‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 108 sur 246 · LE SYSTÈME DE DUBOIS ET LE POUVOIU DU REGENT · texte numérisé non relu

LE SYSTÈME DE DUBOIS ET LE POUVOIU DU REGENT

son monde en mouvement : parents, écrivains, publicistes. Elle se préparait à une belle défense'. Le langage de ses pamphlétaires était audacieux, dangereux même. Ils discutaient le droit du peuple, leurs droits, le droit des l^ois, « ces droits qui, suivant un mot célèbre, ne s'accordent jamais si bien que dans le silence^». L'un dentn; eux, le propre fils du comte de Toulouse, qui ne craignait pas le ridicule, le comte de Penthièvre, allait jusqu'à dire « que Clovis, Pépin d'Héristal, Charles le Simple, étaient tous des bâtards^».

Les princes du sang répondirent avec autant d'ardeur et ne discutèrent pas avec moins de hardiesse le pouvoir des Rois « simples usufruitiers et non propriétaires de la couronne*». Ces divisions, dans la famille royale, affaiblissaient le gouvernement et la royauté. A leur tour les ducs et pairs de France entrèrent dans la querelle (1717), et soutinrent les princes du sang ^ ; puis la noblesse, qui n'était ])oint de la pairie, convoquée et coalisée par le duc du Maine, se mit en ligue, s'assembla et députa au Régent •"'. On se figure l'état de la cour, et Ton se demande ce que pouvaient bien faire des Conseils où siégeaient côte à côte des princes du sang, des légitimés, des ducs et pairs et de simples nobles, à ce point divisés d'ambition, d'orgueil, de haine et d'avidité.

Le Régent ne s'en inquiétait pas autrement. Naturellement hésitant, il l'était plus particulièrement en cette affaire, oij sa femme était intéressée comme légitimée et lui comme premier prince du sang, où ses amis, pairs ou nobles, comme Saint- Simon et Canillac, avaient des prétentions opposées ''. Il « laissait, dire et faire », peut-être avec le malin et secret plaisir de diviser

\. Mémoires Ae M"» de Staal (colL Petitot, p. 334). — Valout, Hist. de lu conspiration de Cellamare, I, p. 98-90 (Paris, 1832).

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