La diplomatie pontificale au XIX siècle
Que nous sommes-nous proposé en publiant en français l'ouvrage du R. P. Rinieri ?
Nous avons voulu, autant que Dieu nous en ferait la grâce, atteindre un triple but : historique, religieux et patriotique.
I. Un but historique. L'histoire veut, avant tout, la vérité, l'information exacte, la sincérité. C'est ce que le grand Pape qui gouverne l'Eglise a dit plusieurs fois, et naguère encore, dans la lettre que Léon XIII adressait, le 10 décembre 1900, à la Gœrresgesellschaft (la société si méritante de Gœrres, qui publie en ce moment un vrai monument historique sur le Concile de Trente) :
(( Prima lex historiœ, ne quid falsi dicere audeat ; deinde ne quid veri non audeat : ne qua suspicio gratiœ sii in scribendo, ne qua simultatis. »
Or, nous pouvons à la lettre appliquer ces paroles aux ouvrages qui traitent du Concordat français de 1801 : d'un côté, erreur et fausseté ; de l'autre, réticences et dissimulations, dont souffre l'histoire véridique et impartiale. Ceux qui nous feront l'honneur de lire, d'un bout à l'autre, et avec attention, ce premier volume,pourront dire, àia fin,
AVant-propós
s'il y a eu des écrivains", même ecclésiastiques, auxquels sont applicables ces mots : ne qua suspicio gratise in scribendo, ne qua simultatis : ni paiHialité, ni préventions, quand on écrit l'histoire ! Le P. Rinieri le démontrera en temps et lieu, à mesure que, pour son récit, le plus sincère, le plus exact, le plus complet, il mettra en œuvre ces documents qu'il puise aux Archives du Vatican, et dont une bonne partie voient le jour pour la première fois. Je ne demande au lecteur qu' une chose : Qu'il lise sérieusement, attentivement ; qu'il pèse la valeur de ces documents d'outre-tombe, et qu'il compare ensuite. Comparez Rinieri avec les historiens passés du Concordat, même ceux qui ont encore le plus de vogue !
Œuvre historique, œuvre de sincérité, dans son ensemble, dans ses détails, dans ses jugements, dans sa méthode : c'est la reconstitution exacte et fidèle des temps et des lieux, où se meuvent les divers personnages, les acteurs de l'événement qu'il raconte avec ses circonstances, en nous faisant part, comme dans le roman psychologique le plus pur, avec la vérité en plus, des sentiments intimes, des impressions et dispositions de chacun, puisées dans les volumineuses correspondances, les Mémoires et tant de pièces qu'il a dû explorer.
Il est impossible qu'un homme sincère et de bonne foi qui aura lu ce volume et suivi patiemment (non à la hâte et comme en voltigeant) les longues discussions préparatoires, les attaques et les répliques, les dessous où se dissimulent les artifices diplomatiques, les Mémoires et les Notes échangées entre les deux parties contractantes, les incidents où se font jour les procédés malhonnêtes, la mauvaise humeur, la duplicité, la violence ou les pièges d'un gouvernement sans foi ni loi, de politiques à vues courtes, qui ne visent qu'aux intérêts fugitifs de leur