‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 133 sur 133 · RÉFUTATION DE M. MURET · texte numérisé non relu

RÉFUTATION DE M. MURET

était Kronprinz, des idées très semblables à celles que répandait le pangermanisme. Le professeur Hasse, l'âme du pangermanisme à ses débuts (1891), avait entretenu quelque temps avec le souverain des rapports excellents basés sur un idéal commun. Certaine brochure intitulée Un empire allemand universel imprimée alors que Guillaume II n'était encore que prince impérial et répandue à foison, passait pour avoir été rédigée avec son approbation par un homme de son entourage immédiat. Dès l'origine du mouvement, Guillaume II était moins éloigné du pangermanisme que les pangermanistes n'affectaient de le croire. Son adhésion à la politique mondiale, l'énergie avec laquelle il poussa l'Empire dans cette voie, ne devaient pas tarder à le démontrer. )>

Plus loin (p. 231), M. Muret note que « la doctrine pangermaniste, répandue aux quatre coins de l'Allemagne, était devenue en 1913 la philosophie inconsciente du plus grand nombre et celle de l'Empereur lui-même. Les vues purement théoriques émises par M. Houston Stewart Chamberlain dans son livre sur la « Genèse du xix^ siècle )> avaient, dès l'abord, flatté Guillaume II dans sa vanité d'Allemand et dans sa vanité de monarque. 11 aimait à causer avec M. Chamberlain, il le combla d'honn«urs de toute sorte. Le pangermanisme de cet Anglais renégat a exercé sur lui une impression profonde ».

Le dissentiment entre Guillaume et les pangermanistes n'était pas sur le but, mais sur la question d'opportunité et de moyens. C'est ce que M. Muret n'a pas su comprendre plus que les pangermanistes eux-mêmes, et c'est ce qui est la clef de la conduite de Guillaume. Les publicistes, les professeurs, les érudits et les « tribuns » se contentent généralement de se demander « qu'est-ce qui serait le plus bel idéal pour leur patrie ». En le choisissant, ils oublient généralement le point capital, celui des moyens et de la possibilité de réaliser cet idéal. M. Fustel de Coulanges a dit un jour que ce qui mettait Richelieu au-dessus de Turgot, cest quil avait su réussir. Cette préoccupation de

réussii^ dans ce qu'il fait pour sa patrie, doit être la préoccupation principale chez l'homme d'Etat. Il ne doit rien entreprendre qui soit im.possible ou simplement d'une réussite improbable, et une fois sa résolution prise, il doit inlassablement chercher les moyens les plus sûrs et les moins coûteux de la réaliser. C'est ce qu'a fait Guillaume pendant 26 ans pour des buts politiques et avec des moyens dignes du prince de Machiavel, mais en même temps avec une habileté bien rare ; puis la patience lui a manqué et il s'est décidé à tenter l'aventure dont le succès était peu probable si l'Angleterre intervenait.

L'erreur de M. Muret a donc été de négliger l'étude des voies et moyens employés par Guillaume. Elle lui eût révélé la fourberie du Kaiser et il aurait compris que quand il parlait de son désir de maintenir la paix, c'était pour endormir l;a vigilance de ses adversaires et faire croire à ses sujets c[u'il ne préparait la guerre que parce qu'il voulait la paix. M. Muret donne comme preuve de la sincérité des sentiments pacifiques du Kaiser ses entretiens avec son précepteur français Aymé quand il avait 16 ans. L'argument est juste pour l'année 1874 où ils ont eu lieu ; ce que dit M. Aymé me paraît prouver que le prince Guillaume à cet âge était animé des sentiments pacifiques et libéraux que son père et sa mère avaient cherché à lui inculquer. Mais il est de notoriété publique que de 1874 à 1887, Guillaume II changea complètement de sentiments, manifesta publiquement sa réprobation à l'égard- des idées représentées par son père et sa mère, et devint l'élève de Bismarck et de Waldersee. Les notations de Hohenlohe, reproduites dans ce livre (pages 18 à 26) permettent de se faire une idée relativement exacte de ce que l'on répétait des dires de Guillaume II à la Cour en 1887-1891.

Naturellement ces confidences de courtisansj encore écourtées par l'éditeur de Hohenlohe, sont loin de nous faire connaître toute la pensée de Guillaume, mais elles en déterminent la direction. Elles prouvent que l'étalage

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de sentiments pacifiques chez lui déguisait à cette époque des désirs tout à fait contraires.

Cet étalage était une des trouvailles de Bismarck. Depuis 1871, pour travailler l'opinion contre nous en Allemagne et en Europe, il ne cessait de nous représenter comme méditant une guerre de revanche et travaillant à la préparer. Les Mémoires de Hohenlohe sont peut-être le document qui prouve le mieux que c'était une calomnie et une manœuvre, mais cette manœuvre est la particularité la plus saillante de la politique bismarckienne de 1871 à 1887. Les affirmations pacifiques du Kaiser ne sont que la continuation de cette manœuvre qu'il n'a jamais cessé de pratiquer.

Malgré ces précautions, les plans de Guillaume aAaient été Mevinés depuis longtemps. Beaucoup d'Anglais, dès 1902 et 1903, s'étaient bien rendu compte du but de ses manœuvres. Qu'on relise dans la Fortnightly Review et dans la National Review de ces années-là les articles de Calchas, ABC, Inquirer, et bien d'autres encore, et on y admirera la profonde perspicacité de leurs auteurs. Le présent livre, d'ailleurs écrit avant que j'aie connu ces articles, est un essai de faire voir pour les 26 années du règne de Guillaume II l'application- de ce qu'avaient découvert Calchas et ses compatriotes. On peut d'ailleurs tenir pour certain que leurs convictions étaient partagées par le roi Edouard et ses conseillers : elles sont la clef de la politique qui a amené la Triple-Entente.

Tout cela est resté lettre close pour M. Muret et manque totaleinent dans son livre. M. Muret, qui est uniquement un littérateur, a jugé Guillaume comme si celui-ci n'était qu'un orateur. Erreur capitale : le Kaiser est surtout un diplomate, et un homme de guerre. M. Muret ne semble pas l'avoir soupçonné. Après s'être étonné dans L'Orgueil allemand des résultats bizarres auxquels avait abouti Karl Lamprecht en essayant de faire la psychologie du Kaiser d'après ses discours, il a commis à son tour la même erreur. Je ne puis que répéter ici ce que j'ai déj^à dit : le

Kaiser étant un trompeur, c'jest par ses actes et non par ses paroles qu'il faut le juger.

Cette erreur de juger uniquement d'après les manifestations oratoires ou littéraires est constante chez M. Muret. C'est elle qui lui a fait écrire p. 230 au sujet de l'état d'esprit du peuple allemand en 1913 : « Et l'Empereur .* Quels pouvaient être ses sentiments intiines devant cette marée montante d'orgueil et de folie ? Restait-il décidé à opposer sa volonté de paix à la volonté de guerre de tout un peuple ? » Et ce passage n'est point isolé : M. Muret ayant constaté que les publications belliqueuses étaient plus nombreuses que les publications pacifistes en Allemagne, est convaincu que l'immense majorité du peuple allemand voulait la guerre. C'est ce que je crois complètement faux. De nombreux témoignages assurent en tout cas que le peuple allemand en général ne désirait pas la guerre. F-W.Wile [The Assault, p. 30) dit par exemple: « Soixantesix millions d'Allemands désiraient la paix et un million et demi la guerre, mais en Allemagne, c'est la minorité qui gouverne ». C'est à peu près ce que M. Muret (p. 200 et 220) fait dire par les « Allemands des groupes de gauche » et par le Berliner Tageblatt. Je crois pour ma part d'autant plus à la justesse de ces derniers témoignages que ceux qui ont été en contact avec les Allemands dans les pays envahis ont été unanimes à déclarer que la grande majorité d'entre eux ne désirait rien d'autre que la paix.

Il est donc à mon avis aussi faux de juger les sentiments de la majorité des Allemands avant la guerre d'après leurs journaux qu'il l'aurait été de juger ceux du peuple italien d'après sa presse. Dans l'un et dans l'autre cas, le gouvernement de Guillaume II s'était arrangé pour fausser les apparences. M. Muret a été trompé par cette manœuvre.

Pendant que je corrigeais l'épreuve en pages du présent volume, a paru un ouvrage intitulé : Le Mensonge du 3 août 1914 et rédigé par un général (?) français qui a gardé l'anonyme. Cette publication, faite à l'aide des riches matériaux de notre Etat-major général, constituant un document capital pour l'histoire des manœuvres par lesquelles le gouvernement allemand a amené la guerre, je me suis décidé à faire suivre mon travail par ces additions et rectifications.

Note suppl. p. 151. — Malheureusement, par une erreur colossale de notre Etat-major, en 1898, lors de la mise en service du 75, on avait réduit le nombre des pièces dans chaque corps d'armée français de 120 à 96, les batteries ayant été ramenées de 6 à 4 pièces à cause de l'énorme quantité de projectiles qu'une batterie à tir rapide peut tirer en peu de temps et pour ne pas augmenter considérablement le nombre des caissons. A la même époque, les Allemands avaient au contraire ajouté plusieurs batteries d'obusiers à leurs 120 canons de 77 par corps d'armée.

Note suppl. p. 310.. — Le chef du mouvement séditieux du Pendjab en février 1911 était un certain Hardial qui avait été éduqué à Oxford comme boursier du gouvernement de l'Inde et avait ensuite fait un séjour en Allemagne. En mai 1914, il fit aux États-Unis un discours dans lequel

il déclara que l'Allemagne se préparait à une guerre contre l'Angleterre. [U Asie française, XVI, 180.)

Le 2 juillet, le gouvernement inilitaire du Sud-Ouest africain allemand, informa brusquement un certain nombre d'officiers allemands de la colonie qu'il leur était permis de retourner en Allemagne en congé spécial s'ils pouvaient attraper le steamer qui partait. Ces officiers arrivèrent dans la première semaine d'août et trouvèrent des ordres les attendant pour rejoindre leurs régiments en campagne. Cette date du 2 juillet fut aussi trouvée sur des ordres envoyés à des sujets autrichiens dans des pays éloignés. (F. W. Wile, The Assault, p. 49.)

Enfin l'auteur du Mensonge énumère p. 10 « Diverses mesures significatives qui avaient été prises par l'Allemagne (Etat ou particuliers) bien avant que la menace de la guerre fut sensible : acliats anormaux de grains au printemps 1914, approvisionnements de lits et de matériel d'hôpital en mai 1914, préparation en ce môme mois de mai 1914 de soi-disant grandes manœuvres exceptionnelles avec réunion de 500. OÔO hommes à Cologne, grandduché de Bade et Alsace-Lorraine pour le mois d'août ; puis, dès le début et durant tout le cours du mois de juillet 1914, ce sont les négociants allemands présentant hâtivement leurs factures, réalisant leur avoir, c'est l'administration allemande mettant l'eralbargo sur les stocks de pneumatiques étrangers en Allemagne, etc. On peut recueillir à l'infini des témoignages au sujet de faits de cette nature. »

Note suppl. p. 324. — « Le gouvernement bavarois a,, naturellement, démenti jDar la suite cet aveu compromettant, mais M. Allizé, qui en dressa le rapport officiel le soir même, maintient ses déclarations de la façon la plus formelle. » (P. Giraud, Devant Vhistoire, p. 20.)

Note suppl. p. 358. — Les données nouvelles apportées par l'auteur du Mensonge du 3 août ne permettent plus de croire à l'exactitude de ce qu'a écrit Junius Aller. Le

général français a en effet révélé (p. 102 et suiv.) que soidisant en application de l'article 68 de la constitution de l'Empire, un artifice fort ingénieux avait été imaginé pour mobiliser sans déclarer qu'on mobilisait. Cet article 68 est ainsi conçu : « L'Empereur peut, quand la sûreté publique est menacée dans le territoire de l'Empire, y déclarer Fé-iaf de siège (ou plus littéralement de guerre: Kriegsgefahr^ dans chacune de ses parties. Jusqu'à la promulgation d'une loi impériale sur les conditions, la manière de décréter et les effets d'une déclaration de ce genre, les prescriptions de la loi prussienne du 4 juin 1851 en tiendront lieu. » S'appuyant abusivement sur cet article, le gouvernement allemand avait imaginé un état de danger de guerre [Ziistand drohender Kriegsgefahr) « qui consistait en mesures militaires pour la protection de la frontière et des chemins de fer et en limitations du service des postes, des télégraphes et des chemins de fer. Il entraînait en outre la déclaration de l'état de siège pour tout le territoire de l'Empire et l'interdiction d'annoncer les mouvements de troupes et les mesures de défense ». (Télégramme de Berlin du 31 juillet à la Gazette de Francfort.)

Cet « état de danger de guerre » était complètement inconnu de la littérature juridique allemande. Il a dû être inventé en 1912, car cette année là le Parlement bavarois avait voté une loi donnant au roi de Bavière des pouvoirs semblables à ceux conférés à l'Empereur par l'article 68 de la constitution de l'Empire.

Sous le couvert de cet état de danger de guerre, on pouvait effectuer dans le secret le plus absolu, non seulement tous les mouvements de troupes que l'on jugeait utiles, mais encore rappeler une partie des réservistes et de la landwehr au moyen de l'artifice suivant qui fut révélé par la Strassburger Post du 1^^ août, édition de midi : « Sur la feuille rouge de couverture du livret militaire est m.arquée l'indication du moment où son possesseur doit

se placer à la disposition de l'autorité militaire... Les deux mots Kriegszustand (état de guerre) et Mobibnachung (mobilisation) se trouvent l'un à côté de l'autre sur le livret, mais suivant le cas, l'un ou l'autre mot est rayé. Tous les hommes dans le livret desquels Mohilmachung est rayé et Kriegszustand conservé ont à se présenter aussitôt sans attendre une mobilisation. Les autres, dans le livret desquels Mohilmachung subsiste, n'ont à se présenter qu'après sa proclamation. »

Dans chaque régiment ou bureau de recrutement, les secrétaires avaient barré sur un nombre plus ou moins grand de livrets, le mot Mohilmachung ; tous les hommes qui en étaient porteurs rejoignant avant la mobilisation, l'Etat-major allemand avait ainsi trouvé le moyen, en jouant sur les mots, de mobiliser tout en déclarant qu'il ne mobilisait pas. On sait combien il est difficile d'effectuer toutes les opérations de la mobilisation le même jour pour tous les réservistes : la division du travail, condition du bon ordre, exige qu'ils ne soient pas convoqués tous simultanément ; le Kriegsgefahr permettait de les convoquer en deux fois. Combien étaient compris dans la première convocation, on ne sait. Le seul renseignement qu'on ait est qu'un réserviste de la classe 1910, qui s'enfuit de Motzviller (Alsace) après que le 31 à la tombée de la nuit, on eut « annoncé à son de caisse que l'état de siège était déclaré », avait cette mention sur « son fascicule de mobilisation ».

Ces explications permettent de comprendre c[u'il ne pouvait s'agir pour le gouvernement allemand de déclarer d'abord la mobilisation. Le Kriegsgejahr devait précéder de 24 heures ou au plus de 48. L'annonce de la mobilisation simultanément par le Lokalanzeiger et par quatre autres journaux de Berlin était évidemment une ruse pour inciter la Russie ou la France à mobiliser et les choses doivent s'être passées à Berlin à peu près comme l'a dit M. Markov.

Notons encore que M. Franckfurter, correspondant à Berlin du Neues Wiener Tagblatt, télégraphia à son journal le 30 vers 10 heures du matin (c'est-à-dire avant la publication des extrablâtter), annonçant la mobilisation, nouvelle quil tenait d'un adjudant de Vempereur. On ne sait si ce télégramme parvint à ce journal, mais on sait que la nouvelle était arrivée à Vienne le 30 au soir. [Franc., 104.)

L'auteur du Mensonge est convaincu que la mobilisation avait été décidée pour le 30, mais que le télégramme du Tsar proposant l'arbitrage de La Haye força à la contremander ; je ne puis partager son opinion. Le Kriegsgefahr devait indubitablement précéder la mobilisation.

Ces clartés sur le Kriegsgefahrzustand permettent de mieux apprécier certaines nuances des fourberies allemandes. C'est ainsi que le 29 juillet. Bethmann-Hollweg télégraphiait à Schoen de prévenir M.Viviani que si la France ne cessait ses préparatifs guerriers, l'Allemagne se verrait dans la nécessité de prendre des mesures : « nous serions obligés de proclamer le danger de guerre et si même ceci ne signifie encore aucun appel, ni encore la înobilisati on, \a. situation deviendrait néanmoins de plus en plus tendue ».

Le même jour, Jagow, d'après sir E. Goschen, « était très ému par les nouvelles de la mobilisation en Russie et de certaines mesures militaires, quil na pas spécifiées, prises par la France. II a ultérieurement parlé de ces mesures à mon collègue français qui lui a répondu que le gouvernement français n'avait rien fait de plus que ce qui avait été fait par le gouvernement allemand, c'est-àdire avait rappelé les hommes en congé. Son Excellence a nié que le gouvernement allemand eût fait cela, mais en réalité c'est exact. » {Angl., 76.)

Le lendemain 30, Jagow après avoir exprimé à Goschen les mêmes craintes, disait : « // faudra pourtant que le gouvernement impérial fasse bientôt quelque chose sans quoi

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il sera trop tard, étant donné que, quand la mobilisation allemande aura lieu, elle aura à se faire sur trois fronts. Ce sera à son regret, car il sait que la France ne désire pas la guerre, mais la mesure sera une nécessité militaire. » {AngL, 98.)

Le 31, avant d'aller chez l'Empereur à l'audience où le Kriegsgejahr fut décrété, Bethmann disait à peu près la même chose à Goschen [AngL, 108.) Le décret une fois publié, Jagow appela Cambon pour le lui annoncer, mais en se bornant à lui dire qu'elle « permettait à l'autorité de proclamer, si elle le jugeait utile, l'état de siège, de suspendre certains services publics et de fermer la frontière. » [Franc., 116.) En même temps, Bethmann faisait une communication analogue à Goschen [AngL, 45). Tous deux donnaient comme motif la mobilisation russe, tandis que le télégramme du 29 (Annexe 17 du Livre hlanc) l'avait annoncée comme conséquence des préparatifs français.

Ces variations sur le motif ne doivent pas faire perdre de vue cette persistance à annoncer la mesure ; seulement, on l'avait d'abord annoncée à cause des préparatifs français, parce qu'on voulait commencer l'attaque par la France, puis comme la France n'en faisait notoirement aucun, on se rabattit sur les préparatifs russes pour justifier ce nouveau pas dans les préparatifs allemands.

Le Mensonge énumère pages 14 et suivantes ceux qui avaient déjà été faits : 21 juillet, avis préliminaire de mobilisation ; 23 juillet, les officiers allemands en vacances en Suisse reçoivent l'ordre de regagner l'Allemagne ; 2i juillet, communication à Metz des instructions secrètes de couverture, le bureau de recrutement de Mulhouse travaille de nuit aux appels de mobilisation, on monte des mitrailleuses sur la gare et les hôtels de Dusseldorf ; 25 juillet, les troupes de Metz sont consignées, transports d'artillerie, armement des places frontières, postes de télégraphie sans fil installés aux sommets des Vosges, dissolution d'escadrons pour porter les autres à l'effectif

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de guerre ; 26 juillet, la garnison de Metz reçoit les effets de la collection de guerre, les quatre dernières classes libérées ont ordre de se tenir à la disposition de la Koininandantur, les gares sont occupées et déblayées ; du 26 au 29 juillet, transport des garnisons de Dusseldorf et de Crefeld à Aix-la-Chapelle et Cologne ; 27 juillet^ rappel en Belgique des officiers de réserve (et en particulier de ceux d'Anvers) et des hommes des classes 1907-1911 ; les premiers doivent tous rallier Mannheim, Elsenborn et Francfort ; dans les casernes de Berlin, on voit sortir des bureaux des officiers chargés de paquets d'ordres individuels sur feuille jaune ; commencement de la concentration de couverture sur la frontière du Luxembourg ; 28 juillet, rappel des derniers permissionnaires ; 5.000 hommes arrivent à Sarrebourg pour remplacer ceux que le commandement a déjà poussés vers la frontière ; mise en place de la couverture de la frontière en Alsace-Lorraine ; la garnison de Haguenau reçoit à midi l'ordre de quitter le camp d'Elsenborn et part à 2 heures du matin par trains spéciaux ; dans les pays étrangers limitrophes, les réservistes des dernières classes, ayant reçu la convocation expédiée de Berlin le 27, partent par le premier train ; deux grands paquebots en chargement à Anvers quittent brusquement ce port pour rentrer à Brème et à Hambourg ; un autre paquebot en partance de Port-Saïd pour Marseille, renonce à son voyage, son capitaine ayant reçu l'ordre d'attendre pour embarquer des réservistes ; 29 juillet, fin de la mise en place de la couverture sur la frontière française ; deux régiments partent de Cologne pour Trêves ; les régiments du 18^ corps arrivent à Francfort ; du Wurtemberg et delà Bavière des corps se mettent en mouvement vers l'ouest; les Ersatzrésèrvistes reçoivent la feuille rouge leur indiquant leur jour de départ à partir du premier jour de la mobilisation et l'endroit où ils ont à se présenter ; toutes les jeunes classes de réservistes ont déjà été convoquées individuellement.

Comme on le voit par cette énumération forcément incomplète, la déclaration du Kriegsgefahr était devenue urgente ou sans cela il y aurait eu un temps d'arrêt dans la série des mesures pour mettre l'armée sur pied de guerre et la concentrer à l'ouest. La Russie offrit à propos le prétexte que l'on était obligé de trouver ce jour-là ou le suivant.

Note suppl. p. 360. — D'après l'auteur du Mensonge (p. 26), ce Conseil s'est réuni à 5 h. 30. Le télégramme aurait donc été rédigé pendant ce Conseil.

Note suppl. p. 366. — L'auteur du Mensonge (p. 110) croit que les calomnies allemandes attribuant les premières hostilités aux Russes et ensuite aux Français, ont eu pour origine l'obligation pour l'Empereur « d'avoir l'approbation du Conseil fédéral pour déclarer la guerre au nom de l'Empire, à moins qu'il ne se produise une attaque contre le territoire de l'Empire ». (Paul Laband, Handbuch der Politik.)

Note suppl. p. 375. — Le télégramme du Kaiser au roi d'Angleterre fut d'après l'auteur du Mensonge, envoyé à 7 h. 02 du soir. Si cette heure est exacte, ce télégramme est probablement postérieur à celui du Chancelier et en tout cas postérieur de 2 heures à l'ordre de mobilisation. Ce qui est certain, c'est que le prince Lichnowsky a répondu à 8 h. 30 au télégramme du Chancelier et le roi le même jour au télégramme du Kaiser. Or, comme cette réponse a certainement été délibérée entre le roi et le Foreign Office, ce qui a pris du temps, le télégramme du Kaiser a dû arriver remarquablement vite.

L'auteur du Mensonge croit que le Kaiser a réellement fait ce qu'il disait dans son télégramme : « Les troupes sur ma frontière sont en ce moment arrêtées, par ordre télégraphique et téléphonique, dans leur marche en avant au delà de la frontière française », et il cite comme preuve « que l'armée allemande était prête et sa mobilisation déjà faite » à ce moment là, un curieux télégramme

envoyé par la Direction des chemins de fer allemands à Cologne à la Direction générale des chemins de fer de l'Etat belge et reçu le 2 août de grand matin : « Nous amenons ambassadeur de France et personnel de l'ambassade le 2 août après-midi ou le 3 août à 8 h. 01 matin à Herbesthal, avec prière assurer continuation directe sur Paris. » Nous croyons au contraire que si ce télégramme n'a pas été une feinte destinée à rassurer les Belges et à inquiéter la France et a exprimé une intention réelle, il doit être la suite de la question posée par M. de Schoen à M. Viviani le 31 à 7 heures du soir et de la réponse faite le samedi l^'" à une heure « que la France s'inspirerait de ses intérêts ». Il semblait que l'Allemagne dut alors immédiatement déclarer la guerre ; or, elle n'en fit rien le 2 et le 3 jusqu'à 18 h. 45. Au contraire, on nous fit savoir aimablement le 2 « que les mesures militaires prises dans le Luxembourg ne constituaient pas un acte d'hostilité ». Le Kaiser consulté par la Wilhelmstrasse au sujet de la remise d'une déclaration de guerre, se décida à attendre deux jours de plus, son plan militaire étant de se tenir sur la défensive en Alsace-Lorraine et dans le Luxembourg et l'invasion de la Belgique ne pouvant commencer que le 4. De plus, le Kaiser voulait, autant que possible, jouer le rôle de l'homme pacifique qui est attaqué. C'est ce que le général auteur du Mensonge a perdu de vue quand il a écrit cette partie de son livre. 11 relève en revanche avec raison (p. 129) que l'Empereur ne pouvant déclarer la guerre « sans la réunion et le consentement du Bundesrath qu'en cas d'agression étrangère, il fallait chercher un prétexte ». Ce prétexte, on ne l'avait pas le 2 août à midi. Un mémoire déposé par Bethmann le 3 à la Diète d'Empire pour exposer « les raisons de la guerre », après avoir mentionné que le 1^^ « à 5 heures de l'après-midi, la mobilisation générale de toute l'armée et de la marine françaises était ordonnée », se terminait par ces mots :« Dans la matinée du lendemain, la France com-

mençait les hostilités. Clos le 2 août à midi. » (p. 130.) Les prétextes manquant, on chercha à s'en procurer. Le premier mensonge, lancé le 2 à 3 h. 15 de l'après-midi, fut celui des bombes de Nuremberg. Puis vint la nouvelle « qu'un détachement français avait franchi la frontière allemande près de la localité alsacienne de Reppe, ce qui, prouvait que la France comme la Russie avait attaqué sans déclaration de guerre » (p. 132). Or Reppe est en territoire français, et la patrouille de 9 cavaliers du 22® régiment de dragons allemands qui y avait échangé des coups de feu avec un poste de douaniers français établi à 300 mètres à l'intérieur de notre territoire, y avait laissé un prisonnier dans leurs mains. Cette agression faisait partie d'un ensemble d'incursions exécutées par les éléments de couverture du 14® corps qui reçurent le 2 août, à partir de 8 heures du matin « l'ordre général de pénétrer en territoire français, mission de reconnaissance et peut être aussi idée stratégique : attirer l'attention du commandement français sur l'Alsace par ces attentats multiples, faire croire à une offensive possible partant du Sundgau pendant que la concentration allemande se faisait à la frontière du Luxembourg et de la Belgique )\

Ces yiolations sur la frontière alasacienne n'ayant pas fourni les prétextes que l'on cherchait, le lendemain 3 août dès 8 heures du matin, les troupes des 16® et 21® corps faisaient des incursions analogues sur le front lorrain. En même temps, les dirigeables allemands allant de nuit d'Alsace-Lorraine vers Dusseldorf et Cologne pour prendre part à l'attaque contre Liège, avaient soin de violer notre frontière les 25, 26, 29, 30, 31 juillet et 1®^ août. Il est même, probable que certains des vols attribués à nos dirigeables (tous, sauf un qui alla d'Issy à Maubeuge et y fut trouvé hors d'état de voler de nouveau sans réparations, étaient dégonflés à ce moment là) et à nos avions, ont été en réalité exécutés par ceux de l'Allemagne : les autorités de ce pays avaient

seulement ajouté le mensonge du jet de bombes.

Une mention spéciale doit être réservée à « l'avion français abattu près de Wesel », mensonge mis en circulation par l'agence Woliï le 2 août assez tard, à peu près en même temps que le suivant : « Le préfet de Dusseldorf annonce que ce matin 80 officiers français revêtus de l'uniforme prussien ont essayé dans 12 automobiles de franchir la frontière prussienne près de Walbeck, à l'ouest de Geldern. La tentative a échoué. » Ces deux mensonges, dont le second surtout est d'une ineptie vraiment « kolossale )), semblent avoir eu pour but de préparer un prétexte pour envahir la Hollande. Par prudence, on avait décidé de n'envahir d'abord que la Belgique, mais il n'y a pas de doute que si la percée vers Liège n'avait pas réussi, l'Allemagne aurait fait une autre tentative à travers la Meuse hollandaise. Un rassemblement de troupes près de Maestricht a été noté avant l'invasion de la Belgique.

Note suppl. p. 382. — Les Allemands pénétrèrent dans le Luxembourg le 1^^ août à 20 heures par les Trois- Vierges (extrémité septentrionale du grand-duché). Le 2 août à 8 h. 30, ils étaient à 20 kilomètres de Luxembourg et à la même heure, un train militaire entrait dans la gare de cette ville. Le Chancelier ayant télégraphié à 12 h. 52 de déclarer la guerre à la Russie à 5 heures (heure de l'Europe centrale) « si le gouvernement russe n'avait pas donné de réponse satisfaisazite », on voit que l'autorité militaire n'a pas attendu cette réponse pour commencer les opérations.

Chapitre Premier : Caractère de Guillaume II. — Guillaume II auteur de la guerre, p. 5. — Il attendait l'occasion de la faire, p. 6. — Son habileté diploniatique et militaire, p. 7. — Indifférence des princes pour les maux que la guerre entraîne, p. 10. • — Pauvreté morale et valeur intellectuelle de Guillaume, p. 13.

Chapitre II : Les Débuts diplomatiques de Guillaume II. — Situation diplomatique de l'Allemagne en 1887, p. 16. — Bismarck redevient belliqueux sous l'influence du prince Guillaume, p. 18. — Efforts de Waldersee, p. 19. — Alexandre III et Bismarck, p. 21. — Caprivi remplace Bismarck, p. 23. — Convention coloniale anglo-allemande, p. 25. — Points sur lesquels les plans diplomatiques de Bismarck différaient de ceux de Guillaume, p. 26. — L'impératrice Frédéric à Paris, p. 28. — Guillaume II annonce à la reine Victoria qu'il nous attaquera au printemps suivant, p. 30.' — ^JLa Reine, sur le conseil de Salisbury, avertit la Russie, p. 32. — Guillaume modifie ses plans, p. 33. — - Il cultive l'amitié de l'Autriche, de la Turquie et de l'Italie, p. 34.''

Chapitre III : Les premiers zigzags diplomatiques de Guillaume II. — Politique de Guillaume II à l'égard de l'Angleterre, p. 37, et à l'égard de la France et de la Russie, p. 38. — Giers à Monza, p. 42. — Avances de l'Allemagne à la France, p. 43. — Rivalité de la Chine et du JapoiL en Corée, p. 45. — Perplexités du Japon, p. 46. — Menace de l'Allemagne, p. 47. — • Guerre sino-japonaise, p. 49. — Intervention de l'Allemagne, de la Russie et de la France, p. 50. — Faute de la Russie et de la France, p. 53. — L'Allemagne protège les Boers, p. 54. — Le tableau contre les Jaunes, p. 56. — Efforts de Guillaume pour l'augmentation de sa flotte, p. 57. — Raid Jameson, p. 59. — "Télégramme à Kruger, p. 59. — Nélidoff poussé par l'Allemagne, propose d'occuper le Bosphore, p. 62. — Bûlow ministre, p. 63. — Occupation de Kiao-Tchéou, p. 64. — Ouvertures à la France au sujet des colonies portugaises, p. 65. — Accord anglo-allemand les concernant, p. 66. — Discours de Chamberlain, p. 68. — Guerre sud-

africaine, p. 69. — Guillaume II dénonce la France et la Russie à l'Angleterre, p. 70. — Augmentation de la flotte allemande, p. 74.

— Plans maritimes de Guillaume, p. 75.

Chapitre IV : La Guerre hispano-américaine, V Expédition de Chine et l'Alliance anglo-japonaise. — Politique mondiale de Guillaume II, p. 78. — Politique des Etats-Unis, p. 79. — Révolte à Cuba, p. 80.

— Efforts européens en faveur de l'Espagne, p. 80. — Sympathies pour les États-Unis en Angleterre, p. 82. — La flotte allemande à Manille, p. 83. — La loi Delbrûck, p. 85. — Guillaume II utilise les Germano-Américaiift, p. 86. — Il se rapproche des Etats-Unis, p. 90.

— Hay et la porte ouverte en Chine, p. 91. — Expédition de Chine, p. 92. — Traité du Yang-Tsé-Kiang, p. 93. — Bûlow et la Mandchourie, p. 95. — Eckardstein dit à Hayashi que les Anglais sont disposés à conclure une alliance, p. 97. — Négociations anglo-japonaises, p. Ô8. — Ito en Europe, p. 100. — Traité anglo-japonais, p. 102

— Fausses manœuvres russes, p. 104. — L'Allemagne et l'alliance anglo-japonaise, p. 106. — Révélation de l'initiative de lord Paunçefote, p. 107. — Le prince Henri aux États-Unis, p. 108. — Agissements de l'Allemagne en Amérique, p. 109. — Demande conjointe de l'Allemagne et de l'Angleterre au Venezuela, p. 110. — Roosevelt menace, p.' 112. — Le Kaiser accepte l'arbitrage, p. 113.

Chapitre V : Tanger et Algésiras. — Guillaume cherche à utiliser la guerre russo-japonaise, p. 115. — Rapprochement franco-anglais, p. 117. — Refroidissement anglo-allemand, p. 119. — Accord franco-anglais, p. 120. — L'Allemagne et nos intérêts au Maroc, p. 120. — Traité franco-espagnol, p. 123. — Programme de M. Delcassé, p. 125. — Guillaume dénonce à Roosevelt un projet de partage de la Chine par l'Angleterre, la France et la Russie, p. 127.

— Ministère Rouvier, p. 133. — Incident Lee, p. 135. — Guillaume à Tanger, p. 137. — Attitude des puissances, p. 139. — L'AUemagne et M. Delcassé, p. 142. — L'Angleterre nous propose une alliance, p. 145. — Mission d'Henckel de Donnersmarck, p. 147. — Chute de M. Delcassé, p. 149. — Guillaume nous eut-il fait la guerre ? p. 151. — Origine du plan d'invasion de la Belgique, p. 153.

— Conséquences de notre faiblesse, p. 154. • — Bûlow refuse une transaction, p. 156. — Conférence d' Algésiras, p. 15^9. — Anxiétés en Allemagne au sujet de la politique du Kaiser, p. 161.

Chapitre VI : La seconde Conférence de La Haye et l'influence du roi Edouard. — Les libéraux anglais au pouvoir, p. 165. — Guillaume et la première Conférence de la paix, p. 167. — Son opposition à l'arbitrage et au désarmement, p. 168. — François-Joseph en est quitte envers la Russie, p. 171. — Politique d'Edouard VII, p. 172,

— Edouard et Victor-Emmanuel, p. 174. — Rapprochement anglo-russe,p.l75. — Déclsu-ations de sirE. Grey, p. 177. — GuiUaume et M. Etienne, p. 179. — Langwerth et Robert-Raynaud, p. 180. —

Chapitre VII : François-Ferdinand et l'annexion de la Bosnie. — L'archiduc François-Ferdinand, p. 183. — François-Joseph se dé-

charge d'une partie des affaires sur lui, p. 186. — Télégramme à Goluchowski, p. 161 et 187. — iEhrenthal et ses plans, p. 189. — Chemin de fer de iN'ovi-Bazar, p. 191. — • Entrevue de Reval, p. 192.

— François-Ferdinand aux manœuvres d'Alsace-Lorraine, p. 194. Annexion de la Bosnie, p. 195. — Ferdinand, tsar de Bulrie, p. 196. — Guillaume à Erkartsau et à Schoenbrunn, p. 197.— L'intervention allemande, p. 201. — Guillaume et François-Ferdinand, p. 208. — Guillaume et Nicolas II, p. 213. — Affaires de Perse, p. 215.

Chapitre VIII : Guillaume II et l'Angleterre d'Algésiras à Agadir. — Nouvelles avances de Guillaume à l'Angleterre, p. 219. — Chemin de fer de Bagdad, p. 220. — Bûlow et l'Angleterre, p. 221. — Le péril slave, p. 225. — Lettre à Lord Tweedmouth, p. 226. — Interview du Daily Telegraph, p. 226. — Dispositions pacifiques des Anglais, p. 228. — Guillaume leur refuse toute diminution de son programme naval, p. 230. — Ses plans maritimes et coloniaux, p. 231.

— Suite des négociations anglo-allemandes, p. 235.

Chapitre IX : Agadir. — Conséquences de l'acte d'Algésiras, p. 241 . — Incident de Casablanca, p. 243. — Convention du 8 fév. 1909, p. 246.

— Le Panther à Agadir, p. 251. — Négociations au sujet du Congo, p. 253. — L'Italie à Tripoli, p. 255-256. — Le traité du 4 nov. 1911, p. 258. — François-Ferdinand menace l'Italie, p. 259.

Chapitre X : Les Guerres balkaniques. — Première guerre balkanique, p. 264. — Affaire du Manouha, p. 269. — La Grande guerre est décidée, p. 273. — La seconde guerre balkanique et ses suites, p. 275. — Négociations anglo-allemandes, p. 281. — Effervescence pangermanique, p. 289. — Intrigues de l'Allemagne au Maroc, p. 291. — Allemagne et Belgique, p 294. — Entrevue de Koaopisht, p. 299. — La fin de François-Ferdinand, p. 300.

Chapitre XI : Le conflit austro-serbe. — Sentiments de Guillaume quand il apprit le meurtre, p. 304. — Guillaume place sa fortune en Amérique, p. 305. — Préparatifs déjà faits, p. 305. — Délibéiations en Autriche, p. 311. — L'Allemagne et l'ultimatum, p. 315 et 323.

— Ambitions autrichiennes, p. 321. — Manœuvres austro-allemandes, p. 329. — Attitude de l'Italie, p. 332. — Intentions de sir E. Grey, p. 333. — Il propose une conférence, p. 335. — L'Autriche déclare la guerre à la Serbie, p, 337.

Chapitre XII : La déclaration de guerre à la Russie. — Décisions de la Russie, p. 338. — Télégramme de Berchtold, p. 339. — Retour de Guillaume, p. 340. — Conseil de Potsdam, p. 341. — ■ Avertissement de l'ItaUe, p. 346. — Proposition « infâme », p. 347. — Responsabilité de Bethmann, p. 349. — Intervention de sir E. Grey, p. 353.

— Incident du Lokal-Anzeiger, p. 357. — Ultimatum à la Russie, p. 361. — Déclaration de guerre à la Russie, p. 364. — Responsabilité de Guillaume, p. 365.

Chapitre XIII : Guillaume II et la Neutralité anglaise. — Attitude de l'Angleterre, p. 371. — Elle demande le respect de la neutralité belge, p. 373. — Malentendu Grey-Lichnowsky, p. 374. — Décisions anglziises, p. 379. — Invasion du Luxembourg, p. 382. — Causes de l'invasion de la Belgique, p. 383. — L'opinion anglaise et la neutralité belge, p. 385. — Ultimatum à la Belgique, p. 389. — Déclaration de guerre à la France, p. 393. — Invasion de la Belgique, p, 397. — L'Angleterie déclaie la guerre, p. 398.

Chapitre XIV : Les concessions de l'Autriche. — Attitude de l'Autriche, p. 400. — Elle devient conciliante, d'après Bunsen et Sasonoff, p. 402. • — Son attitude réelle, p. 404.

Note réfutant le livre de M. Muret : L'Evolution belliqueuse de Guillaume II, p. 47.

Additions et Rectifications, p. 417. — Note p. 151 : Réduction néfaste de notre artillerie en 1898, p. 417. — Note p. 310 : Déclaration de Hardial, p. 417 ; ordres allemands et autrichiens de rejoindre l'armée datés du 2 juillet, p. 418 ; mesures de guerre prises par l'Allemagne pendant les six premiers mois de 1914, p. 418. — Note p. 324 : Le gouvernement bavarois dément avoir connu l'ulitimatum autrichien, p. 418. — Note p. 358 : Le Kriegsgefahr et le supplément du Lokala'nzeiger, p. 418 ; préparatifs militaires clandestins de l'Allemagne du 21 au 29 juillet, p. 422. — Note p. 360 : Heure de léunion du conseil de Potsdam, p. 424. — Note p. 366 : Les droits du Kaiser en matière de déclaiation de guerre, p. 424. — Note p. 375 : Heure du télégramme du Kaiser au roi George, p. 424 ; mensonges allemands pour faire croire que nous avons commencé la guérie, p. 425. — Note p. 382 : Invasion du Luxembourg, p. 427.

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