‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 84 sur 189 · L'ESPAGNE AUX FARNÈSE ALBERONI ET LE MARIAGE D'ELISABETH DE PARME · texte numérisé non relu

L'ESPAGNE AUX FARNÈSE ALBERONI ET LE MARIAGE D'ELISABETH DE PARME

« La mort de la pauvre Reine, bien vite oubliée, n'a pas changé un iota au système passé1. » Tel était le jugement porté à cette date par Alberoni sur la cour de Philippe Y. Au printemps de 1714. à défaut du Roi qui s'enfermait dans sa douleur, plus impuissant que jamais à gouverner, qui attendait avec impatience la belle saison pour s'adonner de nouveau à la chasse, son occupation principale, le gouvernement demeura aux mains des conseillers qui avaient aidé Marie-Louise dans sa tache. « Le nouveau conseil traite toutes les grandes affaires autrefois réservées au Roi et à la Reine-. »

Le principal homme d'État de l'Espagne, par l'influence qu'avec son neveu Cellamare il avait acquise au Conseil, c'était le cardinal del Giudice, grand inquisiteur, chargé depuis le 31 janvier 1714 des affaires d'État, de conscience et de justice. Tandis que son neveu dirigeait les affaires de guerre et de police, souple, insinuant, dévoué aux Bourbons qui avaient assuré sa fortune, il faisait figure alors de premier ministre. Auprès de lui, indispensables pour le détail des affaires, deux hommes dont Philippe V ne pouvait plus se passer, le secrétaire du Conseil Grimaldo par qui passaient toutes les dépêches et tous les ordres, le président Orry récemment créé veedor ou contrôleur général

1. Lettres d'Alberoni à Rocca, 16 et 23 avril 1714, p. 298 et 301.

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