CHAPITRE PREMIER
Quelle est la cause de la guerre qui désole l'Europe depuis plus de deux ans ? De nombreux écrivains se sont posé cette question, niais aucun, à mon avis, n'y'a répondu avec une exactitude complète. On y a vu le résultat des besoins d'expansion du peuple allemand, de la lutte des Allemands contre les Slaves, de la haine des Autrichiens et des Hongrois contre les .Serbes, des désirs de guerre du Kronprinz ou des rêves de l'archiduc François-Ferdinand au sujet de l'établissement de ses enfants. Certes, tous ces facteurs ont contribué à la rendre possible, mais la raison déterminante de cette efîrayante boucherie a été le désir de gagner d^s batailles et d'agrandir ses États qui possédait Guillaume IL Les vingt-six premières années de son règne s'étant écoulées" sans guerre européenne, sauf quelques observateurs familiers à la fois avec l'histoire diplomatique et l'histoire militaire, tout le monde a cru aux sentiments pacifiques de
i) LA DIPLOMATIE DE GUILLAUME II
l'Empereur allemand. On s'est complètement trompé. Le rêve de Guillaume II a toujours été de dépasser la gloire de son grand-père, comme Alexandre-le-Grand a dépassé celle de Philippe. Seulement, il était assez avisé pour se rendre compte avant 1913 que les circonstances ne le permettaient pas. Manquer à sa parole, violer les traités, dévaster des roya,umes entiers, fajre couler le sang humain à flots, n'aurait jamais pu l'arrêter un instant ; ce qui l'a arrêté, c'est la crainte (Tune défaite ou même simplement d'une partie nulle.
Il eût pu empêcher la gt»erre en 1914 comme il l'avait empêchée en 1913 ; il y a au contraire poussé tant qu'il a pu, mettant en œuvre tous les artifices d'une politique machiavélique pour la déchaîner. Que l'on ne croie pas à un changement dans ses sentiments : ils n'ont jamais varié. Il avait seulement appris, dès sa jeunesse, qu'un chef d'État avisé doit attendre l'occasion favorable. Il savait combien les peuples redoutent la guerre et pensait ce que disait son confident le général de Moltke : « Le succès seul la justifie. » [Livre jaune, n° 3.) Dans le monde civilisé, tous les phénomènes sociaux poussent de plus en plus au maintien de la paix. Guillaume a été forcé d'attendre longtemps avant de trouver l'occasion rêvée (^).
(^) M. P.-L. Hervier dans ses Kaiseriana [Nouvelle Revue, 15 mai 1915, p. 145) dit : « Guillaume a la superstition de croire qu'une chose rêvée dans une nuit d'anniversaire doit se réaliser un jour ou l'autre. Il n'a pas craint de confier l'année dernière à un confident qu'il appelait depuis l'âge de dix-sept ans le même rêve qui fut celui du vieil Alfred Krupp, et ce rêve dont il voulait bercer les nuits de ses
Il ne voulait pas, en effet, risquer la partie avant d'avoir mis le plus de chances possible de son côté par un vaste système d'alliances et par des préparatifs militaires dépassant ceux de ses adversaires éventuels.
Ce qui le distingue de la plupart des monarques aussi indifférents que lui à verser le sang et à causer la ruine des peuples, c'est sa remarquable compréhension de la nécessité d'une minutieuse préparation diplomatique et militaire de la guerre. Il a bien saisi hi leçon qui se dégage de l'échec final de Nicolas I^^ et du désastre de Napoléon III : un monarque conquérant ne doit jamais sacrifier ses intérêts au triomphe des théories qu'il a adoptées ; il doit faire la guerre, non quand le droit y autorise, mais quand elle a le plus de chances de réussir, et, en attendant ce bienheureux moment, avoir soin que son armée et sa niàrine aient toujours le matériel le plus perfectionné (*). Pour lui la politique est une suite de fouranniversaires, c'était la guerre, la domination du monde entier par l'Allemagne. » Malheureusement M. liervier n'indique pas ses sources, de sorte qu'on ne sait quel degré de confiance accorder à ce qu'il raconte.
(*) En février l'JÛO, Sir Edward Reed, le premier des ingénieurs navals anglais de son époque, çcrivit dans la Deutsche Heinie : « Ce qui m'a frappé le plus à Berlin, ce sont les connaissances remarquablement exactes et approfondies de l'Empereur sur des points accessoires qui échappent généralement à l'attention de personnages haut placés... en particulier en matière navale. Comme on parlait d'une chose qui est en effet de la plus grande importance dans la guerre maritime, je fus étonné de voir que S. M. possédait des informations plus complètes, plus au courant et plus approfondies que son ministre et que moimême... Je doute fort qu'aucun autre amiral anglais (puisque l'Empereur a ce titre) possède une connaissance aussi approfondie des agencements les plus minutieux des navires et de leurs machines... Au lieu d'être comme nous (et souvent bien à tort) enclin à admirer les dispositions traditionnelles... il voulait connaître la raison d'être de chaque
beries, la guerre un guet-apens, mais fourberies et guet-apens sont glorieux à la condition d'être bien préparés, bien exécutés et de réussir. En même temps, comme c'est le propre de l'inventeur de s'enthousiasmer pour la réalisation f de l'œuvre élaborée, par l'effort de son imagination, plus Guillaume et ses collaborateurs perfectionnaient leurs plans de campagne et plus ils s'enthousiasmaient pour leur exécution. De là, le ton de plus en plus menaçant avec lequel il imposait ses volontés toujours plus nombreuses et plus étendues. Ily voyait un moyen d'augmenter son influence et sa clientèle tout en tentant de se faire déclarer cette ^guerre qu'il désirait si ardemment.
C'est cet enchaînement d'idées que nous allons essayer de démontrer dans cette étude. -^ .1 "^
Quand on veut comprendre Guillaume II, il faut avant tout ne jamais perdre de vue qu'il recherche passionnément la gloire et que toutes ses pensées sont pour elle. Mais cette gloire qu'il veut acquérir, ce n'est pas celle du savant. ou de l'écrivain, de l'artiste ou du bienfaiteur de l'humanité. C'est celle du souverain, du diplomate et de l'homme de guerre. Leurs fonctions sont les seules qui aient fait l'objet de ses méditations. Tout autre rôle est joué par lui
détail d'un navire et son point de vue était que jamais une amélioration éventuelle ne doit être négligée par préjugé ou par indifférence. » — Les officiers américains de l'escadre de l'amiral Evans furent d'abord étonnés du soin avec lequel l'Empereur, dans une première visite de leurs navires, examina les perfectionnements qui leur étaient particuliers, puis choqués de l'indiscrétion avec laquelle il s'invita à les visiter une seconde fois, amenant cette fois-là ses chefs de service, pour leur faire copier ce qu'il avait vu de bon à imiter. (P. Bigelow, Prussian Memories, New- York, 1916.)
et il l'avouait lui-même à ses familiers. M. F. Bac, répétant ce que lui avait dit l'un d'eux, Mgr Scheufïgen, écrivait le 1®^ avril 191G dans la Revue de Paris : « L'Empereur, aidé par sa mémoire et sa faculté dassimilation, se sert avec adresse des choses récemment apprises et les débite au moment voulu avec une volubilité et une sûreté qui semblent spontanées et une aisance bien faite pour éblouir même les plus avisés. Parfois, avec sa faconde d% « placier de Champagne », il se moque, une fois l'effet produit, à la fois des gens qu'il a surpris par ses connaissances techniques et de lui-même. 11 ajoute alors volontiers « qu'il fait cojnme un collégien qui, le matin de son « examen, se serait informé du problème qui lui sera « posé et des sujets sur lesquels il sera interrogé. 11 « apprend fiévreusement la matière, inscrit des notes « sur les manches de sa chemise et finit par être un « objet d'admiration pour les examinateurs ».
Guillaume II n'a donc pas la prétention d'être • universel, mais il est de première force en diplomatie et connaît à fond l'art militaire. Ce sont les deux seules choses qu'il ait étudiées ; mais il avait de l'aptitude pour elles et il a eu de bons maîtres : Bismarck et Waldersee. Il les a finalement disgraciés l'un et l'autif!, mais après avoir profité de leurs leçons. Nous avons montré dans une étude récente que quand il renvoya le second, c'est qu'il croyait avoir trouve mieux (^). Sa prétention a été indubitablement d'avoir remplacé lui-même le premier, et,
(1) V. Mercure de France du 16 juin 1916 : De Clausewitz à Hindenburg-
quand on examine la façon doat il s'y est pris, on est forcé d'avouer que l'élève u'était inférieur au m'^ître que par sonimp^ tience trop grande de réussir (^)et par son ambition démesurée. La première lui f3isait parfois découvrir son jeu et faire des faux-pas, la seconde lui ? fait partager tous les rêves des patigermi?nistes et l'a décidé finalement à déclarer une guerre qui a,urait déjà entraîné sa perte sans une circonstance qu'il n'avait pu prévoir : les Russes ont manqué de munitions au bout de se;pt mois de guerre !
Pour bien comprendre les sentiments de Guillaume Jï au sujet de la guerre, il faut aussi se rappeler qu'il est né sur les marches du trône et y est monté de bonne heure. Son prédécesseur, Frédéric II, dévoilait à la fois le fond de son cœur et celui de son successeur actuel, quand il écrivait : « Les. tyrans comptent pour rien la vie des hommes. L'élévation dans laquelle les a placés la fortune les empêche de compatir à des malheurs qu'ils ne connaissent point ; ils sont comme ceux qui ont la vue basse et qui ne voient qu'à deux pas d'eux : ils ne voient qu'eux-mêmes et n'aperçoivent point le reste des humains. » (^)
Il semble à première vue qu'il y ait des exagéra-
it) Le 7 mai 1895, Bismarck écrivait dans les Hamburger Nach* richten : « Notre politique étrangère souffre d'un défaut, nous ne pouvons pas rester tranquilles et attendre. »
(*) Revue des Deux-Mondes, 15 mars 1915, p. 365. — « Pendant les dix dernières années, on a eu trop de confiance à l'étranger dans le pacifisme et dans la sincérité de Guillaume II. On oubliait qu'après tout il est de la race du grand Frédéric, et que sur la politique, il a dû méditer les leçons de ce prédécesseur dénué de scrupules. » (Baron Beyens, apud Revue des Deux Mondes, l^r mars 1915, p. 10.)
tions dans cette citation, mais l'histoire prouve le contraire : c'est en voyant le champ de bat lille de Kœniggrœtz couvert de cadavres que le roi Guillaume ressentit cette horreur du sang versé qui eût peut-être permis d'éviter la guerre de 1870-71 si Bismarck, à la grande joie des deux « buveurs de sang », Roon et Moltke (c'est ainsi qu'il les qualifia dans sa conversation avec M. Busch), n'avait pas falsifié le télégramme d'Ems. On aurait tort de juger les sentiments des monarques sur la guerre par ceux des simples citoyens. Elle n'est pas dangereuse pour les rois et les princes du sang. Depuis Charles XII en 1818 (et il avait cherché Ja mort), on n'a jamais vu l'un d'euxmourir au champ d'honneur ('). S'ils doivent périr d'une façon tragique, c'est en temps de paix que ce malheur leur arrive. Eux-mêmes savent bien que la guerre n'est pas dangereuse pour eux. Quelle est la mère alleman4e ayant un mari et six fils à l'armée que la perspective de la grande boucherie n'eût inquiétée ? Il y en a eu une cependant : l'impératrice d'Allemagne. Le baron Beyens, qui l'a vue de près, dit sur elle : « La guerre, matribus detestata, n'a rien « qui l'effraye ou lui fasse horreur. Pendant la crise « d'Agadir, alors que toute la Cour de Berlin frémissait « d'impatience de se mesurer avec la France ailleurs « que dans un champ clos diplomatique, la souveraine « a partagé le désir qu'elle sentait palpiter autour « d'elle : « Allons-nous donc toujours reculer devant les Français et supporter leurs impertinences ? »
(1) Revue des Deux Mondes, 15 mars 1915, p. 244.
« disait-elle d'un ton de reproche à M. de Kiderlen qu'elle n'aimait pas. » (^)
Guillaume a donc été élevé dans un milieu où les périls de ceux qui vont à la guerre sont envisagés en général avec le même détachement que les périls courus par les gendarmes en arrêtant les malfaiteurs le sont par la population civile. Doué par la nature d'un cœur dur et d'une âme égoïste autant qu'avide de gloire militaire, il aurait fait la guerre presque dès son avènement si son mentor Bismarck ne lui avait enseigné qu'il ne faut la faire que quand la supériorité des moyens dont on dispose et la certitude que les autres Etats n interviendront pas, ou même aideront, assurent d'une victoire éclatante. C'est la pensée qui résume à la fois la politique du Chancelier de Fer et ce qu'il a écrit dans ses Pensées et Souvenirs. Guillaume s'en pénétra bien ; et c'est la conviction qu'il avait qu'il ne faut faire la guqrre que quand ces circonstances sont réunies, qui l'a obligé d'attendre si longtemps le jour où il pourrait détrousser ses voisins et
(^) Mr. Sidney Whitman dit de Mr. William Stead, l'apôtre du pacifisme : « La folie du culte de la force brutale par l'homm^e provoquait ses railleries. Il me dit un jour qu'étant à Chicago, il y visita un des grands abattoirs. Les bœufs ont un sens très vif du sang et quand on les pousse à l'abattoir, deviennent souvent rétifs et essaient de fuir. Des bœufs ont été spécialement dressés pour conduire les troupeaux par la descente qui conduit aux abattoirs, puis brusquement, ils tournent par une porte et disparaissent pendant qu'on pousse les autres au lieu d'abattage. L'animal qui sert à les tromper est appelé le « bœuf Judas ». Mr. Stead le comparait aux modernes Kriegs-Herren (chefs de guerre) qui ont un souci extrême de leur peau pendant que leurs sujets sont poussés à l'abattoir. Il pensait que ce serait la fin des guerres si les nations convenaient de faire descendre leurs belliqueux chefs de guerre dans l'arène, et de leur laisser porter leurs propres peaux au marché et vider leurs querelles, tandis que leurs sujets regarderaient. » [Things I rememher, p. 234.) — Guillaume à 16 ans voulait dans ce cas faire combattre les ministres. (Aymé, Une Education, p. 152.)
en faire ses sujets après les avoir pillés et massacrés.
On. aurait tort d'ailleurs de prendre au pied de la lettre ce que dit Frédéric II, que les tyrans « ne connaissent pa? les nialheurs des autres ». La vérité est plutôt que. par égoïsme, indifférence ou passion, ils ne veulent pas voir ceux qu'ils causent ou négligent de soulager. Les plus intelligents d'entre eux (et Guillaume II est du nombre) se composent une attitude destinée à dissimuler au peuple leur vrai caractère ; ils créent sur eux-mêmes une légende destinée à tromper leurs dupes et Adctimes sur le vrai but de leurs actions et sur leur perfidie. Guillaume II, causant avec un officier anglais, a un jour révélé son secret : « Nous autres rois, nous ne pouvons pas nous faire des amis, nous ne faisons que des dupes- », lui a-t-il dit (^). Beaucoup d'Allemands ne s'y trompaient pas.
« Nous ne nous figurons pas en France, écrivait M. F. Bac dans la Reçue de Paris, avec quelle liberté ils parlaient de leur Empereur avant la guerre. Des hommes d'esprit distingué étaient choqués de son teatralisches Wesen {îaçon théâtrale), de ses excentricités de Umstandmacher (faiseur d'embarras), de l'étalage de sa dévotion officielle ; il n'y a pas, disaient-ils, de vraie dignité, de vraie sincérité, de vraie bonté ^ et de vraie grandeur dans son appareil extérieur, ni dans ses actes ; tout, même son christianisme démonstratif, est pour la parade, pour l'artifice ; derrière ce paravent somptueux, pieux et trompeur, vit
{^) Daily Express, 14 janvier 1915.
un être extrêmement rusé, médiocre d'âme, et qui, moyennant certaines intentions louables, se croit quitte envers le bon Dieu. » (^)
Mais si le côté moral chez Guillaume II ne présente qu'égoïsme et dureté, hypocrisie et perfidie, le côté intellectuel offre malheureusement une ample compensation. Fort bien doué à ce point de vue, il a développé remarquablement les dons de sa riche intelligence grâce aux occasions que lui offrait la splendide situation dont il avait hérité : M. F. Bac {loc. cit.) a bien vu l'importance de ce facteur chez lui quand il a écrit : « Le continuel contact avec une élite qui lui apporte les résultats et la synthèse de toute l'activité nationale allemande et de toute l'activité mondiale, l'échange d'idées par la quotidienne information sur toutes choses, l'ont fort élevé au-dessus de luimême. » <^
Ainsi doué par la nature et perfectionné par les leçons des hommes les plus capables de l'Allemagne, Guillaume II, depuis le jour où il apprit que la maladie de son père l'appellerait au trône de bonne heure, ne cessa de préparer le renouvellement des victoires de 1886 et de 1870, résolu à saisir la première occasion de le réaliser.
Mais pour comprendre ses manœuvres dans ce but, il ne faut pas prendre au pied de la lettre ce qu'il a
(^) « Peu avant sa démission, le prince de Hohenlohe dit à un de mes amis que l'empereur Guillaume était le plus froid rationaliste (au sens d'agnostique), le plus grand égoïste et l'être le plus ingrat qu'il ait jamais rencontré dans sa vie. C'est ce que voulait dire aussi le prince de Bismarck quand il me déclara à Kissingen en juillet 1892 que l'Empereur n'avait pas de cœur. » (Sidney Whitman. Fortnightly Review^ 1914, vol. XCVI, p. 913.)
dit, car il suit avec rigueur la maxime que la parole a été donnée à l'homme pour tromper. A peine parfois a-t-il un moment d'oubli oii il lâche son secret, he juger d'après ce qu'il dit quand il s'observe est l'erreur plus ou moins volontaire qu'a commise Karl Lamprecht (^). Cet historien allemand a eu raison de croire que l'application de la psychologie à l'histoire pouvait donner de grands résultats, mais son essai de faire le portrait de Guillaume II à l'aide de ses discours officiels, ne pouvait qu'échouer misérablement. Ce n'est pas l'Empereur allemand qu'il a analysé, c'est son masque. Pour savoir ce que le Kaiser a voulu faire, il faut interroger ses actes et ceux de ses ministres, car ceux-ci, Hohenlohe l'a révélé dans ses « Denkwûrdigkeiten (*) », ne font rien sans avoir consulté V Empereur.
C'est cet interrogatoire que nous allons commencer dans les pages qui suivent.
(^) Voir sur K. Lamprecht et Guillaume II le beau livre de M. Maurice Muret, L'Orgueil allemand (Paris, 1915). (»} II, 520.
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