dans les Titres d'Orléans, t. XIII. JJ, 234, l3o. Th. Marcilius, Historia strenarum, Paris, 1599, p. 11, 23, 46. Cf. t. II, p. 270, du présenl ouvrage). A Florence, nous dit le Pogge, les calendes de janvier sont « anni principium » (Facéties, édition Lisieux, fac. 189). Le premier janvier, dit Sanuto (Diarii, VII, 709) est à Venise « il primo di de anno nuovo, licet in questa terra non si mutta milesimo si non al primo di marzo. » Le même Sanuto nous raconte ailleurs (Spedizione, 165), que, le le1' janvier 1495, Charles VIII entend la messe, en grande cérémonie, à l'église Saint-Marc de Rome, entouré decardinaux, « per essor el primo di de anno nuovo. » Louis XII meurt le 1 ' janvier : un ambassadeur écrit : « Le lendemain, le roi (Louis XII) trespassa,le jour du nouvel an » (Dép. de Phil. Dalles à Marg. d'Autriche, 3 janvier 1515. Le Glay, Négociations, I, 593). Fleurange dit que le roi mourut t par un premier jour de l'an. — Ce lui léusi (à François Ier) une belle estrègne pour un premier jour de l'an ... Ledit s' d'AngouIesme naquit par ung premier jour de l'an ; son père mourut par un autre premier jour de l'an, et après eut le royaume de France par ung premier jour de l'an. » Il y a donc là un fait indispensable à observer et que ne us signalerons en passant, parce qu'il parait méconnu de certains savants. Ainsi M. Vaesen, rendant compte du tome WlàzY Histoire de Louis XII dans la Revue des questions historiques (annéel89l, fasc. 2), nous a, parmi d'autres critiques analogues, reproché d'appeler « jour de l'an » le premier janvier, et a cru que nous avions eu la pensée de faire commencer à cette date l'année civile. Ajoutons enfin que l'année financière ne coïncide presque jamais avec l'année officielle. En lisant, par exemple, dans les comptes d'Asti la mention suivante : « Deannoincepto die prima februarii anni MCCCCLXIX et finito ultima januarii anni MCCCCLXX » (Collection de Bastard, n° 920), il ne faudrait pas en conclure que l'année civile commençât à Asti le 1er février.
lettre particulière à sa souveraine du 16 mars lo09 \ a. la romaine, tandis que Yiry et (ïattinarelui écrivent de Charolles le 11 avril 1509 avec la mention «après l'asques,»* à la française. Il n'y a doue pas de règle absolue, Chaque ambassadeur suit ses habitudes.
C'est le secrétaire qui, d'ordinaire, écrit la correspondance, à moins que l'ambassadeur ne tienne à l'écrire de sa propre main pour un motif ou pour un autre 3.
Les dépêches et rapports sont rédigés dans la langue nationale de l'ambassade '; si l'ambassadeur, comme ilarrivc quelquefois, est étranger et peu au courant de cette langue, il s'en remet à son secrétaire du soin de la rédaction. André de Uurgo, ambassadeur en France d'une cour toute française, comprenait difficilement le français et ne l'écrivait pas. 11 avait un secrétaire pour le français, et un pour le latin : quand le secrétaire français lui manque, il écrit en latin s. Paul de Lodi, chargé d'affaires par intérim, ne peut libeller ses dépêches qu'en italien, chose peu pratique, ou en latin; mais quel latin ! Malgré la forme sèche et antilittéraire de petites phrases presque uniformément commencées par Item ou par
1) Lettres de Louis XII, 100.
;>) Dép. de Geoffroy Caries, 1501 (Le Glay, I, 51), de Foscari, de Loches, 42 fév. 1500-1501 (A. tic Venise).
4) La correspondance des ambassadeurs milanais est naturellement en italien ; la date, la formule finale et la signature sont en latin. L'ambassadeur traite le duc de « Votre Excellence » et ne parle du roi que sous ce nom : Maeslà. La correspondance n'est signée que d'un ambassadeur : les dépêches importantes sont signées de deux. L'Archivio Sforzesco contient une suite de dépèches milanaises du plus haut intérêt (V. aussi Ghinzoni, Gateazzo Maria Yisconti e Luigi XI. Dépêches de Panigarola, ambass. de Milan, au duc et à la duchesse de Milan, en 1467 : Lettres de Louis XI, 111,-365 etsuiv., etc.).
5) Dépèche en latin, datée de Blois, 4 mars 1512, style de Home (Le Glay, Négoc, 1, 488) ; Idem., le 9 avril 1512 (Id., 491).
Quod, il n'échappe pas aux fautes les plus élémentaires: quant au choix des expressions, en voici un exemple : pour dire : « Il lève une armée»; « Facit unam armatam1.» Un grec, Jean Lascaris, recueilli en Italie par les Médicis, était devenu en 1504 résident de France à Venise; c'était un protégé du cardinal d' A mboise, d'une tournure un peu orientale*, mais latiniste : celui-là écrivait en latin \
Les dépêches diplomatiques, rapidement libellées, portent la trace de quelque hâte : leur style estprimesautier, négligé, vivant, très caractéristique. Les Italiens se servent d'une
1) Lettr. de Louis XII, III, 267.
2) Sanuto, Vif, 727.
3) M. Etienne Charavay a eu l'obligeance de nous communiquer une lettre de Lascaris au légat, datée de Venise, -10 août, où, après quelques lignes d'une autre écriture pour indiquer qu'il y a peu de chose à dire, et qu'il l'écrit au roi, Lascaris continue ainsi : « Ro D'10, dubito ne pretestatio quam scribo in litteris ad Regem esse f ictain Bartholomeo de Alviano a Gonsalvo Ferrante, sitquedam fictio,et ne Bartholomeus predictus vadat contra Florentinos ut mutet statnni Florentie, cum Ilispanorum consensn, et forçasse etiam cum consilioet favorehujus dominii : et hoc suspicor, primum quia Bartholomeus non potuisset alere tantum exercituin tanlo tempore propriis sumptibus. Postea video oratorem Hispanum esse quolidic, ex quo venerunt Hispani ad Plumbinumin magnisconsultationibus cum his dominis. Ulterius, quando ingressi sunt Hispani Plumbinum, egodixi quedam verba his dominis, si possem intelligere quomodo placeret ipsis ea res: ex responsione quam mini fecerunt visum est milii quod non displicebat ipsis quod essent ingressi, quia dixerunt Plumbinum esse rem parvi momenti. Quod autem supra omnia me inducit ad hanc suspicionem, illud est quod hic habent regem nostrumegrotare incurabili cgritudine,et a nonnullisdictum est mihi quod existimant eum non posse evadere multos menses: talis opinioposset suscitare cogitationes que sunt habite ante mortem cardinalis Ascanii, du m Rex graviter egrotaret. Hec loquor ex suspitione, nihil habeo certi,eteo minus quo, postquam detenti sunt secretarii.dequibus scripsi superioribusdiebus, minus potestaliquis quidpiam intelligere propter terrorem incussum omnibus. — Eodem die. Dictum est hic etiam venisse istuc ad Regem duos Jacobitas missos aRege Aragonie, acturos de pace, affirmantque eos missos ad decipiendum ut alias. E. D. V. Rme (autogr.) humillimus servitor, Janus Lascaris. Au dos: A monseigneur, Monseigneur le légat » (orig., sur papier. Dépêche indiquée dans le Catalogue d<i la vente du 13 janvier 1887, sous le n° 66. et dans le Bulletin d'autographes de M. E. Charavay, no 221, janv.-févrieri886, sous le no 31397).
langue courante, sorte de jargon mêlé de latin et de divers dialectes, langue à part, qui se greffe sur un des dialectes indigènes. On trouve parfois dans les dépècbcsdesboutades1, des saillies bizarres *, des récriminations plus ou moins vives sur la pénurie d'argent, ou même surla directiondesatfaires. Un projet de traité, cpie les ambassadeurs de Marguerite d'Autriche lui soumettent ne rencontrant pas son approbation, ceux-ci lui envoient un autre projet, modifié, qu'ils considèrent comme trop beau et inacceptable pour la partie adverse qui « se laisroit plus tost aracherles dents » : si celui-là ne plait pas, ajoutentils, « que Messieurs les clers de par delà pourjectent ung traisté en ceste matière, d'eulx mesmes et selon leur entendement ; et cognoistrez après quel choix y aura de l'ung à l'autre. s»
La rédaction des dépêches procède essentiellement par description et par analyse. On commence par un accusé de réception des lettres du souverain, « cum débita reverentia », ajoutent les Italiens. Ensuite on s'attache à une reproduction littérale des paroles et des faits. Cette rédaction suppose donc une certaine liberté de parole.
Quand l'ambassadeur promet le secret sur une confidence, il entend par là que la confidence n'ira pas plus loin que son gouvernement. Foscari rend compte d'une conversation secrète avec l'évêque de Novare : « Il m'a prié de ne vous donner aucun avis de cette conversation, ajoute-t-il, et je le lui ai promis*. »
i) a 0 Domina Domina nostra, s "écrie André de Burgo dans une dépêche à Marguerite d'Autriche (1510) ! Possumus conqueri de multis, sed etiam in parte de nobis ipsis! Yiceramus, et poteramus iterUm vincerc, et cetera...; nolo aliud dicere » {Lettr. de Louis XII, I, 263).
2) Le consul de Venise à Naples écrit qu'il est au lit avec un fort mal français (io[0. Sanuto, X, 115).
3)Lelt. de Louis XII, h l8î.
4) Dép. de Lyon, 25 sept. 1501 (A. de Venise). 9
La dépêche diplomatique est un document essentiellement confidentiel ; il faut des circonstances exceptionnelles pour en autoriser la communication1, et, à plus forte raison, la publication'. Mais on peut toujours craindre une indiscrétion. Le résident d'Urbin à Rome se hâte de révéler à son collègue de Venise le contenu de dépêches chiffrées de France, arrivées la veille, au moment où il se trouvait au Vatican avec le trésorier3. Aussi rencontre-t-on quelquefois des recommandations do secret4. A 'Venise, les dépêches sont lues en conseil dos Dix, à huis clos, et l'on renvoie le dé* libéré au lendemain, après serment do ne rien révéler5 : cependant, Dandolo, dans une dépêche chiffrée et autographe, répète à la seigneurie ces mots de Louis XII :« Pour l'amour de Dieu, tenez cela secret, et, je vous le dis franchement, n'allez pas l'écrire pour qu'on le lise au conseil des Prcgadi ; tout le monde le saurait, et il n'y aurait plus rien à faire. Si vous écrivez, réclamez en mon nom le secret, et qu'on ne lise pas votre lettre. Ecoutez, je veux vous parler plus franchement que je n'ai jamais fait avec un autre : quand j'étais votre ennemi, je connaissais toutes les délibérations des Prcgadi, si secrètes fussent elles. Ne me trompez pas ! Je saurais plus facilement que jamais tout, si je voulais : mais, grâce à Dieu, je n'en ai pas besoin. Je crois voir le cœur
1) L'ambassadeur milanais près la duchesse de Savoie ouvre, au passage, le rapport de l'ambassadeur milanais en Suisse, le communique à la duchesse el l'envoie à Milan avec son propre rapport (1473. Dép des amb. milanais, 1,59).
2) Le duc de Ferrare fait publier à Ferrare une lettre de son ambassadeur à Milan, sur la bonne réception du cardinal d'Amboise (mai 1500. Sanuto,IIl, 278), Le duc de Milan dit à l'ambassadeur vénitien du mal du roi Louis XI, et ajoute que Louis lui a proposé de déclarer la guerre à Venise. La relation de l'ambassadeur fait tapage. L'ambassadeur milanais à Venise s'en procure le résumé et l'envoie au duc (1476. Dépèches des amb. milanais, II, 385).
3) Août 1504. Disp.diGiustinian, III, 218.
4) Dép. de Mauroceno, Blois 24 sept. 1504 (A. de Venise). 5)Sanuto,IH, 259.
de la seigneurie : elle voit, elle a le mien. Si donc vous écrivez aux Dix, priez en mon nom de tie rien dire, parce qu'il
es! nécessaire en ce moment que nous soyions tout un »
« Le roi s'étendit, avec une grande expression de sincérité, ajoute Dandolo. Je le remerciai de cette marqué d'affection ; je lui promis la pareille, et votre fidélité inviolable à son alliance, je lui dis que j'écrirais de ma propre main en grand secret1. »
Tel ambassadeur demande qu'on jette au feu sa dépêche, aussitôt déchiffrée1; des résidents vénitiens s'opposent à ce qu'on communique leurs nouvelles de France à l'ambassadeur de France 3.
L'ambassadeur prudent se préoccupe de l'impression que va produire à sa cour la dépêche, et il écrit en conséquence* ; ses amis le renseignent confidentiellement et l'avertissent même des faits politiques relatifs à son service. En 1501, la situation d'x\ccurse Mainier, résident de France à Venise, était fort ébranlée; Mainier avait à traiter bien des affaires intéressantes pour les chefs de l'armée, et on trouvait ses dépêches agressives. Ses amis l'en avisent discrètement, et lui conseillent d'aller à Milan faire sa cour au car-
U Dép. de Beauvais,le'' août 1513 (A. de Venise).
i) Mercurin de Galtinare à Marguerite d'Autrielie (juillet 1510. Lett.de Louis XI f, I, 27(3). Le procureur en cour de Rome de Marguerite d'Autriche lui envoie des détails sur la mort violente du cardinal d'Vorck, empoisonné à Rome, disait-on, par l'évêque de Vorchester : il la prie instamment de cacher d'où elle tient ces détails : « Habet pecuniam episcopus, <pie excusabit eum, et sic ipsum accusarenon debeo, nec accuso, quia ejus indignationem haberenon vellem. » D'ailleurs, cen'esl pas prouvé (1514. Ibid., IV, 343).
■ '< Dép. deCondolmeri, Blois, i lévrier 1507-8: de Dandolo, Blois, 30 nov. 1513 (A. de Venise).
4) Les ambassadeurs de Marguerite d'Autriche, pour lui taire leur cour, lui envoient même île Tours des pêches et des raisins muscats (15 sept. 1540. Le Glay, Négocia/ions, I, 358).
dinal d'Amboise ; ils lui résument aussi le langage tenu par le résident de Venise à une audience du roi ' .
Il faut aussi assurer le secret à l'égard des indiscrétions tierces. Dans ce but, on peut recourir à divers expédients de rédaction : signer de simples initiales* ou même d'un autre nom *: Le système le plus sûr consiste à écrire en langage figuré, en employant des mots de convention. Bien manié, ce système donne un résultat indéchiffrable * : mais, dans des mains inexpérimentées, il ne constitue qu'une défense naïve, facilement pénétrable. Aussi est-il peu employé, et seulement à défaut de chiffre. Nous avons un exemple de la forme naïve dans les dépêches latines de Paul de Lodi, chargé d'affaires par intérim à la cour de France en 1512. Evidemment, lorsque Lodi écrit : « Item, quod Dubius fecit ficri decem millia pedites Mediolani ; quod Dubius facit unam armatam in Provincial », il suffit de savoir que le roi de France gouvernait Milan et la Provence pour obtenir la clef de ce latin. Un autre chargé d'affaires ne s'en tire pas beaucoup mieux : il appelle le pape Ba et l'empereur Be, mais il dira par exemple : « Ba envoie un bref à Be » ; or les moins clercs savent que le pape seul écrit des brefs 6. Ce sont enfantillages d'apprentis diplomates.
Pour assurer le secret, on se sert généralement d'un alphabet conventionnel, appelé « le chiffre », « les chiffres » 7, en
1) Lettre publiée dans Jean d'Auton, tome IL p. 14, n. 1. Guichardin, résident en Espagne, est renseigné par son frère resté àFlorcnce (Guicciardini, Opère inédite, VI, p. 36), par son père (p. 47), par un secrétaire de la seigneurie (p. 243).
2) 1476. Phil. Sacramoro, ambass. milanais à Florence, sign.: «Ph. S.» (Dép. des amb. milanais, I, 332).
3) Le consul de Venise à Chio (Sanuto, III, 129).
4) Lettre deCommines (Kervyn, Lettres et négociations, II, 42).
5) Lettres de Louis XII, III, 267.
7) Lettres de Maximilien à Philippe le Beau, alors en Espagne (juin 1506) :
italien «zifrc». Le chiffre est un système cryptographique, qui n'a rien de spécial à la diplomatie; on s'en sert entre particuliers i, à L'armée, etc. s. Il est très en honneur dans les diplomaties italiennes; rarement, on chiffre une dépêche entière3, mais il arrive constamment d'en chiffrer une partie *, ce <]iii présente d'ailleurs l'inconvénient d'appeler sur cette partie l'attention des indiscrets. A cet inconvénient, il fauten ajouter d'autres ; le déchiffrement incombe à un fonctionnaire subalterne, capable d'indiscrétion '. L'arrivée d'une dépêche chiffrée suffit déjà à exciter les commentaires. André de Burgo supplie Marguerite d'Autriche de tenir secrète une dépêche chiffrée qu'il lui adresse et de ne pas paraître l'avoir reçue 6. En réalité, on ne la dissimule pas aisément, et, même en chiffre, mieux vaut s'entendre par certains signes7 que d'écrire8.
« Quand à noz nouvelles, vous les entendrez bien au long par nostre cousin le seigneur de Chicvres, nostre lieutenant général, auquel avons ordonné de vous en advertir par les chiffres... » — « Depuis ces lettres escriples et chiffrées...» (P. S. d'une dépêche du 1er juin 1506;. « Nous avons depuis fait extraire ce peu de chyffrequi y avoit, et avons veu et entendu tout le contenu»... (Phil. le Beau à Naturel, son ambass. à Rome : juin 1506. Gachard, Voyages des souverains. I, appendices, p. 507. 515. 550).
1) Yit'sen, Calai, du fonds Bourré, n" 1208 : JacquesdeBeauniont, capitaine, écrit à Louis XI, pour lui envoyer un chiffre dont il se sert avec ses amis.
2) « Le pape refuse le passage aux gens d'armes milanais.... » Lettre chiffrée de l'ambassadeur de Milan à Rome, au capitaine, 2 nov. 1466 (Arch. Sforzesco;.
3) Dépèches de Dandolo, Blois, 5 et 8 janvier 1513 (1514), entièrement chiffrées (A. de Venise).
•i) Arch. de Venise, Diapacct degli ambasciàtori in Francia ai capi del Cons. dei X. til/.a la.
p) Nous en avons donné un exemple ci-dessus.
6) 1511. Lelt. de Louis XII, II, 173.
7-)Fr. Vettori. ambassadeur de Florence en Allemagne, demande, en cas de propositions de paix, qu'on les lui communique de suite en chiffre, en soulignant les articles où Florence n'admet pas de changement. On pourra aussi lui envoyer un blanc-seing signé du notaire et un plein-pouvoir en chiffre, qu'il transcrira lui-même sur le blanc-seing (Dép.de Fr. Vettori, Botzen. 29 mars 1508, dans les Œuvres de Machiavel).
8) Le chiffre usuel 3 celte époque se compose simplement d'un alphabet ;
On ne se soucie donc pas extrêmement du chiffre1, et, en tous cas, on cherche à le compliquer*. Chaque ambassa-
dans ces conditions, il suffit d'un peu d'attention pour opérer le déchiffrement, en commençant par les monosyllabes habituels et, de, des, etc. Voici, en 1510, le chiffre du cardinal d'Amboise, tel que nous l'avons déchiffré dans ses dépêches à Alberto Pio :
Séparation de lettres répétées : t..
Voici le chiffre du sire de Chaumont, en 1510, d'après ses dépêches au même personnage :
(Archives du prince Pio, marquis de Castel-Rodrigo). Le système du chiffre reste le même au XVIe siècle. V. des clefs des chiffres (1556), Ms. fr. 20974 : ms. Parlementa!.
1) André de Burgo, ambassadeur, écrit à Marguerite d'Autriche qu'il ne peut plus retrouver le chiffre « qu'il avait avec elle. » Il lui en envoie un autre, par un secrétaire qui s'en va (mai 1512. Lettres de Louis XII, III, 257).
2) On complique le chiffre par l'intcrcalation de signes de ponctuation ou de séparation ; par l'emploi d'un chiffre arabe, d'un simple signe conventionnel ou d'un pseudonyme, pour désigner un nom propre. En voici quelques exemples extraits du déchiffrement de la correspondance adressée à Alberto Pio, résident de France : « Soyez sceur quaaea ? esté aduerty pour tout uray que ca avoi-)-enuoyé ung sien cubiculaire angloys deuers 31 pour linciter a faire une descente en France et faire la guermq re au traianus et au royaume 7r et pour ce faire offroit iubilez et deximes iusques a sept cent mil 7r cq de ducats et ou cas que cest argent ne suf tt X fist suplirde sien propre ca X et pour mieulcq x conduire la chose of^Xûa froit a monsieur deu ueo uincestre. . .» etc. « Et pourparler franchement quant Severuz uoXU7711s parler du fait de Il declairer luy pour une maxime que ne contreuiendra en chose du monde à ce qui a esté conclut ou traicté de cambray mais de ce qui a esté raquinest (?) ou traicté traianus en fera tousiours par laduis et conseil de tous mes ttcoX sieurs ses confédérés. Dont il est le chef. »... « Des praticqnes et menées el en-
deura Le sien propre1. Il s'en sert dans la correspondance courante; mais au cas où il aurait à craindre l'arrêt de ses dépêches, il ne pourrait y recourir sans imprudence ; quand on intercepte une dépêche chiffrée, on s'arrange pour la lire*. La cryptographie a ses règles, et l'art du déchiffrement fleurit dans les chancelleries3. Cet art est ancien : en 1396, nous voyons les Florentins envoyer au roi de France, pour l'irriter contre Jean Galéas Visconti, de fausses lettres chiffrées, soi-disant interceptées et déchiffrées*.
Les dépèches chiffrées adressées à un ambassadeur ne portent pas de signature.
— Les dépêches d'un résident traitent trois catégories do sujets : état des affaires en cours ; nouvelles de faits conclus et passés; conseils sur la conduite à suivre.
treprinses de Seoerus actendu sa mauuaise complection ymaginacions et sinderes (?) qu'il a en sa teste il ne mesmerueille de riens etmesmement que autaut que mescripuez ce suis aduerti dangleterre alleniaigne en plusieurs autres lieux maiz dune chose suis je fort esbay c'est de ce que mescripuez Scipio car s'il n'est bon et seur pour Traiamis cest le plus faulx et lasche prince que soit sur la terre ...» « Quant au regart du sa de l'alliance qu'il ueult renouueller avec ques 19, sa saincteté en a escript a leuesque de tiboli pour en entenére sa voulonté auquel a esté fait responce telle que verrez par une lettre que il vous escript : tout en foys je n'ay point uoulu que resolution se soit prinse iey maiz le tout remis a uous qui en avez escript et sil est besoing Q nous enuoyera ung mandat. » 31 est le roi d'Angleterre ; 19, Q ou Traianus, Louis XII ; =5 ou Severus, Jules II ; Scipio, Ferdinand le catholique (Arch. du Prince Pio, m. de Castel-Rodrigo).
1) En l'absence de l'ambassadeur, le chargé d'affaires en hérite. Jean le Veau accuse réception au secrétaire de Marguerite d'Autriche d'une lettre en « zifre », et répond qu'il n'a rien trouvé (Lett. de Louis XII, II, 173, III, 135).
2) Un courrier envoyé en Allemagne par les ambassadeurs de Venise en Hongrie est arrêté: les lettres, portées au roi, étaient en chiffres et ne contenaient que des récits de conversations (juin toOO. Sanuto, III, 32).
3) V. à ce sujet M. Perret, Les règles de Cicco Simonetta pour le déchiffrement des écritures secrètes, 4 juillet 1474, dans la Bihl. de l'Ec. des Chartes, 1890, p. S16 et s.
4) Jarry, Vie... de Louis de France, p. 212.
Rien de plus facile que de rédiger une dépêche sur les deux premiers points ; le troisième présente des dangers à plus d'un titre.
D'ordinaire, on connaît facilement les faits, sauf un fait majeur et excessivement secret, comme la ligue de Cambrai. Mais on pénétre très difficilement ce qui se passe autour de soi, et il est plus difficile encore d'en dégager une ligne de conduitepour l'avenir : on ne doit dans ce but négliger aucun moyen d'information exacte '.
La plupart des résidents se bornent à envoyer des nouvelles. « Mon office est de connaître toutes les dispositions du pape et d'en informer Votre Sublimité », écrit l'ambassadeur de Venise à Rome, en envoyant l'analyse d'une importante dépêche du nonce en France, dont il a eu connaissance par une personne versée « in penetralibus Pontificis * ». — « Sérénissime prince, écrit-il encore le 3 septembre 1502, mon office pour le moment consiste à fureter çà et là ce qui se dit et à en donner avisa Votre Sublimité, ce que je fais en toute diligence, sans épargner ma fatigue. Je n'affirme les nouvelles que quand je les tiens de source sûre; autrement, je mériterais un blâme. Mon rAle n'est pas d'apprécier les choses, mais de les faire connaître comme je les sais, en indiquant la source, et en laissant à Votre Sublimité le soin de les juger, dans sa haute sagesse \ » — Le résident s'appliquera à donner autant de détails que possible, car on lui reprochera toujours de n'en pas donner assez. « Vous me demandez en outre où en sont les choses dans ce pays et quel jugement on en porte : je croyais ne vous avoir rien laissé à désirer à ce sujet ; j'y reviens en peu de mots », écrit Machia-
d) Machiavel, Instruction à Raph. Girolami.
2) Î502. Dispacci di A. Giustinian, I, 44,
vol1. Les dépêches diplomatiques sont donc pleines d'analyses de conversations, et très souvent de citations 2 ; puis, de cancans. A Venise surtout, on aime les petites nouvelles et on les prend de toutes mains.
Une fois que le résident a recueilli ses nouvelles, il les classe et les trie : il élague celles qu'il devine fausses, et, en en chaînant les autres, il en étudie la portée et les tire au clair pour en construire sa dépêche. Il fera bien d'éviter de se mettre trop souvent en évidence : « On se sert, pour les dépêches, du moyen suivant, déclare Machiavel : D'abord, on raconte les pratiques qui se produisent, les hommes qui les mènent, les passions qui s'y mêlent, puis on écrit ces paroles : Toutes les choses ci-dessus bien considérées, les hommes prudents gui se trouvent ici jugent qu'il doit en résulter tel ou tel effet. De mon temps, cette manière d'agir bien maniée a fait un grand honneur à beaucoup d'ambassadeurs, et en a déshonoré plusieurs ' ». Certains résidents, faute de temps pour se livrer à un travail d'élimination et de condensation, écrivent des dépêches beaucoup trop longues \
Rien de plus ridicule pour un ambassadeur que la vantardise; ainsi, l'ambassadeur de Venise à Londres, en 1510, séparé de son gouvernement par d'infranchissables espaces (la France était en guerre avec Venise, et on faisait la chasse aux courriers, plusieurs avaient été capturés et incarcérés), en
t)Dép. de Rome, 21nov. 1503. « Vous me demandez des éclaircissements que je crois vous avoir donnés. En lisant bien mes lettres, vous les y trouverez. » (Dép. Imola, 13 sept. Io02).
2) Not. Desjardins, 11,601.
3) Machiavel, Instruction à Raph.Girolami.
4) Dépêche de l'envoyé anglais John Stile à son souverain, en anglais : cette dépêche, imprimée, n'occupe pas moins de dix huit pages in-8 : elle est signée d'un paraphe tout à fait illisible (1509. Gairdner, Hùt. régis Henrici septimi, p. 431 etsuiv.). Naturelle ambassadeur de Maximilien, s'excuse de la longueur de ses dépêches (Le Glay, Négociations. I, 129).
profite pour dire que, si l'argent ne lui manquait pas, il ferait des merveilles; il servirait d'exemple à ses successeurs ; il a obtenu du roi d'Angleterre des actes importants1, etc. !...
On ne demande point à un résident de conseils ; s'il s'ingère d'en glisser dans ses dépèches, que ce soit avec mille précautions ! « Madame, écrit André de Burgo à Marguerite d'Autriche, combien je scay que vous et vostre conseil de par delà soyez assés saiges et que n'avez besoin de mon conseil, touteffois, pourvousobéir, et à vostre correction, mon petit avis est que devez, comme premièrementje vousaiescript2, etc..» Sans doute, le résident a des vues et des appréciations qui inspirent sa conduite, mais il doit bien garder les apparences et montrer un sang-froid imperturbable. Machiavel écrit très froidement, le 1er janvier 1502 (1503) : « Le duc (César Borgia) a fait mourir cette nuit vers la dixième heure Vitellozzo et Oliverotto da Fermo ; les autres sont encore vivants, en attendant... etc. » Aucun commentaire3. Une autre fois, de Blois, il transcrira, sans rire, une conversation où Bobertet lui rappelle tous les services rendus à Florence par les Français, depuis Charlemagnc jusqu'au dernier roi (('lia îles VIT), et même jusqu'au roi présent*. Mais à Florence on aime assez que l'impassible spectateur scrute les choses par lui-même et en fasse ressortir l'enchaînement. Les dépêches de Machiavel contiennent donc, avec le récit des faits au jour le jour,des analyses politiques pénétrantes sur le monde de la cour et sur les divers motifs qui peuvent guider le gouvernement ; parfois quelques mots sur des affaires privées. Les dépêches florentines renferment ainsi des prévisions, des pensées politi-
1) Ocl. 1510. Samito, XI, 690.
2) Lettr. de Louis XII, II, 260.
li) V. aussi une dépêche de Bertr. CostabiIi,au duc de Ferrare, il juin 1503, sur la mort deïroccio (Villari, Macchtavelli ed i suoi lempi, p. 599). 4) Dép. de Blois, 13 août 1510.
ques1. et môme des portraits de personnages*. Leur portée, on le comprend, varie entièrement selon la personne de l'ambassadeur. Pepi, résident florentin à Rome, se montre très empressé à écrire, le jour même, ses conversations avec le pape, avec les cardinaux ou avec ses collègues du corps diplomatique, sans commentaires3. En 1503, l'ambassade florentine à Rome envoie des dépèches plus larges, plus fournies de nouvelles *.
Lesnouvellesainsi expédiées rapidementappellentun certain contrôle ; les jugements portés par les divers ambassadeurs ne se ressemblent pas toujours. Le florentin Capello écrit, en chiffres, le 17 octobre 1500 : t Mgr de Trans (ambassadeur de France à Rome) est très estimé du pape : on dit qu'il fait plutôt les affaires du pape que du roi ; il se trouve près du pape en extrême faveur » ; Capello entretient chaudement son amitié et reçoit ses confidences, après avoir juré sur un crucifix de ne pas les trahir5. Peu après, son successeur Pepi écrit, au contraire, que Trans ne fera pas plus que les autres, qu'il passe son temps à se promener avec Pierre de Médicis, etc. Quant à l'ambassadeur vénitien, il représente Trans comme fort mal vu du pape...
Les dépêches diplomatiques existent en très grand nombre ; elles forment d'amples collections : leur trame varie assez peu. Les ambassadeurs novices écrivent dans un style em-
1) Desjardins, II, 143. 144 et suiv.. 157, 161, 179, 241, 368,416, 646.
2) Id., Il, 127, 280,509.
.'ii Y. ses dépêches de mars à décembre 1501, not. ses dép. des 10, 11, 13 (double dépêche , 14, 17,19, 20,21, 22, 25 mai 1801 , 7, 9, 12 juin, etc. (A. de Florence, class. X, dist. 4. 7. 85).
ii Dépêches de .). Y. Soderini, en juin 1803, d'Al. Bracci, de Fr. Fortueci de San Gemigniano, en juillet 1503, d'Ant. « Zcnus », en août 1503 (Arch. rie Floren
5) Dépêches du 17 octobre, du 21 oct. l800(Arch de Florence).
barrasse et retors, avec d'évidentes prétentions à la finesse ; la plupart adoptent une forme consciencieusement analytique, anecdotique. La grande allure, toujours rare, exige une expérience, une autorité, une vigueur qui ne se trouvent pas communément; elle suppose aussi des circonstancespressantes, difficiles. Marco Dandolo, qui fut deux fois résident en France, nous montre les deux manières. Dans sa première ambassade, nous le trouvons encore retors, timide ; sa dépêche du 1er février 1503, dit qu'il transmet les nouvelles avez zèle et sans commentaire ; tout son souci est de connaître les pensées et les intentions du roi par les meilleures sources ; il va jusqu'à employer les gens qui servent à boire et à manger. Dans une autre dépêche du 1 8 février, il raconte une entrevue nocturne avec un ami secret, qui trahit les confidences du roi; il n'ajoute rien ; il proteste de son dévouement et en réfère au conseil des Dix. Dans ses dépêches de 1514, au contraire, il déploie une vigueur, une précision, un esprit d'initiative que les tâtonnements de sa première ambassade ne pouvaient pas laisser supposer. On y sent un véritable souffle '.
L'étudodesdôpêchesestle seul moyen de connaître certains expédients, certaines opérations de l'espritpolitique,quiinfluent sensiblement sur la marche des affaires. L'ambassadeur habile indique discrètement la conscience qu'il a de son rôle, même en cas d'insuccès. « Je défends l'honneur de notre république autant qu'il m'est possible, écrit Machiavel, en développant les nombreux arguments qui militent en sa faveur. Ils ne sont point admis. Je n'ai pu jusqu'à ce jour vous mander tout cela, de peur d'être accusé de présomption ; mais, voyant aller les choses comme je l'avais prévu, j'aime mieux avoir à me plaindre des fausses interprétations que Ion pourra
1) A. de Venise.
se permettre qu'à me repentir de ne pas vous avoir informé de ce qui se passe ici '. »
Les résidents français paraissent écrire peu», et les dépêches françaises qui nous restent n'ont point l'envergure des dépêches italiennes : ce sont, à peine, des bulletins de nouvelles', et souvent beaucoup moins*. Il semble qu'on peut en dire autant des dépèches espagnoles 3. La banque de Saint-Georges, à Gènes, qui constituait une puissance, une sorte de petit Etat, envoyait aussi des ambassades pour ses affaires ; les dépêches sont nombreuses, brèves et purement en style d'affaires6.
2° — Les rapports sont des dépêches détaillées, ou plutôt des mémoires qui analysent et exposent une situation. Ainsi, en 1513, l'évêque de Gùrck envoie à l'empereur un rapport en latin sur la situation de Rome et les sentiments du pape 7. Ce sont les Florentins surtout qui réclament des rapports 8.
1) Dép. de Machiavel, Iniola, 115 sept. 1503.
2) D'après l'analyse de la correspondance d'Alberto Pio, résident français à Rome, Pio écrivait souvent, mais il était italien.
3) Cliaravay, Calai, de la collection Bovet (in-8°, 1887), no 150, lettre de Guill. Brieonnet. Dépêches de l'ambassadeur de France en Espagne (Ms. fr. 2961, fr* 46 à 100). Dépêches du maréchal des Querdes, ambassadeur spécial, sur ses négociations de paix avec les Flamands (Fr. 1554,1, 29) sur le traité passé par les gens de Bruges (Id., 185).
•i) V. les dépêches fort sommaires de l'ambassade de Charles VIII à Rome, signées de Bonguier ; priant le roi de faire remettre au pape une caravelle prise en mer (Rome, 30 avril. Fr. 15541, 180) ; entretenant le roi de nominations de bénéfices (Id., 181).
5) Dépêche de Pierre de Robledo.ambass. deCastille à Paris, sur l'enlèvement du dauphin, fils de Charles VI (K. 1710). Dép. de Hier, de Vich, ambass. à Rome, du 13 septembre 15lo(Archives deSimancas, Eslado, lego n° 847, f° 90).
6) Archives de la banque de Saint Georges, à Gênes. Lettres d'ambassadeurs, 1500-1510.
7) Lettr. de Louis XII, IV, 205.
8) On réclame à Machiavel des exposés de l'état du pays (Machiavel, dép. d'Imola, 27oct. 1502). Dès le lendemain de l'élection d'un pape, les ambassadeurs envoient des rapports plus ou moins explicites.selon ce que la prudence leur permet d'écrire (Rapport florentin, du 12 août 1492, publié par Thuasne, Diarium, II, 611).
« Les ambassadeurs très expérimentés1» dit Machiavel*, et sûrs de la force de leur esprit, écrivent rarement, tous les deux mois par exemple ; mais alors ils envoient un tableau complet de la situation, de l'état moral du pays, de la cour, de la politique. Ce procédé bien manié est fort apprécié du gouvernement, pareequ'il facilite beaucoup les décisions. Mais il exige une perspicacité profonde. L'ambassadeur devra, au bout de deux mois de séjour, se trouver en mesure de tracer un tableau tellement précis, tellement complet, qu'il n'ait plus qu'aie rafraîchir par la suite: etil devra dans la rédaction s'abstenir de tout ce qui sentirait la présomption. Il faut qu'on y trouve le langage de la prudence, qu'on sente la réalité des choses. Par exemple, un ambassadeur arrive en Espagne ; il enverra d'abord la nouvelle de son arrivée et de sa première audience3 ; puis il se taira et observera. Il étudiera d'abord le roi, les influences actives près de lui, son caractère (avare, pacifique, libéral, passionné, populaire...); les principaux personnages du pays, leurs dispositions politiques (tendances à jouir du présent, ambition...), leur influence, la solidité de cette influence, leur accessibilité à la corruption. Puis, dans le pays lui-même, il cherchera à analyser les forces sociales, le lien qui les rattache au prince, l'action dont elles disposent et l'effet que pourrait produire leur contentement ou leur mécontentement ; enfin le caractère du peuple. Puis il tachera de sonder les affaires politiques elles-mêmes, les vues du roi sur telle ou telle puissance, ses affinités avec telle ou
1) Surtout les ambassadeurs spéciaux.
2) Instruction à Raph. Girolami.
3) Par une simple dépêche classique, comme nous l'avons dit plus liant. V. les dépêches de l'ambassade de Louis XI à Madrid, en 1462 (Lett. de Louis XI, 11, 378, 380) : la première relate l'arrivée des ambassadeurs, l'audience de créance et l'audience secrète ; la seconde accuse réception d'une lettre du roi, et informe qu'elle a été communiquée.
Correspondances diplomatiques 143
telle autre ». Les rapports sont surtout pratiques pour les ambassadeurs spéciaux, chargés de traiter une seule affaire, et qui peuvent rendre compte de la négociation par un simple rapport ' ou une simple relation.
Copies Jointes. Très habituellement, on joint, soit aux dépêches, soit aux rapports, des copies de documents. Comme nous l'avons dit. le gouvernement envoie à son ambassadeur des copies de traités5, de dépêches reçues des autres ambassades, ou même de lettres interceptées 3. L'ambassadeur, s'il y est autorisé, ou s'il le juge à propos, communique ces documents '. De son côté, il annexera souvent des copies à ses dépêches : transcriptions de projets de traités '% lettres qu'il aura reçues, ou qu'il aura pu se procurer 8, notes précises sur la situation militaire ou sur l'état des troupes 7...
Ce système de copies de pièces est surtout usité dans la diplomatie vénitienne \
1) Rapport de Philibert de Groléc à Charles Y1I1, sur l'accomplissement de sa mission à Milan . Abyot (Abbiate grasso), 8 octobre (Ms. fr. 15541 , 160).
2) Commission vénitienne à Fr. Capello, en Angleterre. 3 juill. 1512.
3) « Je vous envoie l'authentique des lettres interceptées de l'orateur florentin, avec l'extrait du chiffre. Le pape verra que les Français veulent tout taire contre lui, avec le duc de Ferrare » (Dép. vénitienne aux ambassadeurs à Rome, 23 juill. 1510. A. de Venise, Sccreto 43,79).
î) Machiavel, pour obtenir une audience du duc de Valcntinois, lui envoie par un secrétaire une copie de pièces (Dép. du 15 oct. 1502) : il donne lecture de copies qu'on lui a adressées Dép. du 20 oct. 1502).
5) Copie des articles projetés pour la paix entre Louis XII et Maximilicn, annexée à la dép. de l'ambassadeur en France, du 29 lévrier 1508 (A. de Venise).
6) Copie d'un rapport secret d'un agent vénitien, du 24 janvier 1502-3, annexée à la dép. de Dandolo, du 1er lévrier suivant. Copie d'une lettre de Trivulce au roi, annexée à la dép. de Dandolo, 2 sept. 1514 (A. de Venise).
7) Ftat exact de l'armée du duc de Valentinois, annexé à la dépêche ,de Machiavel, d'Imola, 29 oct. 1902. F.lat des gens d'armes français destinés à passer les Alpes, annexé à la dépêche de Dandolo, du l't novembre 1514 (A. de Venise).
8) V. aussi des copies florentines, Desjardins, II, 132, 438 ; copies jointes
Les documents simplement communiqués sont des pièces intervenues entre des tiers ; les documents qui font partie intégrante de la négociation doivent être transmis en original, c'est à dire en expédition ', ou eu minute 2, suivant les cas.
Transmission des dépêches.
La transmission des dépêches s'opère par les postes, ou par des courriers spéciaux.
1° Postes. Les postes sont des relais de chevaux, établis pour porter des lettres. Cette industrie, libre en principe comme toute autre, est exercée par des particuliers à leurs risques et périls. Rien n'empêche un gouvernement étranger de traiter avec des postes pour assurer son service, ou d'en établir à ses frais s'il le préfère.
En France toutefois, il existe à ce sujet des règlements trèsspéciaux, qui ont pour but, non pas d'assurer le service, mais de le restreindre. Louis XI, qu'on représente comme le créateur des postes, édicta au contraire contre elles une réglementation draconienne. Il défendit aux postes du royaume tout service spécial, à moins d'autorisation formelle, et prescrivit, pour le transport des dépêches à la frontière, l'itinéraire exclusif des grandes routes, le tout sous peine de mort. Il voulait par ce moyen se réserver les nouvelles de l'étranger : de plus, il établissait aux frontières un bureau pour l'ouver-
auxdépêches de l'ambassadeur florentin à Rome, du 17 juin 1503 (duplicata de dépêche), 22 juin 1503 (lettre deNapIes), de nouvelles de Naples, 15 juin 1503, 29 juin 1503 (Archives de Florenee, Letlere ai X di Balia, class. X, dist. 4, filza 73, 320, 325, 354, 296, 305, 388).
1) Lettre au roi, transmise à l'ambassadeur de Venise en France avec une dépêche ùu môme jour (12 sept. 1513, A. de Venise).
2) Envoi par les ambassadeurs milanais à Florence, de la minute delà convention de ligue projetée (1478. Kervyn de Lettenhove, Lettres et négociations, III, 12).
COKKESl'OADANCES DIPLOMATIQUES 145
turc de toutes les lettres : ce bureau se composait d'un simple commis, qui, à son gré, sans responsabilité et sans contrôle, arrêtait les lettres qu'il jugeait préjudiciables au roi. Les gouvernements étrangers pouvaient, moyennant finance, se servir, comme tout le monde, des postes royales \ c'est à dire des chevaucheurs ou courriers soldés par le roi.
Charles VIII rendit cette réglementation plus stricte encore, en instituant un contrôleur des chevaucheurs; et même un ordre du 8 juillet 1495 défendit aux postes, sous peine de la hart, d'apporter aucune lettre contraire aux canons du concile de Baie et aux prescriptions de la Pragmatique s. C'était exiger des postes, non seulement la lecture des lettres, mais encore une appréciation théologique... Louis XII simplifia l'organisation, en supprimant d'un trait de plume les postes particulières. Il doubla le nombre des chevaucheurs royaux, et l'ordonnance du 18 janvier 1506-1507 ;! accorde aux chevaucheurs royaux, partout où il s'en trouve, le monopole de fournir des chevaux, mesure qui atteignait même les courriers spéciaux dont nous parlerons tout à. l'heure. Ainsi les lettres se transmettaient régulièrement de poste en poste ; pour accélérer l'expédition et assurer la gratuité aux lettres administratives, on y joignait une réquisition spéciale \ Le 7 mai 1515, les ambassadeurs d'Espagne déclarent à Louis XII qu'ils ont à transmettre en Espagne l'adhésion du roi des Romains à la paix : pendant toute la journée, Robertet cherche en vain à leur faire montrer cette
1) Ordonnances, XXI, p. 347, n. î. C f. t. I, p. 189.
2) Arthur de Rothschild, Histoire de la poste aux lettres.
3) Ordonnances, t. XXI.
I) Nous avons public dans les Procédures politiques du règne deLouisXU une réquisition postale, taisant partie du dossier du procès contre le maréchal de Gié.
pièce ; finalement, le roi « leur donne la poste » pour l'Espagne sans rien voir ,.
Cependant l'ambassade des Pays Bas obtint un mandement royal, qui lui permit d'établii des postes spéciales*.
Il ne semble pas que le système français se soit généralisé, du moins en Italie. Là, régnait la liberté complète des postes, malgré l'organisation soigneuse de cavallaires dans toutes les villes *. En 1501,1a France avait en Italie, pour son compte, un service de postes, centralisé à Milan, d'où le cardinal d'Amboise expédiait au roi un rapport quotidien : ces postes étaient si bonnes qu'on leur confiait les correspondances des ambassades étrangères*. En 1475,1e duc de Milan établit entre Moncalieri et Milan deux postes de chevaux, pour recevoir régulièrement les dépêches de son envoyé en Piémont ". Le roi de Naples a une poste à Florence \
Ces postes spéciales fonctionnaient à coté de celles de l'Etat, que dirigeait partout un maître des postes. Ce maître des postes est toujours un personnage important7, parce qu'il sait
i) Dép. de Dandolo, 8 mai 1514 (A. de Venise).
2) Les ambassadeurs de Marguerite d'Autriche demandent à Louis XII l'autorisation d'établir des postes de Blois à Bruxelles, pourleurcorrespondance. Louis XII la leur accorde de suite et ordonne à Robertet d'en faire libeller le mandement : « les postes au pays de France ne courroient sans ledit congié» (déc. 1509. Lettres de Louis XII, I, 203).
3) « J'envoie ces lettres via Pontremoli et je mande au commissaire de ce lieu de les adresser de suite au eavallaro de la poste, à Borgo San Donnino » (Dép. de l'ambass. de Milan à Florence, Sarzanella, 16 juin 1447. Archivio Sforzesco) .
4) Jean d'Auton, II, 92 note 2.
3) Dépêches des ambass. milanais, I, 20.
6) Id., 1,242.
7) En Allemagne, on envoie au maitre des postes, Francisque de Taxis, un paquet de lettres pour qu'il l'expédie (1511. Le Glay, Négociations, I, 435). Le maitre des postes apporte de la part de Maximilien un document aux ambassadeurs de France (1501. Id., 1,43) : il les prie de le communiquer de suite à Louis XII par leurs postes, pour avoir ses instructions.
ou pénètre les nouvelles *. Le maître des postes du pape avertit l'ambassadeur de Venise (pie, la nuit précédente, le pape a fait expédier un courrier spécial à Florence et en Suisse, avec des brefs à remettre, et des lettres de change pour ses besoins.1 La commodité et l'économie résultant de l'emploi dos postes royales de France, les font utiliser constamment pour l'envoi des dépèches *. Les dépêches pour les ambassadeurs apportées par les postes royales arrivent à la cour, dans le courrier du roi *. L'ambassadeur peut envoyer son secrétaire les chercher s ; ou bien on les lui remet de la main à la main, par exemple à la messe du roi ' ; ou bien, régulièrement, le cabinet du roi les transmet à la chancellerie, laquelle envoie un de ses commis les porter à l'ambassadeur "'. Rien de moins mystérieux que l'arrivée des dépêches par cette voie. Lorsqu'une dépêche est pressée, elle porte une mention spéciale sur
1) Marguerite d'Autriche reçoit par le maître des postes la nouvelle de la victoire deGuinegate(1513. Lett. de Louis XII, IV, 195).
2) 6 fev. 150."). Disp. di Giustinian, III, 402.
3) « Puisque les postes sont dressées icv, je vous advertiray continuellement des choses qui surviendront » (A. de Burgo à Marguerite d'Autriche, Blois, 17 sept. 1511. Lett. de Louis XII, 111,37. — Cf. Ibid., II, 23etsuiv.). L'orateur de Venise à Milan envoie en France par les postes royales les lettres de la seigneurie (juillet 1500. Sanuto. III, 527).
4) Ou transmises par un officier royal (Transmission par Trivulce, ment, dansladép. de Dandolo, du 22 déc. 1513. A. de Venise).
5) Dandolo écrit que son secrétaire Regino a été à la cour chercher « se crano mie lettere »(I)ép. du 8 mai 1514. A. de Venise).
6) Dandolo écrit qu'il a reçu à la messe certaines dépêches et qu'il les a de suite montrées au roi (Dép. du 14 sept. 1514. A. de Venise).
7) Pendant que les ambassadeurs de France et de Milan à Venise se promènent ensemble en gondole, un secrétaire de la seigneurie vient apporter à l'ambassadeur de France des nouvelles du roi de France. Il lui remet une lettre d'un autre ambassadeur de France (février 1495. Kervyn,Z,e</m et négociations, II, 165). Le trésorier Robertet, répondant à une lettre de l'ambassadeur d'Allemagne, lui envoie des nouvelles. La poste a apporté une lettrcdeM.de Gûrck pour l'ambassadeur, que Robertet a remise au chancelier pour la faire parvenir (avril 1511. Lctlresde Louis XII, II, 171).
l'adresse ; par exemple :« Per postas, cito, et volantissime. Consignata caballario, in Gebennis, die 30 jimij, liora 12" ',» ou encore « Cito, citissime, celerrime 5 ». Mais cette mention équivaut à une recommandation platonique. Le seul avantage de la poste consiste dans l'économie de l'envoi. Le port d'une dépêche d'Iinola à Florence, en 1502. coûte un florin 3, tandis (pie l'envoi d'un exprès coûte six livres, pour les seuls frais de déplacement *. La poste offre peu de garanties pour un ambassadeur. De plus, il faut connaître l'heure de départ et s'y conformer B. Le 12 août 1510, Machiavel reçoit à Chambord la réponse de son gouvernement à une lettre du 18 juillet. Comme la poste repart, il lui faut écrire à la hâte sa dépêche sur ses genoux \
Courriers. — Pour assurer la sécurité et la rapidité do leurs correspondances, les gouvernements et les ambassades peuvent toujours, même en France, employer des courriers spéciaux. Louis XI, dans l'ordonnance de 1464, réserve ce droit, à titre de tolérance : « Le pape et les princes étrangers amis du roi continueront à pouvoir envoyer des coureurs, conformément aux ordonnances7», c'est à dire tant qu'une ordon-
1) Mention d'envoi d'une dépêche pressée d'ambassadeur milanais, 1476 (Dépèches des ambassadeurs milanais, If, 329).
2) ])ép. deTrevisano, Asti, 14'juiU. 1502 (A. de Venise).
3) Dép. de Machiavel, 9 décembre 1502.
4) Dép. de Machiavel, U novembre iîS02.
5) « Le serviteur du maistre des postes m'a dit qu'il a heu commission de son maistre de mectre trois postes entre cy et Lyon. Et par ainsi je vous escripray à ceste heure continuellement de toutes nouvelles qui surviendront» (André de Wurgo à Marg. d'Autriche, 1510. Le Glay, Négociations, I, 404).
6) Dép. de Machiavel, à cette date.
7) Duclos, Hisl. de Louis XI, IV, p. 260 et suiv.
nanoe ne l'interdira pas. Les princes français ne bénéficient pas de cette faveur '.
L'ambassadeur recourra donc à des courriers chaque fois qu'il aura besoin de l'aire parvenir une importante nouvelle avec une vitesse exceptionnelle. La rapidité est une question d'argent :« Vu l'extrême importance, je vous en avise en toute célérité sans regarder à la dépense, selon vos ordres ; n'en dites mot à l'ambassadeur de France ». écrit le résident en France Dandolo à la seigneurie de Venise 2. La dépêche destinée à une transmission de rapidité exceptionnelle porte souvent une mention apparente : « Cito, volate, » etc. \
Quand même les courriers ne pourraient devancer les postes', on recourt à eux pour leur confier les documents à remettre en mains propres 5, pour avoir la certitude qu'une dépêche arrivera à sa destination '', et surtout pour échapper aux indiscrétions du service des postes : « Je vous envoie un cavalier spécial, ayant des nouvelles que je ne crois pas
1) Il y a, à la cour de Bourgogne, douze messagers, payés de leurs voyages par l'argentier, quand ils vont dehors, à raison de 4 livres par jour, dit 01 i vier de la Marche (IV, p. 66).
•2) Dép. du ^0 nov. 1513 (A. de Venise).
:!) <• Volate, volate, volate » (V. la marque florentine de l'adresse d'une dépêche à expédier par exprès, reproduite par Thuasne, Burehardi Iriarinm, 11. -1 note).
4> En avril 1471, un courrier envoyé au roi par le cardinal de Rouen promet de venir en treize jours àeRomehP&ris(Dépêclies des amb. mil., I,iv).
.*>) Les rapitoU de la ligue arrêtée à Budesont envoyés à Venise par l'ambassade, par courrier spécial (Sanuto, IV, 39). Humbcrt de Villeneuve écrit au cardinal d'Amboise, qu'un messager de Soleure en Allemagne est arrivé, porteur de lettres pour le roi : « Bernard, secrétaire dudit lieu, m'avait écrit deles rnvoyer par les postes, mais le messager dit avoir ordre de les mettre en mains propres. Je vous les envoie, avec la lettre de Bernard » (Lyon, 3 avril. Orig. bis. IV. 3087, fo 27).
6) Nouvelles importantes envoyées de Milan aux ambassadeurs milanais par un cavalier, à Amboise (13 février 1470. Ghinzoni, Galeazzo M* Sforxa e LuigiXl, p. H).
devoir confier aux cavaliers du roi, » écrit à Ludovic Sforza son ambassadeur en France San Severino * . Un courrier de confiance peut aussi porter verbalement des instructions ou des nouvelles * ; on lui donne pour la forme une lettre de créance, comme celle que nous venons de citer. Au XIVe siècle, on employait volontiers à ce service important de courriers secrets, des sergents d'armes 3, même des hérauts et rois d'armes *.
A vrai dire, toute correspondance diplomatique devrait passer par des courriers : mais l'argent manque pour les envois 3, et les correspondances des résidents témoignent de mille expédients en vue d'échapper à ce dilemme. Pour Machiavel, la grosse difficulté réside habituellement dans l'envoi de sa dépêche. 11 se donne bien rarement le luxe d'un exprès : à Iniola seulement, à cause de la petite distance, il peut, pour deux ducats, charger un homme d'une dépêche* ; une autre fois, il envoie à Florence son domestique porter
1) 9 mai (1494). Arch. de Milan, Pot. Est., Francia, 1494-95.
2) Et môme il en rapporte. V. un rapport fait par Renaud Bassée, chevaucheur de Vescuyerie du roi, en forme de procès verbal, le jeudi (i mars 1488 : Bassée envoyé par Louis Marrafin, lieutenant de M. de Beaujeu pour la garde de Saluées, est admis au conseil du parlement de Toulouse : il apporte des lettres de la marquise de Saluées et de Marrafin, une créance de celui-ci, et beaucoup de nouvelles (car ces envoyés secondaires sont parfois les plus utiles). Il déclare avoir, le jeudi précédent, diné à Turin, à l'hôtellerie de Saint Georges, avec les advoyezàe Berne et de Fribourg, qui lui racontèrent qu'ils étaient venus pour inviter le duc de Savoie à pacifier amiablement le différend (Orig.,fr. 2919, f<>58ets.).
3) Mand. de 60 1. à un sergent d'armes pour avoir porté en poste plusieurs lettres (27 juillet 1388. Orig., ms. fr. 20590, no 78).
4) En 1451, Normandie, roi d'armes, est envoyé porter aux ambassadeurs en Ecosse des lettres closes. Quittance par Normandie de 300 livres reçues avant son r'épart (Orïg., fr. 20977, f°209).
5) Un courrier de Florence à Paris coûtait de 70 à 80 écus (Reumont, Diplomazia italiana, 216).
6) Dép. des 7,8oct. 1502,
une dépêche urgente '. La plupart du temps, on guette une occasion : la pratique la plus usuelle consiste à s'entendre avec des commerçants qui joignent la correspondance du résident à la leur, et l'expédient par des agents, ou qui même consentent à avancer le prix d'un courrier, sauf à se faire rembourser ' ; parfois, quelque voyageur obligeant se chargera de porter les dépêches ' ; ainsi, en 1506, l'évêque d'Aix, en se rendant à Milan, emporte des dépêches de Machiavel * : le fameux sculpteur Sansovino s'en charge également pour Florence 5.
Le malheureux résident triomphe, quand il réussit à expédier ainsi une dépêche rapidement et sans frais : mais que d'inconvénients à ce système ! d'abord, l'humiliation de se voir perpétuellement obligé de solliciter des services ; un souci, qui devient une sorte d'obsession : enfin, et surtout, un trouble grave dans l'expédition des affaires. L'ambassadeur reçoit les dépêches de son gouvernement par paquets ; lui même garde les siennes sur son bureau jusqu'à ce qu'il trouve une occasion. «La difficulté d'avoir des courriers, écrit Machiavel, fait que les avis arrivent tard, ou que je suis obligé de faire des paquets de lettres à vos Seigneuries, ce qui me déplairait bien, si je ne voyais qu'Elles sont obligées de faire de même ; car, aujourd'hui, j'ai reçu les leurs des 2, 3, 5,8, 10 et 12 courant, avec la copie des avis de Rome...*».
1) Dép. dul4nov. 1502.
2) Dépêches de Machiavel, des 7 août 1500, 12 août 1500, 11 oct. 1500, 16 nov. 1802, ler nov. 1503, 6 nov. 1503, 10 nov. 1503, 23 nov. 1503, 25 novembre, 26 novembre, et 16 déc. 1503, 2 lévrier 1503-4.
3) L'n chancelier de la seigneurie de Venise apporte de Naples à l'ambassadeur de France deux lettres du roi, l'une particulière, l'autre destinée à être communiquée à la seigneurie (février-mars 1495. Kervyn, Lettres et négociations, II, 167).
4) Dép. des 3, 5 sept. 1506.
5) Dép. du 28 sept. 1506. Cf. la dépêche du 19 sept. 1506.
6) Dép. du 19 février 1503-4,
11 résultait de cet état de choses que les grandes maisons de banque italiennes étaient plus exactement et plus vite renseignées par les agents de leurs comptoirs que les gouvernements1. Mais, les nationaux de chaque état italien, animés d'un esprit de profonde solidarité, considéraient leur concours envers l'ambassadeur comme un vrai devoir. « Il est parti ce matin un courrier pour Ferrare sans que j'en fusse prévenu, écrit Machiavel. Je n'ai point l'art de deviner. On ne me trouvera point en défaut si nos commerçants veulent bien faire ce qu'ils doivent s.» L'ambassadeur pouvait donc très bien les requérir de partager ou d'avancer les frais des dépêches, mais sans aucun moyen de les y obliger 3.
Dans les grandes ambassades, on se préoccupait d'assurer le service des courriers, en attachant des chevaucheurs à l'ambassade, ou en avançant des fonds spéciaux pour cet objet *.
Quelquefois Florence fournit à Machiavel des courriers 3,
1) Dép. de Machiavel, du 6 nov. 1503.
2) Dép. du 7 novembre 1503.
3) Machiavel., dépêches du 3 sept. 1500, du 8 sept. 1500. Nys, Les origines de la diplomatie, p. 11.
4) Un sommelier d'échansonnerie, attaché par le duc d'Orléans à son ambassade en Allemagne de 1397, pour tenir le compte des accessoires, reçoit un prêt de 370 livres, à son départ (Inventaire Joursanvault, p. 426. Cf. p. 301), soit G livres 5 sous par jour, pour ses dépenses, celles d'un chevaucheur, et les pourboires. En 1397, le duc d'Orléans fait remettre à ses ambassadeurs pour l'Allemagne une avance de 30 fr. , pour payer les chevaucheurs dont ils auront besoin (Circourt et van Werwecke, Documents luxembourgeois,^ %2, c). Il attache, en outre, un chevaucheur à l'ambassade (Id.). L'empereur Venceslas attache un chevaucheur à son ambassade près le duc d'Orléans (Id., n« 24). Un chevaucheur du roi, attaché à l'ambassade de France en Allemagne, étant mort, les ambassadeurs désignent un de leurs serviteurs pour en faire fonctions et demandent pour lui le titre (1501. Le Glay, Négociations. 1,43).
5) En 1514, Venise avait à Rome des courriers. Le 7 décembre 1514, à une dépêche à l'ambassadeur à Rome, est jointe une lettre qu'on lui prescrit d'expédier en France, par un de ces courriers ou autrement, « volando », sans regarder à la dépense (Arrh. de Venise).
lorsqu'il s'agit d'affaires graves et de voyages peu lointains ; niais, là encore, se retrouve une parcimonie désastreuse. En 1502, la seigneurie s'étonne du retard apporté par Machiavel à répondre dans une circonstance très grave : Machiavel objecte que sa dépêche a dû finir par arriver, mais qu'on lui a envoyé pour la rapporter un homme à pied, marchant très mal et ne connaissant pas le pays '. En 1509, il emmène à Mantoue deux courriers ; l'un doit rapporter certains documents, il réserve soigneusement l'autre *.
En réalité, le secret des lettres ou dépêches, portées par la poste ou par exprès, n'a jamais été absolu. Le cabinet noir die Louis XI, tombé en désuétude sous Louis XII, ressuscite en 1312 par simple mesure administrative: « Le conseil du Roy a fait faire prohibition et deffence que nulles lettres privées ne soient portées de là les Monts sans estre ouvertes et veoir le contenu. L'on ne scait la cause, sinon que l'on présume que ce soit pour les Anglois, à ce qu'ils ne puissent rien escripre en Italie soit au Pape ou aux Vénissiens3.» Peu après, le roi, craignant que les ambassadeurs d'Angleterre n'envoyassent en Angleterre le récit de démonstrations hostiles dont ils avaient été l'objet, mande au capitaine de Boulogne d'arrêter leurs correspondances jusqu'à nouvel ordre \
On ne s'en cachait pas. En 1512, la mort du chancelier suspend les négociations avec l'Allemagne ; on invite le chargé d'affaires à ne pas envoyer de rapports, avant qu'on ne lui donne une réponse : il en envoie néanmoins, «au risque, dit-il, de les voir intercepter », et il recourt au langage figuré3.
1) Dép. du 13 novembre Io02.
2) Dép. du 17 novembre 1509.
3) Rapport de février t.'Ji-i (Letl. de Louis XII, HT, 161). 4)Ms. tr. 2934. fo 9.
o) « Fui quottidie cum consilio, uthaberem responsaad scripta Imperialis
En temps de guerre et d'hostilités déclarées, rien de plus naturel que d'arrêter, quand on peut, les lettres et courriers de l'ennemi, ou dos tiers r-n rapports avec l'ennemi. Le récit des guerres est rempli d'exploits diplomatiques de ce genre ' ; les neutres peuvent réclamer leurs dépêches interceptées et essayer ainsi de les faire passer en les chiffrant *. Mais, même eu temps de paix, il suffira d'une brouille, de tiraillements diplomatiques, pour faire arrêter des courriers ; les mentions de dépêches interceptées se rencontrent constamment \ C'est par
Mi'*, sed nunquam potui liabere, nisi hodie... Aliquis deconsilio minatusest mihi tacite quod, si expediebam sine scitu et voluntatc eorum, quod intpreiperent mihi litteras » (mai 1512. Lett. de Louis XII, III, 264, 272).
1) En mai i486, des porteurs de lettres du duc de Bretagne à ses ambassadeurs près le roi des Romains sont arrêtés à Chartres, et interrogés (Fonds Bourré, J. 89-90). Lors de la guerre delà bourgogne avec les Suisses (1475), un courrier expédié avec sept chevaux, du camp de Neuss, par l'ambassadeur de Milan, est enlevé (Dépêches des amb. mil., I, 138). En 1495, les Italiens enlèvent et lisent les lettres en chiffre envoyées par le duc d'Orléans qu'ils assiègent (Lettre datée de Pernate, 4 juillet. Arch. de Milan, Milit*, Guerre, 1495) : le duc d'Orléans s'empare d'un courrier vénitien (Malipiero, p. 382). Lettres de Louis XII au ban de Croatie pour l'exciter contre Venise, interceptées à Venise (juin 1509. Sanuto, VIII, 392). Jules II fait arrêter dos courriers envoyés en France (juill. 1510. Sanuto, XI, 769J. Le duc de Milan, ayant pris Parme et Plaisance, intercepte absolument tous les courriers. Il n'est arrivé de Rome à Lyon que deux courriers, depuis la mort de Jules II, et ils ne portaient aucune lettre (1512. Lett. de Louis XII, IV, 91).
2) En janvier 1494, l'ambassadeur de Venise à Naplcs ne peut plus guère envoyer de rapports, les courriers étant arrêtés et dépouillés. Cependant il chiffre ses rapports, et on les restitue aux courriers (Sanudo, Spedizione, 214).
3) Trinchera, Codice aragor.ese, t. II, pars i, p. 115. Le gouverneur d'k<lexandrie, suivant les ordres reçus, fait arrêter et envoie à Milan un cavalier qui se dit milanais et au service du prince Frédéric d'Aragon, dont il apporte une lettre datée de Lausanne (il portait unedépêchetrèsimportante del'ambassadeur napolitain. — 21 mars 1476. Dépêches des ambassadeurs milanais, I, 377). Deux courriers du roi de Naples au roi d'Espagne sont arrêtés a Perpignan, en 1492 (Delaborde, Expéd. de Charles VIII, p. 256). Cf. l'analyse de dépêches de l'ambassadeur de France à Florence, interceptées à Milan en 1496, dans les Dépêches de Foscari, p. 865-867. Foscari dit que l'ambassadeur, sachant que ses dépêches n'arrivent pas, n'écrit plus,
ce moyen qu'on apprend les nouvelles Les plue intéressantes '. Bien rarement, l'arrêt d'un courrier donne lieu à réclamation*. La puissance dont on a intercepté une dépêche compromettante éprouve plutôt le besoin de se défendre '. Pour peu que les circonstances prêtent à difficultés, les lettres particulières passent beaucoup mieux que les dépêches diplomatiques *.
•1) On découvre pardes lettres interceptées les intriguesdedeuxcardinaux, en |SM9 (Lett. de Louis XII, IV, 103). Le roi de France apprend par des lettres interceptées les menées « diaboliques du pape contre lui»(juill. 1510. Id.,l, 281, 270). Machiavel communique au cardinal d'Amboise une lettre interceptée (Dép. du 11 août 1500). Cf. copie d'une dépêche diplomatique interceptée en 1509, Desjardins, Négociations.., II, 438. Henri VIII prie Marguerite d'Autriche défaire arrêter les courriers d'Ecosse en France, pour y chercher le secret des intrigues (1513. Le Glay, Négociations, I, 567).
•2) L'orateur de France se plaint au conseil de Venise qu'un courrier du roi a été frappé ; on lui promet d'y pourvoir (août 1500. Sanuto, III, c. 671). A. de Burgo, ambassadeur de Marguerite d'Autriche en France, lui annonce qu'on a arrêté un courrier de marchands, venant d'Espagne. Ce courrier portait, dit-il, des lettres de l'ambassadeur de Marguerite pour elle : Burgo a fait tout le possible pour les réclamer, mais il n'a pas réussi ; on lui a répondu qu'on n'en avait pas vu (mai 1512. Lett. de Louis XII, III, 257).
3) On apporte au duc de Bourgogne une lettre interceptée de Louis XI aux Liégeois, les invitantà résisteret promettant de lesprotéger : «scriptadistincte, munita sigillo régis, et subscripta in simili forma ac si rex subscripsissot ». Le duc, furieux, la montre au roi, qui s'emporte et la déclare fausse « juramentis et regalibus verbis » ; il ne dormirait pas tranquille, dit-il, sans savoir de qui elle vient. On fait comparaître « scriptoreset sigillatores » en présence du duc. Tous nient. Le roi offre d'aller en personne contre les Liégeois : le duc le remercie (1468. Chr de Thierry Pauwels, ch. xxvi). Un courrier de l'orateur vénitien en Espagne ayant été intercepté en France, et les dépêches chiffrées saisies, avec des lettres des Altesses catholiques, la seigneurie décide de convoquer l'ambassadeur de France à la séance du lendemain et, après quelques modestes plaintes, dédire que, pour montrer son amitié, on déclare que ces dépêches chiffrées ne contiennent rien de contraire à l'alliance de la république avec le roi, que Venise serait incapable de trahir : qu'elles an- ' noncent l'envoi de l'ambassadeur Laurent Suares, pour essayer une ligue nouvelle entre le pape, quelques seigneurs, Venise (leroct. 1502. A.de Venise» Secreto 39, 42).
4) La guerre de 1509 commencée, les dépêches des ambassadeurs de Venise à Borne sont interceptées à Urbin par le gouvernement pontifical. Mais on reçoit à Venise des lettres des cardinaux vénitiens (Sanuto, VIII, 346)-
L'immunité nereprend sa force que quand il s'agit des hérauts !. Pour échapper à ces dangers, il faut dissimuler soigneusement l'envoi : confier sa dépêche, par exemple, à un personnage mystérieux qui la remet sans dire son nom 2, à une femme qui la roule dans un bâton 3, ou bien, combinaison plus sûre et moins romanesque, à un religieux. Un frère mineur porte souvent des dépêches de Venise à Rome en 1510 \ Il y a des moines qui exercent cette industrie 5. On peut encore, en temps de guerre, essayer de travestir le courrier'1 : ou remettre lu dépêche, en temps de paix, à un membre intime de sa famille ~, à un serviteur très sûr qui prend la poste8, à un commerçant9.
En 1496, on reçoit des nouvelles en Allemagne par des lettres de Lyon (Dép. de Foscari, p. 867).
1) Le 2.'J mai 1487, un héraut de France est enlevé par des gens d'armes du roi des Romains, près Ponl-à-Wendin. 11 portait des lettres et une créance. On disait que ces lettres étaient de Des Querdes à Coppenole, pour se taire livrer le passage à Lille : le 28, Des Ouerdes fort courroucé envoie à Lille un héraut demander justice. (Uist.dcs guerres de Flandre, dans le Corpus Ckronic. Flandrix, IV. 521).
2) Aulogr. de St-Pétersbourg. Fr. nouv. acq. 1232, f° 56, note au dos (lettre pour Commines).
3) Id., 198.
4) Sanuto, X, 610.
5) Un frère mineur, Alberto di Fantini, en fait profession. Il a longtemps porté des dépêches allemandes en Angleterre. Un ancien ambassadeur d'Espagne l'adresse au pape, comme un agent sûr. Jules II s'en sert aussitôt pour porter des lettres en Allemagne (juill. 1510. Sanuto, XI, 869). Cf. Histoire di Louis XII, tome II, le récit des missions du moine Chaumart.
6) Instr<>" vénitienne, pour Jacques Garoldi, 19 mai 1509 (A. de Venise. Secreto41,184).
7) Foscari dit à la tin de sa dépêche de Loches, le 12 février 1500-1501. que, pour plusde sûreté, il l'écrit de sa main et l'envoie par son « f°» (frère 1 ou fils?.. A. de Venise).
8) Dép. de Mauroceno, Blois, 24 sept. 1504 (A. de Venise); « prière de me payer les frais de courrier. »
9) En 1469, à Domo d'Ossola, les gens du duc de Milan fouillent toutes les personnes entrant en Lombardie ; ils arrêtent un marchand lyonnais qui allait à Venise, parce qu'on trouve dans le rembourrage de sa selle une dépêche de l'ambassadeur vénitien à Genève, qu'il s'était chargé de porter à Venise ; on confisque tout son convoi de marchandises et 3.100 ducats en espèces. Le mar-
Enfin une pratique très habituelle consiste à envoyer des dépêches importantes en duplicata, ou même en triplicata, par différentes voies, pour plus de sûreté '.
En 1512, la seigneurie de Venise, envoie à Stella, son chargé d'affaires en Suisse, le double de la dépêche qu'elle adresse à Gritti, son négociateur en France. Stella devra le remettre aux ambassadeurs de France à Lucerne, ou l'expédier directement à Robertct'. Dans une dépèche à son résident en Angleterre, le 14 septembre 1509, la même seigneurie commence par énumérer les dépêches envoyées ou reçues ; elle engage le résident à envoyer par Rome le double de sa correspondance, comme elle le fait elle même \
En Italie, on inscrit sur la dépêche même le jour et l'heure de son arrivée *. Un règlement florentin prescrit la tenue d'un registre spécial, de chancellerie pour le texte des commissions et l'analyse des dépêches envoyées ou reçues, avec leur date précise s.
chandexcipe de sabonne toi, etprélend qu'il croyait, porter une lettre de recommandation. Louis XI prie le duc de Milan de lui faire grâce (Lelt. de Louis XI, III, 338). Dunois employait comme porteur secret de dépêches un caniche {Eût. de Louis XII, t. I). *
1) 8 mars 1501. Sanuto, III, 1603. Dandolo envoie, sous date du 28 juillet 1514, une dépèche duplicata de celle du 26 (Arch. de Venise); il fait passer les avis destinés à Venise par Rome, et, de plus, parCini de Florence, et par J.-J. Trivulce (P. S. du 23 juillet 1814, à sa dépêche du 18. Arch de Venise). La seigneurie lui écrit, le S janvier 1514 : « Depuis nos lettres du 10 au 13, envoyées en triple, nous avons reçu par André de Birague les vôtres du 26, du 27, du 29 novembre, et par Rome duplique du 29, et celles du 4 et du 7 décembre » (A. de Venise). La seigneurie décide, le 18 décembre 1512, de répondre aux lettres « triplicatis » d'Andréa Gritti (Id.).
2) 24 novembre 1512 (A. de Venise).
3) Secreto 42, 62.
■4) Archives de Florence, o) Y. l' appendice.