LA GUERRE H I S P A X O - A M É R I C A I N E
invitation aux autres peuples blancs à partager les peuples jaunes coninie un butin dont il fallait s'emparer pendant que c'était encore possible. Mais en 1898 eût lieu le premier heurt de Guillaume avec la puissance qui allait le forcer à abandonner ses plans contre les peuples jaunes.
Quoique le peuple américain ait précédé tous les autres dans les idées de paix, de désintéressement et de justice internationale, il a eu des périodes de politique de rapine pendant lesquelles il s'abaissait au niveau moral des autres peuples sans descendre, cela va sans dire, jusqu'à celui des monarchies absolues. Les Américains disent souvent qu'ils voudraient bien «fîacer de l'histoire de leur pays la guerre des généraux Scott et Taylor contre le Mexique. Leur guerre contre l'Espagne en 1898, quoique ayant eu pour but d'affranchir Cuba, île où, d'ailleurs, une grande partie de la population préférait la domination espagnole, même à l'indépendance, donna lieu chez eux à un court épanouissement de l'esprit de conquête et fut même dans une large mesure le résultat du désir de nombreux Américains de voir leur pays grappiller de tous côtés des territoires sous des prétextes men-
l'esprit d'entreprise, la capacité industrielle et la hardiesse commerciale des Allemands avaient créés dans tous les états de la terre. Quoique Bismarck ait vu ce nouveau développement de l'Allemagne, il n'a pas vu et, ne pouvait pas prévoir les obligations qu'il créerait. Dans le riche trésor de maximes politiques que le prince de Bismarck nous a laissé,nous ne trouvons nulle part de règles générales pour un grand nombre de possibilités de notre vie nationale. Xous cherchons en vain dans les actes de sa politique pratique une justification des résolutions que les problèmes de notre pohtique mondiale exigent de nous, «t cela, quoique cette nouvelle époque ait été préparée par Bismarck.» ^BuLOw, Deutsche Politik.)
leurs, à l'exemple des puissances européennes et asiatiques.
Il y avait donc, au moment de cette guerre, aux États-Unis deux courants intellectuels : celui des gens pour qui l'affranchissement de Cuba, était un prétexte pour entraîner leur pays à des actes de violence et à des déloyautés, et ceux, au contraire, qui croyaient à son désintéressement.
Le projet du Gouvernement américain de chasser les Espagnols de Cuba avait provoqué un certain émoi en Europe. Le roi Alphonse XIII étant encore mineur, ce pays était gouverné par la reine Marie- Christine, sa mère, qui, en sa qualité d'archiduchesse d'Autriche, avait à un haut degré l'appui de ce dernier pays. Alliée de l'Allemagne et de l'Italie, courtisée par la France et la Russie, amie traditionnelle de l'Angleterre, l'Autriche était à ce moment la puissance la plus influente de l'Europe. De là, sur le continent européen une certaine unanimité de sentiment en faveur de l'Espagne et des démarches en commun de tous les diplomates européens à Washington pour solliciter du Gouvernement américain des concessions permettant d'éviter la guerre.
Dans ce concert d'efforts en faveur de ÎF Espagne, l'Allemagne et la France cherchaient à se distinguer. Quelques vives qu'aient toujours été, da.ns notre patrie, les sympathies pour nos chevaleresques voisitiSjles sentiments d'amitié pour eux n'étaient, certes, pas les seuls qui fissent à ce moment agir nos diplomates. Ils comprenaient bien que Guillaume II qui n'agit jamais d'une façon désintéressée, ne mettait