‹ La diplomatie et le droit nouveauChapitre 13 sur 22 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

germaniques, la vieille Autriche, saignée à blanc des deux côtés, verra s'évaporer les derniers restes de son existence nationale, et une fois ces deux colosses, formés l'un de soixante, Tautre de quatre-vingts millions d'hommes, mis côte à côte, je laisse à penser ce que deviendra la liberté de l'Europe s'ils s'unissent, et son repos s'ils se heurtent.

Tel est le danger, non pas éloigné et imaginaire, mais prochain et pressant, je ne dirai pas qui va fondre sur nous (nous ne lui en laissons pas le temps), mais au-devant duquel nous nous plaisons à courir nous-mêmes, en nous laissant aller, par le plus

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étrange des caprices, sur une pente que nos propres mains ont creusée, et que la gravitation ne tardera pas à rendre irrésistible. Ce n'est point un fantôme, c'est une réalité à laquelle nous-mêmes, par de fausses théories, avons pris soin de donner un corps.

L'énormité étrange du péril ne doit pas même faire illusion sur son imminence. Les événements et les révolutions, on le sait, de nos jours, participent à la facilité et à la promptitude de nos nouveaux moyens de transport.

Eux aussi voyagent à la vapeur et franchissent en une année l'espace qu'ils auraient mis autrefois des siècles à parcourir. Après tout, entre l'état que

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