AUTRICHE ET ITALIE
■qu'aussi longtemps que les événements avaient travaillé pour la Double Alliance ; la situation ayanl commencé à changer à la fin de 1912, il reprit son langage d'homme offensé et le 1^^ janvier 191.!. passant grave et froid devant M. Jules Cambon. il laissa tomber ces mots comme pour expliquer son attitude : « Monsieur l'Ambassadeur, voilà 25 ans que je tends la main à la France et qu'elle me la refuse « (E. Daudet, Auteurs, II, 166). (^) Ce changement avait été amené par la première guerre balkanique.
(^) Changeant d'attitude envers notre représentant pour ménager la transition des amabilités à la déclaration de guerre, Guillaume laisea tomber son masque et montra ses véritables sentiments envers les autres Français. Le baron Beyens écrit : « Guillaume II était revenu depuis quelque temps de ces accès de bienveillance (envers la France), après en avoir constaté l'inutilité, et il accentuait, au contraire, à l'égard des voyageurs français qui lui étaient présentés, ses manières hautaines et cassantes dans les derniers mois avant la guerre. Il a dit alors devant moi, en février 1914, un soir de bal à la Cour, dans une conversation à laquelle prit part mon compatriote et ami le baron Lambert, cette phrase plus pittoresque que conforme à la vérité, quil aimait à répéter, car il s'en était déjà servi avec d'autres diplomates : « Souvent j'ai tendu la main à la France, elle ne m'a répondu que par des coups de pied ! » Son amertume se répandit ensuite contre la presse parisienne qui attaquait l'Allemagne journellement et sans mesure. Il finit sur un ton grave, poir déclarer avfc cette mimique expressive qui donnait tant de poids à ses paroles « qu'on devait prendre garde, à Paris, parce qu'il ne serait pas toujours là ! » (L'Allemagne avant la guerre, p. 19.)