‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 26 sur 133 · DOUBLEMENT DE LA FLOTTE · texte numérisé non relu

DOUBLEMENT DE LA FLOTTE

« Avec les accroissements qu'elle est sur le point de recevoir, elle sera en état de se mesurer avec les forces anglaises stationnées ordinairement dans nos mers. Il ne faut pas oublier d'ailleurs que le nombre est moins important sur mer que sur terre ; on peut le compenser par l'excellence du matériel et par la capacité et la discipline des équipages. Une préparation soignée permettant une mobilisation rapide, peut assurer une supériorité momentanée. » (^)

Cet aveu ne fut pas perdu pour les cercles maritimes anglais ; ils comprirent, et comme leur influence est décisive en Angleterre, ils entraînèrent l'évolution navale et diplomatique de ce pays dans les années suivantes.

(^) B. E. ScHMiTT, England and Germany, p. 177. — Le feld-maréchal général Colmar von der Goltz écrivait dans la Deutsche Rundschau de mars 1900 : « Nous devons contredire une opinion fréquemment exprimée qu'une guerre entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne est impossible. Cette dernière est forcée de distribuer ses flottes sur de nombreuses mers en temps de paix et en temps de guerre. Dans cet éparpillement inévitable réside sa faiblesse. L'Allemagne est dans une situation meilleure... Comme en beaucoup d'endroits les défenses de l'Angleterre sont faibles, ce serait une erreur de considérer un débarquement dans ce pays comme une chimère. La distance est assez courte pour réussir si un amiral audacieux a su conquérir la suprématie navale pour un certain temps, même s'il est court. La base matérielle de notre puissance est assez grande pour nous permettre de détruire la supériorité présente de la Grande-Bretagne. »

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