LIVRE III
Chapitre I. — Hanovre, Orléans et Farnèse. — La guerre a l'Empereur en Sardaigne. — Los alliances du Régent avec l'Électeur de Hanovre, roi d'Angleterre, l'entente des whigs et du Roi anglais avec l'Empereur inquiètent les Farnèse à la fin de 1710, pour la paix de l'Italie et l'avenir de leur maison. — Le traité anglo-impérial de Westminster (juin 1716) habilement dissimulé par les médiateurs, par Stanhope et l'abbé Dubois à la cour de Madrid, est découvert par Alberoni qui s'irrite de l'abandon des Anglais. — La rencontre entre deux politiques, celle du Régent servie par Dubois, celle des Farnèse servie par Alberoni. — L'offensive des Habsbourg : l'incident Molinès (mai 1717). — Alberoni conseille la paix aux souverains espagnols; Popoli et Elisabeth Farnèse souhaitent la guérie : les exigences de la cour de Parme déterminent l'entreprise de Sardaigne (juillet 1717y. — Les Farnèse réclament plus encore, une expéditionà Naples que l'abbé ministre, devenu cardinal, retarde d'un an. — La guerre en Sardaigne aoûtoctobre 1717; blâmée des alliés de La Haye, vivement menée el soutenue par l'Espagne. — Le programme d'action d'Alberoni et des Farnèse dans la Méditerranée et la Péninsule italienne. — Offres el intrigues de Peterborough à la cour de Parme pour réconcilier contre l'Empereur le duc d'Orléans < t Philippe V (octobre 1717. — Alberoni les accepte el les suit, d'accord avec son ami Monli de Bologne. -- L'œuvre de Dubois el les négociations de Stanhope et des Hanovre compromises. — Correspondance d'Alberoni et du Régent encouragée par les Farnèse, tandis que d'ailleurs le duc de Saint- Aignan continue à intriguer pour renverser à Madrid le cardinal italien délesté des Grands d'Espagne et que Dubois poursuit -on efforl à Londres avec les whigs et l'Empereur contre Philippe V. — Grave maladie du roi d'Espagne qui met en danger (novembre 1717 la fortune d'Klisabeth Farnèse et le crédit d'Alberoni : Saint-Aignan espère leur ruine el pousse son ml ri eue contre eux ; le duc d'Orléans se détourne d'eux e1 resserre l'ai lia m e anglaise \H) novembre . — Fermeté d'Alberoni à la fin de 1717: impatience el nouvelle pression des Farnèse pour une guerre à outrance contre lis Habsbourg (1718).
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Chapitre IL — Les Farnèsi m l'Europe : i \ guerre or la pais \ Madrid h a Parme. — A l'appel de ses maîtres de l'arme. Alberoni, obligé par Elisabeth et son mari, s'empresse d'organiser une nouvelle expédition en Italie contre les Habsbourg. — .Mais il redoute el signale aux I anié-e le danger
de celle lutte d'un royaume isolé contre um' coalition des puissances mari limes, de la France el de l'Empereur.— Celle coalition, préparée, n'esl poinl encore achevée en mars-avril 1718; Charles VI, vainqueur <\v< Turcs, el arbitre des ambitions hanovriennes exige des Alliés de La Haye, de la France en particulier, une lutte -ans merci contre les Bourbons d'Espagne - Le due d'Orléans, effrayé des appétits et de- exigences autrichiennes dépêche à Madrid Vuicie pour fléchir par quelques concessions, l'expeefa. live des Duchés, Gibraltar même, la résistance de Philippe \ el d'Elisabeth Farnèse. Il espère s'épargner ainsi l'entente définitive avec les Habsbourg don! le prix l'effraie. —Rencontre à Madrid 'S.'< mars d'Alberoni el Nancré,
d'abord assez violente, suivie d'explications qui amènent entre eux un rappro-
chemenl favorable à la réconciliation des B 'bons. — La crise de la guerre
ou de la paix en avril I7ls : à Vienne, l'Empereur consent aux médiateurs, en faveur de l'Espagne, certaines concessions qui préparent l'adhésion des
Habsbourg à la Triple Mlii e. — A Madrid, malgré les conseils pressants
du cardinal el les instances de Nancré, Philippe V se refuse à désarmer, -i on ne lui abandonne la Sardaigne. — Les princes italiens, savoyards, toscans el Farnèse surtoul onl agi en Autriche el en Espagne pour aviver et prolonger la querelle des Habsbourg el des Bourbons en Italie. - Le Secrel des Farnèse, alors, a déterminé Elisabeth à ne plus vouloir qu'une guerre ;'i outrance 20 avril 1 7 1 s . — Alberoni, lui, s'esl défendu el justifié de l'avoir voulue. — Responsabilité définitive de la c • de Parme.
Chapitre III. — L'expédition de Sicile et la défaite de l'Espagne. — L'expédition de Palerme préparée en grand secrel depuis le 9 mai 1718 par Alberoni el Patino, décidée le 6 juin, après le refus des Anglais 'I abandonner à Philippe V la Sardaigne. — Elle parait encore insuffisante aux Farnèse qui voulaienl la conquête immédiate de Naples au lieu de cette préface en Sicile. — Elle réjouit l'Empereur qui apprend l'arrivée prochaine d'une flotte anglaise dans la Méditerranée, chargée de protéger ses domaines d'Italie el au besoin de les agrandir de la Sicile. — Situation désespérée du roi de Sicile, Victor- Amédée; résignation des Français aux volontés du RégenI el de l'abbé Dubois. — Dan- cet étal de l'Europe, Alberoni a peine à trouver des alliés au roi d'Espagne pour soutenir sa deuxième conquête. Ses relations avec les ennemis de l'Électeur de Hanovre, dans le Nord, el ceux du roi d'Angleterre, le- Jacobites, avec les victimes ou les adversaires du due d'Orléans, la cour de Sceaux el la vieille cour, avec les Turcs el Rakoczi contre I Empereur d'Allemagne. — Le cardinal a organisé la guerre, mais il s'en défie, plus qu'on ne fait à Parme. Heureux début de l'expédition de Sicile, et nouveau refus opposé par Alberoni aux instances des Farnèse qui appellenl l'armée espagnole à Naples prématurément. — Signature de la Quadruple Uliance, à Paris et à Londres juillet 1718 el mission pacifique de lord Stanhope à Madrid : offre d'entente ou ultimatum. — La ruine de la flotte espagnole au cap Passaro. — Justification difficile de l'amiral Byng. — Tristesse d'Alberoni et colère de Philippe V : l'Espagne humiliée et impuissante. — Le cardinal presse le roi d'Kspagne d'accepter l'ultimatum des Alliés, invoque l'appui de Nancré et du confesseur, et échoue, le 19 octobre, contre l'influence de la Heine, irritée plus que son mari, à ne rien vouloir entendre. — Nouvelle crise, plus grave encore, et maladie inquiétante de Philippe V : la T{eine entend se réserver la Sardaigne comme retraite en cas d'accident. Elle repousse les offres des Alliés, les conseils d' Alberoni, ceux même de la cour de Parme maintenant aussi empressée de rétablir la paix qu'elle L'étail quelque temps avanl de provoquer el prolonger la guerre. — Cependant ce ne fut pas Elisabeth, mais son conseillère! l'agent des Farnèse que l'Europe d'alors et l'histoire ensuite ont rendu responsable de l'attitude intransigeante de l'Espagne, après sa défaite.
Chapitre IV. — La guerre Franco-Espagnole et la défaite d'Alberoni. — L'arrestation de Cellamare el de ses complices, et les déclarations du RégenI aux Français, à l'Espagne. — Importance et étendue vraies du complot, intrigues
de la cour de Sceaux et maladresses de l'ambassadeur d'Espagne, pourparlers du mois de juin 1718 seulement. — Intrigues plus graves du duc de Saint-Aignan contre Alberoni à Madrid, et plus anciennes : conspiration des Grands d'Espagne contre Elisabeth Farnèse encouragée par le duc d'Orléans en secret, découverte par Alberoni qui la raille et ne la châtie point. — Malgré la guerre presque déclarée, Saint-Aignan s'obstine à demeurer en Espagne pour conspirer. Il risque de se faire arrêter, par représaille de l'arrestation en France de Cellamare. — Après la rupture entre la France et l'Espagne, le cardinal, de janvier au mois d'avril 171'.', eût accepté la paix. Il doit préparer la guerre réclamée par Philippe V qui se porte à la frontière à la tête de ses troupes (mai-juin). — L'invasion française : la destruction des forteresses et des ports reconstitués par Alberoni; l'œuvre de Berwick, le vainqueur d'Almanza, et la satisfaction des Anglais. — Inutilité de la résistance de Philippe V et son entêtement : le Roi, la Reine et le cardinal à l'armée devant Fontarabie juin 1718). — Désespoir du roi d'Espagne après ce dernier effort : il demande la paix aux Alliés par la médiation des Hollandais (août 1719). — La mission de Scotti arrêtée à Paris par ordre des Anglais qui avec Dubois réclament le renvoi d'Alberoni comme condition du désarmement général.
Intrigues de Peterborough et de Scotti, à Paris, Parme et Madrid pour procurer aux Farnèse, au lieu du châtiment que leur méritait celte guerre, le bénéfice du rétablissement de la paix. — Le Secret des Farnèse s'achève contre Alberoni : au mois d'octobre 1719, Scotti réussit à s'entendre avec la Reine, à l'insu du cardinal, et pour le perdre. — Le 5 décembre 1719, d'accord avec les Farnèse, il a obtenu le renvoi d'Alberoni. — Joie de Dubois, de Stanhope, et des Anglais à la nouvelle de cette disgrâce, qui doit servir à les justifier d'avoir cherché cette guerre attribuée désormais au ministre des Farnèse, cl à lui seul. — La poursuite d'Alberoni, d'Espagne à Gênes; son passage en France. Le procès du Saint-Siège au cardinal, exigé par l'Espagne. Elisabeth et les Farnèse. — Il s'y dérobe en se cachant jusqu'à la mort de Clément XL — Le conclave de 1721 lui rend la liberté, et
le nouveau Pape, Innocent XI, ses dignités à Ro et dans l'Église. —
Désormais les ambitions du duc d'Orléans et des Farnèse associées par l'efforl secret de l'abbé Dubois bientôt cardinal et premier ministre, comme Alberoni.
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