‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 157 sur 189 · Lettre d'Alb.eroni à R,pccai, 15 août · texte numérisé non relu

Lettre d'Alb.eroni à R,pccai, 15 août

!!. Iilf/n, il, il/.. 27 juin 1718, p. 590

LA DKIAITK Dl. I. ESPAGNE :uu

princes de Savoie réduits à leurs forces ne pouvaienl défendre. A Naples, les Espagnols eussenl trouvé une autre résistance, déjà préparée parle maréchal autrichien haun1.

Là, point çVoJbstacles : le gouverneur de Palerme, le comte Mall'ei, se retira avec 1,500 hommes précipitamment à Syracuse. Une petite garnison de Piémontais demeura cernée dans Castellamare, tandis que le gros de l'armée espagnole marchait sans inquiétude sur .Messine, cl que la flotte portait l'infanterie auprès de Melazzo pour l'attaque prochaine. Il avait suffi au marquis de Lède, vainqueur sans combat, de montrer ses pouvoirs de vice-roi pour obtenir la soumission de l'île : « Nous n'avions reconnu, dirent les Palermitains, Yictor-Amédée pour Roi que sur l'ordre du roi d'Espagne. Le prince a changé d'avis et repris l'île : nous n'avons encore qu'à lui obéir. » Les gens de Catane n'attendirent même pas l'arrivée des Espagnols pour se soulever. Trapani se rendit le 14 juillet.

La domination récente des princes de Savoie était des plus impopulaires : les Italiens du Nord avaient fait regretter aux Siciliens les Espagnols par leurs sévérités. Il n'y eut plus de résistance à la fin de juillet que dans la citadelle de Messine où le marquis d'Andorno se réfugia avec 3,000 Piémontais, à Syracuse où le comte Maffei avait rallié les débris du corps d'occupation et frété deux vaisseaux anglais. La capitulation de l'île toute entière n'était plus qu'une affaire de jours. Philippe V semblait aussi assuré de sa conquête que depuis un an Yictor- Amédée l'était peu. C'était l'espoir et le calcul d'Alberoni. « Si on peut jeter des racines en Sicile, y garder 30,000 hommes, l'affaire deviendra vraiment sérieuse- », écrivait-il le 8 août.

Non pas que, selon le vœu des Farnèse, Alberoni se laissai aller à la tentation d'attaquer par un nouveau coup d'audace l'Empereur immédiatement à Naples. Dans ses projets d'alors on ne reconnaît point la fougue de ce caractère opiniâtre que Lemontey lui attribue à plusieurs reprises. 11 résiste au contraire au tentateur, à ce Gennaro Felicioni, au duc de Parme déguisé en Napolitain, qui ne se lasse pas de l'inviter à franchir le détroit

1. Pour ce récit consulter Saint-Philippe. Mémoires, III, p. 231.

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