LIVRE II
Chapitre I. — Décadence et réveil de l'Espagne : Alberoni et Marie-Louise de Savoie.
— La monarchie espagnole au lendemain de Villaviciosa : le gouvernement absolu et la personne du Roi. — Le ménage royal. — Les efforts et l'énergie de la Reine. — Les abus de la République des Conseils et des Grands d'Espagne : inertie el corruption. — L'autorité centrale et le Despacho universul. — Les partis et les nations à la cour, Italiens, Flamands, Français et Espagnols. — Les ressources nationales; agriculture et classes paysannes.
— L'excès des couvents et des impôts; arbitraire et désordre. — La Reine et les réformes financières d'Orry et d'Amelot ; la réorganisation des Conseils, de l'administration et de l'armée. — Les colonies et le commerce de l'Espagne et des Indes, les galions, principale et pauvre ressource de l'État.
— Marie-Louise et la princesse des Ursins : leur action réciproque; témoignage et espérances d'Alberoni. Sa politique italienne, et les vues de Philippe V sur la Péninsule, avant et après la paix d'Utrecht. — Situation et mission de l'envoyé des Farnèse à Madrid : la mort de Marie-Louise de Savoie et les conséquences de cette mort pour les Bourbons d'Espagne comme pour les princes de Parme.
Chapitre IL — L'Espagne aux Farnèse ; Alberoni et le mariage d'Elisabeth de Parme. — Après Marie-Louise de Savoie, Mme des Ursins, premier ministre, continue son œuvre avec Orry. — Philippe Y, dans l'attente d'un second mariage, règne et ne gouverne pas. — Ses regrets pourtant d'avoir dû sacrilier aux Habsbourg et à la paix une part de la monarchie espagnole, et ses droits à la Succession de France. — Mission donnée au cardinal del (liudice à la cour de Versailles, pour servir et préparer cette revanche : il échoue auprès de Louis XIV; sa disgrâce. — Alberoni, avec Mme des Ursins, imagine de négocier d'autre part le mariage du Roi avec la nièce du duc de Parme, Elisabeth Farnèse. Après y avoir pensé pendant les dernier- mois de la vie de Marie-Louise de Savoie, l'abbé décide M"" des Ursins à conduire l'intrigue (avril 1714) par l'espoir qu'elle gouvernera cette nouvelle Reine. — Le mariage convenu (juin 1714), accepté de Louis XIV, célébré à Parme (août 1714). — Caractère, tempérament et intentions d'Elisabeth Farnèse : elle veut gouverner et ne pas être gouvernée. — Le conflit certain avec Mrae des Ursins. — Le coup d'Etat de Jadraque (décembre 1714). — Le rôle et le Secret d'Alberoni : son ambition d'administrer l'Espagne au service d'Elisabeth et d'employer la puissance de cette monarchie à la grandeur de l'Italie et des Farnèse.
Chapitre III. — Le gouvernement p'Élisabeth Farnèse; l'œuvre d'Alberoni en Espagne. — Après le renvoi de Mmo des Ursins, le cardinal del Giudice, premier ministre, congédie ses collaborateurs et recherche l'appui de Louis XIV en achevant la paix. — Il Halle Philippe Y de l'espoir de maintenir* ses droits à la Succession de France : mission du prince de Cellamare. — Maladresses el insuffisance de ce gouvernemenl d'Italiens.— Alberoni, pour prendre la place, instruit la Reine à s'emparer du Roi el des affaires de
l'Espagne. — La lutte pour la puissance entre les deux Italiens. — La faveur d'Alberoni établie à Madrid de janvier à juillel 1716, définitivement : de! Giudice exilé à Rome 1716). — L'abbé, demeuré cependanl l'envoyé de la cour de Parme, dirige Elisabeth el réorganise l'Espagne pour le plus grand profil el selon les vues des Farnèse.
Son administration à Madrid, sa principale tâche, la moins connue. — Économies et réformes dans la maison militaire et civile du Roi, dans la garde-robe de la Reine. — La grande réforme des Conseils espagnols, conseils d'État, de guerre, de Castijle en I7I7 el développement des secn taireries d'État, avec Grimaldo, Miguel.Duran, Patino — Études et réor ganisation financières : revenus d'Étal et provinciaux; ordre et centra lisation, imparfaits encore.— Développement des ressources nationales : encouragements à l'industrie et à l'agriculture. — La question monétaire H le commerce de l'Espagne. — Les gallons et le commerce européen. — Le régime colonial de l'Amérique espagnole. — Alberoni <■! les puissances maritimes, la Hollande et l'Angleterre : i'Assienlo et le traité de commerce anglo-espagnol de 1716. — La reconstitution de la marine militaire, des ports et des chantiers espagnols. — Alberoni récompensé de se- efforts par le chapeau de cardinal (juin 1717) malgré la résistance du Saint-Siège, à la demande de la cour de Parme et des Stuart.
Chapitre IV. — Le conflit i>e i.a France et de l'Espagne : Alberoni et le m • d'Orléans. — Les intentions de Philippe V sur l'Italie, et sur la Succession de France à la fois : après l'trecht, il demeure hostile aux Habsbourg et mécontent des Renonciations. — Alberoni ne souhaite pas en 1717 le renouvellement immédiat de la guerre, mais il voudrait employer l'Espagne au service des Farnèse pour la délivrance de l'Italie. — 11 préférerait cette entreprise aux vues de Philippe V sur la France, — Dangers pour la paix et pour l'Italie aussi, de la politique autrichienne, encouragée par Georges Lr, Électeur de Hanovre, roi d'Angleterre, el par les whigs, — Les Farnèse à l'arme, liés inquiets, réclament l'aide de l'Espagne, exigent le concours d'Alberoni pour se défendre contre les Allemands, les chasser d'Italie et s'agrandir à leurs dépens, de la Toscane, etc. — Le rôle et les desseins d'Alberoni déterminés par la politique Farnèse. dénaturés par les serviteurs du duc d'Orléans et Saint-Simon. — Comment s'esl préparé le conflit de Philippe V et du duc d'Orléans.' Intentions amicales el maladresses du Régent, el de l'ambassadeur Saint-Aignan. — Mission plus maladroite encore de Louville, préparée par les Noailles pour assurer au Régent le désistement de Philippe Y et la Succession de Louis XV. — Guerre déclarée par les conjurés et le duc d'Orléans à Alberoni, à peine installé au pouvoir (août 1716). — Leur défaite totale. — Guerre sourde el complot formés à Madrid par la suite avec les Grands d'Espagne sous la direction de Saint-Aignan, pour renverser Alberoni et amener Philippe Y à renoncer au trône de France. — Histoire secrète de celle conspiration, traversée par les intrigues du Régent à Londres ou par le parti de la vieille cour à Paris, qui a ses affidés à Madrid. — Alberoni ne s'en émeut pas; il poursuit, avec Elisabeth Farnèse, son œuvre de reconstitution des forces de l'Espagne (mars 1717;.