DECLARATION DE GUERRE A LA SERBIE
Hongrie, mais le 28 au soir, on apprenait que l'Autriche n'y avait pas encore répondu et qu'à midi elle avait déclaré la guerre à la Serbie (^).
(^) Dans la déclaration de guerre à la Serbie, Berchtold n'articula qu'un grief : qu'elle n'avait pas donné « une réponse favorable » à la note austro-hongroise. A. la vérité, dans une dépêche adressée à la même date au comte Szapary, il pi étendait que, la veille, la Serbie avait ouvert les hostilités « sur la frontière hongroise », sans d'ailleurs préciser ni les circonstances, ni le lieu. Mais à la réflexion probablement trouva-, t-il difficile de maintenir cette affirmation. Le certain est qu'il ne la renouvela pas et qu'on ne la trouve même pas dans la préface du Litre rouge. — On ne voit pas d'ailleurs comment l'Autriche aurait pu soutenir ce mensonge en présence d'aveux comme celui du comte de Mensdorfï, ambassadeur d'Autriche à Londies, qui a écrit lui-même qu'à la demande faite par sir E.Grey, le 27 juillet, que l'Autriche « s'abstienne de toute opération de guerre à l'égard de la Serbie », il répondit : « Je crains qu'il ne soit déjà trop tard. » (Autr., 38). En fait, l'Autriche avait déjà coulé quelques bateaux serbes sur le Danube. (Bertrand, L'Autriche, p. 63.) — ■ L'empereur d'Autriche publia à cette occasion un manifeste à son peuple où il laissait entendre clairement qu'il était préparé à une guerre avec la Russie. Il disait : « A cette heure solennelle, je suis pleinement convaincu de toute la signification de ma résolution et de ma responsabilité envers le Tout-Puissant. J'ai tout examiné et pesé ; avec une conscience sereine, je me suis engagé dans la voie que m'indiquait mon devoir... J'ai confiance dans la bravoure et le dévouement des forces austro-hongroises et suis convaincu que le Tout-Puissant donnera la victoire à mes armes. » Ce manifeste sensationnel n'aurait pas été à sa place si l' Autriche-Hongrie n'avait eu en vue que la guerre avec la petite Serbie, complètement épuisée par deux guerres. — Le même jour, le Militdr-Wochenblati, le journal officiel de l'armée allemande, s'efforça d.'afîermir ceux qui voulaient la guerre en imprimant un article remarquable dépréciant l'arniée russe et affirmant que sa valeur combative était grandement exagérée, que le nombre était moins important que le moral, l'habilité des hauts officiers, l'esprit de patriotisme, les chemins de fer, les facteurs géographiques. e,tc. « En Allemagne », ajoutait ce journal, « tous les préparatifs militaires ont été l'objet de ce soin des détails qui est caiactéristique de l'AUenaagne. On peut donc dire sans exagération qu'elle peut voir venir de graves événements avec une complète tranquillité d'âme, se fiant à Dieu et à sa puissance. »