XX PRÉFACE
je vois venir et celui qui est sous nos yeux, il y a moins de distance et de différence qu'entre l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui et telle qu'elle était il y a di^ ans.
Il est temps sans doute encore d'arrêter ce niouyement funeste, et la France le peut d'autant mieux que c'est d'elle-même que l'impulsion est partie* Mais c'est cette impulsion alors qu'il faut changer, Si on la renouvelle s^ns^ cesse, il ne faut pas s'étonner que les événements suivent, avec une vitesse qui se multiplie par elle-mêpie, la direction où on les précipite. Chaque homnïage nouveau rendu au principe lui fgit porter une nouvelle con^é-
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quence. Il faut donc se hâter de renoncer, au moins dans ce qu'elles ont d'excessif et d'exagéré, à la pratique comme à la théorie du droit nouveau, et en revenir, sans rougir, par un re* tour que ^expérience justifie, 3 la vieille maxime de droit public que chacun de nous a apprise avec les premières leçons de l'histoire moderne et qui faisait, hier encore, le fond aussi bien que l'élément, Talpha comme Toméga de toute diplomatie.
Cette maxime, (Jont le livre qu'on va lire n'est que le développement, pour la résumer en deux mots, la voici:
c'est que l'état territorial de l'Europe est sous la protection de traités qui
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en ont fait la répartition, dont toutes les nations sont réciproquement garantes, et que nul n'y peut porter atteinte, pas plus par la voie de Fannexion populaire que par celle de la conquête armée, sans demander et sans obtenir, pour ce changement apporté à l'équilibre des forces, la ratification de l'Europe entière. Précaution tutélaire consacrée dans les^ grandes conventions de Westphalie, d'Utrecht et de Vienne, qui maintient entre les grands États une égalité salutaire, assure aux faibles la garantie et la tutelle des forts, préserve la société européenne de la formation soudaine d'une grandeur prépondérante, et dé-
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fend les petits peuples aussi bien contre les séductions subreptices que contre les mainmises violentes de leurs puissants voisins. C'est cette sage pratique qui a aidé autrefois l'Europe à détruire la puissance colossale de la maison d'Autriche, qui a favorisé le développement de toutes les nations modernes, et permis à tant de cités généreuses, en Suisse, en Flandre, en Allemagne, de maintenir, à travers les ambitions des conquérants et les conflits des grandes armées, les libertés de leurs modestes institutions, source et foyer de leurs vertus civiques.
Comment cette règle de droit inter-