‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 156 sur 189 · Lettre du 8 août 1718, p · texte numérisé non relu

Lettre du 8 août 1718, p

:»In L'EXPEDITION DE SICILE

inquiet do l'homme d'État aux alliés dont le concours ferait triompher l'Espagne : « à défaut des Turcs, une ligue des princes du Nord, et l'Archiduc aura de l'occupation1. » « Un seul allié à l'Espagne et les Allemands seront chassés d'Italie. » Tantôt, c'est un chant de triomphe de l'administrateur satisfait du résultat de ses efforts, ou même un exposé, destiné à l'édification de ses amis et peut-être du monde politique, des difficultés rencontrées et vaincues : « au temps de Charles II, cette monarchie n'était qu'un misérable cadavre. Le monde va voir ce que fait l'Espagne : je vois de plus ce qu'elle peut faire-. » C'est aussi, dans l'attente des nouvelles de Sicile, la parole attristée par le doute, et déjà le découragement : « si j'avais un peu d'aide, si j'avais un peu de bonheur, je ne désespérerais pas de voir se réaliser mon intention, qui était bonne. Le mal est que je suis vieux et lassé : la consolation sera pour d'autres. » Et toujours la pensée de l'Italie qui souffre et dont il voulait la délivrance. « Aux États de Parme, où je suis né, comme à toute l'Italie je m'efforce d'être salutaire et ne serai jamais nuisible. Tant que je serai à la tète des affaires de l'Espagne, je dirai à mon Roi d'employer toutes ses ressources à la sécurité, à la défense de cette belle province3. »

Partie le 18 juin, sous la conduite de l'amiral Castaùeta, et de ses lieutenants le Génois Mari, homme de confiance du cardinal, de Balthazar de Guevara, sa créature, la Hotte d'Espagne emportait 30,000 hommes de guerre commandés par le marquis de Lède, toutes vieilles troupes choisies, telles qu'aucun prince n'en avait alors de meilleures. « .Jamais escadres, dit le marquis de Saint-Philippe, ne furent mieux munies. » L'organisateur de l'entreprise, José Patino allait la suivre, porteur des fonds et des ordres du Roi. Après avoir touché et pris des renforts à Cagliari, le 26 juin, l'amiral Gastaneta atteignit la Sicile le 1er juillet. Le débarquement eut lieu sans effort deux jours après au cap Solanto, à quatre lieues de Palerme. Alberoni avait été bien inspiré de diriger son entreprise sur la Sicile, que les

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