‹ La diplomatie pontificale au XIX siècleChapitre 2 sur 68 · AVANT-PROPOS III · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS III

ambition et de leur orgueil, et dès lors travaillent à leur détriment et à la ruine de leur pays ; — il est impossible, dis-je, qu'un tel homme essaie de se faire illusion et se trompe sur le vrai sens que, en théorie et en pratique, la plus vulgaire loyauté lui fait un devoir de donner aux 17 Articles du Concordat, ou qu'il répète les rengaines et les sottises où se plaisent l'ignorance, la passion sectaire des prétendus esprits forts et leur incrédulité.

II. Un but religieux ensuite. A bien dire, c'est bien le principal. Nous l'avouons en toute simplicité, plus nous avancions dans ce travail de traducteur consciencieux et fidèle que nous espérons avoir été, (car ici l'élégance doit venir en seconde ligne), plus augmentait en nous la persuasion intime que la cause de la religion y trouverait un sérieux avantage, et mêmeun point d'appui d'une efficacité merveilleuse.

Ce qui nous fait défaut, en pratique du moins, ce sont les fermes convictions, ce que la philosophie appelle « p7Hncipia inconcussa », des principes assurés dont on ne puisse douter et qui éclairent la route, et l'union de tous dans ces principes immuables : unanimes, idipsum sentientes, dit l'Apôtre.

Voyez ici quelle a été, dans la négociation du Concordat, « la plus difficile affaire que le Saint-Siège ait eue entre les mains, et qui,en d'autres temps, aurait requis l'œuvre d'un Concile œcuménique » (Consalvi), l'attitude du Souverain Pontife, de ses négociateurs, et des cardinaux qui ont eu à s'en occuper et à donner leur avis. Sans doute, le Pape Pie VII fut condescendant, il le fut plus qu'aucun de ses prédécesseurs, et il le fallait pour rendre la reliiî;ion à la France. Mais, lorsque le futur César essaie, par son ministre Cacault, de mettre le Pape dans le cercle de Popilius, de l'intimider, lui et les vieux cardinaux du Sacré Collège,

Page 1